Thomas Szasz

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Dans le nom hongrois Szász Tamás István, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Tamás István Szász, où le prénom précède le nom.
Thomas Szasz
Dr Thomas S Szasz.jpg

Thomas Szasz en 2010

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Thomas Stephen Szasz, né Tamás István Szász ([saːs]) le à Budapest et mort le (à 92 ans)[1] à Manlius dans l'État de New York, est un psychiatre et professeur émérite de psychiatrie hongrois à l'université de Syracuse. Contestataire et critique de la morale et des fondations scientifiques de la psychiatrie, il exprime ses idées dans de nombreux ouvrages comme The Myth of Mental Illness (Le Mythe de la maladie mentale) publié en 1961 ou The Manufacture of Madness (Fabriquer la folie) publié en 1970. Thomas Szasz est l'un des penseurs de l'antipsychiatrie.

Sa lutte libertarienne se rapporte à la médecine en particulier et de manière plus générale à la privauté des relations contractuelles de toute sorte entre individus majeurs. Cela l'amène à aborder d'autres thématiques comme la sexualité, les drogues ou le suicide.

Biographie[modifier | modifier le code]

Thomas Stephen Szasz est psychiatre et professeur émérite à l’Université de New York à Syracuse, au Health Science Center. Il est aussi chercheur adjoint au Cato Institute, Washington, D.C., auteur et conférencier. Son livre princeps, fondateur et classique, The Myth of Mental Illness (1961) a fait de lui une figure célèbre et controversée. Ses travaux comme Law, Liberty, and Psychiatry, The Ethics of Psychoanalysis, Ceremonial Chemistry et Our Right to Drugs sont vus comme importants et prépondérants du XXe siècle par les chefs de file du Droit, de la Médecine et des Sciences Sociales[réf. nécessaire].

Natif de Budapest en 1920, il a immigré aux États-Unis en 1938 pour fuir les nazis, et il a été admis quelques mois après à l’Université de Cincinnati, OH. Après avoir obtenu son diplôme de Physique en 1941 avec les honneurs, il entre au Collège de Médecine de Cincinnati pour sortir avec un doctorat en Médecine, M.D. en 1944. Plus tard, il a reçu une formation psychanalytique du Chicago Institute for Psychoanalysis et, pour les cinq années suivantes, est devenu membre du corps professoral, prenant congé du service actif de la US Navy. Membre de l’American Psychiatric Association et membre permanent de l’American Psychoanalytic Association, le Dr Szasz a beaucoup publié dans d’importantes revues psychiatriques et psychanalytiques et ses conférences sont disponibles sur cassettes vidéo et DVD. Thomas Szasz se rapproche un temps de l'Église de scientologie — il n'est pas lui-même scientologue[2] mais partage le regard critique de l'Église de scientologie sur la psychiatrie — pour créer en 1969 la Citizens Commission on Human Rights (Commission des citoyens pour les droits de l'homme), avant de prendre ses distances vis à vis d'elle, mais cela nuira à sa crédibité[2]. En voisin, il a été invité par l’École du Service Social de l’Université de Montréal en 1992 pour faire une conférence aux travailleurs sociaux dans la relation d’aide aux sans domicile fixe. Il a déclaré et démontré la nécessité de demander d’abord aux assistés sociaux ce dont ils ont besoin, avant de procéder aux interventions[réf. nécessaire].

L’homme et son œuvre[modifier | modifier le code]

Promoteur d'une certaine « antipsychiatrie », Thomas Szasz a été reconnu comme « L’homme qui a contraint la psychiatrie à admettre l’existence et l’importance des conflits moraux et éthiques »[3].

Dans la relativité du normal et du pathologique, il y a des niveaux de réalité dont le premier niveau est celui de la réalité physique objectale dite « objective » des êtres, faits et objets directement observables, quantifiables et mesurables par tous. Au deuxième niveau est la réalité psychique des significations et valeurs conférées à ces êtres, faits et objets de la réalité physique. Au troisième niveau est la réalité symbolique des croyances de la Religion et règles de conduite de la Morale qui oriente et délimite les significations et valeurs possibles de la réalité psychique imaginaire. L’autorité politique, étant le pouvoir sénatorial de l’auteur des lois, se fonde sur la réalité symbolique la Religion et la Morale. Une Théocratie se fonde sur la Religion seule, tandis que la Démocratie se fonde sur une Morale consensuelle.

C’est avec les pierres de la Religion et les briques de la Morale que se bâtissent les hôpitaux psychiatriques et les prisons où toute déviance est socialement et politiquement folie et félonie.

L’autorité politique des lois et règlements est mise en œuvre par l’exécutif des pouvoirs judiciaire et policier du potentas ou pouvoir consulaire dans la Rome antique et le podestas administratif des prisons et hôpitaux psychiatriques. Le pouvoir social immédiat de Marcel Mauss est le rejet, l’exclusion et le mépris de la communauté sociale.

À ces réalités, il y a aussi la « réalité bureaucratique » où est « réel » tout ce qui est inscrit sur des documents officiels. Dans le ciel calme et serein du début des années 1970, un rapport d’expérimentation publié dans la vénérable revue Science a éclaté comme une bombe.

Des étudiants « normaux » et parfaitement sains se sont portés volontaires pour cette expérimentation. Ils ont été présentés à un hôpital psychiatrique avec leur « dossier médical » mentionnant leur « maladie ». Pendant leur séjour, tout le monde les prenait vraiment pour « fous » avec des symptômes appropriés à leur « maladie officielle », sauf les « fous », bien entendu[5].

Dr Thomas S. Szasz a lancé un violente charge contre les vices de pensée et d’action en santé mentale, comme celle de Dr Anthony Wilden avec sa Théorie des contextes en épistémologie contre les vices de pensée et d’action qui rendent douteuse la « scientificité » des modèles médicaux.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Douleur et Plaisir : étude des sensations corporelles [« Pain and Pleasure: A Study of Bodily Feelings »] (trad. Claire Fisher et Monique Manin), Paris, Payot, coll. « Bibliothèque scientifique »,‎ (1re éd. 1957), 246 p. (ISBN 978-2-228-14010-2, présentation en ligne)
  • Le Mythe de la maladie mentale [« The Myth of Mental Illness: Foundations of a Theory of Personal Conduct »] (trad. Denise Berger), Paris, Payot,‎ (1re éd. 1961), 284 p. (ISBN 978-2-228-11680-0)
  • La Loi, la Liberté et la Psychiatrie [« Law, Liberty, and Psychiatry: An Inquiry into the Social Uses of Mental Health Practices »] (trad. Monique Manin, postface Françoise Guilbert), Paris, Payot, coll. « Bibliothèque scientifique »,‎ (1re éd. 1963), 326 p. (ISBN 978-2-228-11900-9)
  • L'Éthique de la psychanalyse [« The Ethics of Psychoanalysis: The Theory and Method of Autonomous Psychotherapy »] (trad. A. F. Gautier, préf. Roland Jaccard), Paris, Payot,‎ (1re éd. 1965), 220 p. (ISBN 978-2-228-11540-7)
  • Fabriquer la folie [« The Manufacture of Madness: A Comparative Study of the Inquisition and the Mental Health Movement »] (trad. Monique Manin et Jean-Pierre Cottereau), Paris, Payot, coll. « Bibliothèque scientifique »,‎ (1re éd. 1970), 348 p. (ISBN 978-2-228-11601-5)
  • Idéologie et Folie : essais sur la négation des valeurs humanistes dans la psychiatrie d'aujourd'hui [« Ideology and Insanity: Essays on the Psychiatric Dehumanization of Man »] (trad. Pierre Sullivan), Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Perspectives critiques »,‎ (1re éd. 1970), 311 p. (ISBN 978-2-13-034226-7)
  • L'Âge de la folie [« The Age of Madness: A History of Involuntary Mental Hospitalization Presented in Selected Texts »] (trad. Judith Ochs), Paris, Presses universitaires de France (PUF), coll. « Perspectives critiques »,‎ (1re éd. 1973), 255 p. (ISBN 978-2-13-035266-2)
  • Le Péché second [« The Second Sin »] (trad. Florence Verne), Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » (no 293),‎ (1re éd. 1973), 167 p. (ISBN 978-2-228-32930-9)
  • Les Rituels de la drogue : la persécution rituelle de la drogue et des drogués [« Ceremonial Chemistry: The Ritual Persecution of Drugs, Addicts, and Pushers »] (trad. Monique Manin), Paris, Payot, coll. « Bibliothèque scientifique »,‎ (1re éd. 1974), 254 p. (ISBN 978-2-228-11680-0)
  • Hérésies [« Heresies »] (trad. Florence Verne), Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » (no 346),‎ (1re éd. 1976), 217 p. (ISBN 978-2-228-33460-0)
  • La Schizophrénie : le symbole sacré de la psychiatrie [« Schizophrenia: The Sacred Symbol of Psychiatry »] (trad. Monique Manin), Paris, Payot, coll. « Bibliothèque scientifique »,‎ (1re éd. 1976), 188 p. (ISBN 978-2-228-13260-2)
  • La Théologie de la médecine : fondements politiques et philosophiques de l'éthique médicale [« The Theology of Medicine: The Political-Philosophical Foundations of Medical Ethics »] (trad. Florence Verne), Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » (no 368),‎ (1re éd. 1977), 247 p. (ISBN 978-2-228-33680-2)
  • Le Mythe de la psychothérapie [« The Myth of Psychotherapy: Mental Healing as Religion, Rhetoric, and Repression »] (trad. Florence Verne), Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot » (no 396),‎ (1re éd. 1978), 310 p. (ISBN 978-2-228-33960-5)
  • Sexe sur ordonnance [« Sex by Prescription: The Startling Truth about Today's Sex Therapy »] (trad. Marie-France Watkins), Paris, Hachette, coll. « À rebours »,‎ (1re éd. 1980), 216 p. (ISBN 978-2-01-008051-7)
  • Notre droit aux drogues [« Our Right to Drugs: The Case for a Free Market »] (trad. Monique Manin, préf. Francis Caballero), Paris, Éditions du Lézard,‎ (1re éd. 1992), 278 p. (ISBN 978-2-9507264-6-9)
  • Pharmacratie : médecine et politique, l'État thérapeutique [« Pharmacracy: Medicine and Politics in America »] (trad. Nathalie Ohana), Paris, Éditions les 3 génies,‎ (1re éd. 2001), 264 p. (ISBN 978-2-917952-03-0)

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Thomas S. Szasz est distingué par de nombreuses récompenses, au niveau national ou international[6]. Il reçoit notamment en 1973 le prix de l'humaniste de l'année[7] de l'American Humanist Association ou en 1998 le prix Rollo May[8] de la Society for Humanistic Psychology, division de l'American Psychological Association.

Le Center for Independent Thought décerne par ailleurs chaque année depuis 1991 le prix Thomas S. Szasz (Thomas S. Szasz Award for Outstanding Contributions to the Cause of Civil Liberties)[9] à une personne ou une organisation, américaine ou étrangère, pour sa contribution exceptionnelle à la cause des libertés civiles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Roudinesco 2012
  2. a et b Carey 2012
  3. Sorman 1989, p. 399
  4. François Brooks, « Thomas Szasz »,‎  : « condensé » de l'ouvrage Sorman 1989
  5. Wikipédia : Expérience de Rosenhan
  6. Carey 2012 : « Dr. Szasz was widely sought after as a speaker and presented with dozens of national and international awards. »
  7. Ce prix distingue une personne qui a apporté une contribution significative à l'amélioration de la condition humaine par la mise en application des valeurs humanistes. Voir la liste des récipiendaires sur le site de l'American Humanist Association
  8. Le Rollo May Award est remis à un individu pour sa quête indépendante et remarquable de nouvelles frontières à la psychologie humaniste. Voir la liste des récipiendaires sur le site de l'American Psychological Association
  9. (en) « The Thomas S. Szasz Award for Outstanding Contributions to the Cause of Civil Liberties », sur Centerforindependentthought.org (consulté le 3 août 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]