Louis d'Amboise

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Louis d'Amboise
Image illustrative de l'article Louis d'Amboise
Desssin du tombeau de Louis d'Amboise en l'église de Thouars, collection Gaignières, Paris, BnF, XVIIe siècle.

Titre Vicomte de Thouars
Biographie
Dynastie Maison d'Amboise
Naissance
château de Rochecorbon
Décès
Thouars
Père Ingelger II d'Amboise
Mère Jeanne de Craon
Conjoint Louise-Marie de Rieux
Colette de Chambes
Enfants Françoise, Péronnelle, Marguerite

Image illustrative de l'article Louis d'Amboise
Armes : écartelé, aux 1 et 4 palé d'or et de gueules de six pièces (Amboise), aux 2 et 3 d'or semé de fleurs de lys d'azur au franc-quartier de gueules (Thouars)

Louis d'Amboise, né en 1392 au château de Rochecorbon et mort le 28 février 1469 à Thouars[1], vicomte de Thouars, prince de Talmont, seigneur d'Amboise, Bléré et Montrichard, comte de Guînes, Marans, de l'Île de Réetc.

Il était fils d'Ingelger II d'Amboise et de Jeanne de Craon. Il est donc le petit-fils d'Isabeau de Thouars et d'Ingelger Ier d'Amboise.

Titres et fonctions[modifier | modifier le code]

Immensément riche, Louis d'Amboise provoqua la jalousie et les convoitises des rois de France Charles VII et Louis XI.

Rien que la vicomté de Thouars, comptait, à elle seule, plus de 3 000 vassaux. C'était la plus importante vicomté du royaume et ses revenus étaient considérables. C'est la raison pour laquelle Louis XI se pressa vers Thouars tout d'abord, en mars 1465 à la suite de la ligue du Bien public, fronde, afin de conserver le trésor royal[2].

Elle comportait vingt baronnies dont les plus importantes étaient : Bressuire, Argenton-les-Vallées, Argenton-l'Eglise, Mortagne-sur-Sèvre, Tiffauges, Pouzauges, La Garnache, Beauvoir-sur-Mer, Île de Noirmoutier, Châteaumur, La Chaize-le-Vicomte, La Grève, Les Essarts, Palluau, Apremont, Mareuil-sur-Lay, Sainte-Hermine, plus une trentaine de châtellenies, une vingtaine d'abbayes, telles que : Saint-Laon-de Thouars, la Grainetière, Orbestrier, Saint-Michel, Angles, ainsi que les terres d'Olonne, de La Chaume,de La Mothe-Achard (Brandois), de Braix et plusieurs autres domaines considérables.

Il était prince de Talmont, Mauléon et Marans, comte de Guînes et de Bénon, vicomte de Thouars, seigneur d'Amboise, de Bléré, de Montrichard, Rochecorbon, Berrie, Leugny, Château-Gontier, Civray, de l'Île de Ré et autres lieux.

Biographie[modifier | modifier le code]

À la mort de son oncle, Pierre II d'Amboise, il devint vicomte de Thouars. Louis d'Amboise participa à la guerre de Cent Ans aux côtés du connétable Arthur de Richemont. Dès le 24 janvier 1429, il était aux côtés de Jeanne d'Arc, à Orléans, où il participa à toutes les actions pour faire libérer la ville assiégée.

Ayant projeté, avec André de Beaumont, seigneur de Lezay, et Antoine de Vivonne, d'enlever Georges Ier de La Trémoille, grand chambellan de Charles VII, et de conduire le roi dans sa seigneurie d'Amboise, il fut arrêté. Le parlement, qui siégeait alors à Poitiers, les condamna tous les trois, le 8 mai 1431, à la peine de mort.

Lezay et Vivonne furent exécutés, mais Charles VII fit grâce de la vie à Louis d'Amboise. Il commua sa peine de mort, en prison à vie, et confisqua tous ses biens. Il fut enfermé au château d'Amboise, puis, dans celui de Châtillon-sur-Indre.

Le 14 mai 1431 le capitaine du château de Thouars Jacques de Montbéron, seigneur d'Azay-le-Rideau, remit la place au roi Charles VII. En 1432, ce même roi transféra les biens de Louis d'Amboise à sa sœur Jacqueline, femme de Jean de la Trémoille, seigneur de Jonvelle.

Le cousin de Louis, Pierre d'Amboise, seigneur de Chaumont, accompagné des sires de Bueil, de Coëtivy et des quatorze principaux barons du royaume, entrèrent alors secrètement, pendant la nuit, dans le château de Chinon où se trouvaient le roi Charles VII et son favori Georges Ier de La Trémoille. Ils s'emparèrent de ce dernier et l'enfermèrent au château de Montrésor, d'où il ne sortit que contre rançon et avec la promesse de faire libérer Louis d'Amboise, ce qui fut fait en 1434. Il fut réhabilité en 1437 mais le roi se garda le droit de marier l'héritière de Louis.

Château d'Amboise au XVIe siècle

La plupart des biens furent rendus à Louis, à l'exception des seigneuries et des châteaux d'Amboise, de Château-Gontier et de Civray qui furent annexés à la couronne. Louis qui aimait le luxe finit par avoir une vie dépravée, il se conduisit brutalement vis-à-vis de sa femme Louise-Marie de Rieux, qu'il fit enfermer au château de Talmont. L'affaire remonta au roi Louis XI qui, avec l'objectif de s'emparer de la vicomté de Thouars, en profita pour mettre Louis dans une situation intenable vis-à-vis de sa fille ainée Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne. Celle-ci était devenue veuve, et refusait de se remarier. En 1461, Louis d'Amboise finit par faire don, de tous ses biens, au roi Louis XI, mais les filles de Louis d'Amboise s'opposèrent à ce qui était une véritable spoliation de ses biens pour sa famille.

Descendance et succession[modifier | modifier le code]

Louis d'Amboise épousa, en premières noces, Louise-Marie de Rieux (née vers 1405 et morte le 24 janvier 1465) dame de La Gacilly, fille de Jean III de Rieux, et de Béatrice de Montauban dont il eut trois filles :

N'ayant pas de fils, c'est le mariage de ses filles qui préoccupa Louis d'Amboise : l'enjeu était de taille puisqu'il s'agissait de l'attribution de la Vicomté de Thouars. .

Dès le 5 mai 1465[3], moins de quatre mois après le décès de Louise-Marie, il épousa en secondes noces Colette de Chambes (fille de Jean II de Chambes Seigneur de Montsoreau) qui ne lui donna pas d'héritier.

Château de Thouars situé au nord de Deux-Sèvres.

Louis d'Amboise mourut le 28 février 1470 au château de Thouars et fut enterré dans l'église Saint-Laon de Thouars. Avec lui s'éteignit la branche aînée de la Famille d'Amboise. À la suite de son décès, Louis XI octroya en mai 1470 la vicomté de Thouars ainsi que les seigneuries de Berrie et de Marans à sa fille aînée Anne de France en tant que dot[4]. Puis, en 1472, celles de Talmont, d'Olonne et à nouveau de Berrie à Philippe de Commynes. Cependant, la seigneurie de Talmont étant la dot de la troisième fille de Louis d'Amboise, Marguerite, le parlement de Paris résista jusqu'en juillet 1479 et n'enregistra que trois seigneuries dont Talmont, les d'autres étant laissées aux Amboise[5].

Françoise d'Amboise s'étant faite religieuse carmélite en mars 1468, elle céda tous ses droits à son neveu Louis II de la Trémoille, fils de sa sœur cadette Marguerite. Louis XI voulait la remarier à l'un de ses familiers pour que la vicomté de Thouars revienne à la couronne de France[6] mais elle avait refusé en s'enfuyant. Finalement, grâce à sa fidélité complète pour Louis XI puis la régente Anne de France, Louis II de la Trémoille réussit à restituer non seulement la vicomté en 1483 mais aussi les seigneuries[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IV, p.275, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1890
  2. Jean Favier, Louis XI, p.460, Fayard, Paris 2001.
  3. Autorisé le 12 avril 1465, et contrat signé le 5 mai 1465, d'après Abbé Ledru, Louis XI et Colette de Chambes, p.9-11, Angers, 1882 ; cité par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome IV, p.274-275, note n°1, Librairie Renouard, Paris 1890
  4. Bibliothèque nationale, Fr.20494, folio 22 ; trouvé et publié par Joseph Vaesen et Étienne Charavay, Lettres de Louis XI, tome III, p.174-175, note n°1, Société de l'histoire de France et Librairie Renouard, Paris 1887
  5. (Jacques Heers, Louis XI, p.258, Perrin, Paris 2003).
  6. Jacques Heers, Louis XI, p.259, Perrin, Paris 2003
  7. https://books.google.fr/books?id=j3kUAQAAMAAJ&pg=PA210 note (a).

Sources[modifier | modifier le code]

  • Dr J.-X. Carré de Busserolles, Dictionnaire de Touraine, 1878, article sur Amboise
  • J.-L. Chalmel, Histoire de la Touraine, 1841, t. IV.
  • Les compagnons de Jeanne d'Arc.
  • Louis de Rieux sur roglo.eu

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Champion, « Notes sur Jeanne d'Arc. Le complot de Louis d'Amboise, d'André de Beaumont, et d'Antoine de Vivonne (1429-1431) », Le Moyen Âge. Bulletin mensuel d'histoire et de philologie, Paris, Librairie ancienne Honoré Champion, t. 23,‎ , p. 180-197 (lire en ligne).
  • Georges Peyronnet, « Les complots de Louis d'Amboise contre Charles VII (1428-1431). Un aspect des rivalités entre lignages féodaux en France au temps de Jeanne d'Arc », Bibliothèque de l'école des chartes, Paris / Genève, Librairie Droz, t. 142, 1re livraison,‎ , p. 115-135 (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]