Marie-Dominique Philippe

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Marie-Dominique Philippe
Image illustrative de l’article Marie-Dominique Philippe
Marie-Dominique Philippe en 2005.
Biographie
Nom de naissance Henri Anne Marie Joseph Philippe
Naissance
Cysoing (Nord)
Ordre religieux Ordre des Prêcheurs
Ordination sacerdotale
Décès (à 93 ans)
Saint-Jodard (Loire)
Autres fonctions
Fonction religieuse
Prieur général de la Communauté Saint-Jean (1975-2001)

Marie-Dominique Philippe, souvent désigné comme père Philippe ou père Marie-Do (de son nom de naissance Henri Anne Marie Joseph Philippe[1]), né le à Cysoing (Nord) et mort le au prieuré de Saint-Jodard (Loire), est un prêtre dominicain français. Il est le frère de Thomas Philippe (1905-1993) qui fut son parrain et prêtre dominicain, membre fondateur des communautés de l'Arche auprès de Jean Vanier. Il sera comme son frère accusé d'abus sexuels.

Fondateur, en 1975, de la Communauté Saint-Jean à Fribourg, puis des Sœurs contemplatives et des Sœurs apostoliques de Saint-Jean, il est également, depuis 1973, le directeur spirituel de la communauté de mère Myriam.

Théologien connu, hostile au modernisme dans l'Église catholique depuis les réformes engagées à partir de 1948, le père Philippe est le directeur de conscience d'un certain nombre de personnalités.

En 2013, la révélation de ses abus sexuels sur des femmes adultes, perpétrés au sein de la Communauté Saint-Jean, provoque un scandale qui met un terme définitif au processus de béatification.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Henri Philippe est le huitième d’une famille de douze enfants qui a donné à l’Église quatre dominicains[2] et quatre moniales contemplatives[3]. Son père (1875-1959), qui se prénomme également Henri[4], est un notaire très catholique, scolarisé au Collège des Jésuites de Lille et diplômé de la Faculté de droit de Lille. Ce père aimant, mais plutôt distant, a quatre sœurs, dont une religieuse carmélite[5] et une autre religieuse missionnaire en Chine[6]. Henri Philippe est séparé de sa famille pendant la guerre de 1914-1918, à cause de son engagement au combat, et la famille se regroupe autour de la mère, née Élisabeth Dehau (1878-1968), pieuse et marquée par l'esprit dominicain. Ses parents ont eu dix enfants, dont un dominicain[7] et une fille de la Charité[8]. Son père, Félix Dehau (1846-1934), est un catholique légitimiste et bienfaiteur de sa région dans la droite ligne de la doctrine sociale de l'Église et sa mère, Marie Lenglart (1849-1940) est issue de la grande bourgeoisie lilloise. La demeure familiale des Dehau est le lieu de fréquentes réunions familiales.

Le jeune Henri fait ses études au collège jésuite de Lille comme pensionnaire avec ses deux frères Jean (futur dominicain sous le nom de Thomas) et Évrard (futur dominicain sous le nom de Réginald). Évrard prononcera ses vœux solennels le 23 septembre 1935 et mourra à 30 ans d'une méningite.

Henri entre dans l’ordre de Saint-Dominique le 11 novembre 1930 à Amiens et prend en religion le nom de Marie-Dominique. Son oncle maternel, le père Thomas Dehau (1870-1956), lui-même dominicain, est son père spirituel. Marie-Dominique Philippe fait profession le 12 novembre 1931, et poursuit ses études de philosophie et de théologie au Saulchoir de Kain (Belgique) de 1931 à 1938, où il retrouve ses deux frères et fait la connaissance de Jean de Menasce (sous le nom de religion de Pierre). Il est ordonné prêtre le 14 juillet 1936. D’abord licencié en philosophie, il présente ensuite son mémoire de lectorat sur « La sagesse selon Aristote », puis soutient un doctorat de théologie.

Professorat et création de la FSSPX[modifier | modifier le code]

Également diplômé de l'École pratique des hautes études[9], Marie-Dominique Philippe enseigne la philosophie et la théologie au Saulchoir d’Étiolles (couvent d’études des dominicains de la province de Paris) de 1939 à 1945 puis de 1951 à 1962. De 1945 à 1982, il est professeur à l’Université de Fribourg (Suisse), spécialisé en philosophies aristotélicienne et thomiste.

Le 4 juin 1969, le père Philippe participe avec d’autres personnalités (dont Bernard Kaul et l’abbé Paul Aulagnier) à la réunion qui se tient dans l’appartement fribourgeois de Bernard Faÿ et qui va donner naissance à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X (FSSPX)[10]. Au cours de cette assemblée, la manière aimante et respectueuse dont le père Philippe baise l'anneau épiscopal de Marcel Lefebvre est remarquée.

Le père Philippe indique son intention dans une lettre datée du 5 juin : « Il faut que le séminaire ouvre dans cette ville en octobre prochain »[11]. Mgr Marcel Lefebvre fonde alors la FSSPX avec l'approbation de Mgr François Charrière. À partir d'octobre 1969, les cours du séminaire commencent et le père Philippe vient donner des conférences tout au long de l'année. Il a, parmi ses étudiants, Paul Aulagnier ainsi que Bernard Tissier de Mallerais. Les mois passant, des divergences se font jour et aboutissent au départ du père Philippe lorsque Mgr Lefebvre refuse d'appliquer le Novus Ordo Missae de Paul VI[12]. Leurs chemins se séparent à la fin de la première année de la FSSPX mais cela ne les empêche pas de garder leur amitié intacte.

Influence[modifier | modifier le code]

En marge de son enseignement, le père Philippe donne, surtout en France et en Suisse, des conférences de philosophie et de théologie dans des milieux divers (secrétaires de syndicats chrétiens, chefs d’entreprise, psychanalystes, médecins, associations familiales catholiques, renouveau charismatique, artistes, etc.). À partir de 1949, il écrit de nombreux livres de philosophie et de théologie : au total plus de 35 ouvrages, ainsi que des articles, qui recouvrent un large champ d’intérêt : philosophie de l’art, réflexions sur les mathématiques et la médecine, études de métaphysique, commentaires de l’Évangile selon Jean, écrits sur le mystère du Christ et sur la Vierge Marie, ouvrages sur la famille, etc.

Œuvre[modifier | modifier le code]

À Fribourg, en 1975, à la demande de quelques étudiants français et sous l'impulsion spirituelle de Marthe Robin, il fonde, tout en restant dominicain, la communauté des Frères de Saint-Jean et, quelques années plus tard, celle des Sœurs contemplatives, puis celle des Sœurs apostoliques. À ces trois communautés se joindront de nombreux laïcs, les oblats de Saint-Jean, l’ensemble formant une nouvelle famille spirituelle dans l’Église : la Famille Saint-Jean.

En 1982, à son retour en France, tout en continuant son apostolat, il se consacre principalement à l’enseignement de la philosophie et de la théologie dans les maisons de formation des Frères de Saint-Jean à Rimont (Saône-et-Loire) et à Saint-Jodard (Loire). D’autre part, comme fondateur et prieur général, il dirige cette nouvelle communauté, qui connaît rapidement une extension internationale importante. Depuis 1974 une amitié profonde le lie à Karol Wojtyla. Par de nombreuses rencontres et des lettres, Jean-Paul II ne cessera de l’encourager dans sa recherche philosophique et dans son rôle auprès des frères et des sœurs de la Famille Saint-Jean.

En 2001 le père Jean-Pierre-Marie est élu prieur général de la communauté des frères ; le père Philippe cesse d’enseigner en 2003 à la demande de la hiérarchie, pour une « mise en conformité avec le droit ordinaire qui règle l’âge des enseignants (il a 91 ans) et pour permettre un renouvellement du corps des enseignants au studium de Rimont », précise Mgr Pierre Calimé, porte-parole de l’évêque d’Autun[13].

À l'occasion d’une audience papale pour les trente ans de la fondation de la communauté de Saint-Jean, en février 2006, le pape Benoît XVI rappelle au père Philippe et à sa congrégation de prendre « soin de vérifier ce qui a été vécu pour en tirer tous les enseignements et pour opérer un discernement toujours plus profond des vocations qui se présentent et des missions auxquelles [vous êtes] appelés, dans une collaboration confiante avec les pasteurs des Églises[14]. » Enfin, en juin 2006, à l’occasion de ses 70 ans de sacerdoce, le père Philippe reçoit les encouragements et la bénédiction de Benoît XVI à travers la voix du cardinal Rodé : « je tiens à le remercier, devant vous, pour ce qu’il a fait pour l’Église… l’Église vous est profondément reconnaissante pour ce qu’elle vous doit et elle vous doit beaucoup[15] »

À la suite d’un accident vasculaire cérébral, le père Philippe perd l’usage de la parole, puis il s’éteint le 26 août 2006 à Saint-Jodard. Le pape Benoît XVI fait parvenir un message de condoléances à la communauté[16].

Les obsèques de Marie-Dominique Philippe ont été célébrées le 2 septembre 2006 par Mgr Philippe Barbarin, archevêque de Lyon en la cathédrale Saint-Jean de Lyon en présence notamment de Pascal Clément, ministre de la Justice ; de Mgr Angelo Sodano, secrétaire d'État du Vatican ; et de Mgr Fortunato Baldelli, nonce apostolique en France[17],[18],[19],[20]. La messe des funérailles du père Philippe fut retransmise en direct sur la chaîne catholique KTO[17].

Il est inhumé au cimetière du prieuré de la Communaué Saint-Jean de Notre-Dame-de-Rimont à Fley (Saône-et-Loire)[18],[19].

Ses trois références étaient Aristote, saint Thomas d'Aquin et saint Jean, trois noms qui résument son œuvre[21],[22].

Critiques[modifier | modifier le code]

À partir de 1980, des familles et des anciens membres ont mis en cause des échecs graves du discernement de la Communauté Saint-Jean sur des jeunes vocations religieuses. Il a été reproché au père Philippe d'accueillir dans ses noviciats tout jeune qui se présentait. Quelques parents organisés en association sont allés jusqu'à dénoncer un fonctionnement « totalitaire » de la communauté et ont parlé de destruction psychique, de vocation religieuse et de foi perdues, de dérives apocalyptiques ou sectaires de la communauté, notamment au sein d’entités rattachées à la communauté et dirigées par des religieux isolés. Ce fut le cas de la confidentielle fraternité « Marie de Magdala » au cœur de l’école hors contrat « Sagesse et Art chrétien » à Cenves (Rhône) fermée à la fin des années 1990[réf. nécessaire].

Par ailleurs, le père Philippe a maintenu son soutien à mère Myriam et à la communauté des Petites Sœurs d'Israël, dont le statut d'association de fidèles a été retiré en 2005 par le diocèse de Lyon[23].

En 2004, les critiques touchant le fonctionnement de la communauté Saint-Jean ont été rejetées par Mgr Joseph Madec et Mgr Gaston Poulain. Ceux-ci ont précisé dans un communiqué que :

« Face aux accusations lancées par l’Avref (Association vie religieuse et familles), ils se portent garants de ce que vivent ces communautés et récusent à leur propos toute qualification de secte et de dérives sectaires. [...] Leurs communautés vivent selon les règles établies par l’Église et ne peuvent d’aucune façon être accusées d’être des sectes. Nous ne pouvons admettre qu’on fasse peser sur elles un tel soupçon et qu’on ternisse ainsi l’image de jeunes religieuses et religieux qui, avec leurs richesses et leurs fragilités, donnent généreusement leur vie pour l’amour du Christ et des hommes[24]. »

Abus sexuels[modifier | modifier le code]

Témoignages convergents[modifier | modifier le code]

À la suite du chapitre général d'avril 2013, le supérieur général de la communauté, le père Thomas-Joachim, écrit aux frères une lettre dans laquelle il fait part de l'existence de témoignages convergents affirmant que le père Philippe a eu des gestes inappropriés sur des femmes adultes[25],[26]. Pour le Vatican, il s'agit même de « déviances dans sa vie affective et sexuelle »[27].

Le 20 décembre 2016, le dicastère romain pour les religieux émet un décret reconnaissant la légitimité des révélations publiques du père Thomas-Joachim en 2013. Il affirme qu'en rendant publics ces faits, le supérieur général de la communauté Saint-Jean n'a eu pour but que d'établir la réalité. Par conséquent, le père Thomas-Joachim est déclaré innocent du délit de diffamation[réf. souhaitée].

Le 5 février 2019, le pape François a parlé d’une congrégation féminine où « s’était installé cet esclavage des femmes, esclavage allant jusqu’à l’esclavage sexuel des femmes par des clercs et le fondateur », se référant à la Communauté Saint-Jean[28].

Documentaire sur les religieuses abusées[modifier | modifier le code]

Le 5 mars 2019, la chaîne Arte diffuse le documentaire Religieuses abusées, l’autre scandale de l’Église[29], qui comporte des accusations envers les frères Philippe[30],[31],[32] : Marie-Dominique Philippe, fondateur de la Communauté Saint-Jean, dénoncé par le prieur de cette communauté le 13 mai 2013 pour avoir eu « des actes contraires à la chasteté » envers des femmes adultes, et son frère aîné, le père Thomas Philippe, qui a inspiré Jean Vanier dans la fondation des communautés de l'Arche, dédiées à l'accueil de personnes ayant un handicap mental, dénoncé en 2015 par le modérateur de cette communauté, Patrick Fontaine, avec le soutien de Pierre d'Ornellas, archevêque de Rennes.

Publications[modifier | modifier le code]

Philosophie[modifier | modifier le code]

  • Introduction à la philosophie d'Aristote. Éditions universitaires, Paris, 1991 (ISBN 2-7113-0455-8) (épuisé). Jusqu'où l'enquête d'Aristote a-t-elle pénétré la connaissance de l'homme, de l'univers et de l'Être premier ? L'ouvrage est complété d'une brève étude des différents traités pour en faciliter l'accès.
  • Une philosophie de l'être est-elle encore possible ? 5 fascicules : I. Signification de la métaphysique ; II. Significations de l'être ; III. Le problème de l'ens et de l'esse (Avicenne et saint Thomas) (ISBN 2-85244-036-9) ; IV. Néant et être (Heidegger et Merleau-Ponty) (ISBN 2-85244-037-7) ; V. Le problème de l'être chez certains thomistes contemporains (ISBN 2-85244-039-3) ; Éditions Pierre Téqui, Paris, 1975 (épuisé).
  • Philosophie de l'art. 2 tomes, Éditions universitaires, Paris, 1991 (ISBN 2-7113-0449-3) et 1994 (ISBN 2-7113-0518-X) (épuisé). Comprendre l'art c'est d'abord remonter à sa source; la philosophie de l'art commence par une philosophie du faire. Ce volume porte plus précisément sur l'analyse philosophique de l'activité artistique, enveloppant tout le faire humain.
  • L'être. Essai de philosophie première, deux tomes (le second en 2 volumes) (Prix Bordin de l'Académie française 1975), Éditions Pierre Téqui, Paris, 1972-1974 (épuisé).
  • De l'être à Dieu. De la philosophie première à la sagesse, Éditions Pierre Téqui, Paris, 1977 (ISBN 2-85244-281-7). Un tome accompagné de 3 volumes de topique historique : I. Philosophie grecque et traditions religieuses, Éditions Pierre Téqui, 1977 (épuisé) ; II. Philosophie et foi, Éditions Pierre Téqui, 1978 (ISBN 2-85244-342-2) (épuisé) ; III. Philosophie moderne et contemporaine (à paraître).
  • Lettre à un ami. Itinéraire philosophique. Éditions universitaires, Paris, 1992 (ISBN 2-7113-0411-6). Chacun aujourd'hui doit s'interroger sur ce qu'il est comme personne humaine. Dépassant les idéologies pour retrouver le réalisme d'une authentique recherche de la vérité, il doit redécouvrir, à partir de ses propres expériences, ce qui donne à sa vie un sens.
  • Le manteau du mathématicien, Entretiens avec Jacques Vauthier, Mame Éditions universitaires, Paris, 1993 (ISBN 2-7113-0511-2) (épuisé). Une introduction au monde scientifique destinée à un public cultivé mais non spécialisé, à travers un entretien entre le mathématicien Jacques Vauthier et le théologien dominicain M.D. Philippe.
  • De l'amour, Éditions Mame, Paris, 1993 (ISBN 2-7289-0767-6). L'amour est ce qu'il y a de plus grand en l'homme : c'est ce qui lui permet de se dépasser lui-même dans la découverte de l'autre, d'aller plus loin dans l'épanouissement de toutes ses richesses. Essayer de comprendre ce que représente ce dépassement pour notre vie humaine et divine, c'est pénétrer plus avant dans la compréhension de ce qu'est l'homme.
  • Retour à la source. Tome I. Pour une philosophie sapientiale, Éditions Fayard, Paris, 2005 (ISBN 9782213621463). Cet ouvrage propose un « itinéraire vers la source », un essai de renouveau de la pensée philosophique dans ce qu'elle a de plus profond, à partir de l'expérience humaine. Dans un climat comme le nôtre, nous comprenons difficilement le sens et le rôle de la philosophie : c'est la sagesse qui est défigurée et dont on a perdu le sens aujourd'hui. Il n'est donc pas secondaire de reprendre une vraie recherche philosophique pour elle-même, pour contribuer à redécouvrir ce que sont l'intelligence et le cœur de l'homme dans ce qu'ils ont de plus profond.
  • « Saint Jean et Whitehead », in Michel Weber et Samuel Rouvillois (éditeurs), L’Expérience de Dieu. Lectures de religion in the Making, actes du troisième colloque international Chromatiques whiteheadiennes[33], Aletheia. Revue de formation philosophique, théologique et spirituelle, hors-série, 2006.
  • Retour à la source. Tome II. De la science à la sagesse : itinéraire inachevé, Éditions Fayard, Paris, 2009 (ISBN 9782213651613).

Théologie spirituelle[modifier | modifier le code]

  • Le mystère de l'amitié divine, Luff-Egloff, Paris, 1949 (épuisé). « Il n'est pas suffisant de dire que l'amour découle de Dieu. Non seulement l'amour descend de Dieu, mais il descend de Dieu parce que Dieu est lui-même Amour. Voilà où il faut s'élever si l'on veut entrevoir toute la profondeur de ce mystère d'amour et en deviner tous les abîmes. La lumière qui doit donc éclairer toute notre étude est cet Amour divin en lui-même : Dieu-Amour ».
  • Un seul Dieu tu adoreras (Je sais-je crois, 16), Arthème, Éditions Fayard, Paris, 1958 (réimprimé). « L'homme ne peut être parfaitement lui-même que dans la mesure où il reconnaît les droits souverains de son Dieu créateur sur lui-même. Tant qu'il n'a pas découvert Dieu et ne reconnaît pas ses droits, pensant qu'il est son unique maître, il n'a pas découvert Celui qui est sa source et sa fin. Il demeure alors comme un errant vagabond qui ne sait où il va ni d'où il vient ».
  • Mystère de Marie, croissance de la vie chrétienne, La Colombe, Paris, 1958 (réimpression : Aletheia, Éditions Fayard, Paris, 1999 (ISBN 2-213-60352-9)). Il appartient au théologien de contempler dans la foi, au-delà de la dévotion populaire, la personne de Marie, l'Immaculée, Mère de Dieu, modèle de la foi, de l'espérance et de la croissance de l'amour divin.
  • Mystères de miséricorde : 1. L'Immaculée Conception ; 2. La Présentation de Marie ; 3. L'Annonciation. Éditions Saint-Paul, Fribourg, 1958 et 1960 (réimpression : Parole et Silence, Saint-Maur, 2000 (ISBN 2-84573-045-4)).
  • Marie est pure créature, La miséricorde l'enveloppe donc dès le point de départ, totalement et complètement. Toute sa vie elle ne cesse de recevoir en plénitude la miséricorde du Père.
  • Saint Thomas docteur, témoin de Jésus, Éditions Saint-Paul, Fribourg-Paris, 1992 (ISBN 2-85049-501-8) (épuisé). « Toute la vie de Thomas d'Aquin a été consacrée d'une manière extraordinairement assidue à la recherche de la vérité ». Introduction à l’œuvre philosophique, théologique, et spirituelle de saint Thomas d'Aquin.
  • Mystère du Corps Mystique du Christ, La Colombe, Paris, 1960 (épuisé). Ce livre nous met en présence de la Révélation du Mystère du corps mystique fait à saint Paul et nous montre comment saint Jean, en son Apocalypse, et en son Évangile, nous en manifeste les ultimes exigences.
  • Analyse théologique de la Règle de saint Benoît, La Colombe, Paris, 1961 (épuisé). « Pour dégager de la Règle la modalité particulière selon laquelle saint Benoît considère l'esprit évangélique et la manière dont il envisage les moyens capables de nous sanctifier, il faut d'abord comprendre que saint Benoît veut faire de son monastère une maison de Dieu, donc une maison de prière ».
  • La Symbolique de la messe, La Colombe, Paris, 1961 (épuisé). « Si la symbolique de la messe est une symbolique qui, pour le croyant, est en premier lieu une symbolique le reliant au geste et à l'action du Christ crucifié et glorifié, cela n'empêche pas que cette symbolique assume, en la purifiant, toute la symbolique religieuse. Car le Christ, Fils de Dieu, est le Roi de l'univers. En lui, tout l'ordre de l'univers est recréé ».
  • Le Mystère de l'Église, Verse et controverse, Éditions Beauchesne, Paris, 1961. Dialogue œcuménique entre le père Marie-Dominique Philippe et le pasteur Albert Finet sur le mystère de l'Église.
  • Le Mystère du Christ crucifié et glorifié, Éditions Fayard, Paris, 1996 (ISBN 2-213-59774-X). Une étude de théologie mystique qui considère le Christ crucifié comme la sagesse du chrétien. La Croix est la manifestation et la don de l'amour personnel de Jésus pour le Père et pour les hommes.
  • L'Étoile du matin, Entretiens sur la Vierge Marie, Le Sarment-Fayard, Paris, 1989 (réimpression : Éditions du Jubilé, 2006) (ISBN 2-866-79039-1)). Le pape Jean-Paul II écrit au début de son encyclique Redemptoris Mater : « Dans la nuit où était attendu l'Avènement, Marie commença à resplendir comme une véritable étoile du matin ». À l'aube du troisième millénaire, Marie apparaît toujours comme cette étoile qui précède le Christ soleil de justice, source cachée de tout renouveau dans l'Église. Elle nous enseigne les exigences propres de l'Esprit Saint sur l'Église d'aujourd'hui. Elle nous redit sans cesse notre bonheur d'enfants de Dieu, choisis, aimés, sauvés par lui.
  • Les trois sagesses, Éditions Fayard, Paris, 1994 (ISBN 2-213-59252-7). Dans ce livre d'entretiens, très vivant et accessible, le père Philippe transmet l'essentiel de ses recherches sur l'homme et le mystère du Christ. Trois maîtres l'ont profondément marqué : Aristote, saint Thomas d'Aquin et saint Jean. Partant de ces hommes exceptionnels, il expose le développement de sa propre pensée, en quête incessante des trois grandes sagesses philosophique, théologique et mystique.
  • Suivre l'Agneau, Retraite sur l'Évangile de saint Jean prêchée à des jeunes, Éditions Saint-Paul, Versailles, 1995 (ISBN 2-85049-637-5).
  • Commentaire du Prologue de saint Jean et des onze premiers chapitres de la Genèse. Sur un ton très familier, l'auteur dialogue avec son auditoire tout en livrant une réflexion théologique nouvelle, à la lumière de saint Jean.
  • Suivre l'Agneau partout où il va, Tome 2, Éditions Saint Paul, Versailles, 1999 (ISBN 2-85049-781-9). Ce second volume nous invite à entrer avec Jean dans le rythme profond de la vie apostolique de Jésus, à partir des noces de Cana.
  • J'ai soif, Entretiens sur la sagesse de la Croix, Éditions Saint Paul, Versailles, 1996 (ISBN 2-85049-680-4). Les sept dernières paroles de Jésus prononcées sur la Croix sont en premier lieu pour Marie et nous devons en vivre grâce à elle et en Elle, afin de pouvoir comprendre de l'intérieur ce cri de soif et la blessure du Cœur de Jésus, qui doit habiter toute notre vie chrétienne.
  • Le Mystère de Joseph, Saint-Paul, Versailles, 1997 (ISBN 2-85049-699-5) (épuisé). Saint Joseph n'est bien souvent invoqué que pour des demandes de biens temporels. Ce petit enseignement développe tous les aspects du mystère de sa sainteté, directement impliquée dans le mystère de l'incarnation du Christ.
  • L'Acte d'offrande, Retraite avec la Petite Thérèse, Éditions Saint Paul, Versailles, 1997 (ISBN 2-85049-727-4). La sainteté de Thérèse se caractérise par une recherche incessante de vérité et par l'ardeur de son désir qui est comme l'écho du cri de soif de Jésus à la Croix. Ne dit-elle pas, avec l'audace prodigieuse de l'enfant, qu'elle a trouvé le secret pour s'approprier la flamme de l'amour divin ? Elle exprime ici quelque chose de particulièrement important pour notre monde mené par des idéologies qui, en prônant la laïcité et l'efficacité, entraînent les jeunes dans l'angoisse et le désespoir.
  • Le Secret du Père, Éditions Saint Paul, Versailles, 1997 (ISBN 2-85049-851-3). « Dieu, personne ne l'a jamais vu; un Dieu, Fils unique qui est dans le sein du Père, Celui-là l'a fait connaître » (Jn 1, 18). Il se révèle à nous dans l'Incarnation. Le Père nous fait vivre de son propre mystère comme source d'amour. Le Père est celui qui se donne. Il nous attire à lui dans l'offrande de son Fils crucifié.
  • Je suis venu jeter un feu sur la terre, Entretiens sur les Béatitudes. Éditions Mame-Hommes de Parole, Paris-Genève, 2001 (ISBN 2-7289-0993-8). Qui est Dieu ? Dieu dans la vie de tous les jours, l'Ancien Testament, les Évangiles, l'Église, le scandale de la Croix, la division des chrétiens, la souffrance, le mal, la mort, la solidarité, l'amour humain, la politique, la guerre, le message du Christ et l'Espérance dans les grandes épreuves de notre temps. Toutes ces questions sont ici éclairées à la lumière des Béatitudes qui seules permettent de saisir l'œuvre de la grâce chrétienne et la transformation qu'elle opère en nous.
  • Suivre l'Agneau, Lumière du monde, Tome 3, Médiaspaul, Paris, 2005 (ISBN 2-7122-0929-X). Après les grandes éclosions de la vie apostolique de Jésus (cf. les tomes 1 et 2), le père Philippe continue son commentaire de l'évangile de Jean (chapitres 6 à 11) en nous faisant entrer dans le temps des grandes luttes du Christ. Dans les moments chaotiques de sa vie publique, Jésus se donne davantage. Les sept grandes affirmations « Je suis » de Jésus au milieu des luttes nous aident à découvrir les sept manières dont il nous prend et nous transforme pour réaliser entre lui et nous un mystère d'unité.
  • À l'âge de la lumière, Dialogues avec la pensée des hommes, Ad Solem, Genève, 2006 (ISBN 2-88482-056-6). Le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine a offert au père Marie-Dominique Philippe la possibilité de faire se réfléchir la pensée des hommes dans la lumière des trois sagesses philosophique, théologique et mystique. Des extraits de Camus, Baudelaire, Marie Noël, Gide, Mauriac, Newman, Lacordaire, parmi tant d'autres, en donnant voix à l'expérience humaine dans sa variété, sont ainsi pour le père Philippe l'occasion de dire ce qui demeure en lui l'essentiel au soir de sa vie.

Pédagogie familiale[modifier | modifier le code]

  • Liberté - Vérité - Amour, Arthème, Éditions Fayard, Paris, 1998 (ISBN 2-213-60196-8). Le sens de la vie, la contestation face au conformisme, la recherche de la vérité, la soif de liberté, l'exercice de l'autorité, le sens du mal, etc. Les jeunes posent des questions qui nous semblent maladroites mais qui sont, en réalité, radicales et en décalage avec ce que nous percevons de leur comportement.
  • Au cœur de l'amour, Entretien sur l'amour, le mariage et la famille, Le Sarment-Fayard, Paris, 1987 (ISBN 2-213-02009-4). Quel est le projet de Dieu sur le couple ? Quelles sont les différences essentielles entre l'homme et la femme ? Quelle est leur vocation respective ? Pourquoi la monogamie ? Pourquoi baptiser les petits enfants ? Pourquoi l'Église interdit-elle la pilule et le remariage des divorcés ? Qu'est-ce que l'amour ? Voilà un aperçu des quelque cent cinquante questions que nous avons posées au père Philippe sur les thèmes de l'amour et de la vie sexuelle, du mariage, de la famille et de l'éducation.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marie-Christine Lafon, Marie-Dominique Philippe: Au coeur de l'Eglise du xxe siècle, Éditions Desclée de Brouwer, (ISBN 9782220067384, lire en ligne)
  2.  · Thomas Philippe (1905-1993). · Évrard Philippe (1911-1940) sous le nom en religion de père Réginald. · Pierre Philippe (1913-2002), ancien prêtre dominicain.
  3.  · Marie Philippe (1903-1999), bénédictine de 1923 à 1999 à l'abbaye Notre-Dame de Wisques sous le nom de Hildegarde· Cécile Philippe (1906-1986), dominicaine de 1927 à 1986 au monastère de la Croix et de la Compassion, installé près du Saulchoir puis à Soisy-sur-Seine, elle sera prieure sous le nom de mère Cécile de Jésus · Élisabeth Philippe (1908-2003), dominicaine de 1929 à 2003 dans le même monastère que sa sœur. · Henriette Philippe (1915-2005), bénédictine dans la même abbaye que sa sœur Marie sous le nom de mère Winfrida, elle fonde ensuite un monastère de la branche des bénédictines de la Compassion.
  4. Fils de Louis-Alexandre Philippe (1830-1902), bâtonnier du barreau de Lille et de Julie Dubois-Charvet (1845-1888).
  5. Louise Philippe (1868-1940).
  6. Élisabeth Philippe (1877-1950), auxiliatrice du purgatoire à Shanghai.
  7. Thomas Dehau (1870-1956).
  8. Claire Dehau (1872-1932).
  9. Étienne Fouilloux, « PHILIPPE Marie-Dominique. PHILIPPE Henri Anne Marie Joseph à l’état civil ; PHILIPPE Marie-Dominique en religion. », Dictionnaire biographique des frères prêcheurs. Dominicains des provinces françaises (XIXe-XXe siècles),‎ (ISSN 2431-8736, lire en ligne, consulté le 28 avril 2019)
  10. Paul Aulagnier, La Tradition sans peur, pages 59 et 60, Éditions Servir, 2000
  11. Bernard Tissier de Mallerais, Marcel Lefebvre, une vie, pages 435 et 436, Éditions Clovis, 2002 (ISBN 2-912642-82-5).
  12. Paul Aulagnier, La Tradition sans peur, p. 66 et 67, Éditions Servir, 2000.
  13. « Brève dans Témoignage Chrétien »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  14. Article de Catholique.org.
  15. catholique.org citant Zenit.org du 5 juillet 2006.
  16. Message de condoléances du pape Benoît XVI
  17. a et b Philippe Bette avec Sylvie Cozzolino, « "Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Eglise" : le troublant éloge funèbre du cardinal Barbarin sur Arte », sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes, (consulté le 29 avril 2019)
  18. a et b « Esprit-Photo.com : Agence photo, presse et édition, spécialisée dans le religieux », sur esprit-photo.com (consulté le 29 avril 2019)
  19. a et b « Décès du Père Marie-Dominique Philippe, op », sur Tout à Jésus par Marie, (consulté le 29 avril 2019)
  20. Voir sur evangelium-vitae.org
  21. « Aristote a été un guide, saint Thomas un maître et un ami, saint Jean est celui qui nous apprend à aimer Jésus », dans La Croix du 28 juin 2006
  22. « La Libellule ou … le Haricot, les "Confessions sur le siècle", mémoires roboratifs, du père Bro, o.p. »
  23. « Décret du cardinal Barbarin », sur soeurs.mariales.com, Famille chrétienne,
  24. Communiqué de Mgr Madec et Mgr Poulain 2004.
  25. Céline Hoyeau, « Sur le P. Marie-Dominique Philippe, il faut regarder le réel en face », sur La Croix, (consulté le 18 octobre 2017) : « Il a eu des gestes déplacés, contraires à la chasteté, c’est vrai. »
  26. Jean Mercier, « Les frères de Saint-Jean révèlent les manquements à la chasteté de leur fondateur », sur La Vie, (consulté le 18 octobre 2017) : « des témoignages convergents et jugés crédibles par ceux qui y ont eu accès (des autorités de l’Eglise et de notre congrégation dont moi-même) disant que le père Philippe a parfois posé des gestes contraires à la chasteté à l’égard de femmes adultes qu’il accompagnait. »
  27. « La parole se libère, à visage découvert, sur des abus dans la vie religieuse », Le Point, (consulté le 18 octobre 2017).
  28. « Le pape reconnaît que des religieuses ont servi d’« esclaves sexuelles » au clergé », Le Parisien, (consulté le 6 mars 2019).
  29. « Religieuses abusées, l'autre scandale de l'Église », sur Arte (consulté le 6 mars 2019).
  30. « Les premières réactions au documentaire d’Arte sur les religieuses abusées », sur La Croix, (consulté le 6 mars 2019).
  31. « VIDEO. Dans un documentaire, une religieuse raconte avoir été abusée sexuellement par deux prêtres originaires du Nord », sur France 3 Hauts-de-France (consulté le 6 mars 2019).
  32. « Religieuses abusées par des prêtres : "Il me disait qu’il était le petit instrument de Jésus" », sur Libération, (consulté le 6 mars 2019).
  33. Lire sur academia.edu.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Benoît-Emmanuel Peltereau-Villeneuve et Ariane Schwizgebel, Le Père Marie-Dominique Philippe, ouvrier de la sagesse, Philippe-Marie Mossu (préface), Les Plans (Suisse), Éditions Parole et Silence, 2012 (ISBN 2889180700).
  • Marie-Christine Lafon, Marie-Dominique Philippe, Au cœur de l'Église du XXe siècle, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, 15 janvier 2015 (ISBN 978-2-220-06630-1) (en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]