Muscadet (voilier)

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Muscadet
Image illustrative de l'article Muscadet (voilier)
Un Muscadet sous spi dans le golfe du Morbihan.

Gréement bermudien
Histoire
Architecte Philippe Harlé
Lancement 1963
Caractéristiques techniques
Longueur 6,40 m (hors-tout)
5,50 m (flottaison)
Maître-bau 2,26 m
Tirant d'eau 1,10 m (quillard), de 0,70 à 1,10 m (dériveurs lestés)
Déplacement 1,2 tonne
Lest 500 kg
Voilure 25 m² (grand-voile 10,65 m², génois 14,4 m², spinnaker 34,4 m²)

Le Muscadet est le nom d'un voilier de croisière côtière conçu par Philippe Harlé en 1963. Avec le Corsaire et le Mousquetaire, il est l'un des voiliers en contreplaqué ayant permis l'essor de la plaisance en France.

Historique[modifier | modifier le code]

Le Muscadet apparaît en 1963. Il est construit par le chantier Aubin jusqu'en 1979 ; il sera produit à près de six cents[1] exemplaires durant cette période. Parmi les évolutions notables, on peut noter le mât métallique en 1970 et un capot coulissant plutôt que pivotant. Une version dériveur lesté a été tentée, sans grand succès : si le Muscadet est un voilier de croisière côtière, il reste davantage tourné vers le large que les autres voiliers de même taille. Seuls une cinquantaine d'exemplaires de ce type ont été construits.

Dans les courses, il ne se distingue pas particulièrement. À l'époque de son lancement, il court dans les courses du Groupement de courses au large (GCL), réservées au voiliers de moins de 24 pieds, mais est battu par le Challenger dessiné par André Mauric. Il reste pourtant relativement rapide par rapport aux standards de l'époque grâce à sa raideur à la toile et à sa maniabilité. Certains navigateurs ont ainsi traversé l'Atlantique avec un Muscadet, notamment lors de la Mini Transat, qui a connu 36 participations de Muscadet, bien que remplacé par d’autres plans Harlé : le Gros Plant et le Coco.

Il s'attire de nombreuses sympathies en tant que bateau de croisière, réputé pour sa solidité, son aspect convivial et « familial », au point de susciter un esprit de corps et la création d'une association dédiée en 1987, l'Association des propriétaires de Muscadet.

S'il ne coûtait que 9 500 francs à sa sortie, ce qui le rendait très abordable, son prix était monté à 41 700 francs en 1976, le classant parmi les plus chers de sa catégorie ; ceci peut expliquer l'arrêt de sa production en 1979.

Description[modifier | modifier le code]

Le Muscadet possède des lignes sans élégance et relativement peu performantes, ce qui lui a valu le surnom de « vilain petit canard ». Il privilégie en revanche la simplicité de construction et donc un faible coût : il dispose d'un simple bouchain, de murailles rectilignes à simple courbure, ce dernier point étant imposé par l'utilisation du contreplaqué. Il est doté d'une quille contenant le lest

Le safran est accroché au tableau arrière, ce qui le rend plus vulnérable aux vibrations, au décrochage dans les vagues et à la rupture des aiguillots ou fémelots, mais permet aussi l'échouage. Un aileron sera ajouté après quelques années pour réduire les vibrations et descendre l'aiguillot inférieur.

Le pont est de type flush-deck, c'est-à-dire continu. S'il a pour inconvénients un franc-bord élevé et une tonture négative qui nuisent à l'esthétique, il permet d'avoir une plus grande surface de manœuvre, un plus grand volume dans la cabine et une meilleure solidité. Le mât est à l'origine posé sur un massif en bois permettant de répartir l'effort de compression ; ceci a été remplacé par une implantation directement sur la cloison de la cuisine, reposant elle-même sur la quille, ce qui a permis de réduire les renforts intérieurs et d'augmenter la hauteur sous barrots de 8 centimètres. Les cadènes de haubans sont rentrées en 1970 afin de pouvoir border davantage le génois, et le bouge sera augmenté.

À l'intérieur, la cabine dispose d'une double couchette en V à l'avant séparée de deux banquettes à l'arrière par une petite cuisine sur bâbord et d'une table à cartes sur tribord. L’intérieur de cinq Muscadet sont uniques car ils sont inversés (cuisine à tribord et table à cartes à bâbord). Les banquettes arrières servent de carré et de couchettes supplémentaires, permettant à quatre personnes d'y vivre. La cuisine est par défaut équipée d'un simple réchaud sur cardan et de quelques équipets. Un évier a été ajouté par la suite.

Le jeu de voiles de base comprend un génois léger, un foc inter, éventuellement deux autres focs, un tourmentin et un spi.

Jauge[modifier | modifier le code]

L'Association des propriétaires de Muscadet a créé en 1996 une jauge « Muscadet » afin de pouvoir continuer à faire courir ensemble les Muscadet. Au 1er janvier 2009, la jauge dans sa version 2.4 est de rigueur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir l'article de Voile Magazine, numéro 182, février 2010, page 86 ; Sébastien Mainguet écrit: Construit à 587 exemplaires entre 1963 et 1980, le plan Harlé c'est très vite distingué par ses performances et plus encore par ses qualités marines.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Allisy et Alain Glicksman, 30 ans de voiliers [détail des éditions]
  • Philippe Harlé, entretien publié dans « La Plaisance française à la découverte de ses architectes », hors-série de Loisirs Nautiques no 19, janvier 1985.

Liens externes[modifier | modifier le code]