Jean-François Oeben

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Jean-François Oëben
Bureau du Roi vue de face avec pièce.jpg

Le Bureau du roi (Versailles), œuvre la plus connue de Jean-François Oeben

Naissance
Décès
(à 41 ans)
Paris
Autres noms
Johann Franz Oeben
Activités
Maîtres
Élèves
Mécènes
Œuvres réputées

Jean-François Oëben, Johann Franz Oeben, est un ébéniste de renom, initiateur du style Transition et réputé pour sa marqueterie et ses meubles à mécanismes. Né à Aix-la-Chapelle le , il vécut principalement à Paris où il mourut le .

Biographie[modifier | modifier le code]

D'origine flamande[1], Jean-François Oeben nait le 9 octobre 1721 à Aix-la-Chapelle[2]. On ne connaît rien sur la vie de Jean-François Oëben avant son entrée en apprentissage en 1751[réf. souhaitée] dans l'atelier du dernier fils vivant d'André-Charles Boulle, Charles-Joseph Boulle[1], si ce n'est son arrivée à Paris dans les années 1740[1] et son mariage avec Françoise Marguerite Vandercruse, sœur de l'ébéniste Roger Vandercruse[1], en 1749.

Brillant ébéniste, il collabore probablement à son arrivée en France avec Jean-Pierre Latz[réf. souhaitée]. En 1754, à la mort d'André-Charles Boulle et grâce au soutien de la marquise de Pompadour, il devient « ébéniste du Roy » et obtient son propre atelier aux Gobelins avant que son atelier déménage à l'Arsenal en 1756[1]. Du fait de son logement dans des enceintes royales, il est dispensé des règles de la corporation des menuisiers ébénistes ; cependant, en 1961, il sollicite sa « maîtrise » auprès de cette corporation[1].

Secrétaire à cylindre de Jean-Francois Oëben
Secrétaire à cylindre de Jean-Francois Oëben, musée Nissim de Camondo, Paris

Jean-François Oëben était réputé pour ses petits meubles à mécanismes et ses marqueteries d'une grande finesse, ce qui l'amena à travailler pour l'élite de la cour royale, qu'il s'agisse de Madame de Pompadour, du duc de Choiseul, ou du prince de Soubise[3]. Son œuvre la plus célèbre est un secrétaire « à cylindre », le bureau du Roi Louis XV, commandé en 1760, qu'Oeben n'eut pas le loisir d'achever avant sa mort à Paris le 21 janvier 1763. Sa succession donna lieu à une lutte entre ses principaux élèves, Jean-François Leleu et Jean-Henri Riesener, également immigré allemand. Riesener l'emporta et, en 1769, termina le bureau[3], actuellement conservé au château de Versailles[4].

La veuve d'Oeben continue à faire estampiller du fer de son mari les meubles de son chef d'atelier Jean-Henri Riesener, jusqu'à ce que celui-ci reprenne l'entreprise en l'épousant en 1768[1]. Ainsi les meubles fabriqués par Jean-François Oeben avant qu'il n'obtienne sa maîtrise en 1761 ne portent pas son estampille tandis que ceux produits par Riesner entre 1763 et 1768 sont signés du nom d'Oeben[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Le frère de Jean-François Oeben, Simon, était également ébéniste (maître en 1769), il eut une plus longue carrière et épousa, comme Jean-François, une des sœurs de Roger Vandercruse, Marie-Marguerite. Le duc de Choiseul en fit son ébéniste favoris.

Marie-Catherine Oeben, sœur de Jean-François, épousa l'ébéniste Martin Carlin.

Par sa fille Victoire, Jean-François Oeben est le grand-père du peintre Eugène Delacroix[5].

Style et principaux apports aux techniques de l'ébénisterie[modifier | modifier le code]

Table mécanique attribuée de Jean-Francois Oeben
Table mécanique attribuée à Jean-François Oeben (vers 1760), musée Cognacq-Jay, Paris

Jean François Oeben n'ayant signé ses meubles que pendant les deux dernières années de sa vie et son estampille ayant été utilisée après sa mort, c'est avant tout son style personnel qui permet l'identification des meubles de sa fabrication[1].

Jean-François Oeben est un ébéniste principalement de style Transition. Les quelques meubles de style Louis XV tardif qu'il a réalisés se distinguent déjà de la rocaille et sont d'un style intermédiaire ; quant au meubles néo-classiques estampillés de son nom, il s'agit d'œuvres posthumes produites dans son atelier[1].

Les marqueteries de Jean-François Oeben sont parmi les plus réputées du XVIIIe siècle. Il privilégie les composition florales au début de sa carrière avant de se tourner vers des motifs plus géométriques, notamment des cubes et des cercles entrelacés très caractéristiques de son style[1].

C'est à l'Arsenal qu'il met au point une typologie de meuble à mécanisme à laquelle appartient le bureau à cylindre. Il en invente deux types, le bureau à cylindre rigide et celui à cylindre souple (lorsque le cylindre est composé de lamelles de bois). C'est à cette seconde catégorie qu'appartient le Bureau du roi. Oëben met également au point des tables mécaniques et des tables dites à la Bourgogne, qui sont utilisables comme bibliothèques mais qui sont aussi des secrétaires à abattant. Elles contiennent des tiroirs, une table coulissante que l'on pouvait utiliser dans son lit, ou peuvent être utilisées comme un marchepied. Oëben met aussi au point des secrétaires en armoire dont la partie basse ferme en panneaux coulissants. Il réalise enfin un siège de malade pour le duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XV mort à 10 ans d'une tuberculose osseuse.

Hommage[modifier | modifier le code]

À Paris, un collège porte le nom de Jean-Francois Oeben. Il est situé 21 rue de Reuilly dans le 12e arrondissement.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Pierre Kjellberg, Le meuble français et européen du Moyen Âge à nos jours, les éditions de l'Amateur, 2011 (ISBN 978-2-85917-511-5), p. 277 à 280
  2. Notice d'autorité de Jean-François Oeben sur le site de la BNF
  3. a et b Albane Cogné, Stéphane Blond, Gilles Montègre, Les circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 117
  4. Daniel Meyer, Mobilier de Versailles du XVIIe et XVIIIe siècles, Faton,‎ (ISBN 2878440579), p. 122–130
  5. Colombe Samoyault-Verlet, « ŒBEN JEAN-FRANÇOIS (1720 env.-1763) » dans l'Encyclopædia Universalis en ligne

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Rosemarie Stratman Döhler, Jean François Oeben, Perrin et fils, éditions de l'Amateur, Paris, 2002, (ISBN 2859173544)
    Inclut un catalogue de toutes les pièces connues de (ou attribuées à) JF Oeben