Lait en poudre

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Lait en poudre
Affiche ancienne (lithographie) faisant de la publicité pour une "vraie farine de lait" de marque Lactéoline Excelsior (fin du XIXe ou début du XXe siècle)
Boite de lait en poudre enrichi en vitamine D (1947
Présentation contemporaine d'une boite de lait en poudre. les publicitaires associent la couleur blanche et bleue au lait, souvent avec du rouge s'il contient toutes ses matières grasses. Du vert, comme ici peut rappeler la couleur de l'herbe, même si la vache a été nourrie de soja et de maïs


Le lait en poudre autrefois appelé « farine de lait » est constitué de lait déshydraté.
La poudre peut provenir de lait entier, demi-écrémé ou écrémé (allégé). Il peut aussi être sucré ou contenir des additifs (vitamines D ajoutées au lait par exemple).

Le lait est composé d'environ 87,5 % d'eau (avec des variations selon la période de lactation, l'animal, l'espèce). Sa déshydratation permet d'abaisser ce taux à 3 % pour ne conserver que très peu d'eau et les protéines, des sels minéraux et les matières grasses du lait (s'il n'a pas été totalement écrémé).

Reconstitution, dosage[modifier | modifier le code]

Pour reconstituer un liquide proche du lait originel (s'il n'a pas été dégraissé), il suffit de rajouter la bonne quantité d'eau tiède.

Un kilogramme de poudre permet de reconstituer de 6 à 7 kilos de liquide.

L'eau utilisée pour reconstituer le lait doit être de bonne qualité (bactériologiquement et chimiquement).
Si elle a circulé dans des tuyauteries en plomb, surtout si elle est naturellement acide, l'eau du robinet peut se charger de plomb. Une telle eau ne doit pas être utilisée pour reconstituer du lait, sauf si elle a été filtrée par un système permettant d'en retirer les métaux lourd (filtre à charbon activé bien utilisé, et dont le charbon est régulièrement renouvelé). Dans les autres cas, le matin ou après une période sans utilisation d'eau, il est recommandé de laisser couler un peu l'eau du robinet avant de l'utiliser pour des usages alimentaires ou comme boisson. Selon une étude et des estimations faite à propos des risques de saturnisme lié au plomb de l’eau potable sur l’île de Montréal ; « Les niveaux de plombémie les plus élevés seraient observés chez les nourrissons âgés de moins de 6 mois qui boivent du lait de formule en poudre reconstitué avec l’eau du robinet » [1]

Enjeux, avantages et inconvénients[modifier | modifier le code]

Avantages[modifier | modifier le code]

  • Le lait en poudre peut se conserver plus longtemps que le lait liquide et dans un conditionnement plus simple que le lait concentré sucré qui nécessite d'être conditionné en tube, boites de conserves ou berlingots ;
  • Il n'a pas besoin d'être stocké en réfrigérateur (mais il doit cependant rester parfaitement sec).
  • Avant l'invention du lait UHT, sa production industrielle pouvait théoriquement et dans une certaine mesure absorber une surproduction de lait (si celle-ci n'est que momentanée)
  • Le premier objectif de son inventeur était de pouvoir transporter le lait à moindre coût, ce qui est possible quand on dispose d'une source d'énergie peu chère pour déshydrater le lait. Le bilan carbone du lait en poudre devrait tenir compte de toutes les étapes de fabrication, emballage, stockage/transport et reconstitution.
  • Dans certaines situations de crises, dans l'aide alimentaire[2], c'est une ressource protéinée facile à transporter (mais qui nécessite de l'eau propre pour être utilisée).

Inconvénients[modifier | modifier le code]

  • Si le lait a été mal déshydraté, produit à partir d'un lait gâté ou s'il a été accidentellement réhumidifié durant sa phase de conservation (en cas de conditionnement non-étanche par exemple), des bactéries et microchampignons peuvent s'y reproduire et y sécréter des toxines (ex : aflatoxine [3],[4]).
  • Avec les anciens procédés et fabrication et surtout s'il a été débarrassé de ses matières grasses, il peut avoir perdu une partie de ses vitamines, dont vitamine A et vitamine D[5].
  • Ce procédé ne débarrasse pas le lait de contaminants tels que les métaux lourds (ex plomb présent dans le lait d'une vache victime de saturnisme animal ou radionucléides. Ils seront même concentrés dans les aliments produits à partir de poudre, si celle-ci est utilisée de manière concentrée.
    L'iode radioactif disparaitra en quelques mois en raison d'une courte demi-vie radioactive mais les radioisotopes du césium et du strontium ou d'autres y perdureront. Dans les années 1950, alors que les retombées de radionucléides augmentaient fortement dans les pluies en raison des nombreux essais nucléaires faits dans l'atmosphère. De nombreuses études ont montré que les vaches pouvaient les concentrer via leur alimentation et les transférer dans le lait. Quelques études ont porté sur le dosage du lait en poudre, pour le strontium 89 et 90 par exemple[6]. Le strontium 90 est jugé le plus dangereux car émetteur bêta et de métabolisme de type ostéotrope[6] ;
  • La diffusion dans le monde de lait en poudre, puis de lait infantile en poudre a localement fait reculer l'allaitement maternel, qui est pourtant a priori et selon de nombreuses études meilleur pour la santé du bébé et de la mère ;[réf. nécessaire].
  • En outre, parfois avec de bonnes intentions, de grandes quantités de poudre de lait ont été exportées par des pays industrialisés vers les pays dits du tiers-monde. Elles y sont vendues sur place à bas prix car fortement subventionnées, ce qui interdit aux producteurs locaux de lait de vendre leur production à un prix leur permettant de vivre. Cette concurrence déloyale est souvent citée, dont lors de la préparation du GATT et par la CNUCED[2]. L'Afrique est souvent citée en exemple de région du Monde où les importations de lait en poudre ont gravement déstructuré les marchés locaux[7], mais l'Amérique du Sud en a aussi subi les effets (en Bolivie notamment[8]).

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est en 1851 que l'inventeur américain Gail Borden invente le procédé du lait concentré. Celui-ci cherchait à réduire la masse du lait pour en faciliter le transport et le stockage. Cette invention fut une des premières démarrant la révolution des produits conservable sans réfrigération, un véritable tournant dans le quotidien des Américains, étant donné que le produit n’était pas encore en exportation[9]. Ce n'est que quelque temps après, en 1860, que le pharmacien suisse Henri Nestlé synthétise une farine lactée à base de lait de vache et de céréales, qui servira notamment à lutter contre la mortalité infantile[9].

L'invention de Borden connaitra un grand succès quelques années après son émergence, pendant la Guerre de Sécession (1861-1865), auprès des soldats.

C'est en 1908 que Maurice Guigoz[10], autre citoyen suisse, réussi à obtenir de la poudre le lait en le chauffant sous vide. La poudre résultante fut rapidement commercialisée en Suisse, en en France à partir de 1927.

Se périssant en plusieurs mois contre plusieurs jours pour le lait de vache, la farine de lait fut rapidement adoptée par l'industrie laitière et utilisé par les éleveurs sous forme de poudre ou de granulé fabriqué à partir de poudre. La farine de lait était par exemple vendue aux éleveurs en France sous le nom de lactoline[11] et sous la marque Lactéoline pour enrichir les aliments de veaux, génisses, jeunes porcs ou poulains, ou d'autres animaux.

C'est après la Seconde Guerre mondiale que le lait en poudre, maintenant stérilisé avec le procédé UHT inventé en 1937 par Guigoz, triomphe véritablement auprès des populations. Les femmes qui ne souhaitaient ou ne pouvaient pas allaiter avait enfin une solution.

Dès 1976, la synthèse du lait en poudre devint de plus en plus réglementés. Ces règles visaient à mettre un cadre légal dans la production de produit, principalement pour éviter de multiples scandales tel que le scandale du lait frelaté en Chine en 2008. L'OMS interdit également depuis plusieurs années toute forme de communication sur le lait pour les bébés, de la naissance à 6 mois d'âge, afin de favoriser l'allaitement, qui, selon le Ministère de la santé, serait plus bénéfique pour les nourrissons[12].

Processus de fabrication[modifier | modifier le code]

Après les traitements d'épuration, de standardisation, de pasteurisation ou de préchauffage à haute température, on procède en deux étapes principales : la concentration et le séchage. Ces deux processus ont été améliorés au fil du temps.

Concentration[modifier | modifier le code]

Comme dans le cas du lait concentré, la concentration se fait par évaporation. L'ébullition se fait sur une surface chaude.

Pour des raisons de qualité, on a peu à peu cherché à limiter la température du lait et à réduire son temps de séjour, d'où un traitement utilisant l'évaporation sous vide en film mince.

On a ensuite aussi utilisé la déshydratation par microfiltration, dont pour des laits enrichis en caséine micellaire[11] ainsi que par atomisation du lait et par nanofiltration sur membrane (NF)

Séchage[modifier | modifier le code]

Il existe deux procédés principaux : le séchage sur cylindre, ou procédé Hatmaker ; et le séchage par pulvérisation ou "spray".

Dans le procédé Hatmaker, le lait ruisselle à la surface de deux cylindres tournant en sens inverse chauffés intérieurement vers 140 °C à l'aide de vapeur. Il se forme un film de lait qui sèche très rapidement formant une croûte détachée par un racleur. Le chauffage brutal entraîne des modifications de la structure physico-chimique du produit dont la faible solubilité, le goût de cuit et le brunissement de la poudre. Celle-ci a néanmoins des usages dans l'industrie et l'alimentation du bétail.

Le procédé par pulvérisation ("spray") ou par atomisation est le procédé le plus employé : le lait concentré est finement pulvérisé à l'aide d'une turbine dans un courant d'air chaud (vers 150 °C) à l'intérieur d'une tour de séchage. L'air chaud sert de vecteur de chaleur et d'humidité. L'évaporation de l'eau se fait par diffusion instantanée, ce qui provoque le refroidissement (vers 90 °C) de la poudre et de l'air.

C'est grâce à l'invention de la poudre de lait que l'industrie a pu fabriquer le chocolat au lait.

En Europe[modifier | modifier le code]

Les marques européennes les plus connues sont Nido de la société Nestlé, Incolac de la société Belgomilk, Belle Hollandaise de la société Friesland-Campina et Milgro.

L'exportation de lait en poudre en provenance de l'Europe est estimée à 450 000 tonnes dont une partie en sac de 25 kg (industrie alimentaire) et le restant en petit conditionnement. Environ 170 000 tonnes est exporté en petit conditionnement (sachets et boites).

Lait de chèvre en poudre ?[modifier | modifier le code]

Le lait en poudre le plus vendu est celui de vache, mais dans certaines régions du monde, les chèvres sont plus faciles à élever et leur lait moins cher[13]. Dans les pays en développement, un excédent de lait de chèvre pourrait théoriquement aussi être réduit en poudre et mis en réserve et quand c'est nécessaire lutter contre la malnutrition. Il présente l'avantage d'être transporté et conservé plus facilement, mais il faut aussi tenir compte du fait qu'en zone aride et semi-aride, les chèvres peuvent faire de gros dégâts en s'alimentant dans les cultures, en montant dans les arbres bas et en empêchant la reforestation par broutage des plants.

Fraudes et Controverses[modifier | modifier le code]

Cas de Nestlé[14][modifier | modifier le code]

En 1977, la société Nestlé a été l’objet d’un boycott par les consommateurs, parmi eux des professeurs comme Derrick B. Jelliffe et sa femme qui étaient experts en nutrition de nourrisson, naissant aux États-Unis à la suite de deux publications majeures : un article de 1973 dans le New Internationalist, un magazine d’activistes radicaux du Royaume-Uni et un livre The baby killer publié en 1974 par Mike Muller, un journaliste s’intéressant à la nutrition des enfants et publié par War on Want, une organisation non gouvernementale anglaise, qui a pour but de combattre la pauvreté. Le propos du livre est la dénonciation des pratiques publicitaires de Nestlé[15]. La société poursuit en justice l’éditeur de la traduction allemande pour écrit diffamatoire, le titre traduit étant : « Nestlé tötet Babys »[16], qui veut dire : Nestlé tue des bébés. La société obtiendra gain de cause mais le juge Jürg Sollberger fait remarquer que la compagnie devra modifier fondamentalement ses méthodes publicitaires. La polémique s’est donc répandue par le biais de ce procès en Europe au début des années 1980. La politique publicitaire, jugée trop agressive, menée par la compagnie au sein des LEDCs (Less Economically Developed Country)[17] est le principal reproche émis par les militants envers Nestlé . Les principaux axes de la stratégie marketing controversée étaient :

  • Promotion dans les milieux médicaux via des échantillons gratuits. S’ensuit une dépendance au produit qui est ensuite payant.
  • Utilisation des cas d’aide humanitaire afin de distribuer ses produits, parfois avec des indications dans une langue non adaptée au pays.
  • Influence des professionnels de la santé via des cadeaux afin qu’ils recommandent les substituts. (IBFAN, 2016).

Le boycott a continué, de manière plus ou moins intensive en fonction des événements. Par exemple, en 1984, les organisateurs du boycott rencontrent Nestlé, qui accepte alors d'appliquer le code[18], et le boycott est officiellement suspendu. Mais, en 1988, l'IBFAN, The International Baby Food Action Network, déclare que les compagnies fabricantes de lait pour nourrisson étaient en train d'inonder les centres de santé dans les pays en développement avec des produits gratuits ou à faible prix, ainsi le boycott est redémarré l'année suivante[19]. Le boycott reste tout de même en place jusqu’à ce jour .

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Le groupe Edeka, le plus grand groupe allemand de commerce de détail, a invité ses commerces à boycotter les produits Nestlé, suivi par le distributeur Suisse Coop et l'enseigne française de grande distribution Intermarché, en raison prix d’achats jugés trop élevés dans le cadre d’un partenariat[20]. La situation est en cours de négociation.

Conséquences du boycott[modifier | modifier le code]

À la suite du scandale concernant la commercialisation du lait en poudre dans les pays en voie de développement, Nestlé a changé ses techniques de marketing concernant les substituts au lait maternel de la manière suivante[21] :

  • Nestlé est la seule compagnie soumise au FTSE4GOOD INDEX BREAST MILK SUBSTITUTE , un critère utilisé par les investisseurs, afin de mesurer ses performances dans le domaine du développement durable et contrôler la qualité de ces prestations marketing en matière de substitute du lait maternel[21].
  • Nestlé affirme également suivre les recommandations du WHO Code, défini par l’OMS, qui est le Code International de Marketing en matière de substitue au lait maternel. A travers cet engagement, Nestlé affirme que l’allaitement est la meilleure forme d’alimentation pour nourrisson : il doit donc être protégé et encouragé[18].
  • Nestlé a également ouvert le dialogue avec les consommateurs à travers le #ASKNESTLE[22], sur le media social Twitter. Les résultats de cette initiative reste assez mitigés.

En Chine[modifier | modifier le code]

En Chine, des quantités importantes de lait frelaté ont été mises sur le marché, contenant de la mélamine.

Les marques incriminées sont Yili et Mengniu[réf. nécessaire], mais aussi des grandes marques internationales comme Nestlé[23], Cadbury[24], Oreo (de Nabisco)[25], Heinz[26] et Lipton (de Unilever)[27]

En 2002, l'Autorité européenne de sécurité des aliments avait en Europe imposé un embargo sur l'importation de produits laitiers chinois en raison de l'insuffisance des contrôles par les autorités chinoises.

Le scandale du lait frelaté l'a ensuite conduit à interdire l'importation de tous les produits alimentaires chinois qui pourraient contenir du lait en poudre[28] ; les produits déjà présents sur le marché européen et qui contiennent plus de 15 % de lait en poudre chinois (biscuits, gâteaux, chocolat…) ont fait l'objet de contrôles par les agences de sécurité alimentaire de chaque pays de l'UE.

Article détaillé : Scandale du lait frelaté en 2008.

Le groupe Lactalis[modifier | modifier le code]

En 2017, des salmonelles ont infecté du lait en poudre de différentes filiales de Lactalis (Picot, Pepti Junior, Milumnel et Taranis) en France ainsi qu’en Europe[29],[30]. Ces salmonelles ont hiberné depuis 2005 (infection de salmonelles à la même usine) et se sont réveillée en 2011 puis en 2017. Ces dernières ont été détectée par le groupe Lactalis dans leurs usines en 2009 et en 2014 ainsi que dans leurs produits en 2011 et en 2017 avant le contrôle de la Direction départementale de Sécurité Civile et de la Protection des populations (DSCPP)[31],[32],[33]. Le 1er décembre 2017, la préfecture de la Mayenne informe Lactalis qu’ils soupçonnent une contamination de leur lait infantile par la salmonelle grâce à la DSCPP chargée de la sécurité alimentaire des populations et mène donc des tests en amont. Le lendemain, Lactalis fait un premier retrait de 12 de ses lots fabriqués à Craon. À la suite de cinq nouveaux cas de salmonelle, le ministère de l’économie impose le rappel de plus de 620 lots, soit 7 000 tonnes, de lait en poudre ce qui concerne en fait la totalité de lait infantile stocké dans l’une des tours de séchage de Craon depuis le 15 février. Michel Nalet, directeur de la communication de Lactalis, annonce « une démarche indispensable pour restaurer la confiance » le 21 décembre en rapatriant 720 lots supplémentaire soit la totalité du lait infantile fabriquée à Craon depuis le 15 février. La Chine étant sensible à la sécurité alimentaire infantile à la suite du scandale du lait frelaté, Lactalis y envoie un émissaire pour procéder au retrait de certains produits et expliquer les mesures de précautions utilisées afin de « restaurer la confiance » en Chine[34]. A l’issue du scandale, Mr. Francois Bourdillon, le directeur général de la Santé Publique en France estime que 18 bébés ont été hospitalisé sur 38 touchés en France[32] grâce à l’investigation d’épidémiologistes du ministère français et 2 cas ont été recensé par l’Agence Européenne en Espagne ainsi qu'en Grèce.

Situation en Afrique de l’Ouest[modifier | modifier le code]

L'Afrique de l'Ouest importe plus de 2 millions de tonnes de lait en poudre par an, provenant principalement de la Nouvelle-Zélande et de l'Union européenne[35]. Le fait que ces produits soient peu chers et réputés comme plus fiables empêche le développement de la production locale de lait dans ces pays.

Cette zone possède un grand potentiel de production de lait, pouvant aboutir à de nouveaux emplois et par extension à un développement général de la zone dans ce domaine. En effet, certains états comme le Tchad, produisent en théorie assez de lait pour répondre aux besoins locaux. Néanmoins, n’ayant pas les ressources et infrastructure nécessaire pour le conserver, un bonne partie de celui-ci périme pendant l’acheminement[36]. De plus, le manque d’infrastructure quant au stock de fourrage et de hangar entraîne pendant la saison sèche des pénuries de lait[37]. Les infrastructures permettant le transport du lait quant à elles sont inexistantes ou délabrées ce qui pose des problèmes quant à l’accessibilité des centres urbains par les producteurs locaux.

Ce potentiel est masqué par la différence de prix entre la production locale et la production extérieure. Cette différence de prix vient du fait que les producteurs bénéficiant d’aide financière[38], ont des élévages plus importants et se réunissent en coopérative réduisant ainsi leurs coût de production, et de transports. Mais aussi du fait que les races de vaches locales produisent en moyenne 2 à 7 fois moins que les race de vaches laitières européennes[35].

Les gouvernements locaux n’encouragent et ne facilitent pas l’essor de la production laitière avec une taxe sur l’import de 5 % et en ratifiant un accord (APE) avec l’Europe permettant « la suppression des droits de douane sur au moins 75 % de ses exportations vers cette région, dont le lait en poudre »[37].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Monique Beausoleil et Julie Brodeur (2007) Le plomb dans l’eau potable sur l’île de Montréal État de situation et évaluati on des risques à la santé / La prévention en action  ; Direction de santé publique Agence de la santé et des services sociaux de Montréal, novembre 2007 - voir p. 34/59
  2. a et b R Metzger, JM Centres, L Thomas, JC Lambert (1995) L'approvisionnement des villes africaines en lait et produits laitiers, FAO, version Word 91 p avec csa-be.org
  3. Fremy J.M.; Cariou T.; Terrier C (1981), Évaluation de la contamination en aflatoxine M1 dans le lait en poudre par HPLC en phase inversee [chromatographie liquide haute performance]. Annales des Falsifications, de l'Expertise Chimique et Toxicologique, Fiche agris.fao.org
  4. Organisation Internationale de Normalisation, Geneva; Federation Internationale de Laiterie, Brussels (2007) Lait et lait en poudre. Détermination de la teneur en aflatoxine M1. Purification par chromatographie immunoaffinité et détermination par chromatographie en phase liquide a haute performance
  5. Fédération internationale de laiterie, Bruxelles (1996) Lait écrémé en poudre. Détermination de la teneur en vitamine D (Saponification, purification par chromatographie liquide haute performance CLHP- en phase normale et détermination par CLHP en phase inverse) ; Norme FIL Internationale Provisoire - Provisional International IDF Standard.
  6. a et b L. Jeanmaire et G. Michon (1959) Recherche et dosage des isotopes radioactifs 89 et 90 du strontium dans le lait en poudre; mémoire publié dans la revue Lait ; Vol39, no 387, p. 369 à 381 ; DOI:https://dx.doi.org/10.1051/lait:195938713 ([fiche])
  7. C. Corniaux, G. Duteurtre P.N, Dieye R. Poccard-Chapuis (2005), Les minilaiteries comme modèle d’organisation des filières laitières en Afrique de l’Ouest : succès et limites ; Ressource animale, synthèse (Les minilaiteries en Afrique de l’Ouest / Mini Dairy Farms in West Africa) ; Revue Elev. Méd. vét. Pays trop. 2005, 58(4) : 237-243
  8. André Franqueville (1993), Surproduction et pénurie de lait en Bolivie Quand la libéralisation désorganise la production nationale ; Cah. Sci. Hum. 29 (1): 139-151
  9. a et b « Le lait en poudre a cent ans », Slate.fr,‎ (lire en ligne)
  10. François Genoud, « Guigoz, Maurice », sur HLS-DHS-DSS.CH (consulté le 10 mai 2018)
  11. a et b P Schuck, M Piot, S Méjean, J Fauquant, G Brulé et J.L. Maubois (1994) Déshydratation des laits enrichis en caséine micellaire par microfiltration ; comparaison des propriétés des poudres obtenues avec celles d'une poudre de lait ultra-propre; Revue Lait, 74 (1994) 47-63 DOI:10.1051/lait:199415(résumé avec lait.dairy-journal.org)
  12. (en) « Allaitement maternel : les bénéfices pour la santé de l'enfant et de sa mère », Archives de Pédiatrie, vol. 12,‎ , S145–S165 (ISSN 0929-693X, DOI 10.1016/j.arcped.2005.10.006, lire en ligne)
  13. O. Razafindrakotoa, N. Ravelomananaa, A. Rasolofoa, R.D. Rakotoarimananaa, P. Gourgueb, P. Coquinc, A. Briendd, A Briende and J.F. Desjeuxd (1993), Le lait de chèvre peut-il remplacer le lait de vache chez l'enfant malnutri ? Lait 73 601-611 ; DOI: 10.1051/lait:19935-658 (résumé)
  14. (en) Dasha Varvarina, « IMBA Corporate Social Responsibility case study: Nestlé Baby Milk Powder », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne)
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  16. (de) « Nestlé tötet Babys », Wikipedia,‎ (lire en ligne)
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  20. (en) Riham Alkousaa, « Supermarkets Edeka and Coop expand Nestle boycott - media », Reuters,‎ (lire en ligne)
  21. a et b (en) the Joint Advisory Committee on the Ethics of Investment (JACEI), « A Review of Nestlé and Breast Milk Substitutes Marketing », the Methodist Conference, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
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  23. « Asia Food Tainting Spreads, Leading to Recall in U.S. », The New York Times, (consulté le 27 septembre 2008)
  24. « Cadbury Withdraws China Chocolate on Melamine Concern Source: Reuters », Reuters, (consulté le 29 septembre 2008)
  25. Health Ministry of Indonesia, « Semua Sampel Produk Susu Impor Asal Cina Positif Mengandung Melamin », (Indonesian)
  26. Business Weekly, « Heinz to stop using Chinese milk in its products », New Mexico Business Weekly (consulté le 30 septembre 2008)
  27. (en) Associated Press, « Lipton-brand milk tea powder recalled in Asia », News8 News (consulté le 30 septembre 2008)
  28. Voir par exemple : Face à la menace, la France interdit les produits dérivés du lait chinois, dépêche d'agence reprise par Le Point, 26 septembre 2008
  29. « 720 nouveaux lots de poudre et céréales pour bébés rappelés en France et à l'étranger », Le Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  30. « Lait pour bébé contaminé : tout ce que vous devez savoir », sur ladepeche.fr, (consulté le 10 avril 2018)
  31. « Révélations au Sénat : Lactalis n’a pas transmis ses contrôles », Public Senat,‎ (lire en ligne)
  32. a et b « Salmonelle : la bactérie trouvée à l'usine Lactalis de Craon serait "extrêmement proche" de celle de 2005 », France Bleu,‎ (lire en ligne)
  33. « Lactalis: « 18 nourrissons hospitalisés » par le lait contaminé », Public Senat,‎ (lire en ligne)
  34. « Lait contaminé à la salmonelle. Ce que fait Lactalis pour sortir de la crise », sur ouest-france.fr, (consulté le 14 avril 2018)
  35. a et b « Afrique Économie - Le lait en Afrique de l’Ouest: un potentiel de développement énorme mais négligé », RFI,‎ (lire en ligne)
  36. « Production laitière en Afrique, une filière à la traîne malgré son potentiel », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant, paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  37. a et b « Production laitière en Afrique de l’Ouest : l’Europe ne doit pas mettre le feu aux poudres ! | Comité Français pour la Solidarité Internationale », sur www.cfsi.asso.fr (consulté le 10 mai 2018)
  38. Commission européenne, « La Commission européenne présente un nouvel ensemble de mesures d'aide d'un montant de 500 millions d’ EUR en faveur des agriculteurs européens », Commission européenne,‎

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]