Hôtel de Lamballe

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Hôtel de Lamballe
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L'hôtel de Lamballe est un hôtel particulier du 16e arrondissement de Paris, situé au 16 avenue de Lamballe. Construit au XVIIe siècle, il est détruit dans l'entre-deux-guerres et reconstruit à l'identique ; il est de nos jours le siège de l'ambassade de Turquie en France.

Origines du terrain[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien régime, le village de Passy conquiert une partie de l'aristocratie et de la bourgeoisie parisiennes, qui y vient se ressourcer loin du tumulte de la capitale (l'endroit est à l'époque situé hors de Paris). Certains y font construire des demeures, comme ce qui deviendra l'hôtel de Lamballe[1],[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Premiers propriétaires[modifier | modifier le code]

La toile de Grevenbroeck.

L'hôtel est construit au XVIIe siècle. Son premier propriétaire connu est Jean de Paci. Il est acheté en 1653 par le conseiller du roi Claude Chahu, sixième propriétaire, qui fait construire le corps de logis principal en face de la Seine et relie les bassins du parc à l'alimentation de la source de Passy. Lieu mondain, plusieurs propriétaires se succèdent ; le septième, le financier François Berthelot, y ajoute un pavillon de billard ainsi qu'une orangerie et fait bâtir un mur en face de la Seine, isolant grâce à cela l'hôtel de la chaussée reliant Paris et Versailles. En 1672, il obtient un droit de sépulture dans l'église de Passy, droit qui se transmettra aux propriétaires de l'hôtel particulier jusqu'à la Révolution. En 1701, l'hôtel est loué par le duc de Lauzun, qui l'achète finalement en 1705. Âgé de 72 ans, il y vit avec son épouse, alors âgée de 15 ans, ce qui conduit Saint-Simon à écrire qu'elle avait pensé à être rapidement veuve, alors qu'il lui faudra attendre 28 ans. La duchesse vit dans la bâtisse principale et le duc dans une maison plus en hauteur ; il fait du premier édifice une folie de deux étages avec chacun six grandes chambres, alors qu'on compte également un salon, une grande salle à manger, une chapelle, des cabinets et des baignoires en cuivre. Les ducs de Bourgogne et de Berry ainsi qu'une princesse d'Angleterre y sont reçus. Le duc meurt en 1734 et la duchesse vend l'hôtel à Mme de Saissac, une veuve qui y meurt en 1756 et dont hérite son petit neveu le duc de Chevreuse, lequel lègue ensuite le domaine à son fils le duc de Luynes[1],[2].

Le musée Carnavalet possède deux vues du domaine par des peintres du XVIIIe siècle : Charles-Léopold Grevenbroeck en 1740 et Nicolas-Jean-Baptiste Raguenet en 1757[2].

La princesse de Lamballe[modifier | modifier le code]

En 1783, le duc vend l'hôtel à l'amie de Marie-Antoinette, la princesse de Lamballe, pour 110 000 livres, décrit dans l'acte de vente comme « une grande maison et ses dépendances, sise à Passy, sur la vieille rue Basse dite des Roches, consistant en un grand corps de logis, plusieurs bâtiments joignant et séparés, cour, basse-cour, maison étant dans ladite cour, réservoir, pompes pour y faire monter l’eau, tuyaux, robinets, bassin et conduite pour les eaux, grande orangerie, terrasses, avenues d’arbres, grand jardin clos de mur descendant jusque sur le grand chemin de Paris à Auteuil, le tout se tenant, statues et bassins dans ledit jardin avec jets d’eau vive ». Elle vient calmer dans ce lieu éloigné de la cour ses crises d'anxiété, tout en se rapprochant de son beau-père, le duc de Penthièvre, qui habite également une demeure non loin, le château de Boulainvilliers. Ensemble, ils participent à des œuvres de charité. Elle ne modifie pas la décoration de l'hôtel. Elle meurt pendant la Révolution, en 1792, lynchée par la foule.

L'hôtel de Lamballe (à partir de là appelé du nom de cette ancienne propriétaire) est ensuite mis sous séquestre et son mobilier vendu, dont les 3856 bouteilles de la cave à vins. Le séquestre est levé en 1796 et l'héritier de la duchesse loue la demeure à Monsieur Capon, lequel sous-loue à Jean-Pierre Blanchard, un aéronaute qui y ouvre un café-concert. En 1797, le banquier Charles-Joseph Baguenault le rachète[1],[2]. Après lui, sa fille, Madame Sanlot l'habite.

La clinique du docteur Blanche[modifier | modifier le code]

En 1846, les héritiers du banquier louent l'hôtel qui s'étend alors sur un parc de 5 hectares au docteur Esprit Blanche, qui le transforme en une clinique psychiatrique réputée. Organisant des dîners philosophiques et artistiques entre personnes de l'élite (notamment musicales, dont Berlioz, Bizet et Saint-Saëns), saines ou malades, il y soigne notamment le poète Gérard de Nerval, la sœur du président de la République, Juliette Grévy, la maîtresse de Napoléon III la comtesse de Castiglione, le compositeur Charles Gounod, Van Gogh en 1890, ou encore Guy de Maupassant, qui y meurt en 1893. Esprit Blanche meurt en 1852 et son fils Émile lui succède, mourant également en 1893[1],[2].

De l'entre-deux-guerres à l'ambassade de Turquie[modifier | modifier le code]

Turkish embassy in Paris.jpg

Le docteur Meuriot lui succède et devient propriétaire de l'hôtel. Ses héritiers vendent une partie du parc à des promoteurs immobiliers qui créent sur ce terrain les avenues de Lamballe et du Général Mangin et l'hôtel en 1922 au pilote de guerre et diplomate André de Limur, dont l'épouse américaine, Ethel Crocker, conduit des restaurations sous la direction de l'architecte Jacques Gréber. Cependant, il se rend compte que l'hôtel particulier est prêt à s'écrouler. La demeure est donc rasée et reconstruite selon le même schéma en pierre de taille et remeublée avec soin. Ne restent du bâtiment originel que les 19 marches du perron. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le cinéaste Jean de Limur (frère d'André, parti aux États-Unis en 1939 puis à Londres auprès du général de Gaulle) s'installe dans le château et y reçoit des acteurs, dont Danielle Darrieux, qui y rencontre le diplomate dominicain Porfirio Rubirosa, qui deviendra son mari.

En 1942, Jean de Limur tourne un film L'homme qui joue avec le feu dans la demeure avec, notamment, Ginette Leclerc.

Revenu en France après la Libération, André de Limur invite le général Dwight D. Eisenhower à établir son quartier généra dans l'hôtel de Lamballe.

En 1944, le ministre turc des Affaires étrangères Numan Menemencioğlu vient à Paris rouvrir l'ambassade de son pays. Il est désormais ambassadeur et sa nièce, Nevin Menemencioğlu (devenue attachée culturelle de l'ambassade), l'incite à louer l'hôtel de Lamballe en 1946, lequel sera finalement racheté par la République turque en 1954[1],[2].

Architecture[modifier | modifier le code]

Plaque avenue de Lamballe, devant l'ambassade : « En l'hôtel de Lamballe ont séjourné Gérard de Nerval en 1853 et 1854, Charles Gounod en 1857 et Guy de Maupassant de 1892 à sa mort en 1893 ».

Extérieurs[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Décors[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Camille Longépé, « L’histoire fascinante de l’hôtel de Lamballe, la résidence de la Turquie en France », aujourdhuilaturquie.com, 20 mai 2013.
  2. a b c d e et f Gérard de Josnière, « L'hôtel de Lamballe : de Jean de Paci à l'ambassade de Turquie », Le journal de la paroisse Notre-Dame de Grâce de Passy n°512, décembre 2011, pages 16-17.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Connaissance des Arts, hors-série : Carole Vantroys, « L'hôtel de Lamballe - la résidence de la Turquie en France », octobre 2009.
  • Philippe Siguret, Vincent Bouvet, Yvan Christ, Chaillot, Passy, Auteuil, Le Bois de Boulogne, Le seizième arrondissement, 1982; Paris, Henri Veyrier, 311 p. p. 88-90.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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