Béatrice de Savoie (1198-1267)

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Béatrix (ou Béatrice) de Savoie, née en 1198 et morte entre 1265 et 1267, selon les sources, au château du Menuet (Les Échelles), est une aristocrate issue de la dynastie des Savoie, comtesse de Provence par mariage avec Raymond Bérenger IV. Elle est la fille aînée de Thomas Ier (v. 1177-1233), comte de Savoie (1189-1233), et de Béatrice Marguerite de Genève (morte en 1257).

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine[modifier | modifier le code]

Béatrice naît aux alentours de 1198 au château du Menuet, aux Échelles[1]. Elle est la fille du comte Thomas Ier[1],[2]. Elle reçoit une éducation de son rang, elle est dite bien instruite et accompagne régulièrement son père dans ses déplacements[1]. Elle est décrite comme « belle et intelligente »[3]. Elle est ainsi la sœur de trois comtes de Savoie, Amédée IV, Pierre II et Philippe Ier[2],[4].

Selon l'historien Bernard Demotz, la présence des comtes de Savoie en Provence fait l'objet d'une attention particulière[5]. Ainsi, le comte Thomas Ier donne Béatrice en mariage en 1219 à Raymond Bérenger IV, comte de Provence[6]. Elle a 20 ans et son époux termine sa quartozième année[6]. Elle apporte en dot 2000 marcs d'argents[3]. Avec le même objectif, en 1244, son frère Amédée IV de Savoie, devenu comte, épouse en seconde noce Cécile des Baux[5]. Elle se rend à la cour de Provence en 1220[3].

Comtesse de Provence[modifier | modifier le code]

À la cour de Provence, en ce XIIIe siècle, la comtesse accueille de nombreux troubadours[7] et leur accorde sa protection[8].

Retour en Savoie[modifier | modifier le code]

Statue de Béatrice de Savoie, aux Échelles

À la suite de la mort de son époux, le comte Raymond Bérenger IV, en 1245, elle se retire dans son douaire, son château du Menuet des Échelles[4] qu'elle a reçu en apanage[9]. Elle fait agrandir le château et perpétue l'accueil d'une cour[9].

En 1260, elle fait don de son domaine aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui établissent une Commanderie[9]. Au château est adjoint le prieuré qui fut fondé par le premier Humbertien[10]. Ainsi qu'une somme de 3 000 livres tournois afin de construire un hôpital pour les pauvres dans le lieu[11].

Mort et sépulture[modifier | modifier le code]

Béatrice de Savoie meurt dans son château du Menuet, en 1265[12], peut être 1266 ou 1267[2],[13],[14]. Probablement un 4 janvier.

Sa sépulture se trouve, selon sa volonté, dans la chapelle du château[15]. Ses quatre filles lui font édifier un mausolée[15]. Ce dernier est détruit pendant la période révolutionnaire[15]. Seule son crâne est conservé et est transféré, e tant que membre de la maison de Savoie, en l'abbaye d'Hautecombe[15]. Il est installé dans le mausolée de son frère, bienheureux Boniface[15].

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Béatrice épouse le le comte Raimond Bérenger IV de Provence. Ils ont quatre filles, qui devinrent toutes reines[4],[7] :

  • Marguerite (1221-1295), reine de France (1234-1270) par mariage, x 1234 : Louis IX (1214-1270), roi de France (1226-1270)[16] ;
  • Éléonore (1223-1291), reine d'Angleterre (1236-1272) par mariage, x 1236 : Henri III (1207-1272), roi d'Angleterre (1216-1272)[17] ;
  • Sancie (1228-1261), comtesse de Cornouailles (1243-1261) par mariage, x 1243 : Richard de Cornouailles (1209-1272), comte de Cornouailles (1227-1272) et roi des Romains (1257-1272)[18] ;
  • Béatrice (1231-1267), comtesse de Provence (1246-1267) et comtesse de Forcalquier, x 1246 : Charles Ier d'Anjou (1227-1285), comte d'Anjou et du Maine (1246-1285), roi de Sicile (incluant Naples) (1266-1282) puis roi de Naples (1282-1285) – comte de Provence et de Forcalquier (1246-1267) par mariage, il portera ces titres jusqu'à sa mort[19].

Postérité[modifier | modifier le code]

Plusieurs rues lui sont consacrées dans le département de la Savoie (La Motte-Servolex, Challes-les-Eaux), ainsi qu'aux Échelles un EPHAD et un collège[20] porte son nom.

Le département de la Savoie remet chaque année, depuis 1971, le « Trophée Culture Prix Béatrice de Savoie ».

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Davin, 1963, p. 176.
  2. a, b et c Michel Germain, Personnages illustres des Savoie, Autre Vue, , 619 p. (ISBN 978-2-9156-8815-3), p. 507.
  3. a, b et c Davin, 1963, p. 178.
  4. a, b et c Demotz, 2000, p. 496.
  5. a et b Demotz, 2000, p. 80.
  6. a et b Davin, 1963, p. 177.
  7. a et b Gérard Sivéry, Marguerite de Provence : Une reine au temps des cathédrales, Fayard, , 286 p. (ISBN 978-2-21364-782-1, lire en ligne).
  8. Alfred Jeanroy, La poésie lyrique des troubadours, Slatkine, , 814 p. (ISBN 978-2-05101-678-0), p. 175.
  9. a, b et c Joseph Mollin, « Une région de contact entre Préalpes et avant-pays, et de frontière entre Savoie et France : La plaine de Saint-Laurent-du-Pont - Les Échelles sous l'Ancien Régime », Revue de géographie alpine, vol. 48, no 3,‎ , p. 486 (lire en ligne).
  10. Chanoine Adolphe Gros, Dictionnaire étymologique des noms de lieu de la Savoie, La Fontaine de Siloé (réimpr. 2004) (1re éd. 1935), 519 p. (ISBN 978-2-84206-268-2, lire en ligne), p. 169..
  11. Daniel Le Blévec, La part du pauvre : l'assistance dans les pays du Bas-Rhône du XIIe siècle au milieu du XVe siècle, Collection de l'École française de Rome, , 960 p. (ISBN 978-2-72830-622-0), p. 101.
  12. (en) Eugene L. Cox, The Eagles of Savoy : The House of Savoy in Thirteenth-Century Europe, Princeton University Press (réimpr. 2015) (1re éd. 1974), 512 p. (ISBN 978-1-40086-791-2, lire en ligne), p. 563. .
  13. Davin, 1963, p. 188.
  14. Marie-José de Belgique, La Maison de Savoie: les origines, le comte vert, le comte rouge, vol. 1, Paris, A. Michel, , 425 p., p. 40.
  15. a, b, c, d et e Davin, 1963, p. 187.
  16. Davin, 1963, p. 180.
  17. Davin, 1963, p. 181.
  18. Davin, 1963, p. 182.
  19. Davin, 1963, p. 182-183.
  20. « Collège Béatrice de Savoie », sur le site du ministère de l'Éducation nationale (consulté le 12 novembre 2016).