Iakov Djougachvili

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Iakov Djougachvili
Yakov Dzhugashvili.jpg

Iakov Djougachvili

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 36 ans)
SachsenhausenVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalités
Formation
Académie militaire des forces de missiles stratégiques (d)
Institut moscovite des ingénieurs en transport ferroviaire (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Mère
Frère
Sœur
Enfants
Yevgeny Dzhugashvili (en)
Galina DjougachviliVoir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Distinction
Ordre de la Guerre patriotique de 1re classe (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Iakov Iossifovitch Djougachvili (géorgien : იაკობ ჯუღაშვილი, russe : Яков Иосифович Джугашвили) (18 mars 1907 - 14 avril 1943) est l'un des trois enfants de Joseph Staline, avec Svetlana Allilouieva et Vassili Djougachvili. Il est le fils de la première femme de Staline, Ekaterina Svanidze.

Biographie[modifier | modifier le code]

Iakov naît dans le village de Borji (près de Koutaïssi) en Géorgie, faisant alors partie de l'Empire russe. Jusqu'à quatorze ans, il est élevé par sa tante à Tbilissi (sa mère étant décédée et son père, Joseph Staline, toujours absent). En 1921, son oncle, Alexander Svanidzé, lui conseille d'aller à Moscou pour y faire des études supérieures. Iakov ne parle alors que le géorgien et c'est après être arrivé à Moscou qu'il commence à apprendre le russe, pour faire des études universitaires.

Iakov et son père Staline ne s'entendirent jamais[1]. En effet, le Vodj était constamment exaspéré par la lenteur et le manque d'assurance de son fils ainé, ce qui ne faisait que déstabiliser encore plus ce dernier.

La belle-mère de Iakov, Nadejda Allilouieva, raconta qu'elle avait vu un jour la jeune fille avec qui Iakov s'était fiancé s'enfuir en larmes de leur datcha de Moscou. Quand Nadejda entra, elle vit Iakov, qui venait d'annoncer ses fiançailles à son père, si désespéré qu'il était sur le point de se trouver mal. Subitement, Iakov courut vers sa chambre à coucher et l'on y entendit un coup de feu : il avait essayé de se tuer en se tirant une balle dans la tête. Mais il tremblait tant, à la suite de sa dispute téléphonique avec son père, qu'il n'avait fait que se blesser. Pendant que Nadejda s'occupait de soigner son beau-fils et qu'elle faisait venir un médecin, Staline qui n'éprouvait aucune compassion, se contenta de dire : « Il ne peut rien faire correctement. Dire qu'il n'a même pas pu viser juste, je ne peux rien avoir en commun avec lui. »[2].

Iakov se marie et a deux enfants :

  • Evgueni Djougachvili, (1936), qui a donné beaucoup d'interviews pour parler de son grand-père
  • Galina Djougachvili, (1938-2007)[3].

Iakov sert dans l'Armée rouge pendant la Seconde Guerre mondiale comme lieutenant de régiment d'artillerie dans la 14e division de tanks. Il est capturé par la Wehrmacht entre la Pologne et l'Ukraine le 16 juillet 1941. Il fut enfermé en isolement comme prisonnier de choix avec le fils de Léon Blum, Robert Blum, à Lübeck[4]. Les Allemands proposent à l'URSS de l'échanger contre Friedrich Paulus, feld-maréchal allemand capturé par l'Armée rouge à Stalingrad. Staline refuse en prétextant que l'on n'échange pas un maréchal (Paulus) contre un lieutenant (son fils)[5],[6],[7].

Les circonstances de la mort de Iakov sont restées longtemps obscures. Selon l'historien britannique John Erickson, il se serait suicidé en apprenant la nouvelle du massacre de Katyń, à la prison (Zellenbau) du camp de Sachsenhausen, où il était détenu[8]. Officiellement, les Allemands déclarèrent qu'il était mort en touchant une clôture électrique, en voulant s'échapper[5] ; d'autres laissèrent entendre qu'il avait été assassiné sur ordre d'Hitler, à la suite de l'échec de l'échange contre Paulus[2]. Des dossiers maintenant déclassés établissent que Djougachvili a été abattu par un garde pour refus d'obéissance. Alors qu’il marchait dans le camp, on lui ordonna de revenir aux baraquements en le menaçant de tirer sur lui. Djougachvili refusa et cria : « Tirez donc ! ». Le garde lui logea une balle dans la tête[9]. Quoi qu’il en soit, cette façon de mourir fut considérée par Staline comme une mort moins lâche que le suicide et il modéra légèrement ses critiques[10].

Dans la littérature[modifier | modifier le code]

Dans L'Insoutenable légèreté de l'être, Milan Kundera associe la mort de Iakov à un différend avec ses codétenus anglais sur le souillage des latrines par ses excréments : contraint par ceux-ci à les nettoyer, il n'obtient pas gain de cause auprès du commandant de camp et se suicide. Estimant que « mourir pour de la merde n'est pas une mort dénuée de sens », Kundera en conclut que « la mort du fils de Staline a été la seule mort métaphysique au milieu de l'universelle idiotie de la guerre[11] ».

Notes, sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Simon Sebag Montefiore, La cour du tsar rouge, Perrin 2010 T.II p. 32.
  2. a et b Julien Arbois, Histoires insolites de la Seconde Guerre Mondiale, City Éditions 2014, p. 11-13.
  3. Elle aura un fils, Salim (1970) lourdement handicapé.
  4. Genami.org.
  5. a et b Emmanuel Carrère, Limonov, folio, p. 44.
  6. Lilly Marcou, Staline, vie privée, Paris, Calmann-Lévy, 1996, 343 p.
  7. « Pas facile d'être la fille de Staline », sur Slate,‎ (consulté le 17 mai 2016).
  8. « Revealed: how Stalin's brutal massacre at Katyn shamed his PoW son into suicide », dans The Telegraph du 30 juillet 2000.
  9. Stalin’s son was executed in Nazi camp – archives de RT du 10 mai 2012.
  10. Antony Beevor, (2012). The Second World War. Grande Bretagne : Weidenfeld & Nicolson.
  11. Milan Kundera, L'Insoutenable légèreté de l'être, « Sixième partie : La Grande Marche », chapitres n° 1 et 2.

Liens externes[modifier | modifier le code]