Charles-François Delacroix

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Charles-François Delacroix de Contaut
Illustration.
Buste de Charles Delacroix au cimetière de la Chartreuse (Bordeaux)
Fonctions
Député de la Marne

(3 ans, 1 mois et 23 jours)
Gouvernement Convention nationale
Député au Conseil des anciens

(21 jours)
Ministre des relations extérieures

(1 an, 8 mois et 11 jours)
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Givry-en-Argonne (Marne)
Date de décès (à 64 ans)
Lieu de décès Bordeaux (Gironde)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique Montagne
Profession Avocat
Ambassadeur
Préfet
Distinctions Commandeur de la Légion d'honneur
députés de la Marne

Charles-François Delacroix de Contaut[1], né à Givry-en-Argonne le , mort à Bordeaux le , est un homme politique français. Député puis ministre des Relations extérieures sous la Révolution, il est ensuite préfet sous le Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-François Delacroix, d'abord secrétaire de Turgot à Limoges, le suit à Paris en 1774. Il devient avocat. Député de la Marne le 3 septembre 1792, sous la Convention, on le désigne sous le nom de Delacroix de Contaut. Il vote le 3 septembre 1792 pour la mort de Louis XVI à l'issue de son procès.

Il se prononce dans un pamphlet en faveur de la démolition du château de Versailles[réf. nécessaire]. À la chute de Robespierre, il se rallie à la réaction thermidorienne et est envoyé en mission en Ardennes[2].

Le 4 novembre 1795, il devient ministre des Affaires extérieures. Il le reste jusqu'au 18 juillet 1797. Il est ambassadeur dans la République batave du 6 novembre 1797 à juin 1798.

Rallié à l'Empire, il est nommé préfet de Marseille, le 2 mars 1800, puis trois ans plus tard, le 23 avril 1803 (3 Floréal, An XI), préfet de la Gironde où il meurt le 4 novembre 1805 et où il repose, au cimetière de la Chartreuse[3].

Élu au Conseil des Anciens sous le Directoire, il est nommé ministre des Relations extérieures le 5 novembre 1795. Il est remplacé par Talleyrand le 16 juillet 1797. Il est alors envoyé comme ambassadeur en République batave jusqu'en 1798.

En 1800, rallié à Bonaparte, il devient préfet des Bouches-du-Rhône puis préfet de la Gironde (1803-1805).

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Responsable politique, Charles Delacroix est l'auteur de plaquettes, brochures et rapports officiels, écrits à l'occasion de ses missions à Versailles, en Belgique, à Marseille, et en diverses occasions, parmi lesquels on peut distinguer :

  • Charles Delacroix, Apologie de la constitution civile du clergé, (lire en ligne)
  • Charles Delacroix, Projet de loi sur l'éducation commune, (lire en ligne)
  • Charles Delacroix de Contaut, Discours prononcé le décadi 30 frimaire, à Versailles, pour l'inauguration du temple de la Raison, par le citoyen Ch. Delacroix, représentant du peuple, député dans le département de Seine et Oise, 179. (lire en ligne)

Famille[modifier | modifier le code]

Charles Delacroix est le père de Charles-Henri Delacroix (1779-1845), général d'Empire, d'Henriette Delacroix[4] (1782-1827) qui épousera le diplomate Raymond de Verninac-Saint-Maur et du peintre Eugène Delacroix (1798-1863).

Certains ont douté de la paternité biologique d'Eugène. Charles Delacroix était en effet affecté d'une excroissance qui l'empêchait de procréer par voie naturelle, qui ne fut retirée que le 13 septembre 1797[5], tandis qu'Eugène naquit le 26 avril 1798, 32 semaines après l'opération. Certains biographes de Talleyrand font de celui-ci le géniteur[6]. Si Georges Lacour-Gayet estime « impossible » que Charles Delacroix soit le père d'Eugène, et « possible » que Talleyrand le soit[7], et si Maurice Sérullaz ne se prononce pas[8], une autre partie des biographes du peintre[9] et de ceux de Talleyrand[10],[11] contestent cette théorie, affirmant que la relation n'a jamais eu lieu, et que la naissance, prématurée, intervient logiquement à la suite de la guérison de Charles Delacroix. Enfin, leur principal argument est qu'il n'existe qu'une source sur cette paternité, les Mémoires de Madame Jaubert[12], ce qui fait dire à Emmanuel de Waresquiel :

« Tous ceux qui ont aimé à forcer le trait de leur personnage, à commencer par Jean Orieux, se sont laissé tenter, sans se soucier du reste, ni surtout des sources ou plutôt de l'absence de sources. Une fois pour toutes, Talleyrand n'est pas le père d'Eugène Delacroix. »

— Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand, le prince immobile[13]

Tous ces auteurs ont évité l'explication la plus simple. Le rapport d'Imbert Delonne indique que la tumeur empêchait le rapport sexuel, mais pas qu'elle inhibait la fertilité du patient. Celui-ci a pu imprégner son épouse par tout moyen, et ne consentir à l'opération, qui pouvait le tuer ou le rendre impuissant, que lorsqu'il a été acquis que celle-ci était enceinte[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. On trouve son nom orthographié ainsi aussi : Charles de Lacroix de Contaut. Il était aussi appelé Charles Lacroix, voir la Biographie des ministres français, parue à Bruxelles en 1826, p. 168-169. de Contaut n'est pas une particule nobiliaire, mais une précision destinée à le distinguer de son frère Delacroix d'Ante.
  2. Eugène de Mirecourt, Eugène Delacroix ; précédé d'une lettre à M. Jules Janin, (lire en ligne) ; Charles Delacroix, Parkstone, 2010, (ISBN 978-1-8448-4618-4).
  3. Michèle Hannoosh, « Répertoire biographique », dans Eugène Delacroix, Journal, t. 2, Paris, José Corti, , p. 2156.
  4. « Correspondance Eugène Delacroix », sur /www.correspondance-delacroix.fr (consulté le 16 janvier 2017)
  5. A.B. Imbert Delonnes, Opération de sarcocèle faite le 27 fructidor an V au citoyen Charles Delacroix, Paris, gouvernement de la République française, an vi (1798) (lire en ligne). La tumeur du testicule gauche, de 35 cm de long, avait atteint 32 livres (14 kg) et avait absorbé le reste de l'appareil génital qui apparaissait semblable « à un second nombril » ; voir aussi Article de Welcome Trust sur la gravure de Pierre Chasselat, 18 mai 2011.
  6. Talleyrand, le sphynx incompris, Le grand livre du mois, (1re éd. 1973).
  7. Georges Lacour-Gayet, Talleyrand, Payot, (ISBN 2228882968), p. 262-264.
  8. Delacroix, Maurice Sérullaz, p. 203.
  9. P. Loppin, Eugène Delacroix, l'énigme est déchiffrée, cité par Emmanuel de Waresquiel.
  10. Léon Noël, Talleyrand, cité par Emmanuel de Waresquiel
  11. Casimir Carrère, Talleyrand amoureux, cité par Emmanuel de Waresquiel
  12. Caroline Jaubert, Souvenirs de madame C. Jaubert, J. Hetzel et cie, , 323 p.
  13. Emmanuel de Waresquiel, Talleyrand : Le Prince immobile, Fayard, (ISBN 2213613265), p. 209
  14. A Camelin, « Faut-il remettre en cause la naissance d'Eugène Delacroix ? : communication présentée à la séance du 28 janvier 1978 de la Société française d'histoire de la médecine », Histoire de la médecine,‎ (lire en ligne)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]