Alain le Roux
| Comte de Richmond | |
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(?) |
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Maison de Rennes (d) |
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Alain le Noir Geoffroy Ier de Penthièvre Brian de Bretagne (en) Étienne Ier de Penthièvre |
| Conflits |
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Alain le Roux (en latin Alan Rufus, en anglais Alan the Red), né vers 1040 et mort le [1]), est un noble breton, compagnon du duc Guillaume de Normandie lors de la conquête de l'Angleterre en 1066, devenant ensuite un des plus riches barons d'Angleterre en recevant en fief un vaste territoire dans le nord du royaume, appelé « honneur de Richmond » (honour of Richmond), détenu par la suite par les descendants de son frère Etienne, notamment par les ducs de Bretagne issus de la maison de Penthièvre.
Il est appelé le Roux à cause de la couleur de ses cheveux, pour le distinguer de son frère Alain le Noir, ainsi que de son neveu homonyme.
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines familiales
[modifier | modifier le code]Il est le deuxième[2] ou le troisième[3] des fils ayant atteint l'âge adulte du comte Éon Ier de Penthièvre (mort en 1079), régent du duché de Bretagne entre 1040 et 1056, et d'Agnès de Cornouaille, fille du comte de Cornouaille Alain Canhiart.
Issu d'une branche cadette des ducs de Bretagne, il a le droit d'être désigné par le titre honorifique de comte Alain de Bretagne[2].
Il est aussi cousin au troisième degré du duc de Normandie Guillaume le Conquérant[4],[2] par Havoise de Normandie.
Il a souvent été confondu avec Alain Fergent, duc de Bretagne de 1084 à 1112, et avec Alain Canhiart, comte de Cornouaille (mort en 1058), son grand-père[5]. Edward Augustus Freeman, historien réputé du début du XXe siècle, le confond avec Alain Fergent tout au long de son œuvre[5]. Wace, poète du XIIe siècle, le confond aussi avec Alain Fergent dans son Roman de Rou[5].
La conquête de l'Angleterre et ses suites (1066-1086)
[modifier | modifier le code]Il est probablement au service de Guillaume le Conquérant avant 1066[2].
La bataille de Hastings aux côtés de son frère Brian (1066)
[modifier | modifier le code]Il est très probable qu'il participe avec son frère Brian à la bataille de Hastings (1066), durant laquelle une unité bretonne aurait été sous le commandement de l'un ou de l'autre[6]. Dans son poème Lestorie des Engles (écrit entre 1135 et 1147), Geoffroy Gaimar lui consacre vingt vers qui confirment sa présence à la bataille[5]. Wace le place sur l'aile gauche de l'armée, en le nommant Alain Fergent, ce qui est manifestement une confusion[5].
En 1069, Brian l'aide à repousser une attaque des fils du défunt roi Harold II sur Exeter[2], puis rentre en Bretagne. Alain le Roux devient alors le chef de file des Bretons d'Angleterre[2].
Un des proches conseillers de Guillaume le Conquérant
[modifier | modifier le code]Fréquemment témoin mentionné par les chartes royales[7], c'est un membre du cercle des conseillers les plus proches[n 1] dont la présence est fréquemment requise[8] de Guillaume. Son importance est sous-estimée, car en tant que baron toujours loyal au roi, il apparaît peu dans les chroniques contemporaines[2].
En récompense, Guillaume le Conquérant lui octroie dans le Yorkshire de nombreuses terres qui appartenaient, avant la campagne dans le Nord de 1069-1070, au comte Edwin de Mercie (mort en 1071). Les premières terres qu'il reçoit sont cependant probablement dans le Cambridgeshire[2].
Alain le Roux dans le Domesday Book (1086)
[modifier | modifier le code]En 1086, date de la rédaction du Domesday Book, il détient 440 seigneuries[9] réparties dans onze comtés. La majeure partie de ses possessions est située dans le Yorkshire, le Lincolnshire, l'Est-Anglie et le sud-ouest[10].
L'honneur de Richmond (Yorkshire)
[modifier | modifier le code]Le territoire de l'honneur de Richmond, situé dans le Yorkshire, couvre forme un important ensemble d'un seul tenant, ce qui est inhabituel pour l'époque, car en général, Guillaume le Conquérant donnait à ses vassaux des terres dispersées afin de ne pas faciliter les rébellions.
Cet ensemble est l'un des trois plus grands territoires féodaux créés par Guillaume, avec 199 seigneuries et 43 autres propriétés. Il permet à Alain le Roux d'établir une puissante force militaire dans le nord-ouest du Yorkshire, à la jonction des principales routes venant d'Écosse et entrant dans la vallée d'York[9]. Cet honneur est si important qu'il forme aujourd'hui le Richmondshire. Alain le Roux est parfois considéré[Quand ?] comme comte de Richmond, bien que n'ayant jamais été fait comte par Guillaume le Conquérant.
Certaines de ses terres avaient appartenu à Raoul de Gaël, comte d'Est-Anglie, lui aussi d'origine bretonne, qui les avait perdues lors de sa révolte en 1075[11].
Ces terres font de lui le troisième plus riche baron laïc d'Angleterre, juste devant Guillaume Ier de Warenne[11]. Il a été calculé que ses terres rapportent annuellement 1 200 livres d'argent[11]. Les terres qu'il détient personnellement lui rapportent 770 livres, le reste étant inféodé à des vassaux[12].
Son honneur est l'un de ceux qui a eu la plus longue existence. Alors que les deux honneurs plus importants que le sien n'existaient plus en 1104[n 2], le sien sera détenu par les descendants de son frère Étienne Ier de Penthièvre, devenus ducs de Bretagne, jusqu'en 1399[11].
Carrière dans l'Angleterre normande
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Il fait construire le château de Richmond qui domine la rivière Swale, à partir de 1071[13]. Le château sera le point central de son honneur et lui donnera son nom.
Vers la fin du règne de Guillaume le Conquérant, il commande l'armée royale qui assiège Hubert de Beaumont-au-Maine, vicomte du Maine retranché dans son château de Sainte-Suzanne[14]. Le siège durant trois ans, Alain le Roux sera entre-temps remplacé à la tête de cette armée par un autre Breton.
À la mort de Guillaume, il reste fidèle à son fils et successeur Guillaume II le Roux[2]. Il l'aide à conserver son trône durant la rébellion de 1088 et est un acteur important du procès de l'évêque de Durham Guillaume de Saint-Calais qui s'ensuit[2].
Alain Le Roux fonde encore l'abbaye bénédictine Sainte-Marie d'York, et y fait construire une grande église de style roman[2],[15]. Il fonde aussi un prieuré à Swavesey dans le Cambridgeshire[2].
Affaire du mariage avec Mathilde d'Écosse (1093)
[modifier | modifier le code]Durant l'été 1093, il est possible que le roi Malcolm III d'Écosse ait envisagé de lui donner sa fille Mathilde en mariage[2].
Selon la tradition en effet, alors qu'il rend visite à Mathilde avec Alain le Roux, le roi constate que sa fille porte le voile. Il le lui arrache en déclarant qu'il préférerait la voir mariée avec le comte que nonne[16]. Cette remarque peut sembler sarcastique, mais peut aussi être le reflet d'une véritable intention[16].
Quoi qu'il en soit, ce mariage n'a pas eu lieu car Alain le Roux enlève peu après Gunhilde, fille illégitime du roi Harold II d'Angleterre[17], nonne au couvent de Wilton[10].
Mathilde d'Écosse, convoitée par Guillaume II de Warenne, épousera finalement Henri Ier d'Angleterre alors que celui-ci vient tout juste de s'emparer du trône d'Angleterre.
Mort (août 1093), funérailles et succession
[modifier | modifier le code]Il meurt sans descendance le et est inhumé à l'abbaye de Bury St Edmunds[4] dont il était un des bienfaiteurs[2]. Ses restes seront par la suite transférés à l'abbaye Sainte-Marie, à la demande des moines du lieu[2].
Son frère Alain le Noir lui succède dans ses possessions et devient aussi le compagnon de Gunhilde[10], mais il meurt peu de temps après en 1098[17]. L'honneur de Richmond passe alors à leur frère Étienne Ier comte de Penthièvre, qui a réussi à réunir les possessions bretonnes et anglaises de la famille.
L'homme le plus riche d'Angleterre de tous les temps ?
[modifier | modifier le code]Dans un livre intitulé The Richest of the Rich (Les plus riches des riches), Philip Beresford et William D. Rubinstein désignent Alain le Roux comme le particulier[n 3] le plus riche d'Angleterre de tous les temps.
Leur calcul[n 4] montre qu'en valeur actualisée en 2007, sa fortune équivaudrait à 81,33 milliards de livres sterling, soit 117 milliards d'euros[18]. Guillaume Ier de Warenne, qui arrive deuxième dans cette étude, avait été lui aussi désigné ainsi en 2000[19].
Le calcul est certes spécieux[pas clair], puisque les quinze premiers du classement ont vécu au Moyen Âge, mais il indique que les possessions d'Alain le Roux étaient gigantesques.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Avec les demi-frères du roi, Richard de Bienfaite, Roger II de Montgommery et Guillaume de Warenne.
- ↑ Celui de Robert de Mortain est perdu par son fils Guillaume en 1104 ; celui de Guillaume Fitz Osbern est perdu par son fils Roger de Breteuil en 1075.
- ↑ L'étude porte sur toutes les personnes – monarques exclus – depuis la conquête normande de l'Angleterre en 1066, jusqu'à 2007.
- ↑ La fortune de chaque candidat fut évaluée suivant sa contribution au produit national net du pays quand il mourut, ou quand sa fortune était à son point culminant. Ce pourcentage fut ensuite multiplié par le produit intérieur net de 1999. Celle d'Alain le Roux est évaluée à 7 %.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Walter Fröhlich, « The Letters Omitted from Anselm's Collection of Letters », Anglo-Norman Studies VI : Proceedinds of the Battle Conference, édité par Reginald Allen Brown, Boydell & Brewer, 1984, p. 65. (ISBN 0-85115-197-3).
- K. S. B. Keats-Rohan, « Alan Rufus (d. 1093) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004. Consulté en novembre 2008.
- ↑ Selon la page Wikipédia consacrée à son père.
- Généalogie et prosopographie des Medieval Lands.
- André Wilmart, « Alain le Roux et Alain le Noir », Annales de Bretagne, vol. 38 (1929), p. 576-602.
- ↑ D. C. Douglas, « Companions of the Conqueror », dans History, vol. 28 (1943), p. 129-147, ainsi que dans William the Conqueror, p. 268, ou il affirme qu'il sert dans le contingent breton à Hastings.
- ↑ J. O. Prestwich, « The Military Household of the Norman Kings », dans The English Historical Review, vol. 96, no 378 (jan. 1981), p. 1-35.
- ↑ D. C. Douglas, William the Conqueror, Londres, 1964, p. 286.
- Richard Muir, The Yorkshire Countryside, A Landscape History, Edinburgh University Press, 1997, p. 172. (ISBN 1-85331-198-7).
- D. C. Douglas, William the Conqueror, Londres, 1964, p. 267-269 et 426.
- J. F. A. Mason, « The 'Honour of Richmond' in 1086 », dans The English Historical Review, vol. 78, no 309 (oct. 1963), p. 703-704.
- ↑ Robert Fleming, Kings and Lords in Conquest England, Cambridge University Press, 1991, p. 219.
- ↑ Adrian Pettifer, English Castles, Éd. Boydell & Brewer, 2002, p. 295 (ISBN 0-85115-782-3).
- ↑ Orderic Vital, Histoire de la Normandie, Éd. Guizot, 1826, vol. III, t. VI, p. 170-172.
- ↑ George Sheeran, Medieval Yorkshire towns: people, buildings and spaces, Edinburgh University Press, 1988, p. 56. (ISBN 1-85331-242-8).
- Lois L. Huneycutt, « Matilda (1080–1118) », Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004.
- Frank Barlow, The Godwins, Pearson Education, 2003, p. 162-163. (ISBN 0-582-78440-9).
- ↑ Jaya Narain, « 1066 invader was Britain's wealthiest man in history », dans le Daily Mail, 8 octobre 2007. [(en) Texte de l'article dans le Daily Mail (page consultée le 28 janvier 2008)].
- ↑ (en) Warlord tops richest ever list, article sur le site internet de BBC News. Vérifié janvier 2008.
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Source principale
[modifier | modifier le code]- K. S. B. Keats-Rohan, « Alan Rufus (d. 1093) », dans Oxford Dictionary of National Biography, Oxford University Press, 2004. Consulté en novembre 2008.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Dom André Wilmart, « Alain Le Roux et Alain Le Noir, Comtes de Bretagne », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 38, no 3, , p. 576-602 (lire en ligne).
- (en) J. F. A. Mason, « The 'Honour of Richmond' in 1086 », The English Historical Review, vol. 78, no 309 (oct. 1963), p. 703-704.
- Stéphane Morin, Trégor, Goëlo, Penthièvre. Le pouvoir des Comtes de Bretagne du XIe au XIIIe siècle, Rennes, Presses Universitaires de Rennes & Société d'émulation des Côtes-d'Armor, (ISBN 9782753510128).
Liens externes
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- Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste :