Conan Ier de Bretagne

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Conan Ier de Bretagne
Titre
Duc de Bretagne
Prédécesseur Alain de Bretagne
Successeur Geoffroi Ier
Comte de Rennes
Prédécesseur Juhel Bérenger
Successeur Geoffroi Ier
Comte de Nantes
Prédécesseur Alain de Bretagne
Successeur Aimery III de Thouars
Biographie
Titre complet Duc de Bretagne
Dynastie Maison de Rennes
Date de décès
Lieu de décès Conquereuil
Père Juhel Bérenger
Conjoint Ermengarde d'Anjou
Enfants Geoffroi Ier
Judith
Héritier Geoffroi Ier Red crown.png

Conan Ier dit le Tort (? – mort le lors de la bataille de Conquereuil), fils de Juhel Bérenger, comte de Rennes, fut comte de Rennes à partir de 970 et duc de Bretagne de 990 à 992.

Biographie[modifier | modifier le code]

Conan Ier était le fils de Juhel Bérenger de Rennes. Après s’être débarrassé de la tutelle de Wicohen, l’archevêque de Dol-de-Bretagne, qui avait imposé sa suzeraineté à son père, Conan est mentionné pour la première fois entre 965/972 lorsque le pape Jean XIII adresse un message aux chefs bretons Berangarius et filius suus Conanus afin de les inviter à rentrer dans l'obédience de la Métropole de Tours[1]. Conan apparaît ensuite comme « Conanus comes Britanniæ » le à la cour du comte Eudes de Chartres[2] ce qui montre que le partage du pouvoir effectué au début de la décennie 950 après la mort d'Alain Barbetorte s'imposait encore en Bretagne[3].

À une date inconnue, lors des deux dernières décennies du Xe siècle, Conan épouse Ermengarde, fille de Geoffroy Ier Grisegonnelle. Cette union angevine permettait que les enfants à naître apparaissent comme des descendants des anciens comtes de Nantes de l'époque carolingienne dont les Ingelgeriens étaient issus en ligne féminine et elle apportait en dot des prétentions sur le Nantais[4].

Conan prend ensuite le contrôle du Vannetais en s’alliant avec Orscand le Grand, évêque de Vannes[5]. La première bataille de Conquereuil disputée contre Hoël de Nantes en 981 ne lui permet pas d’imposer sa suzeraineté sur le Nantais en raison d'une grave blessure qu'il reçoit et qui l'oblige à retourner à Rennes, l'empêchant de pousser son avantage[note 1]

Après la disparition du comte Guérech de Nantes, il met la main, sans résistance, sur le comté de Nantes en 990 après la mort de son jeune héritier le comte Alain. Il fait construire une forteresse au sud-ouest de la ville, le château du Bouffay près du confluent de l'Erdre et de la Loire et en confie la garde à son allié l'évêque Orscand[6].

Conan aurait ensuite été proclamé « duc de Bretagne ». Lors de la confirmation d’une donation faite à Dol en faveur de l’abbaye du Mont-Saint-Michel, le [7] en présence de l'archevêque Main et de sept évêques de Bretagne, Conan prend le titre de « Britannorum Princeps » c'est-à-dire « Principal » selon la traduction proposée par Dominique Barthélemy[8],[note 2]. Raoul Glaber, moine franc contemporain déclare qu'il « ne craignit pas de ceindre le diadème comme un roi »[9].

Le nouveau comte d'Anjou, Foulques Nerra, s’inquiétant de son ascension politique, se proclame le défenseur des intérêts de la maison de Nantes et lui livre combat. Conan Ier est tué lors de la seconde bataille de Conquereuil le [10]. Conan Ier de Bretagne fut inhumé dans la chapelle Saint-Martin de l’église abbatiale du Mont-Saint-Michel dont il était le bienfaiteur[11].

Union et descendance[modifier | modifier le code]

De son union avec Ermengarde, fille de Geoffroy Ier d'Anjou, il laisse au moins deux enfants :

Bien qu’aucune autre épouse ne lui soit connue, les trois fils suivants ne sont jamais considérés comme des enfants d’Ermengarde.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En fait l’issue du combat fut très indécise : victoire nantaise pour la Chronique de Nantes et victoire rennaise pour celle du Mont-Saint-Michel : Anno DCCCCLXXXI !
  2. Sont témoins de cet acte les évêques : Main, archevêque (de Dol) ; Auriscand (de Vannes) ; Constantin ; Oratius de Quimper ; Roaldus (d'Aleth) ; Rethwalatr ; Drescand ; Deotbald, de Rennes Cf. Hubert Guillotel Op.cit p. 165.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Barthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé, chapitre préliminaire, Les Papes et les Ducs de Bretagne, p. 37.
  2. Hubert Guillotel, Actes des duc de Bretagne (944-1148), Presses universitaires de Rennes, Rennes, 2014, (ISBN 9782753534988), p. 159-160.
  3. Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac (sous la direction de), Bretons et Normands au Moyen Âge. Rivalités, malentendus convergences, Presses Universitaires de Rennes ; Rennes, 2008, (ISBN 9782753505636), p. 147.
  4. Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac, op.cit., p. 147.
  5. Noël-Yves Tonnerre, Naissance de la Bretagne, Presses de l'Université d'Angers, 1994, (ISBN 978-2903075583), p. 289-291.
  6. André Chédeville & Noël-Yves Tonnerre, La Bretagne féodale XIe – XIIIe siècle, Ouest-France Université Rennes, 1987, (ISBN 9782737300141), p. 34.
  7. Hubert Guillotel, op.cit., p. 161-169.
  8. L'an mil et la paix de Dieu. La France chrétienne et féodale, Paris, 1999, p. 387.
  9. Raoul Glaber, Chronique de l'an mil, Éditions Paleo, Paris, 2002, (ISBN 2913944132), livre II, chapitre III, p. 51.
  10. Richer de Reims, Histoire, éditions Latouche, p. 274 & Chronique de Raoul Glaber, livre II, chapitre III : « de Conan duc des Bretons et de Foulques comte des Angevins » cités par Noël-Yves Tonnerre, op.cit., p. 291.
  11. Joëlle Quaghebeur et Bernard Merdrignac, op.cit., p. 182.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources primaires[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]