Jean-Henri Riesener

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Jean-Henri Riesener
Johann Heinrich Riesener ArM.jpg

Jean-Henri Riesener assis à l'une de ses tables d'écritures, peinture d'Antoine Vestier, 1786, (musée de Versailles).

Biographie
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Lieu de travail
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Maître

Jean-Henri Riesener était un ébéniste français d'origine allemande (né le à Gladbeck, en Westphalie, et mort à Paris le ).

Biographie[modifier | modifier le code]

Né en Allemagne (Westphalie), Riesener, comme de nombreux ébénistes de son temps, vient à Paris afin d'y accomplir sa future formation. Il arrive à Paris vers 1755 et entre dans l'atelier de Jean-François Oeben, lui-même immigré allemand. À la mort de celui-ci en 1763, il prit la direction de son atelier et épousa la veuve de son ancien maître, Françoise-Marguerite Vandercruse, sœur de l'ébéniste Roger Vandercruse, au grand désespoir d'un des autres élèves d'Oeben, son rival, Jean-François Leleu. Tant que Riesener n'eut pas sa propre maîtrise, il utilisa l'estampille de J.-F. Oeben : jusqu'en 1767, ses meubles portent le nom de son prédécesseur Jean-François Oeben.

Reçu maître en 1768, il fut nommé « ébéniste ordinaire du roi » en 1774 et, pendant les années 1769 à 1784, fournit la cour et la famille royale — notamment la reine Marie-Antoinette d'Autriche —, en meubles fastueux de style néo-classique. Il est considéré comme l'un des meilleurs représentants du style transition et acheva notamment en 1769 le célèbre secrétaire à cylindre de Louis XV, ou « bureau du Roi », commencé par Oeben neuf ans plus tôt[1].

La production de Riesener[modifier | modifier le code]

Une production raffinée[modifier | modifier le code]

Parmi les particularités de son style, il convient de noter, outre la présence de riches décors de marqueterie perpétuant la tradition d'Oeben, l'utilisation de bronzes dorés d'une très grande finesse ; il est l'un des premiers à dissimuler systématiquement leurs fixations. Avec l'aide de Pierre-Élisabeth de Fontanieu, intendant du Garde-Meuble de la Couronne, Riesener est celui qui fit évoluer le style Louis XV vers le style Louis XVI.

Le dessin et le registre décoratif de Riesener sont parfaitement maîtrisés. Les proportions sont fortes et en même temps légères. Les ensembles d’acajou de couleur soutenue sont puissant, mais les formes et la variété des acajous lui donne beaucoup d’élégance. Il a l’art et la manière de choisir les essences afin de créer des volumes. Ainsi tels la commode de Riesener de la chambre du Roi, conservée au musée de Sèvres, sa production se caractérise : par un bâti soigné, monté en chêne, à l’image de la qualité de Riesener ; le dessus est lisse assemblé à queues d’aronde dans les côtés ; le dos est composé de deux grands panneaux embrevés dans un cadre, lui-même glissé en rainures dans les montants arrière ; les tiroirs eux aussi montés en chêne sur quartier, dit aussi de Hongrie.

Une particularité de composition chez Riesener sont les demis-cadres soulignant le ressaut central. Cette composition et ses variantes se retrouve sur presque toutes ses commodes. La maîtrise et l’art du maître se retrouvent également dans la réalisation des montants, avec des pans coupés avant présentent la double difficulté d'être en ressaut mais aussi incurvés. Autre spécificité de l’ébéniste : l’amorce des montants arrières.

Les commodes Louis XVI de Riesener[modifier | modifier le code]

Sur la commode Louis XVI, Riesener va procéder à une originalité qui va être sa marque de fabrique, il va réaliser un ressaut en façade qui se posera comme un tableau. Ce tableau décoratif pourra se définir en élément d'architecture accompagné de moulures et d'un jeu du bois, ou bien sur des commodes prestigieuses, il y apposera des panneaux de laques ou des trophées en marqueteries, signature de l'art de Riesener.

Riesner réalisera ses commodes comme de véritables oeuvres d'art et afin d'alléger la ligne, l'ébéniste incurvera les côtés, une véritable prouesse dans l'art de l'ébénisterie. Les bronzes ainsi que la qualité d'exécution de ses meubles sont absolument exceptionnels

Des modèles de bronzes caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le registre des bronzes chez Riesener est un univers complet. Hérité de son maître J. F. Oeben, il dispose d’une forge pour le fer (serrures, compas, mécanisme secrets...) et d’un four pour la réalisation des bronzes. Les ciselures sont d’une grande finesse, proche de l’orfèvrerie. Riesener dessine est réalise ses modèles qui se distinguent de ceux de tous ses confrères. Autre particularisme de la production de Riesener qui se distingue de l'ensemble de la production parisienne de cette époque, est l'emploi de ces bronzes qui se retrouvent sur plusieurs commodes de cette période (1774- 1784) : les sabots en chausson en feuilles d’eau ou en feuilles d’acanthe et les grandes entrées de serrure composées de guirlandes ajourées - tels la commode commandée par Marie-Antoinette en date du 15 mai 1784.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Riesener s'entoure d'une clientèle fabuleuse, il est l’ébéniste à la mode, le tout Paris veut acheter de ses meubles, son succès va largement dépassé les frontières au point qu' il livrera dans toutes les cours d'Europe, il représente l'art Français.

Mais les meubles de Riesener coûte cher, et son principal client, la couronne, ne peut plus honorer les factures. Fontanieu lui reproche ses prix excessifs. En 1783 le nouvel intendant général Marc-Antoine Thierry de Ville-d'Avray[2] juge les prix de l'ébéniste Riesener beaucoup trop élevé, voir ridicule. Alors l'atelier si prolifique et en vue de Riesener va commencer à décroître rapidement au point même de se faire évincer du prestigieux Garde meuble de la Couronne, au profit d'un autre ébéniste lui aussi Allemand  Guillaume Bennemann. En 1789 la révolution éclate, les clients prestigieux fuient la terreur et se réfugient en Angleterre, Riesener perd définitivement toutes commandes, il emploie ses compagnons ébénistes à la réalisation de crosses de fusils. Après la Révolution française sa popularité déclina et il se retira en 1800.

En octobre 1791, on procède à la vente des trésors de Versailles, on vide le mobilier, on organise des ventes gigantesques et Riesener racheta une partie de sa production à des prix inférieurs à ceux auxquels la Couronne les lui avait achetés mais ne parvint pas à les revendre, étant donné qu'une grande partie de sa clientèle avait disparu mais aussi du fait de l'évolution de la mode en la matière. Ces meubles exceptionnels ne trouvent plus d'acquéreur. Riesener ferme son atelier définitivement en 1801.

Son fils, Henri-François Riesener (1767-1828), fut un des élèves de David.

Œuvres exposées[modifier | modifier le code]

Autriche:

États-Unis d'Amérique :

France:

Pays-Bas:

Portugal :

  • Lisbonne, Collection Galouste Gulbenkian.

Royaume-Uni:

Russie:

  • Saint-Pétersbourg, palais Pavlovsk.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Albane Cogné, Stéphane Blond et Gilles Montègre, Les Circulations internationales en Europe, 1680-1780, Atlande, 2011, p. 117.
  2. Jean-Christian PetitfilsLouis XVI, éd. Perrin 2010.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Möbel von J.H. Riesener, Pierre Verlet, chez Franz Schneekluth Verlag, Darmstadt, 1957 (en allemand).

Voir aussi[modifier | modifier le code]