Félécan
| Décès | |
|---|---|
| Activité |
Félécan (aussi appelé Flestan ou Fellkam) est un chef normand du Xe siècle qui ravagea la Bretagne avec Rögnvaldr.
Origine
[modifier | modifier le code]Selon Jean Renaud: « Derrière la forme Félécan se cache peut-être Feochán ou Finnacán, auquel cas il s'agirait d'un Iro-Scandinave »[1]
Félécan était donc vraisemblablement un viking de la mer d'Irlande. Son nom provient probablement de Fell ou Fjall, c'est-à-dire montagne, et de Kam ou Kambr, peigne ; littéralement peigne de montagne, soit au figuré un caractère coupant et incommode[2]. La finale Kam est attestée chez les Vikings comme surnom pour Sigtrygg ou Sitriuc Cam, vaincu par le roi de Dublin Olaf Kvaran et les hommes de Leinster en 961[3].
D'après Flodoard, en 931, les Bretons se soulevèrent lors des solennités de la fête de Saint-Michel () et tuèrent tous les envahisseurs en commençant par Félécan :
« Pendant ce temps-là, les Bretons restés soumis aux Normands en Cornu Galliae, se révoltèrent contre ceux qui les avaient assujettis, massacrèrent, dit-on lors de la fête de saint Michel, les Normands qui demeuraient parmi eux, à commencer par leur chef Félécan »[4].
Flodoard ajoute :
« Le Normand Incon, qui demeurait sur la Loire, pille avec les siens la Bretagne ; les Bretons vaincus, pillés et massacrés ou chassés, il s'empare du pays »[5].
Le même événement fait l'objet d'une entrée de la Chronique de Quimperlé :
« 931: Les Bretons qui étaient restés, le jour de la St Michel tuèrent tous les Normands. Le premier fut leur duc Felechan » [6].
Il est aussi évoqué dans l'Historia moderna d'Hugues de Fleury au XIIe siècle :
« L'an de l'Incarnation du Seigneur 931, les Bretons installés en Cornu Galliae se révoltèrent contre les Normands, auxquels ils étaient assujettis, ils tuèrent leur chef. Ce qu'apprenant Guillaume prince de Normandie - Guillaume Longue-Épée, fils et successeur de Rollon - pénétrant dans leur territoire en ennemi le ravagea durement ; et il ramena à lui Bérenger le chef le plus puissant des Bretons et contraignit l'autre, Alain, à quitter sa terre et ainsi derechef il revendiqua par la force toute la Bretagne »[5].
La révolte bretonne de 931 et la mort de Félécan semblent avoir entraîné une double campagne de représailles menée par Incon, le chef des Normands de la Loire, et par Guillaume Longue-Épée, comte de Rouen et chef des Normands de la Seine[5].
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Jean Renaud, Les Vikings et les Celtes, Rennes, Ouest-France Université, , 278 p. (ISBN 2737309018), p. 137 note n°1.
- ↑ Bruno Renoult, Les Vikings en Bretagne, Barcelone, Patrocinadas por Cedade, (ISBN 84-7633-005-7), p. 69 et note no 35 p. 77
- ↑ Annales des quatre maîtres A.F.M 960 [=962] (en) Clare Downham, Vikings Kings of Britain and Ireland : The Dynasty of Ivarr to A.D. 1014, Édimbourg, Dunedin Academic Press, , 338 p. (ISBN 978-1-906716-06-6), p. 270
- ↑ Flodoard Chroniques féodales 918-978 Sources de l'Histoire de France Paleo 2002 (ISBN 2913944655) [931] p. 56
- André Chédeville et Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois, Ve-Xe siècle, Ouest France, coll. « Ouest France université », , 423 p. (ISBN 978-2-85882-613-1), p. 392-393
- ↑ Ouvrage collectif sous la direction de Jean Delumeau, Documents de l'Histoire de Bretagne, Toulouse, Privat, , p. 90
Sources
[modifier | modifier le code]- André Chédeville & Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois : Ve – Xe siècle, Rennes, Ouest-France Université, , 423 p. (ISBN 2-85882-613-7), p. 392
- Jean Renaud, Les Vikings et les Celtes, Rennes, Ouest-France Université, , 277 p. (ISBN 2-7373-0901-8), p. 132-138 L'interrègne scandinave