Marguerite de Bourgogne (1290-1315)

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Marguerite de Bourgogne
Représentation imaginaire de Marguerite de Bourgogne, gravure du XIXe siècle
Représentation imaginaire de Marguerite de Bourgogne, gravure du XIXe siècle
Fonctions
Reine de Navarre

(10 ans et 26 jours)
Prédécesseur Blanche d'Artois
Successeur Clémence de Hongrie
Reine de France

(5 mois et 1 jour)
Prédécesseur Jeanne de Navarre (France)
Successeur Clémence de Hongrie
Biographie
Dynastie Première maison capétienne de Bourgogne
Date de naissance vers 1290
Date de décès (à 24 ou 25 ans)
Lieu de décès Château-Gaillard (France)
Père Robert II, duc de Bourgogne
Mère Agnès de France
Conjoint Louis X
Enfants Jeanne II de Navarre Red crown.png

Marguerite de Bourgogne (1290-1315)
[Note 1]
Reines de France

Marguerite de Bourgogne (vers 1290Château-Gaillard, ) est reine de Navarre (1305-1315) et brièvement reine de France (1314-1315) par son mariage avec le futur roi Louis X le Hutin.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Marketa pecet.jpg

Marguerite de Bourgogne est la seconde fille de Robert II, duc de Bourgogne (1272-1306), et d'Agnès de France (1260-1325)[1], et donc, par sa mère, petite-fille de Louis IX (dit Saint Louis)[2].

Elle est la soeur, notamment, des ducs Hugues V(v. 1294-1315)[1] et Eudes IV (v. 1295-1349)[1], ainsi que de Jeanne (v. 1293-1348)[1], reine de France en 1328 par son mariage avec le futur Philippe VI de France.

Mariage[modifier | modifier le code]

Le mariage par contrat est célébré en l'abbaye de Longchamp le 28 février 1300 et à Vincennes le 28 mars 1301. Le , à Corbeil, elle épouse Louis (1289-1316), roi de Navarre (Louis Ier) (1305-1316) et futur roi de France (1314-1316) sous le nom de Louis X le Hutin, fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire[3].

Elle devient donc reine de Navarre puis de France.

De son mariage avec Louis X le Hutin est issue une fille, Jeanne II de Navarre (1311-1349)[4], qui ne recouvre qu'une partie de ses droits sur la Navarre en 1328, par un arrangement entre son mari Philippe d'Évreux et le roi de France Philippe VI de Valois.

Scandale des belles-filles du roi[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire de la tour de Nesle.

Au début de l'année 1314, Philippe IV le Bel, alors roi de France, fait arrêter ses trois belles-filles Marguerite de Bourgogne, Jeanne de Bourgogne et Blanche de Bourgogne, sur dénonciation, selon un chroniqueur, de sa fille Isabelle de France, reine consort d'Angleterre. Elles auraient été prises en flagrant délit d'adultère avec deux jeunes chevaliers, Philippe et Gauthier d'Aunay. Ce scandale passa à la postérité sous le nom d'affaire de la tour de Nesle.

Sous la torture, les deux chevaliers auraient avoué leurs relations qui duraient depuis trois ans avec les princesses. À Pontoise, ils moururent écorchés vifs, châtrés et décapités, après quoi leurs dépouilles furent suspendues à un gibet[5].

Marguerite, enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard y fut tenue au secret.

Reine de France et reine de Navarre[modifier | modifier le code]

Elle devient reine de France à la mort de son beau-père Philippe IV le Bel, survenue le . Elle reste cependant enfermée dans la forteresse de Château-Gaillard, son époux, le roi Louis X, ne levant pas la sanction prise à son encontre pour adultère.

Le , Marguerite de Bourgogne fut retrouvée morte dans sa cellule[6]. Elle fut inhumée dans l'église des Cordeliers à Vernon.

Alors qu'il était encore engagé dans les liens du mariage, Louis X avait choisi pour nouvelle épouse Clémence de Hongrie, qui débarqua en Provence au début d'avril 1315 et épouse le roi à Troyes le 19 août suivant.

Postérité[modifier | modifier le code]

Fiction[modifier | modifier le code]

Peinture[modifier | modifier le code]

Le scandale de la Tour de Nesle, et, surtout, la pièce de théâtre La Tour de Nesle de Gaillardet et Dumas, inspirent au XIXe siècle quelques peintres d'histoires. Un an après les débuts de la pièce, Joseph-Désiré Court présente au salon de peinture de 1833 Marguerite de Bourgogne, reine de France, ordonnant l'arrestation du ministre Marigny[7]. Dans ce tableau, la reine est représentée seule, à une croisée[8].

En 1842, Charles-Alexandre Debacq expose au salon Marguerite de Bourgogne et Blanche, sa sœur, convaincues d'adultère, sont conduites au Château-Gaillard, forteresse de Normandie[9].

En 1845, Frédéric Peyson expose au salon Marguerite de Bourgogne écoutant Buridan (ou Marguerite de Bourgogne et Buridan dans la prison de la Tour de Nesle), dont il fera don l'année suivante au musée Fabre[10]. Le même musée conserve aussi de Peyson une Marguerite de Bourgogne assise, non datée [11].

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Armoiries de Marguerite de Bourgogne : écu mi-parti aux armes de France et de Navarre et blason de la première maison des ducs de Bourgogne.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Jiri Louda et Michael MacLagan, Les Dynasties d’Europe, Bordas, 1995 (ISBN 2-04-027115-5), tableau 74.
  2. Jiri Louda et Michael MacLagan, op. cit., tableau 64.
  3. Christian Bouyer, Dictionnaire des reines de France, Librairie académique Perrin, 1992 (ISBN 2-262-00789-6), p. 192.
  4. Jiri Louda et Michael MacLagan, op. cit., tableau 65.
  5. Christian Bouyer, op.cit, p. 193.
  6. Probablement de turberculose, bien que selon Christian Bouyer, « elle meurt [...], peut-être assassinée, plus sûrement des suites du traitement qu'on lui a fait subir », op. cit., p. 193, et que selon l'historien Michel Mourre dans son Dictionnaire d'histoire, le Hutin « dut la répudier en 1314 pour adultère et la fit étrangler l'année suivante ».
  7. Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure et lithographie des artistes vivans [sic], exposés au Musée royal, le 1er mars 1833, Paris, imprimerie Vinchon, (lire en ligne), p. 229, no 2981.
  8. C. V., « Exposition au Louvre (huitième article) », Journal des artistes et des amateurs, 7e année, vol. 1, no 16 (21 avril 1833), p. 275-276 [lire en ligne]
  9. Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture, gravure et lithographie des artistes vivants, exposés au Musée royal, le 15 mars 1842, Paris, imprimerie Vinchon, (lire en ligne), p. 58, no 496.
  10. Notice de l'oeuvre, Musée Fabre, Montpellier (page consultée le 8 décembre 2017)
  11. Notice de l'oeuvre, Musée Fabre, Montpellier (page consultée le 8 décembre 2017).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]