Mère Myriam

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Mère Myriam
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Religieuse catholiqueVoir et modifier les données sur Wikidata
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Religion

Mère Myriam, née Tünde Szentes, à Budapest en 1949, est une religieuse catholique hongroise. Elle est fondatrice en 1973 de la « Fraternité de l'Immaculée »[1] qui a donné aussi l'institut de vie consacrée des « Sœurs mariales », érigé comme tel en 1999[2].

Tünde Szentes[modifier | modifier le code]

Son père, Géza Szentes, est titulaire de la médaille de Juste parmi les nations[3]. Sa mère, d'origine juive, s'est convertie au christianisme.

Tünde Szentes passe ses premières années à Budapest. Après avoir étudié le piano, elle souhaite poursuivre sa formation au Conservatoire de musique de Paris et, au bout de trois ans d'attente, elle peut quitter la Hongrie en septembre 1968 grâce à un haut fonctionnaire de l'UNESCO[1].

En France, elle fait la connaissance du père Marie-Dominique Philippe lors d'une retraite à Poissy, dans l'un des Foyers de Charité fondés à l'initiative de Marthe Robin[4]. Elle rencontrera Marthe Robin quelques années plus tard, en 1974, au cours d'une retraite à Châteauneuf-de-Galaure, et se rendra souvent chez elle pour solliciter ses conseils[5].

Le père Philippe lui suggère de s'inscrire à l'université de Fribourg, en Suisse, où il enseigne la philosophie. Il lui fait obtenir deux bourses d'études, l'une de l'université et l'autre du canton de Fribourg. En 1973, Tünde Szentes s'installe donc en Suisse, où elle restera sept ans. Elle y étudiera plus particulièrement l'œuvre d'Aristote et de Thomas d'Aquin, et présentera deux thèses de doctorat proposant une alternative intellectuelle au marxisme. Elle travaille également comme secrétaire de rédaction pour le père Philippe[1].

La découverte de l'œuvre de Maximilien Kolbe l'incite à entrer à la « Milice de l'Immaculée », mouvement d'évangélisation créé par le père Kolbe. Elle en devient bientôt l'un des porte-parole[4]. En 1973, à la demande des supérieurs de Rome, elle fonde la « Fraternité de l'Immaculée »[1].

Mère Myriam[modifier | modifier le code]

En 1982, son nom de religieuse est « mère Catherine-Marie ». Cependant, la même année, elle effectue un pèlerinage en Terre Sainte avec le père Philippe. Ce pèlerinage, ajouté au fait qu'elle apprend seulement à cette date l'ascendance juive de sa mère, lui permet de mieux prendre en compte les origines juives du christianisme[4]. Elle devient alors « mère Myriam » et les « Petites Sœurs de l'Immaculée » s'appellent désormais les « Petites Sœurs d'Israël, Filles de l'Immaculée ». Lors d'incidents antisémites à Chalon-sur-Saône, elle prend la défense de la communauté juive[4].

D'abord située dans le diocèse d'Autun, la communauté de mère Myriam s'installe ensuite dans le diocèse de Lyon.

La communauté est périodiquement critiquée[6].

En 1994, le cardinal Decourtray, archevêque de Lyon, donne à la communauté le statut d'« association privée de fidèles ». En 1995, cette association est annexée par la communauté Saint-Jean, dirigée par le père Philippe, qui en est nommé le « conseiller »[6].

En 1998, dans un petit village de Hongrie, la communauté est accusée d'avoir accueilli une jeune fille majeure contre le gré de ses parents[6]. La police, appelée sur place, déboute les accusateurs et justifie les sœurs[7].

En 1999, l'évêque de Roznava en Slovaquie donne aux Sœurs Mariales le statut d'« institut de vie consacrée » de droit diocésain.

Cette communauté a dès l'origine parmi ses spécificités d'accueillir aussi des personnes de santé fragile ou porteuses de handicap en proportion des sœurs bien portantes[1].

En mars 2005, dans le diocèse de Lyon, le statut d'association de fidèles est retiré à la communauté par décret du cardinal Barbarin. Une décision « rare et grave »[8] accueillie dans la foi et l'obéissance[9]. Mgr Hervé Giraud, évêque auxiliaire alors chargé du dossier, précise que cette décision a été prise sans enquête mais en raison du fait que cette communauté est sans cesse montrée du doigt « que les accusations soient avérées ou non ». L'autorité diocésaine souligne n'avoir "jamais parlé de dérive sectaire" concernant cette communauté et a indiqué que les accusations colportées par les médias « étaient injustes »[10].

En juillet 2005, la Gendarmerie nationale effectue des perquisitions et des interrogatoires approfondis de la communauté, sur commission rogatoire dans le cadre d'une enquête préliminaire motivée par ces accusations répétées. Le procureur de la République conclut : « Pas de trace de séquestration ou de maltraitance », « on n'a rien trouvé qui puisse donner corps à des dénonciations ». Le Procureur souligne aussi que les sœurs sont en libre contact avec leur entourage et leurs familles[11]. Les accusations sont donc infondées.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Emmanuel Haymann, op. cit.
  2. « Historique des statuts »
  3. (en) Yad Vashem, « The Righteous Among The Nations »
  4. a b c et d Olivier Landron, Les Communautés nouvelles, éd. du Cerf, 2004.
  5. Olivier Landron, Les Communautés nouvelles, éd. du Cerf 2004, page 124. Texte en ligne, p. 124 sqq.
  6. a b et c [1]« Enquête sur des dérives sectaires au sein de l'Église catholique », Le Monde, 27 janvier 2001.
  7. (hu) István Kálmán, « Érzelmek és a Tények », 24óra,‎
  8. « Le cardinal Barbarin tranche contre les « Sœurs bleues » », sur La Croix,
  9. « Famille Chrétienne, 23 avril 2005 »
  10. « Le Progrès, 20 mars 2005; RCF, 25 mars 2005 »
  11. Kévin Triet, « Sœurs mariales de Saint-Jodard : « Pas de trace de séquestration ou de maltraitance » », Le Progrès,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]