Montée de l'Alpe d'Huez

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Montée de L'Alpe d'Huez)
Aller à : navigation, rechercher
Montée de l'Alpe d'Huez
Image illustrative de l'article Montée de l'Alpe d'Huez
Panorama des 21 lacets
Altitude 1 815 m
Massif Grandes Rousses
Coordonnées 45° 05′ 37″ nord, 6° 04′ 17″ est
Pays Drapeau de la France France
Vallée Oisans
(sud)
Ascension depuis Bourg-d'Oisans
Déclivité moy. 7,9 %
Déclivité max. 13 %
Kilométrage 13,8 km
Accès D 211

Géolocalisation sur la carte : Isère

(Voir situation sur carte : Isère)
Montée de l'Alpe d'Huez

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Montée de l'Alpe d'Huez
Arrivée cycliste

La montée de l'Alpe d'Huez est une route (RD 211) de 13,8 kilomètres reliant Le Bourg-d'Oisans à l’Alpe d'Huez. La montée est un des passages les plus connus du Tour de France cycliste.

Description générale[modifier | modifier le code]

Le dénivelé est de 1 090 mètres. L'ascension présente un profil de 13,8 km à 7,9 % de moyenne. La montée de l’Alpe d’Huez est constituée de 21 virages numérotés en ordre décroissant par des panneaux indicateurs (auparavant, il s’agissait de bornes pour servir de repères aux chasse-neige) et hormis un virage qui nécessite une relance, les virages constituent à chaque fois un replat. Entre les épingles, les pentes oscillent souvent entre 8 et 9 %.

L’ascension démarre 600 mètres après le rond-point avec la RD 1091 (ex-RN 91) à la sortie du Bourg-d'Oisans. Le premier kilomètre est à 10,4 %. Les trois premiers kilomètres pour arriver jusqu’à la Garde-en-Oisans et son clocher, au virage 16, sont proches de 10 %. Le passage de la Garde est un court replat. Par la suite, la pente s’établit autour de 7 % à 8 % sans cassure de pente. Après environ 5 kilomètres, la route traverse les hameaux du Ribot d’en Bas et du Ribot d’en Haut. Ensuite, la route s’élève et domine très nettement Le Bourg-d'Oisans. À Saint-Ferréol au virage 7 et au km 7,5 à côté d’un autre clocher, L'Alpe d’Huez et Huez-en-Oisans juste un peu plus haut que Saint-Ferréol, sont visibles sur les hauteurs.

Au niveau du croisement dit de la Patte d’Oie, la route se partage en deux : une route à droite vers les stations de ski et la route tout droit vers le centre de L'Alpe d'Huez, qui est celle parcourue sur le Tour de France[1]. Peu après ce croisement, les premiers bâtiments de la station apparaissent plus haut. Arrivé à l'entrée de la station, une banderole marque l'arrivée de cette montée. Cependant, l'arrivée du Tour de France se situe près de 2 km plus loin et plus haut dans la station à l'altitude de 1 850 m . Ces deux ultimes kilomètres présentent une pente de 5 % environ.

Cyclisme et Tour de France[modifier | modifier le code]

Bien qu’elle ne soit pas la plus difficile (la Plagne, ou Courchevel, pour ne citer que des stations de ski visitées par le Tour, offrent des montées plus ardues[2]), les passages réguliers du Tour de France, ainsi que le caractère souvent décisif de cette étape, lui ont permis de se bâtir une notoriété internationale. Ainsi, la montée de l'Alpe d’Huez est très prisée par les cyclotouristes qui sont chaque jour en moyenne 300 à effectuer l’ascension[3]. Chaque mois de juillet, la station est également le cadre de l’arrivée de la cyclosportive La Marmotte qui rassemble de 6 000 à 7 000 participants.

Le Tour de France a connu sa première arrivée à L'Alpe d'Huez en 1952 avec une victoire de Fausto Coppi, qui pour une première avait gravi la montée en 45 min 22 s[4], pour une étape qui fut la toute première arrivée au sommet de la grande boucle. Mais il faut attendre presque un quart de siècle pour que la station de l'Oisans soit de nouveau au programme du Tour. Depuis, les arrivées se sont multipliées, l’Alpe d’Huez reçut même la course chaque année de 1976 à 1992 à l’exception de 1980 et 1985. C’est dans cette période que la légende de la montée s’est construite, avec les multiples victoires hollandaises (Joop Zoetemelk, Hennie Kuiper et Peter Winnen deux fois, puis Steven Rooks et Gert-Jan Theunisse une fois), les luttes entre Bernard Thévenet et Hennie Kuiper ou Greg LeMond et Laurent Fignon, ou encore l'arrivée de Bernard Hinault et Greg LeMond main dans la main. Le virage 7 est surnommé « virage des hollandais ».
Actuellement la fréquence des arrivées s’établit approximativement à une année sur deux.

De 1976 à 2008, l'Alpe n'est jamais restée 2 ans sans accueillir le Tour. Cette régularité a pris fin avec les deux tours consécutifs 2009 et 2010 qui n'y passent pas. Un dicton du Tour de France dit que le coureur en jaune le soir de l'étape de L'Alpe sera vainqueur à Paris (il n'y a que 7 contre-exemples sur 28 arrivées ; en 1978, 1987, 1989, 1990, 2001, 2006 et 2011) ce qui met en lumière l'impact de cette étape dans l'imaginaire collectif de la Grande Boucle. L'Italien Marco Pantani détient depuis 1995 le record de l'ascension en 36 min 40 s (1995, 10e étape, Aime – L'Alpe d’Huez).

Année Vainqueur Départ de l'étape Kilométrage Coureur en jaune à l'Alpe d'Huez Vainqueur du Tour
1 1952 (9e étape) Drapeau : Italie Fausto Coppi (ITA) Lausanne (SUI) 266 Drapeau : Italie Fausto Coppi (ITA) Drapeau : Italie Fausto Coppi (ITA)
2 1976 (9e étape le 4 juillet) Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk (NED) Divonne-les-Bains 258 Drapeau : Belgique Lucien Van Impe (BEL) Drapeau : Belgique Lucien Van Impe (BEL)
3 1977 (17e étape le 19 juillet) Drapeau : Pays-Bas Hennie Kuiper (NED) Chamonix 184,5 Drapeau : France Bernard Thévenet (FRA) Drapeau : France Bernard Thévenet (FRA)
4 1978 (16e étape le 16 juillet) Drapeau : Pays-Bas Hennie Kuiper (NED) (2)[5] Saint-Étienne 240,5 Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk (NED) Drapeau : France Bernard Hinault (FRA)
5 1979 (17e étape le 16 juillet) Drapeau : Portugal Joaquim Agostinho (POR) Moûtiers 166,5 Drapeau : France Bernard Hinault (FRA) Drapeau : France Bernard Hinault (FRA)
6 1979 (18e étape le 17 juillet)[6] Drapeau : Pays-Bas Joop Zoetemelk (NED) (2) L'Alpe d'Huez (boucle) 118,5 Drapeau : France Bernard Hinault (FRA)
7 1981 (19e étape le 14 juillet) Drapeau : Pays-Bas Peter Winnen (NED) Morzine 230,5 Drapeau : France Bernard Hinault (FRA) Drapeau : France Bernard Hinault (FRA)
8 1982 (16e étape le 20 juillet) Drapeau : Suisse Beat Breu (SUI) Orcières-Merlette 123 Drapeau : France Bernard Hinault (FRA) Drapeau : France Bernard Hinault (FRA)
9 1983 (17e étape le 18 juillet) Drapeau : Pays-Bas Peter Winnen (NED) (2) La Tour du Pin 223 Drapeau : France Laurent Fignon (FRA) Drapeau : France Laurent Fignon (FRA)
10 1984 (17e étape le 16 juillet) Drapeau : Colombie Luis Herrera (COL) Grenoble 151 Drapeau : France Laurent Fignon (FRA) Drapeau : France Laurent Fignon (FRA)
11 1986 (18e étape le 21 juillet) Drapeau : France Bernard Hinault (FRA) Briançon 162,5 Drapeau : États-Unis Greg LeMond (USA) Drapeau : États-Unis Greg LeMond (USA)
12 1987 (20e étape le 21 juillet) Drapeau : Espagne Federico Echave (ESP) Villard-de-Lans 201 Drapeau : Espagne Pedro Delgado (ESP) Drapeau : Irlande Stephen Roche (IRL)
13 1988 (12e étape le 15 juillet) Drapeau : Pays-Bas Steven Rooks (NED) Morzine 227 Drapeau : Espagne Pedro Delgado (ESP) Drapeau : Espagne Pedro Delgado (ESP)
14 1989 (17e étape le 19 juillet) Drapeau : Pays-Bas Gert-Jan Theunisse (NED) Briançon 165 Drapeau : France Laurent Fignon (FRA) Drapeau : États-Unis Greg LeMond (USA)
15 1990 (11e étape le 11 juillet) Drapeau : Italie Gianni Bugno (ITA) Saint-Gervais 182,5 Drapeau : France Ronan Pensec (FRA) Drapeau : États-Unis Greg LeMond (USA)
16 1991 (17e étape le 23 juillet) Drapeau : Italie Gianni Bugno (ITA) (2) Gap 125 Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP) Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP)
17 1992 (14e étape le 19 juillet) Drapeau : États-Unis Andrew Hampsten (USA) Sestrière (ITA) 186,5 Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP) Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP)
18 1994 (16e étape le 19 juillet) Drapeau : Italie Roberto Conti (ITA) Valréas 224,5 Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP) Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP)
19 1995 (10e étape le 12 juillet) Drapeau : Italie Marco Pantani (ITA) Aime 162,5 Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP) Drapeau : Espagne Miguel Indurain (ESP)
20 1997 (13e étape le 19 juillet) Drapeau : Italie Marco Pantani (ITA) (2) Saint-Étienne 203,5 Drapeau : Allemagne Jan Ullrich (GER) Drapeau : Allemagne Jan Ullrich (GER)
21 1999 (10e étape le 14 juillet) Drapeau : Italie Giuseppe Guerini (ITA) Sestrières 220,5 Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA) Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA)
22 2001 (10e étape le 17 juillet) Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA) Aix-les-Bains 208 Drapeau : France François Simon (FRA) Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA)
23 2003 (8e étape le 13 juillet) Drapeau : Espagne Iban Mayo (ESP) Sallanches 219 Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA) Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA)
24 2004 (16e étape le 21 juillet) (étape contre-la-montre) Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA) (2) Le Bourg-d'Oisans 15 Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA) Drapeau : États-Unis Lance Armstrong (USA)
25 2006 (15e étape le 18 juillet) Drapeau : Luxembourg Fränk Schleck (LUX) Gap 187 Drapeau : États-Unis Floyd Landis (USA) Drapeau : Espagne Óscar Pereiro (ESP)
26 2008 (17e étape le 23 juillet) Drapeau : Espagne Carlos Sastre (ESP) Embrun 210,5 Drapeau : Espagne Carlos Sastre (ESP) Drapeau : Espagne Carlos Sastre (ESP)
27 2011 (19e étape le 22 juillet) Drapeau : France Pierre Rolland (FRA) Modane 109,5 Drapeau : Luxembourg Andy Schleck (LUX) Drapeau : Australie Cadel Evans (AUS)
28 2013 (18e étape le 18 juillet) (1er passage)[7] Drapeau : Italie Moreno Moser (ITA) Gap 172,5 Drapeau : Royaume-Uni Christopher Froome (GBR) Drapeau : Royaume-Uni Christopher Froome (GBR)
29 2013 (18e étape le 18 juillet) (2e passage)[7] Drapeau : France Christophe Riblon (FRA)
30 2015 ( 20e étape le 25 juillet) Drapeau : France Thibaut Pinot (FRA) Modane 110,5 Drapeau : Royaume-Uni Christopher Froome (GBR) Drapeau : Royaume-Uni Christopher Froome (GBR)

Cyclisme hors Tour de France[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « L’Alpe d’Huez. La montagne des Hollandais », article paru dans le magazine Le Cycle hors-série no 506H, juillet 2005, p. 12.
  2. Les profils sont consultables sur le site Ultime salite registrate qui référence un grand nombre d'ascensions en Europe et leur attribue une « difficulté » selon une formule dérivé de la cotation au carré.
  3. Montée de L'Alpe d'Huez.
  4. BOUVET Philippe, BRUNEL Philippe, L’Équipe, cols mythiques du Tour de France, mars 2005, Article « Alpe d’Huez. 21 lacets de bonheur », p. 26.
  5. Michel Pollentier passe la ligne en premier, mais est exclu le soir même du Tour pour fraude au contrôle antidopage
  6. Deux arrivées d'étape ont eu lieu au sommet de L'Alpe d'Huez en 1979.
  7. a et b La 18e étape du Tour de France 2013 propose la double ascension inédite de la montée. Après une première ascension, les coureurs bifurquent juste avant l'arrivée pour redescendre à Bourg-d'Oissans via le col de Sarenne.
  8. (en) Sanchez sprints to stage win at Superdévoluy.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Friebe et Pete Golding, Sommets mythiques : Cyclisme, les 50 cols incontournables d'Europe, GEO, , 224 p. (ISBN 978-2-8104-0296-0), p. 90-95

Liens externes[modifier | modifier le code]