Lescure-Jaoul

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Lescure-Jaoul
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption.
L'église Notre-Dame-de-l'Assomption.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Aveyron
Arrondissement Rodez
Canton Aveyron et Tarn
Intercommunalité Communauté de communes Aveyron Ségala Viaur
Maire
Mandat
Francis Saurel
2014-2020
Code postal 12440
Code commune 12128
Démographie
Gentilé Lescurois(e)
Population
municipale
240 hab. (2014)
Densité 13 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 13′ 55″ nord, 2° 08′ 48″ est
Altitude Min. 210 m – Max. 623 m
Superficie 18,52 km2
Localisation

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Lescure-Jaoul

Lescure-Jaoul est une commune française située dans le département de l'Aveyron et la région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Map commune FR insee code 12128.png
Rose des vents Vabre-Tizac Rieupeyroux Rose des vents
Lunac N La Salvetat-Peyralès
O    Lescure-Jaoul    E
S
Bor-et-Bar Jouqueviel

Site[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Le vrai nom de Lescure était jadis Lescure-Caylès ou Calhès du nom de l’ancien pays de Calhès dont Cadoule était le chef-lieu.

La famille de Lescure est citée dans les actes depuis le milieu du XIIIe siècle. Elle semble avoir eu sa résidence, au moins au début, à Najac dont elle possédait la co-seigneurie. Elle ajouta en 1399 à ses possessions la baronnie de Vabre, puis au début du XVIe siècle celle de Flauzins. En 1403, Raymond de Lescure, un cadet, aurait été grand prieur de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem dans la province de Toulouse et chargé de traiter avec le sultan d’Égypte. Isabeau de Lescure, dernière du nom, vivait encore en 1673. Ses biens passèrent à la famille du Garaud, puis à celles de Saint-Alban et de Montlauseur en 1724.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 en cours Francis Saurel PS Agriculteur retraité
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du début des années 2000, les populations légales des communes sont publiées annuellement. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[2],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 240 habitants, en diminution de -6,25 % par rapport à 2009 (Aveyron : 0,57 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1836 1841 1846 1851 1856 1861 1866
408 388 581 630 626 675 603 610 615
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
673 700 700 697 651 651 932 927 864
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
713 686 656 656 623 562 508 490 435
1982 1990 1999 2004 2009 2014 - - -
378 319 268 261 256 240 - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006 [4].)

Histogramme de l'évolution démographique<timeline> Colors=

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 text:"Sources : base Cassini de l'EHESS et base Insee."
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Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Château de Lescure[modifier | modifier le code]

Le château de Lescure était bâti au centre du village, près de l’église. Au siècle dernier, il était déjà complètement ruiné.

Prieuré de Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Le prieuré de Notre-Dame dépendait de l’évêque de Rodez. L’église fut donné en 910 par Senégonde et son fils Raoul à l’abbaye de Conques. C’était une église romane avec une tour lanterne du XIVe siècle. Elle renfermait autrefois un beau triptyque en noyer sculpté du début du XVIe siècle avec les armes et le nom d’Antoine de Lescure (1500-1548). Ce chef-d’œuvre, d’une grande finesse, était relégué vers 1850 dans la sacristie. Il a été acquis en 1905 par le musée des arts décoratifs, à Paris. Dans le premier compartiment est représenté la naissance du Sauveur, dans le second sa mort sur le Calvaire et dans le dernier l’Assomption de la Vierge. Ce retable porte sur les pieds droits des motifs empilés en chandeliers qui font penser aux ornements de la clôture de François d’Estaing à la cathédrale de Rodez qui indiquent probablement une influence. François d’Estaing aurait lui-même appris ce style à la chartreuse de Paris où il avait fait ses études de droit. À Lescure, on a transporté une vierge en pierre du XIVe siècle, provenant de l’ancienne chapelle de Cadoule. L’église actuelle, néogothique a été élevée vers 1900.

Les environs

  • Cadoule : voir à La Salvetat-Peyralès.
  • Flauzins : l’église Saint-Pierre était sous l’Ancien Régime annexe de Montou (commune de La Salvetat).
  • Le petit village de Cadoulette.

Dans les environs, au sommet du Puech de Flauzins (altitude 620 m), curieux mégalithe, dit « lou Chaval del Rey », « le Cheval du Roi ». Un autre élément de ce monument appelé la Peyro-Jazens, la pierre couchée, aurait été détruit. Le village de Flauzins possède une église rénovée (église Saint-Pierre) autrefois annexe de Montou. Paroisse depuis le Concordat, elle renferme une cloche d’acier fondu (1861).

Il ne reste que peu de vestiges de la chapelle Notre-Dame ou de Saint-Amans où avait lieu des pèlerinages. Du château de la famille de Cadoule du XIIIe siècle, il ne reste que le nom et la communauté qui comprenait Romette et Montou fut rattachée à celle de Roumégous et prit le nom de Bosc-Cadoule (ancien régime).

Cheval du Roy[modifier | modifier le code]

Outre ces châteaux qui illustrent l’histoire de Lescure à une certaine époque, « Le Cheval du Roy » reste le témoin d’une autre plus ancienne. Il s’agit d’une roche granitique, située sur la montagne de Flauzins. Dans les Mémoires de la Société des amis de Villefranche et du Bas Rouergue le père C. Rigal a fait une communication fort intéressante sur ce mégalithe. Sa forme en dos d’âne un peu anguleuse et sa taille, lui ont valu ce nom royal : « Lo Jabal del Rei ».

Ce bloc doit peser 5 à 6 000 kilos. Il est en granit, dans un pays où l’on ne trouve pas de pierre de cette nature, cette région étant essentiellement schisteuse. La pièce a donc été apportée là. De quelle distance ? De deux à trois kilomètres, dit monsieur Boisse. La question est de savoir par qui ou par quoi. Est-ce une moraine ? Non, cette pierre n’est ni usée ni polie. Donc c’est un mégalithe. Cela ne peut être qu’une partie de dolmen. C’est un granit particulièrement dur, appelé dans le pays, granit ferrut, parce qu’il y a dans son composé quelque chose de semblable aux nœuds dans le bois, et cela est d’une dureté telle que s’y émoussent les burins les mieux trempés. Son orientation Est-Ouest, est semblable à l’orientation des dolmens.

Dimensions :

  • Longueur 3,25 m.
  • Épaisseur 0,60 m.
  • Hauteur 1 m hors de la terre côté Nord et 1,20 m côté Sud.
  • Profondeur 0,50 m à peine.

Le sommet n’est pas plat, mais taillé en biseau. Il y a une série de six creux faits de main d’homme, formant un alignement dans le sens de la hauteur, ce qui donne à penser qu’on a voulu la débiter. Les creux ne seraient que « lous cagniés » comme on dit en langue du pays pour désigner cet emplacement des coins de fer « lou cun ». La pierre étant trop dure, on n’a pas insisté pour la diviser.

Il y avait paraît-il, non loin de là, un autre mégalithe connu quand il existait, sous le nom de « peyro-jasso » (pierre couchée). Personne dans le pays n’en a le souvenir. L’abbé Cabaniols signale qu’il y avait une autre pierre moins grande, qui fut brisée entre 1835 et 1840. Il est donc possible, qu’un dolmen ait été érigé là voici 4 à 5 000 ans, preuve d’un culte religieux, d’un témoignage de respect donné à ceux dont on voulait garder le souvenir et perpétuer la mémoire. Les environs de Lescure ne devaient guère être habités à cause des forêts et des précipices. Toutefois il se peut, que des druides aient eu quelques temples dans la région, l’église de Lunac ayant sans doute été construite sur l’emplacement d’un temple Païen.

Panissole[modifier | modifier le code]

Près du hameau de Flauzins, la rivière du Viaur, qui forme en ce lieu la limite entre le Rouergue et l’Albigeois, parcourt une gorge sauvage qui s’étend du château de Roumégoux jusqu’à l’église des Infournats. Dans cet étroit défilé, que l’on appelle localement Las Crincos de Flauzi, il y a sur la rive droite, à peu près aux deux tiers de la pente en partant du plateau du Ségala, une petite caverne nommée gléio de Panissolo. Cette « église de Panissole » mesure huit mètres de profondeur horizontale, sur six mètres de largeur et quatre à cinq mètres de hauteur. Actuellement elle ne sert plus que d’abri aux quelques moutons qui pâturent dans ces rochers abrupts. Pourtant on remarque au centre de la caverne une petite excavation rectangulaire (côtés de 18 et 20 cm sur 25 cm de profondeur), faite de main d’homme, qui a servi à maintenir un poteau de bois : ce détail indique que la cavité a été autrefois sommairement aménagée. Quant au nom commun gléio « église », il pourrait simplement souligner la forme de cette salle souterraine dont la voûte de pierre a pu être comparée à celle d’une église. Pour ce qui est du nom propre Panissole, il ne peut être compris que si l’on se rappelle que cette région de la vallée du Viaur, notamment les gorges qui s’étendent du château de Thuriès près de Pampelonne jusqu’au Pont du Diable, au-dessous de Bor-et-Bar, ont été au XVe siècle le théâtre de curieux évènements. C’est là en effet qu’à l’époque du Grand Schisme d’Occident ont vécu des partisans de l’antipape Benoît XIV, sous la conduite de Jean Carrier, prieur de Lédergues, qui s’était réfugié dans le château de Tourène (commune de Crespin), où il résista pendant deux ans, de 1421 à 1423, aux troupes qui voulaient s’emparer de lui. Comme on le sait, Jean Carrier fut finalement fait prisonnier et mourut en 1433.

Dans la lettre que le légat du pape écrivit aux consuls d’Albi pour leur demander de mettre fin à l’hérésie, il est question d’une caverne nommée Panisculeta : « in spelunca illa residentiae suae de Turenna dicta Panisculeta ». E. Cabié, qui cite ce texte, note que le nom propre Panisculeta est une allusion évidente à la ville espagnole de Peñíscola (province de Castellón) où vivait alors l’antipape fugitif Benoît XIII (Pedro de Luna). Mais le nom commun spelunca l’embarrasse : il s’agit, écrit-il, d’« une sorte de métaphore injurieuse, car Tourène ne possède en réalité aucune trace de caverne ». Cette dernière remarque est entièrement juste : il n’y a pas en effet de grotte dans la région de Tourène. Toutefois, bien que la distance entre Tourène, résidence principale de Jean Carrier, et l’église de Panissole soit de l’ordre de 10 km, on peut se demander si les hérétiques, qui étaient nombreux dans la région de Flauzins, ne se réfugiaient pas non seulement dans le château, mais aussi dans la caverne. En ce qui concerne ce point particulier, un passage d’un texte de 1467 est intéressant. Il s’agit d’un procès mené par l’inquisiteur de Toulouse contre les deux enfants d’un forgeron du Coulet (paroisse de Montou et commune de La Salvetat-Peyralès), qui pendant plus de vingt ans, avaient dû prendre le maquis pour pouvoir rester fidèles à Jean Carrier. L’acte d’accusation précise en effet que ces intrépides sectateurs de l’antipape n’avaient pas hésité à abandonner tous leurs biens pour vivre pendant de longues années comme des animaux sauvages dans les bois et les cavernes de la contrée : « dicti tres preventi, relictis omnibus corum bonis, fugiendo consorcium ceterorum catholicarum… per XX annos et ultra steterunt bestialiter per nemora, cavernas et loca abscondita, ita quod non ambulabant nisi de nocte et per vias oblicas ut ab aliis Catholice Ecclesie cultoribus non caperentur nec cohiberentur a desistendo a via mala  ». Comme tous les lieux liés aux tribulations de cette famille obstinée sont situés autour de Flauzins, depuis le moulin de La Soulayrié jusqu’à la chapelle de St-Amans-de-Cadoule, il est probable que la gléio de Panissolo leur a servi de refuge, d’autant plus qu’elle constitue la seule anfractuosité relativement spacieuse qui existe dans ce pays au sol schisteux, où les grottes proprement dites, par opposition aux simples cavernes d’effondrement – comme c’est ici le cas –, sont inconnues. Dans ces conditions, il semble que le nom propre Panissolo soit tout simplement l’adaptation en rouergat du toponyme espagnol Peñíscola qui était célèbre, on l’a déjà vu, parmi les partisans de Benoît XIII. Le mot espagnol, accentué sur l’antépénultième, a été normalement transformé en paroxyton en vertu d’une tendance fondamentale de la langue d’oc à l’élimination des proparoxytons. Une fois l’accent tonique reporté sur le o de l’avant-dernière syllabe, des modifications secondaires ont finalement transformé Peniscola en Panissolo. La forme latinisée Panisculeta témoigne du passage au a du e prétonique. Ensuite l’attraction du nom de plante panis a sans doute provoqué la déformation du suffixe –iscola.

Quant au nom commun gléio, il pourrait indiquer que la caverne de Panissole était devenue une véritable église du Désert où les amis de Jean Carrier célébraient leur culte clandestin, comme le feront deux siècles plus tard, dans un cadre géologique analogue d’escarpements schisteux, les Camisards des Cévennes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (oc+fr) Christian-Pierre Bedel (préf. Jean Bousquié), La Salvetat : Castèl-Marin, Crespin, L'Escura, Tairac / Christian-Pierre Bedel e los estatjants del canton de La Salvetat, Rodez, Mission départementale de la culture, coll. « Al canton », , 231 p., ill., couv. ill. ; 28 cm (ISBN 2-907279-18-1, ISSN 1151-8375, notice BnF no FRBNF36685850)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]