Histoire du temps présent

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L’histoire du temps présent est un courant historiographique transnational qui apparaît à partir des années 1950 en Allemagne. Celle-ci couvre une période historique marquée par deux bornes chronologiques mobiles. Elle est caractérisée par la durée d'une vie humaine, c'est-à-dire par la capacité d'un témoin à partager son vécu. Outre cela, elle se démarque des autres courants notamment par l'utilisation d'archives orales et audiovisuelles. Bien qu’institutionnalisée, l’histoire du temps présent fait encore l’objet de critiques.

Définition(s)[modifier | modifier le code]

Différentes appellations[modifier | modifier le code]

Selon les pays, la notion d'histoire du temps présent n’apparaît pas au même moment et n'a pas exactement la même signification. On a cependant tendance à voir de plus en plus une convergence européenne au sein de ce courant[1].

Allemagne (RFA)[modifier | modifier le code]

En Allemagne, l’histoire du temps présent est traditionnellement désignée sous le terme de Zeitgeschichte. Le terme est apparu en sous l'impulsion de Hans Rothfels, qui a été à l'initiative du premier numéro de la revue Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte. À cette époque, la Zeitgeschichte allemande commence en et couvre la dictature nationale-socialiste allemande ainsi que l’entièreté de la Seconde Guerre mondiale[2]. La Zeitgeschichte allemande possède trois particularités :

Certains chercheurs allemands revendiquent une modification de la terminologie pour l'histoire qui démarre à partir des années 1989-1991. Il parlent alors de la « neueste Zeitgeschichte » (l’histoire la plus récente)[3].

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

En Grande-Bretagne, le champ de la Contemporary History correspond à ce qu’on désigne par histoire du temps présent en France ou Zeitgeschichte en Allemagne[4]. Elle commence en 1945 et s’étend jusqu’à nos jours. Il ne faut donc pas le traduire par la notion d’histoire contemporaine qui correspond partiellement à la Late Modern Period et la Early Modern Period[4].

France[modifier | modifier le code]

L’expression d'histoire du temps présent apparaît dans les années 1970. En France, cette décennie est marquée par des transformations très importantes dans les domaines[5] :

C’est dans ce cadre que les français commencent à se poser des questions sur leur identité nationale ainsi que sur les mutations du présent[6]. Il y a alors une demande en objets historiques neufs s’inscrivant dans un « présent historique »[7] face à une histoire contemporaine qui apparaît de plus en plus anachronique, car elle remonte jusqu'à la Révolution française[8]. Dans cette recherche identitaire, le régime de Vichy est une des premières thématiques traitées dans les années 1980 par l’historien Henry Rousso[9]. Les sujets se sont ensuite élargis à l’histoire de l’Europe de l’Est, à la guerre d’Algérie, à la décolonisation, à la figure de Pierre Mendès France ou encore aux lieux de mémoire[10].

Bornes chronologiques[modifier | modifier le code]

La question de la chronologie se pose irrémédiablement pour l’histoire du temps présent, car il n’y a pas de délimitations fixes.

Début[modifier | modifier le code]

Traditionnellement, on désigne cette histoire comme la période remontant à la dernière grande rupture[11]. Lors de son apparition en 1953, la Zeitgeschichte débute en . Cette date symbolique de la révolution russe est considérée comme « le » moment de rupture à l’époque. En effet, le monde est en période de guerre froide et l’apparition de l’URSS semble être le point de départ d’une nouvelle histoire[3].

Au fur et à mesure, d’autres hypothèses de ruptures furent émises pour faire débuter cette histoire du temps présent, comme la crise économique des années 1930, la fin de la Seconde Guerre mondiale, les changements socio-économiques des années 1950, la construction européenne ou encore les années 1989 et 1991[12]. Ces deux dernières dates sont considérées comme la dernière rupture profonde dans l’histoire du monde avec des changements dans la situation sécuritaire des démocraties occidentales ainsi qu’une modification profonde de la politique intérieure des pays qui ont appartenu au Bloc de l’Est[13]. Certains observateurs mettent même en avant la date de 2001 et les attentats du 11 septembre[13].

Les séparations chronologiques ne font cependant pas consensus. Selon les pays, une date peut paraître plus significative que d’autres. Dès lors, il est difficile de mettre en exergue un champ net et précis sur le plan temporel[14].

Fin[modifier | modifier le code]

À propos de la Zeitgeschichte, Hans Rothfels parle de « l’ère des vivants et son traitement par les académiciens »[15]. Dès 1953, l'histoire du temps présent se termine avec la fin de la Seconde Guerre mondiale, survenue huit ans plus tôt[2]. Depuis son développement en tant que champ de recherche et jusqu’à aujourd’hui, beaucoup d’historiens sont réticents à propos de ce que la journaliste et écrivaine Barbara W. Tuchman décrit comme « l’histoire qui fume encore »[16]. Des historiens anglais tels que Geoffrey Barraclough ou Eric Hobsbawm plaident pour que les historiens du temps présent s’imposent un hinterland temporel, une distance entre l’époque de l’auteur et ce dont il parle[17]. Eric Hobsbawm décrit le manque de rétrospective en tant que « drame de l’historien du temps présent »[18].

Actuellement, il est compliqué d’établir jusqu’où l’histoire du temps présent s’étend. Le but de l’historien est, contrairement au sociologue, de rendre intelligible le passé. Les historiens du temps présent traitent d’un passé parfois très récent, où les acteurs sont encore vivants[19]. Or, la frontière entre le champ de l’historien et celui des autres chercheurs en sciences humaines est floue.

Qui écrit l’histoire du temps présent ?[modifier | modifier le code]

Si l’histoire du temps présent est un objet de recherche désormais intégré par les historiens, ils ne sont pas les seuls à l’écrire. L’historiographie contemporaine fondée sur des sources fiables est également réalisée par des journalistes, des diplomates ou encore des politologues[2]. Avant son institutionnalisation, les historiens préfèrent laisser le terrain de l’immédiateté et du temps présent au journaliste[20]. Aujourd’hui, même si des historiens comme John Lewis Gaddis n’ont pas hésité à écrire une histoire extrêmement récente, elle est encore souvent élaborée par des journalistes politiquement instruits, des politologues mais également des politiciens. Dès lors, les historiens ne possèdent pas l’apanage de ce champ historiographique[2].

Naissance du courant[modifier | modifier le code]

L’histoire du temps présent naît suite à la Seconde Guerre mondiale. Cet événement marque l’opinion publique qui souhaite comprendre comment le génocide juif a pu se produire. Les historiens vont tenter d’apporter une réponse à cette demande du public : ils commencent à s’intéresser à des événements très contemporains. En 1951, le Comité d'histoire de la Seconde Guerre mondiale est créé avec à sa tête différents historiens comme Georges Lefebvre, Henri Michel et Édouard Perroy. Une revue voit également le jour : la Revue d’Histoire de la Seconde Guerre mondiale qui se concentre exclusivement sur l’histoire du temps présent. La Résistance ou le système concentrationnaire nazi deviennent alors des sujets de recherche[21].

Institutionnalisation[modifier | modifier le code]

Allemagne[modifier | modifier le code]

RFA[modifier | modifier le code]

Suite à la Seconde Guerre mondiale, l’Institut für Zeitgeschichte apparaît en 1953 en Allemagne[22]. Il remplace l’Institut allemand pour l’histoire de la période nazie. Il traite d’abord la période allant de 1917 à 1945 avant d’intégrer, à partir de 1959, la période après 1945[22].

RDA[modifier | modifier le code]

Dans l’Allemagne de l’Est, la Zeitgeschichte s’est progressivement structurée autour du Deutsches Institut für Zeitgeschichte créé en 1947[23]. Une autre institution voit également le jour : la Wissenschaftsbereich DRA-Geschichte, créé à l’Institut für Geschichte après une réforme de 1969 et qui inscrit l’émergence de l'Allemagne de l’Est dans un processus de révolutions à l’échelle européenne[24]. La Zeitgeschichte est-allemande rencontre cependant deux difficultés majeures : elle n’est pas mise en avant par le régime et les études considérées comme académiques sont rares[25].

Depuis la réunification[modifier | modifier le code]

Depuis la réunification allemande, le Zentrum für Zeithistorische Forschung s’est ouvert en 1996 à Potsdam (Brandebourg)[26]. Dans la même optique, le Hannah-Arendt-Institut für Totalitarismuforschung a été construit [27]. Parallèlement, l’Institut für Zeitgeschichte a continué de fonctionner.

France[modifier | modifier le code]

L’histoire du temps présent est institutionnalisée en 1978 avec la création au sein du CNRS de l’Institut d'histoire du temps présent (IHTP)[28], qui remplace le Comité de la Seconde Guerre mondiale[29]. Parallèlement, la première chaire de l’histoire du temps présent est créée à l’EHESS avec l’historien Pierre Nora à sa tête[28]. L’institut d’études politiques de Paris (« Sciences Po ») lance également en 1984 son centre d’histoire pour le XXe siècle qui publie, toujours aujourd’hui, la revue 20 & 21[30].

Belgique[modifier | modifier le code]

En 1967, apparaît en Belgique le Centre de Recherches et d’Études historiques de la Seconde Guerre mondiale (CREHSGM)[31]. À partir de 1997, il est renommé Centre d’études guerre et société (CEGESOMA) et son champ de recherche s'ouvre à l’entièreté du XXe siècle[31].

Grande-Bretagne[modifier | modifier le code]

En , l’Institute of Contemporary British History est créé au King’s College de Londres[32]. Il est actuellement dirigé par le professeur Richard Roberts, spécialiste de l’histoire économique[33].

Critiques[modifier | modifier le code]

L’histoire du temps présent ne fait pas l’unanimité auprès des chercheurs. Certains adressent ainsi différentes critiques à son encontre.

Le manque de recul[modifier | modifier le code]

Selon les opposants de l’histoire du temps présent, l’historien ne devrait s’occuper que du passé lointain. Il ne peut donc pas traiter d’un passé trop proche, domaine réservé aux politologues ou sociologues[34]. Une distance temporelle est alors nécessaire entre l’événement étudié et le moment où on l’étudie. Ce recul temporel garantirait l’objectivité et la qualité des recherches[35]. Certains craignent, en effet, que les historiens du temps présent, parfois très engagés, utilisent leurs recherches pour faire passer leurs idées[36].

François Bédarida s’élève contre cette critique en disant que n’importe quel historien, quelle que soit la période sur laquelle il travaille, ne peut prétendre être totalement objectif. En effet, rien que dans la délimitation du sujet, du cadre géographique et du cadre temporel, l’historien effectue des choix personnels qui amènent une part de subjectivité dans la recherche. Par conséquent, si on adresse cette critique aux historiens du temps présent, il faut le faire pour les historiens en général. Certains travaux montrent que le recul par rapport au phénomène étudié n’est pas nécessaire. À titre d’exemples, on peut citer l’Etrange défaite de Marc Bloch ou encore Reflections on the Revolution in France d’Edmund Burke[35].

"Un passé tronqué de son futur"[modifier | modifier le code]

On reproche également aux historiens du temps présent d’étudier un événement ou un phénomène qui n’a pas encore de fin[37]. Il est donc difficile pour l’historien d’interpréter ce fait dans la longue durée et de voir ses répercussions à long terme. L’analyse que l’historien produit est alors une construction provisoire[38].

Manque et surabondance des sources[modifier | modifier le code]

Une critique paradoxale est fréquemment formulée à l’encontre du temps présent : à la fois le peu et la grande quantité de sources à disposition.

L’historien du temps présent a, en effet, un problème majeur auquel il doit faire face : la difficulté d’accès aux sources, et en particulier aux sources publiques. En France, l’accès aux archives est assez strict : seuls les documents dont la consultation était déjà libre avant qu’ils soient déposés dans les dépôts d’archives, sont librement consultables. Pour les autres, il faut attendre un temps plus ou moins long selon les types de documents. En général, il faut attendre trente ans, mais pour certains types de documents, l’attente peut être beaucoup plus longue : jusqu’à cent cinquante ans pour « les dossiers personnels comportant des renseignements à caractère médical ». En Belgique, le délai général est de cent ans. En France comme en Belgique, il est possible d’obtenir des dérogations, mais cela prend énormément de temps. De plus, elles ne sont pas toujours accordées. Par conséquent, les français souhaitent connaître davantage certains événements, comme le régime de Vichy, mais l’accès aux archives empêche les historiens d’apporter des éléments de réponse. Par contre, en Grande-Bretagne, on se dirige plutôt dans une politique de libre accès aux archives publiques[39].

Face à la difficulté d’accès aux archives publiques, l’historien du temps présent utilise d’autres archives. Il possède, en effet, un nombre conséquent d’autres sources à sa disposition : sources orales, radio, télévision, archives privées, presse, etc.[37] On critique alors parfois cette surabondance de sources. En effet, il est difficile pour l’historien d’appréhender un si grand nombre de documents[40].

Avantages[modifier | modifier le code]

Cette nouvelle Histoire permet de casser l’idée d’une « barrière chronologique » [41] qui empêche certaines périodes historiques d’être travaillées.

L’Histoire du temps présent adapte à ses impératifs les méthodes historiques appliquées aux périodes antérieures. Un renouvellement de la méthodes historiques se produit. De plus, grâce à un dialogue avec les autres champs de recherche historique, l’Histoire du Temps Présent apporte de nouvelles interrogations et de nouveaux points de vue [42].

Un des atouts de l’Histoire du temps présent est de pouvoir apporter des éléments de compréhension pour aider à comprendre le contexte environnant de tout un chacun, mais également d’aider à prendre certaines décisions [43].

L’exigence de la vérité qui est placée au centre de la déontologie historique engendre également le fait que l’Histoire du Temps présent participe au combat face au négationnisme [44].

La spécificité de cette période, du fait qu’elle ait à sa disposition des sources orales, lui permet de pénétrer dans les mentalités et les comportements du temps passé étudier [45].

D’autres atouts de l’Histoire du temps présent résident précisément dans ces critiques :

  • Travailler sur des phénomènes non clos : Lorsque l’historien à la possibilité de travailler sur des sujets de ce genre, il évince le déterminisme et la construction d’une histoire fataliste.
  • L’absence de recul : le seul recul nécessaire pour le travail de l’historien réside dans sa méthodologie et non pas dans le temps qui le sépare de son sujet d’étude.
  • Les difficultés d’accès aux archives : cet inconvénient est pallié par l’abondance des sources de substitution.

L’Histoire du temps présent comporte ainsi des atouts utiles à l’élaboration de travaux de recherches scientifiques [46],[47].


Sources particulières à l'histoire du temps présent[modifier | modifier le code]

Il est vrai que l’Histoire du temps présent se distingue des autres périodes historiques par l’accès à des sources de type oral et audiovisuel. Cependant, il serait faux de penser qu’il s’agit là des seuls matériaux utilisés par l’historien du temps présent lors de ses recherches. En effet, bien que l’utilisation de cette spécificité constitue un choix et non une obligation, il appert que le croisement des témoignages oraux et des sources écrites est privilégié. Les sources orales n’ont pas la volonté de se substituer aux autres sources. Ainsi, l’historien du temps présent utilise la diversité des types de sources qui lui sont présentées pour être le plus objectif possible dans ses travaux [48],[49].

Les sources orales[modifier | modifier le code]

Pour retracer le passé, l’historien du temps présent peut se tourner vers la source orale puisque les témoins sont toujours vivants. En effet, le fait que les acteurs des faits étudiés soient toujours en vie constitue un des critères souvent utilisé pour faire débuter l’histoire du temps présent[50].

Apparition[modifier | modifier le code]

À partir des années 1970, se produit un engouement grandissant pour les sources orales. En Grande-Bretagne, on crée ainsi en 1971 la revue Oral History. Selon Annette Wieviorka, on entre dans l’ère du témoin, dans laquelle peu de place est laissée à l’historien : c’est le témoin qui a le rôle principal, car l’histoire est racontée par ceux qui l’ont vécue[51]. Toutefois, certaines personnes restent réticentes et ne souhaitent pas témoigner, car elles ont peur d’être transformées en document vivant[52], d’être dépossédées de leur témoignage ou encore parce qu’elles ne souhaitent pas réveiller des souvenirs trop douloureux[53].

Intérêt[modifier | modifier le code]

Pour étudier les sujets postérieurs à 1939, l’utilisation de la source orale se révèle être une mine d’informations pour l’historien[54]. Elle permet notamment de combler certaines lacunes des archives écrites. Par exemple, la Résistance est difficilement abordable à travers des documents écrits, car elle en a peu laissés. En effet, ils étaient détruits afin qu’ils ne se retrouvent pas dans les mains des allemands[55]. La source orale peut également mettre en lumière l’expérience des camps de concentration en interviewant des personnes qui ont survécu. En outre, elle peut venir en complément des sources écrites en apportant d’autres informations[56]. Enfin, l’utilisation de la source orale permet de démocratiser l’histoire en rendant « son » histoire au peuple[57].

Apports des autres disciplines[modifier | modifier le code]

L’historien est habitué à recourir à des documents écrits. Face à ce nouveau type de sources, il se sent alors quelque peu désarçonné. Pour l’aider, il peut faire appel à d’autres disciplines, comme la psychologie, la sociologie ou encore l’anthropologie qui recourent davantage à l’entretien oral et qui sont donc plus familières avec ce type de sources[58].

Limites[modifier | modifier le code]

Danièle Voldman établit une distinction entre les sources orales, réalisées par l’historien dans le cadre de sa recherche, et les archives orales enregistrées par un archiviste ou un historien dans un objectif de conservation dans des dépôts. Ces dernières sont alors considérées comme plus fiables que les premières[59].

Dans cette ère du témoin, l’historien est vu comme un médiateur, comme le porte-parole des victimes[60]. Lors d’un entretien, un « pacte compassionnel » se crée implicitement entre l’interviewé, le témoin et l’intervieweur, l’historien[61]. Le témoignage livré par le témoin doit donc toucher au cœur et non à la raison de l’historien. On attend de lui de la compassion envers la victime et non pas qu’il reste de marbre face au témoignage. Le témoin souhaite parler à l’homme qui éprouve des sentiments et non pas au professionnel[62] : un problème se pose alors, car son métier lui impose justement une mise à distance, de ne pas faire entrer en jeu ses sentiments et de garder un esprit critique. Il doit rester objectif et impartial, ce qui est assez compliqué dans le cas de la source orale[63]. De plus, l’historien a souvent peur de contredire le témoin, de critiquer son témoignage, car ce serait l’offenser. Rester impartial est particulièrement compliqué si l’historien interviewe par exemple un ancien colon : comment peut-il parvenir à ne pas prendre parti pour les victimes ? Par conséquent, certains historiens sont assez réticents à l’idée d’utiliser la source orale parce que l’historien est trop impliqué émotionnellement[64].

La source orale pose un autre problème, car il s’agit d’une « source provoquée » (François Ozouf). L’historien participe, en effet, à l’élaboration de sa source : il réalise plusieurs entretiens oraux en fonction de sa recherche. Il va ainsi poser les questions de manière à obtenir les renseignements qu’il désire[65]. Le type d’entretien privilégié est donc l’entretien semi-directif : l’historien pose un certain nombre de questions ouvertes qui ont été préalablement élaborées. Il pose alors ces mêmes questions aux différents témoins interrogés. L’entretien semi-directif garantirait alors la fiabilité du témoignage, car il permet de croiser les différents témoignages entre eux. C’est le type d’interview qui est généralement utilisé par les historiens[66].

En réalité, malgré l’utilisation de ce type d’entretien, la source orale est loin d’être un témoignage fiable. Il convient de l’utiliser avec précaution et d’effectuer une analyse critique, car de nombreux facteurs peuvent altérer les informations livrées par le témoin. Le contenu de la source dépend de ce que le témoin veut bien raconter ou ce dont il se souvient. Un oubli ne signifie pas forcément que le témoin a voulu cacher quelque chose : il peut traduire une faille de la mémoire qui produit une sélection dans les événements[67]. Il est alors conseillé de réaliser plusieurs fois l’interview d’une même personne. En effet, si on pose exactement les mêmes questions, mais à des moments différents, l’historien n’aura pas forcément les mêmes réponses, car des souvenirs ou des faits peuvent revenir après le premier entretien[68]. Toutefois, certains témoins peuvent aussi volontairement oublier un certain nombre de choses pour cacher un fait peu glorieux. De plus, un témoin qui parle longtemps après les faits peut commettre des erreurs involontaires dans les dates ou dans les lieux[69], ou encore établir une reconstruction : le témoin va relire les faits du passé en fonction de ce qu’il a entendu ou lu depuis. Il relate alors un fait comme si c'était lui qui l’avait vécu alors que ce n’est pas le cas : il s’agit d’une erreur involontaire provoquée par une défaillance de la mémoire[70].

Les sources audiovisuelles[modifier | modifier le code]

Pour Marc Ferro et Pierre Sorlin, les sources audiovisuelles doivent constituer une source importante pour les historiens du temps présent. Ces derniers ont longtemps été réticents à utiliser ces nouvelles sources non seulement parce qu’ils ont l’habitude de se baser sur des documents écrits, mais aussi parce qu’ils éprouvent des difficultés à les analyser. Les travaux du sémiologue français Roland Barthes ont aidé les historiens à appréhender ces sources[71]. Les sources audiovisuelles peuvent prendre différentes formes : films de fiction, documentaires, émissions télévisuelles ou radiophoniques, etc.[37]

Mémoire[modifier | modifier le code]

Les années 70 vont être caractérisées par un tournant historiographique et une montée en force de l’histoire du temps présent. En parallèle de cet intérêt grandissant, va apparaître une nouvelle approche de ce courant caractérisée par six paramètres, dont la mémoire qui va bouleverser l’objet historique [72].

La mémoire n’est pas quelque chose de nouveau. Mais l’idée de souvenir oblige les historiens à s’interroger sur le témoignage dont ils essayent tant bien que mal de sortir les mémoires. Ce concept de témoignage remet en cause les sources du temps présent, mais établit également un nouveau rapport entre le passé et le présent [73]. La question de la mémoire ne peut donc être expliquée sans prendre en compte le témoignage [74]. Cette mémoireva être un élément important de l’histoire du temps présent. Attention cependant, à ne pas en faire un élément central. Faire de la mémoirel’élément central équivaudrait à favoriser dans certains cas des questions qui intéressent seulement les mémoires collectives et qui mèneraient donc à un manque de neutralité [75].

Cet intérêt grandissant pour la mémoire est dû tout d’abord à la remise en cause des « romans nationaux » qui dirige en quelque sorte l’histoire en établissent les éléments dignes d’être retenu et ceux qui devaient sombrer dans l’oubli. La victime devient l’élément central du roman national. L’idée de consensus va également jouer un rôle dans la montée de la mémoire. Les pouvoirs politiques utilisent l’histoire à des fins de thérapie sociales en reconnaissant les erreurs du passée. La remise en cause des enjeux mémoriels et identitaires et leur lien au passé va être également une des raisons de l’intérêt porté à la mémoire. C’est d’ailleurs dans ce cadre que la mémoire va être de plus en plus considérée comme une culture avec un véritable rôle de reconstruction identitaire [76].

La mémoireva avoir pour rôle de sacraliser le passé, lui donner une cohérence par rapport au présent dans le but d’aider un individu ou un groupe à vivre ou survivre. La mémoire collective est celle qui attire l’attention des historiens [77]. C’est notamment grâce à cette mémoire collective que sont possibles les mémoires individuelles. Si la mémoire est collective, c’est surtout grâce aux individus qui se souviennent. La mémoire collective est composée de différentes mémoires : la mémoire officielle, les mémoires de groupes, la mémoire savante et la mémoire publique. En résumé, la mémoire individuelle nous vient du témoin qui nous donne son témoignage qui représente une mémoire collective qui est soumise aux autres mémoires citées précédemment.

Le devoir de mémoire comme les historiens l’appellent est assez semblable à un devoir d’archives. À travers ce devoir, le rôle des historiens n’est pas d’écrire l’histoire, mais de la rendre possible. Cela sous-entend que ce devoir de mémoire ne pèse pas sur l’histoire à proprement parler. Afin que ce conflit entre histoire et mémoire ne se produise pas, il est donc important de voir cette mémoire comme une source à part entière . Ricoeur met d’ailleurs en avant l’abus du devoir de mémoire en une sorte de mémoire qui serait porte-parole de la demande de justice des victimes [78].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Ouvrages représentatifs du courant[modifier | modifier le code]

  • François Bédarida, Le nazisme et le génocide. Histoire et témoignage, Paris, 1992.
  • Florent Brayard, Le génocide des juifs entre procès et histoire (1943-2000), Bruxelles, 2000.
  • Geneviève Dreyfus-Armand, dir., Les années 68. Le temps de la contestation, Bruxelles, 2000.
  • Hélène Dumas, Le génocide au village. Le massacre des Tutsi au Rwanda, Paris, 2014.
  • Pieter Lagrou, Mémoires patriotiques et occupation nazie. Résistants, requis et déportés en Europe occidentale (1945-1965), Bruxelles, 2003.
  • Stipe Mesić, The Demise of Yugoslavia : A Political Memoir, Budapest, 2004.
  • Henry Rousso et Eric Conan, Vichy, un passé qui ne passe pas, Paris, 1996.
  • Henry Rousso, Le syndrome de Vichy de 1944 à nos jours, Paris, 1987.
  • Henry Rousso, Un château en Allemagne. La France de Pétain en exil : Sigmaringen (1944-1945), Paris, 1980.
  • Martin Sabrow, Das Diktat des Konsenses. Geschichtswissenschaft in der DDR (1949–1969), Munich, 2001.
  • Martin Sabrow, Erinnerungsorte der DDR, Munich, 2009.
  • Martin Sabrow, Skandal und Diktatur. Formen öffentlicher Empörung im NS-Staat und in der DDR, Göttingen, 2004.
  • Laura Silber et Allan Little, The Death of Yugoslavia, Londres, 1996.
  • Rudi Van Doorslaer, De KPB en het Sovjet-Duits niet-aanvalspakt : de Kommunistische partij van België en het Sovjet-Duits niet-aanvalspakt tussen augustus 1939 en juli 1941, Bruxelles, 1975.
  • Étienne Verhoeyen et Rudi Van Doorslaer, De moord van Lahaut : het communisme als binnenlandse vijand, Louvain, 1985.

Ouvrages sur le courant et la méthodologie[modifier | modifier le code]

  • François Bédarida, L'histoire et le métier d'historien en France (1945-1995), Paris, 1995.
  • Florence Descamps, L'historien, l'archiviste et le magnétophone : de la constitution de la source orale à son exploitation, Paris, 2001.
  • Institut d'histoire du temps présent, Ecrire l'histoire du temps présent. En hommage à François Bédarida, Paris, 1993.
  • Henry Rousso, La dernière catastrophe. L'histoire, le présent, le contemporain, Paris, 2012.
  • Martin Sabrow, Die Zeit der Zeitgeschichte, Göttingen, 2012.
  • Annette Wierviorka, L'ère du témoin, Paris, 1999.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies[modifier | modifier le code]

  • DESCHAMPS Florence, L’historien, l’archiviste et le magnétophone. De la constitution de la source orale à son exploitation, Paris, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2001.
  • JOUTARD Philippe, Ces voix qui nous viennent du passé, Paris, Hachette, 1983.
  • RICOEUR, La mémoire, l’histoire, l’oubli, Paris, Seuil, 2000.
  • ROUSSO Henry, La dernière catastrophe. L’histoire, le présent, le contemporain, Paris, Gallimard, 2002.
  • SOULET Jean-François, L’histoire immédiate. Historiographie, sources et méthodes, Paris, Armand Colin, 2009.
  • WALLENBORN Helene, L’historien, la parole des gens et l’écriture de l’histoire, le témoignage à l’aube du XXIème siècle, Bruxelles, Labor, 2006.
  • WEITZ Margaret, Les combattantes de l’ombre. Histoire des femmes dans la résistance, Paris, Albin Michel, 1997.
  • WIERVIORKA Annette, L’ère du témoin, Paris, Hachette littératures, 2002.
  • WOLIKOW Serge, L’Histoire du temps présent en question.

Articles[modifier | modifier le code]

  • BÉDARIDA François, « la dialectique passé/présent et la pratique historienne », dans BÉDARIDA François (dir.), L’histoire et le métier d’historien en France, 1945-1995, Paris, Les éditions de la maison des sciences de l’homme, 1995, p. 79-82.
  • BÉDARIDA François, « Le statut de l’historien en France », dans PELLISTRANDI Benoît, La Historiografica Frances adel siglo XX y su acogida en Espana, Madrid, Casa de Velazquez, 2002, p. 425-432.
  • BÉDARIDA François, « Le temps présent et l’historiographie contemporaine », dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 69, 2001, p. 54.
  • CAPLAN Jane. « Contemporary History : Reflections from Britain and Germany » dans History Workshop Journal, vol. 63, n° 1, avril 2007, pp. 230–238.
  • CORNELIBEN Cristoph, « Histoire du temps présent et culture mémorielle en Europe » dans Histoire, économique et société, vol. 2, n°35, 2016, p. 110.
  • DELACROIX Christian, « L’Histoire du temps présent, une histoire (vraiment) comme les autres ? » dans Tempo e Argumento, Florianopólis, vol. 10, n°23, 2018, p. 13 ; p. 19-21.
  • DROIT Emmanuel, REICHHERZER Franz, « La fin de l’histoire du temps présent telle que nous l’avons connue. Plaidoyer franco-allemand pour l’abandon d’une singularité historiographique », dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n°118, 2013, p. 139.
  • DUCLERT Vincent, « Archives orales et recherches contemporaine. Une histoire en cours », dans Société & Représentations, n°13, 2002, p. 84.
  • DULPHY Anne et MANIGAND Christine, « Entretien avec Rainer Hudemann », dans Histoire@politique. Politiques, culture, société, n°11, 2010.
  • FRANK Robert, « La mémoire et l’histoire », dans Institut d’histoire du temps présent, 2016, p. 2.
  • GARCIA Patrick, « Essor et enjeux de l’Histoire du Temps présent au CNRS », dans La revue pour l’Histoire du CNRS, vol. 9, 2013
  • GOMART Thomas, « Quel statut pour le témoignage oral en histoire contemporaine ? », dans Hypothèses, n°3, 2000, p. 103.
  • GONÇALVES Cécile, « Qu’est-ce que l’Histoire du Temps Présent ? Tentative de définition », dans Estudosdoséculo, n° 11, 2011.
  • HOBSBAWM Eric, « Un historien et son temps », dans INSTITUT D’HISTOIRE DU TEMPS PRÉSENT, Ecrire l’histoire du temps présent, Paris, 1993, p. 98.
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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Institut d'histoire du temps présent, Ecrire l'histoire du temps présent, Paris, , Hartmut Kaelbe, La Zeitgeschichte, l’histoire allemande et l’histoire internationale du temps présent, p. 87
  2. a b c et d Hans-Peter Schwarz, « Die neueste Zeitgeschichte », Vierteljahrshefte für Zeitgeschischte, no 51,‎ , p. 6
  3. a et b Hans-Peter Schwarz, op. cit., p. 7
  4. a et b Peter Catterall, « What (if anything) is distinctive about contemporary history », Journal of Contemporary History, no 32,‎ , p. 441
  5. Institut de l'histoire du temps présent, op. cit., Pierre Nora, De l’histoire contemporaine au présent historique, p. 45-46
  6. François Bédarida, L’Histoire et le métier d’historien en France 1945-1995, Paris, , François Bédarida, La dialectique passé/présent et la pratique historienne, p. 79-80
  7. Institut de l'histoire du temps présent, op. cit., Pierre Nora, op. cit., p. 49
  8. François Bédarida, « Le temps présent et l’historiographie contemporaine », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, no 69,‎ , p. 54
  9. Pierre Ricoeur, La mémoire, l'histoire, l'oubli, Paris, , p. 109
  10. François Bédarida, op. cit., François Bédarida, op. cit., p. 82
  11. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Hartmut Kaelbe, op. cit., p. 83
  12. Institut de l'histoire du temps présent, op. cit., Hartmut Kaelbe, op. cit., p. 84
  13. a et b Hans-Peter Schwarz, op. cit., p. 9
  14. Peter Catterall, op. cit., p. 441-442
  15. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, « Contemporary History in Germany after 1989 », Contemporary European History, no 6,‎ , p. 219
  16. Hans-Peter Schwarz, op. cit., p. 5
  17. Peter Catterall, op. cit., p. 450-451
  18. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Eric Hobsbawm, Un historien et son temps présent, p. 98
  19. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Dominique Schnapper, Le temps présent entre histoire et sociologie, p. 51
  20. François Bédarida, op. cit., François Bédarida, op. cit., p. 76
  21. Jean-François Soulet, L'histoire immédiate. Historiographie, sources et méthodes, Paris, , p. 27-28
  22. a et b Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., p. 220
  23. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., p. 222
  24. Christoph Klessmann, Martin Sabrow et Jane Rafferty, op. cit., p. 223
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  26. « Zentrum für Zeithistorische Forschung (Potsdam), Geschichte », sur zzf-potsdam.de (consulté le 26 novembre 2017)
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  30. « Sciences Po, notre histoire », sur sciencespo.fr (consulté le 26 novembre 2017)
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  32. Jean-François Soulet, op. cit., p. 35
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  34. Jean-François Soulet, op. cit., p. 26
  35. a et b François Bédarida, art. cit., p. 155
  36. Jean-François Soulet, op. cit., p. 42
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  38. Henry Rousso, La dernière catastrophe. L'histoire, le présent, le contemporain, Paris, , p. 228
  39. Jean-François Soulet, op. cit., p. 72-73
  40. Jean-François Soulet, op. cit., p. 49
  41. Wolikow Serge, l'Histoire du temps présent en question, s.l., s.d., p. 11
  42. Idem, p. 19
  43. Dulphy Anne, Manigand Christine, "Entretien avec Rainer Hudemann", dans Histoire@politique. Politiques, culture, société, no 11, 2010, p. 1
  44. Ibid, p. 20
  45. Gonçalves Cécile, " Qu'est-ce que l'Histoire du Temps Présent? Tentative de définition", dans Estudosdoséculo, n° 11, 2011, p. 135
  46. Delacroix Christian, "L'Histoire du Temps Présent, Une histoire (vraiment) comme les autres?", dans Tempo e Argumento, vol. 10, no 23, 2018, p. 13
  47. Gonçalves Cécile, Op. cit., p. 34
  48. Garcia Patrick, "Essor et enjeux de l'Histoire du Temps Présent au CNRS", dans La Revue pour l'Histoire du CNRS, vol. 9, 2013, p. 5
  49. Gonçalves Cécile, Op. cit., p. 33
  50. Henry Rousso, op. cit., p. 222
  51. Henry Rousso, op. cit., p. 144
  52. Hélène Wallenborn, L’historien, la parole des gens et l’écriture de l’histoire. Le témoignage à l’aube du XXIe siècle, Bruxelles, , p. 7
  53. Annette Wiervorka, L'ère du témoin, Paris, , p. 132
  54. Thomas Gomart, « Quel statut pour le témoignage oral en Histoire contemporaine ? », Hypothèses, no 3,‎ , p. 103
  55. Margaret Weitz, Les combattantes de l’ombre. Histoire des femmes dans la résistance, Paris, , p. 30
  56. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 451
  57. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 47
  58. Jean-François Soulet, op. cit., p. 55
  59. Institut d'histoire du temps présent, op. cit., Danièle Voldman, La place des mots, le poids des témoins, p. 125-126
  60. Jean-François Soulet, op. cit., p. 145
  61. Annette Wiervorka, op. cit., p. 179
  62. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 79
  63. Jean-François Soulet, op. cit., p. 158
  64. Jean-François Soulet, op. cit., p. 157
  65. Jean-François Soulet, op. cit., p. 156
  66. Florence Descamps, L’historien, l’archiviste et le magnétophone. De la constitution de la source orale à son exploitation, Paris, , p. 134-135
  67. Philippe Joutard, Ces voix qui nous viennent du passé, Paris, , p. 204
  68. Hélène Wallenborn, op. cit., p. 51
  69. Florence Descamps, op. cit., p. 495
  70. Jean-François Soulet, op. cit., p. 150
  71. Jean-François Soulet, op. cit., p. 182 et 185
  72. Bédarida François, "Le temps présent et l'historiographie contemporaine", dans Vingtième siècle. Revue d'histoire, n°69, 2001, p. 157
  73. idem
  74. Droit Emmanuel, Reichherzer Franz, "La fin de l'Histoire du Temps Présent telle que nous l'avons connue. Plaidoyer franco-allemand pour l'abandon d'une singularité historiographique", dans Vingtième siècle. Revue d'Histoire, n° 118, 2013, p. 139
  75. Idem
  76. Delacroix Christian, Op. cit., p. 19-21
  77. Frank Robert, "La mémoire et l'Histoire", dans Institut d'Histoire du Temps Présent, 2016, p. 2
  78. Duclert Vincent, "Archives orales et recherches contemporaines. Une histoire en cours", dans Société & Représentations, no 13, 2002, p. 84