Vassili Djougachvili

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Vassili Iossifovitch Djougachvili (en russe : Василий Иосифович Джугашвили) (21 mars 1921–19 mars 1962) est le fils de Joseph Staline et de sa seconde femme, Nadejda Allilouïeva[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Choqué par le suicide de sa mère en 1932 (il n'avait que 11 ans), marqué par son enfance très particulière dans un foyer familial que gardaient les agents du NKVD, peu aimé par son père, Vassili est un adolescent dissolu et fugueur, travaillant mal à l'école puis s'adonnant vite à l'alcoolisme.

Il a une sœur, Svetlana.

Il fait son service militaire dans la 16e division aérienne, où il rencontre Galina Burdonskaia, sa future épouse. Ils se marient vite ; il est âgé de 19 ans.

Une carrière militaire fulgurante[modifier | modifier le code]

Il s’élève dans les rangs de l'Armée de l'air soviétique où son père l'avait poussé à s'engager, bien que Vassili n'eût pas de réel intérêt à intégrer les forces aériennes de l'Armée rouge[2].

En tant qu'officier des forces aériennes soviétiques, il est, en 1941, Inspecteur des Forces aériennes au Quartier général à Moscou. En décembre 1941, il est commandant puis promu colonel en 1942. Pendant la guerre, on dit qu'il fait 26 sorties aériennes et qu'il aurait descendu 2 appareils ennemis.

Il est nommé général de division aérienne en 1946, puis général de corps d'armée aérien en 1947, enfin commandant des Forces aériennes du district militaire de Moscou en 1948.

Néanmoins, une partie de ses attributions lui est retirée suite à un accident aérien survenu lors d'une parade aérienne le 27 juillet 1952, Vassili ordonnant que les avions prennent leur envol alors que le temps était très mauvais.

Dirigeant sportif[modifier | modifier le code]

Vassili Staline est aussi dirigeant d'un club de sport important, le VVS MVO Moscou. Ce club comporte alors quatre sections : basket-ball, volley-ball, football, mais surtout le hockey sur glace, emblème du club.

En 1950, la plupart des membres de ce club sont tués dans un crash, lorsque leur avion est pris dans une tempête de neige près de l'aéroport de Sverdlovsk. Vassili ordonne de garder secret cet accident, craignant la réaction de son père[3],[4].

La déchéance[modifier | modifier le code]

À la mort de son père, Vassili est arrêté le 28 avril 1953 par ordre de Lavrenti Beria. Le motif de son arrestation est qu'il aurait révélé, lors d'une soirée, des informations secrètes à un diplomate étranger sur les forces armées soviétiques. Il est accusé d'outrage aux dirigeants de l'URSS, de propagande antisoviétique et de trahison. L'instruction du dossier est confiée à un procureur particulièrement brutal et sans scrupules, Lev Emelianovitch Vlodzimirski.

Comme du temps des Procès de Moscou et des Grandes Purges, il avoue tous les crimes qui lui sont imputés, même ceux qu'il n'a pas pu commettre. Toutefois, par chance pour lui, Béria est lui-même arrêté à l'été 1953 avant d'être exécuté en décembre de la même année.

Vassili demande aux nouveaux dirigeants de l'URSS, Khrouchtchev et Malenkov, de le gracier. Mais il est considéré suspect en tant que fils de Staline, jugé lors d'un procès à huis clos et condamné à huit années de travaux forcés. Il est incarcéré au Pénitencier spécial de Vladimir, sous le nom de Vassili Pavlovitch Vassiliev.

Il est libéré le 11 janvier 1960. Les autorités lui allouent une pension de retraite de 300 roubles par mois, un appartement à Moscou et l'autorisent à porter ses décorations ainsi que son uniforme de général. Il meurt officiellement d'alcoolisme le 19 mars 1962 à l'âge de 41 ans ; ce point est cependant parfois débattu.

En 1999, il est partiellement réhabilité par le Collège militaire de la Cour suprême de Russie qui l'acquitte des charges de propagande antisoviétique. Son corps est enterré dans le cimetière moscovite de Troïekourovskoïe en 2002.

Marié à Galina Bourdonskaia, il a eu quatre enfants, Alexandre, Nadia, Vassili II et Svetlana.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (ru) « Василий Сталин », sur www.peoples.ru,‎ 31 mars 2005 (consulté le 18 février 2014).
  2. Marie 2003
  3. Marc Branchu, « Championnat d'URSS 1949/50 », sur www.passionhockey.com (consulté le 17 février 2014)
  4. Ellen Barry et Andrew E. Kramer, « Crash Wipes Out Elite Russian Hockey Team, Killing Several Veterans of the N.H.L. », The New York Times,‎ 7 septembre 2011 (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]