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Thomas Lawrence

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Thomas Lawrence
Autoportrait (vers 1787)
vente Sotheby's 2011.
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 60 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Période d'activité
Nationalité
Activités
Formation
Mouvement
Influencé par
Père
Thomas Lawrence (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Anne Bloxham (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinction

Thomas Lawrence ( à Bristol) est un peintre anglais considéré comme le portraitiste le plus important de la Régence anglaise et du règne de Georges IV.

Enfance et début de carrière

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Thomas Lawrence est né à Bristol, au 6 Redcross Street. Il est le plus jeune fils de Thomas Lawrence, un contrôleur des douanes, et Lucy Read, fille d'un pasteur de Tenbury Wells dans le Worcestershire[1]. Le couple donne naissance à seize enfants dont seulement cinq survivent au-delà de la petite enfance[2]. Peu après la naissance de l'artiste, Lawrence père quitte ses fonctions dans l'administration fiscale et devient le tenancier d'une auberge de Bristol, The White Lion Inn, qui fait rapidement faillite.

En 1772 il acquiert l'auberge The Black Bear située dans la petite ville de Devizes[2]. Installée sur la route qui relie Londres et Bath, l'auberge fait office d'étape privilégiée pour les riches Londoniens se rendant dans la célèbre ville thermale, lieu de villégiature par excellence de la haute société anglaise de l'époque[3]. Influencé par cette clientèle prestigieuse et cultivée, le père de l'artiste se met à collectionner livres et gravures et organise des soirées littéraires et musicales. C'est dans cet environnement que le jeune Thomas développe sa passion pour la peinture mais également pour le théâtre et la poésie. Les portraits qu'il réalise des clients en font rapidement une attraction locale et attirent de nombreux clients[2].

À cause de sa mauvaise gestion de l'auberge, Thomas père est à nouveau contraint de mettre la clef sous la porte et la famille Lawrence s'installe à Bath fin 1780[2]. L'activité de portraitiste de Thomas devient l'unique source de revenus de la famille. Abandonnant le crayon pour le pastel, il peint jusqu'à quatre portraits par semaine pour une clientèle toujours plus nombreuse et prestigieuse[2].

Il se rend à Londres en 1787, où il est reçu par Reynolds et devient étudiant à la Royal Academy.

La Reine Charlotte, 1789
National Gallery.

Il n'a que 20 ans lorsqu'il peint le Portrait de la Reine Charlotte. Mais ce tableau n'a plu ni au roi George ni à la reine Charlotte et n'est pas entré dans la collection royale. Il est resté entre les mains de Lawrence et était dans sa vente d’atelier après sa mort[4]. À la mort de Reynolds en 1792, il devient néanmoins peintre du roi George III[5].

Il est élu membre de la Royal Academy en 1794 et en devient président de 1820 à sa mort[6]. En 1815, il est anobli[7].

Le fils du roi, le futur George IV, lui commande une importante série de portraits de souverains, hommes d'État et généraux qu'il a fait installer la chambre Waterloo au château de Windsor[5], et en 1818, il se rend à Aix-la-Chapelle pour peindre les souverains et diplomates qui y sont réunis pour le troisième congrès. Il visite alors Vienne et Rome, recevant partout des princes de flatteuses marques de distinctions.

Caroline de Brunswick, 1798
Victoria & Albert Museum

Il reçoit un flux continu de commandes et ses portraits lui ont bâti une réputation sur le continent, inégalée par les peintres anglais qui l'ont précédé[5]. Il peint trois portraits de Caroline de Brunswick, l'épouse rejetée de George IV. Celui peint en 1798 et conservé au Victoria & Albert Museum a été réalisé deux ans après la séparation avec son mari[8].

Il constitue également l'une des plus extraordinaires collections de dessins de maîtres anciens.

Il fut un des maîtres de George Henry Harlow et de William Etty.

Il meurt subitement le , quelques mois seulement après son amie Isabelle Wolff. Quelques jours auparavant, il avait éprouvé des douleurs thoraciques, mais avait continué à travailler ; il s'est effondré et il est mort au cours d'une visite chez son amie Elizabeth Archibald Keightley. Après un examen post-mortem, les médecins ont conclu que la mort de l'artiste était due à une ossification de l'aorte et des vaisseaux du cœur. Il est enterré, le , dans la crypte de la cathédrale Saint-Paul. Parmi les personnes présentes figurait Turner, qui a peint une esquisse de l'enterrement.

Littérature

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Dans le roman de Jules Verne Les Enfants du capitaine Grant, l'auteur commet un anachronisme en faisant offrir à Thalcave, en 1864, un portait peint par Lawrence de ses personnages Mr et Mrs Glenarvan. Lawrence étant mort en 1830, Glenarvan ayant 32 ans et son épouse, 22, le tableau est ainsi une invraisemblance[9].

Notes et références

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  1. (en) Michael Levey, Sir Thomas Lawrence, New Haven & Londres, Yale University Press, (ISBN 978-0-3001-0998-6), p. 30
  2. a b c d et e Frédéric Ogée, Thomas Lawrence, Le génie du portrait anglais, Paris, Cohen & Cohen, (ISBN 978-2-3674-9095-3), p. 68
  3. (en) Douglas Goldring, Regency portrait painter: the life of Sir Thomas Lawrence, Londres, Macdonald, , p. 28
  4. Notice de la National Gallery
  5. a b et c (en) Bernice Davidson, Paintings from the Frick Collection, Harry N. Abrams, Incorporated, New York, (ISBN 0-8109-3710-7), p. 127
  6. (en) Fiche sur le site de la Royal Academy of Arts
  7. (en) London Gazette : n° 17005, p. 747, 22-04-1845
  8. Victoria & Albert Museum
  9. Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 2 : F-M, éditions Paganel, 2021, p. 219
  10. Reine Charlotte, National Gallery
  11. E. Farren, Metropolitan
  12. Angerstein, Notice du Louvre
  13. Musée Canova
  14. Charlotte Chastel-Rousseau, « Carlos de Beistegui portrait d’un donateur », Grande Galerie - Le Journal du Louvre, no 52,‎ , page 75.
  15. Calmady, Metropolitan
  16. Lady Peel Frick Coll.
  17. Restauration du portrait de Soane
  18. « Les chefs-d’œuvre », sur Musée Bonnat-Helleu (consulté le ).
  19. Enfants Angerstein, Berlin
  20. Enfants Angerstein, Base Joconde

Bibliographie

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  • (en) Douglas Goldring, Regency portrait painter: the life of Sir Thomas Lawrence, Londres, Macdonald
  • (en) Kenneth Garlick, Sir Thomas Lawrence, A complete catalogue of his paintings, New York, New York University Press, (ISBN 978-0-8147-3022-5)
  • (en) Kenneth Garlick, Sir Thomas Lawrence : Portraits of an Age, 1790-1830, Alexandria (Virginia), Art Services International, (ISBN 0-88397-104-6)
  • (en) Olivier Meslay, « Sir Thomas Lawrence and France : the portrait of the duc de Richelieu », British Art Journal, no 3.2,‎ , p. 115-121
  • (en) Michael Levey, Sir Thomas Lawrence, New Haven & Londres, Yale University Press, (ISBN 978-0-3001-0998-6)
  • Frédéric Ogée, Thomas Lawrence, Le génie du portrait anglais, Paris, Cohen & Cohen, (ISBN 978-2-3674-9095-3)

Liens externes

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