Manuel scolaire

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Le manuel scolaire (du latin manus, la main), considéré au XIXe siècle comme le livre résumant tous les autres est un ouvrage didactique ayant un format maniable et regroupant l'essentiel des connaissances relatives à un domaine donné.

Le manuel scolaire est destiné à être utilisé en classe comme support de cours avec l'aide directe ou indirecte d'un enseignant. Il doit tenir compte du caractère progressif de l'apprentissage (âge des élèves, capacité cognitive)[1]

Historique[modifier | modifier le code]

L’apparition du manuel scolaire peut être mis en parallèle, comme de nombreux livres, avec l'invention de la presse à imprimer en 1454. C’est 30 ans plus tard, précisément en 1470[2], qu’est publié le premier manuel scolaire français reconnu comme tel par les éditeurs actuels. Il s’agit d’un recueil en latin, imprimé à Paris et portant le nom de Lettres de Gasparin de Pergame.

Ce point de vue n'est pas partagé par tous les commentateurs ; ainsi le grand historien français du manuel, Alain Choppin[3], soutient-il que les premiers ouvrages à pouvoir s'appeler "manuels scolaires" sont ceux qui comportent des indications pédagogiques : même commenté et utilisé en classe, un recueil de textes ne serait donc pas un manuel, tandis que ce recueil accompagné d'exercices, d'indications de lecture et d'autres consignes pédagogiques relèverait de la catégorie des manuels. Ce point de vue a également été défendu par des chercheurs comme Eric Bruillard[4] et Pierre Mœglin[5], qui reprennent explicitement la définition de Choppin. Ce point de vue conduit à faire remonter le manuel scolaire à 1792, lorsque les Révolutionnaires, notamment Lakanal et Condorcet, en envisagent l'édition financée par la Nation et 1833 lorsque le ministère Guizot passe des commandes massives à des éditeurs tels que Hachette.

Il n’y aura de toutes façons, à partir de 1470 (et jusqu’au XVIIIe siècle) que de rares ouvrages destinés à l’éducation des enfants à être publiés. L’origine religieuse du manuel scolaire lui conféra, pendant plusieurs dizaines d’années, une fonction d’enseignement de valeurs morales. La plupart des écoles étaient alors confessionnelles et l'enseignement était surtout pratiqué par des religieux. Ce n'est donc qu'à partir du premier tiers du XIXe siècle que la dimension pédagogique du manuel est mise en valeur, puis vers la fin du XIXe siècle, grâce aux différentes décisions de Jules Ferry en matière d'éducation et à un décret de janvier 1890 qui impose aux instituteurs de recourir à des livres pour leur enseignement.

C'est dans les années 1950 qu'apparaît une nouvelle génération de manuels afin de correspondre à l'évolution des méthodes d'apprentissage : les auteurs contemporains sont favorisés par rapport aux classiques et le cours magistral est remplacé progressivement par des activités incitant l'expression orale des élèves.

Les années 1970 (et l'influence non négligeable de mai 1968) sont l'une des périodes pivot pour l'enseignement et les manuels scolaires : ces derniers qui étaient jusqu'à maintenant hiérarchisés en chapitres très "figés" adoptent alors une structure éclatée et aérée où la signalétique, la typographie et la mise en page possède leur propre signification. Désormais, les manuels scolaires ne se prêtent donc plus à une lecture en continu.

Les manuels scolaires sont maintenant illustrés et conçus de façon à être attractifs et complets. Généralement organisés en chapitres, ils peuvent contenir, en plus des documents nécessaires pour appuyer le cours du professeur, des exercices de compréhension et/ou de recherches, selon les matières abordées.
Ils couvrent les matières générales et certaines matières spécialisées.

Achetés par l'élève ou prêtés par son établissement scolaire, ils remplissent les sacs des écoliers, notamment au collège, où de nombreuses personnes (enseignants, parents et élèves, médecins) les décrient à cause de leur poids considéré comme excessif, car pesant sur le dos des écoliers.

Critique du contenu[modifier | modifier le code]

L'apprentissage progressif du savoir engendre une certaine simplification du contenu qui est la caractéristique principale du manuel scolaire et en même temps son principal défaut. Si la pratique de la lecture se limite à l'école, le manuel risque de cristalliser des savoirs partiels, des préjugés ou des mythes[1].

Par ailleurs, les pouvoirs publics ont très vite compris l'importance du manuel comme transmetteur des principes et idéaux, d'où leur attitude visant à réglementer, voire censurer le contenu. Les disciplines telles que les sciences humaines, histoire et géographie font l'objet d'un contrôle scrupuleux principalement dans les régimes non démocratiques[1]. Les représentations de l'histoire varient ainsi selon les latitudes et les régimes politiques. Mais dans l'usage, il apparait que l'enseignant se sert de plusieurs manuels pour composer son cours avec un contenu diversifié et que les élèves eux-mêmes utilisent rarement leur propre manuel[6].

Avec l'émergence du numérique à l'école, l'usage du manuel est concurrencé par les nouvelles technologies de la communication. Toutefois les manuels numériques ne représentent en France que 1% du marché de l'édition scolaire[7]

Livre scolaire et l'open source[modifier | modifier le code]

Depuis l'essor des manuels numériques et le partage de l'information, certains acteurs se sont mis à créer des manuels scolaires sous licence open source. Des acteurs comme SesaMath ou lelivrescolaire.fr mettent en avant le fait que leur contenu puisse être, dans le respect des licences, librement modifié, distribué par les professeurs.

le marché en France[modifier | modifier le code]

En 2011, le nombre de manuels scolaires vendus en France s'élevait à 40,5 millions d'exemplaires, soit 9% des ventes de livres. le chiffre d'affaires était de 336,5 millions d'euros (12% du chiffre d'affaires du secteur de l'Édition)[8].

Les principaux éditeurs sont :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Paolo Bianchini, Le Monde diplomatique septembre 2013, p.17
  2. [PDF] L'Histoire des manuels scolaires : une approche globale, INRP
  3. Choppin, Alain (1992): Les Manuels scolaires : histoire et actualité, Paris, Hachette Éducation.
  4. Bruillard, Éric, dir., Manuels scolaires, regards croisés, Caen, CRDP Basse-Normandie, 2005.
  5. Mœglin, Pierre, Les Industries éducatives, Paris, Puf, 2010.
  6. Dominique Borne,Le Manuel scolaire, rapport de l’IGEN au ministre de l’éducation nationale, Paris, Ladocumentation française, 1998
  7. La Tribune Paris 25 mars 2013
  8. Source : Le secteur du livre : chiffres-clés 2011-2012, direction générale des médias et des industries culturelles, ministère de la culture et de la communication, mars 2013

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Choppin, Les manuels scolaires, histoire et actualité, Paris, Hachette éducation, 1992,
  • Éric Bruillard, Manuels scolaires, regards croisésCRDP de Basse-Normandie,Documents,actes et rapports sur l’éducation, Caen, 2005

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]