Garsende de Sabran

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Garsende de Sabran
Gersenda.jpg
Sceau de Garsende de Forcalquier.
Titre de noblesse
Comtesse de Forcalquier
-
Prédécesseur
Successeur
Biographie
Naissance
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Décès
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Garsende de ForcalquierVoir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Rainon Ier de Sabran (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Mère
Fratrie
Conjoint
Enfants
Raimond Bérenger IV de Provence
Gersende de Provence (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Musique médiévale, poésie troubadouresque (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Garsende de Sabran, née vers 1180, morte vers 1242, est l'héritière des comtes de Forcalquier. Elle est comtesse de Provence par mariage et une trobairitz connue sous les noms de Garsenda de Proensa[1],[2], Garsende de Provence[3] ou Garsende de Forcalquier[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Garsende, que l'on trouve aussi sous la forme Gersende[5], est la fille de Rainon Ier de Sabran, seigneur du Caylar et d'Ansouis, et de Garsende de Forcalquier, petite-fille de Guillaume IV de Forcalquier, comte de Forcalquier[5].

En 1193, elle est âgée de treize ans lorsque son grand-père et son grand-oncle sont contraints de signer le traité d'Aix[6], qui stipule qu’elle doit devenir l'héritière du comté de Forcalquier et épouser Alphonse II de Provence, second fils du roi Alphonse II d'Aragon, destiné à devenir comte de Provence. Elle l'épouse, en 1196 à Aix-en-Provence[7]. Elle est la mère, à 18 ans, de Raimond Bérenger IV de Provence (1198 † 1245), comte de Provence et de Forcalquier et, par la suite, de Garsende, mariée à Guillaume II de Moncade, vicomte de Béarn et de Béatrice[8], mariée à Guigues-André, Dauphin de Viennois (appelé aussi Guigues VI de Viennois)[9].

Elle a 29 ans quand, en 1209, son mari Alphonse II de Provence et son grand-père meurent[10]. Par son testament du Alphonse II lègue le Comté de Provence à son fils Raymond Bérenger et à Garsende[10]. Pendant 4 ans la tutelle de Raimond Bérenger IV de Provence, qui n'a que onze ans, est assurée par le roi Pierre II d'Aragon comte de Barcelone et marquis de Provence de 1195 à 1213. Pendant ces quatre ans, il délègue la régence du comté de Provence à son oncle Sanche. Très vite, le 30 novembre 1209, Garsende de Forcalquier cède ses droits sur le comté de Forcalquier à son fils[11], qui réunit ainsi les deux tiers de la Provence.

Le , Pierre II est tué à Muret et Sanche, qui prend en charge la régence d'Aragon, laisse celle de Provence à son fils Nuno. Des dissensions éclatent au sein des Catalans de Provence, entre les partisans de Garsende qui semble vouloir prendre la place du jeune prince et ceux de Nuno. La noblesse provençale en profite pour s'agiter. Elle prend finalement le parti de Garsende, évince Nuno, place Raymond-Bérenger sous la tutelle de sa mère et crée un conseil de régence. En 1220, Guillaume de Sabran, un neveu du comte Guillaume IV de Forcalquier, revendiquant le comté de son oncle, profite des troubles pour s'emparer de la région de Sisteron. Il est neutralisé, grâce à un arbitrage de l'archevêque d'Aix.

Garsende de Sabran, comtesse de Provence, était la dame du troubadour Elias de Barjols[12],[13], ainsi que du troubadour Gui de Cavaillon[4],[14]. Elle se retira en 1225 à l'abbaye de La Celle, près de Brignoles.

Œuvre[modifier | modifier le code]

  • On connaît d’elle un couplet[15] adressé vraisemblablement à Gui de Cavaillon[4].

Vos que m semblatz d'els corals amadors,
Ja no volgra que fosses tan doptans;
E platz mi molt que vos destreing amors,
Qu'atressi sui eu per vos malananz.
E avetz dan en vostre vulpilhage,
Quar no us ausas de preiar enhardir,
E faitz a vos e a mi gran damnage;
Que ges dompna non ausa descobrir
Tot so qu'il vol per paor de faillir.


Vous qui me paraissez (du nombre) des sincères amants,
Ah ! Je voudrais que vous ne fussiez si timide.
Je me réjouis que l'amour vous captive,
Car moi-même je souffre pareillement à cause de vous.
Vous recevez dommage de votre timidité.
Quand vous n'osez vous enhardir jusqu'à la prière;
Et vous faites grand mal et à vous et à moi;
(D'autant) que jamais une femme n'ose découvrir
Tout ce qu'elle désire, par crainte de faillir.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Henri-Pascal de Rochegude, Le Parnasse occitanien, ou Choix de poésies originales des troubadours, tirées des manuscrits nationaux, Toulouse, Bénichet cadet, , LIII-411 p., In-8° (notice BnF no FRBNF31230898), p. 269-270
  2. Raynouard 1820, p. 140 et 173, t. 5
  3. (de) Karl Bartsch, Grundriss zur Geschichte der provenzalischen Literatur, Elberfeld, R. L. Friderichs, , VIII-216 p., In-8° (notice BnF no FRBNF31769739), p. 137, nº187
  4. a b et c Chabaneau 1885, p. 143
  5. a et b Maurice Agulhon, Noël Coulet, Histoire de la Provence, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », , 128 p. (ISBN 978-2-13060-972-8, lire en ligne), chap. 149, p. 24-26.
  6. (fr + de) Philippe Josserand (Éditeur scientifique) et Mathieu Olivier (Éditeur scientifique), La mémoire des origines dans les ordres religieux-militaires au Moyen Âge : actes des journées d'études de Göttingen (25-26 juin 2009), Berlin, Lit, coll. « Vita regularis. Abhandlungen » (no 51), , III-282 p., tabl. ; 24 cm (ISBN 978-3-643-12008-3, OCLC 867140817)
  7. Mariacristina Varano 2011, p. 470
  8. Mariacristina Varano 2011, p. 468
  9. Mariacristina Varano 2011, p. 482
  10. a et b Mariacristina Varano 2011, p. 481
  11. Mariacristina Varano 2011, p. 324
  12. Chabaneau 1885, p. 49
  13. Raynouard 1820, p. 140, t. 5
  14. Raynouard 1820, p. 173, t. 5
  15. Histoire Littéraire, p. 547, t. 17

Sources[modifier | modifier le code]