Groupe Dziga Vertov

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Groupe Dziga-Vertov
Histoire
Fondation
Dissolution
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Type
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Le Groupe Dziga Vertov est un collectif cinématographique fondé en 1968 par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin afin de produire des films militants d'orientation maoïste. Tous les films sont signés collectivement. Le groupe se dissout peu de temps après avoir réalisé Letter to Jane en 1972.

Le nom du collectif fait référence au réalisateur soviétique Dziga Vertov (1896-1954), mais il est aussi influencé par les idées de Bertolt Brecht (1898-1956).

Histoire[modifier | modifier le code]

À partir de 1966, Jean-Luc Godard est très intéressé par les développements politiques de l'extrême gauche, notamment par le phénomène maoïste, représenté en France par le Parti communiste marxiste-léniniste et par l'Union des Jeunesses communistes marxistes-léninistes. Au printemps 1967, il tourne La Chinoise.

Le groupe Dziga Vertov naît de sa volonté d'aller plus loin dans cette direction et de rompre avec sa pratique cinématographique, notamment avec ses méthodes de production antérieures.

Pour Jean-Henri Roger, les films du groupe Dziga Vertov sont avant tout des films de Godard mais des films de Godard réalisés en discussion avec d'autres personnes[1].

Jusqu'à la victoire, commande du comité central de l'Organisation de libération de la Palestine (l’OLP) reçue en 1970 pour un film sur le camp palestinien d'Amman en Jordanie n'a pas pu être complété car les personnes figurant dans le film, membres de l'Organisation de libération de la Palestine, ont toutes été tuées peu après le début du tournage. Jean-Luc Godard utilisa plus tard les rushes du projet dans Ici et ailleurs, film qu'il réalisa avec Anne-Marie Miéville en 1974. Dans ce dernier film, Godard déconstruisit la méthode utilisée pour la réalisation de Jusqu'à la victoire et par cela même interrogea les méthodes de fonctionnement du collectif.

Vladimir et Rosa est un des derniers films réalisés sous l’appellation « groupe Dziga Vertov », presque l'aboutissement d'un processus de rupture. C'est un film différent dans sa tonalité, ses auteurs utilisant le comique pour sa puissance subversive. Il est consacré à une parodie du procès des « Huit de Chicago » (huit jeunes militants américains d’extrême-gauche, sept militants blancs de la gauche radicale et un leader afro-américain, suspectés entre 1968 et 1969 d’avoir cherché à provoquer une émeute lors d’une convention démocrate). Les dialogues alternent avec la lecture de textes marxistes ou du mouvement féministe, ou avec des chansons. La longue séquence centrale est filmée dans un court de tennis[2].

« Pour rompre définitivement avec une certaine façon de faire du cinéma, il fallait commencer par rompre avec le concept classique de rupture. Ce fut - et c'est toujours - le début d'un long travail de style nouveau », explique Jean-Luc Godard en 1972 sur la série de film réalisés par le groupe Dziga Vertov[3].

Tout va bien est un film produit de manière traditionnelle, avec un récit et des vedettes, notamment Jane Fonda et Yves Montand. Il n'est plus signé par le groupe Dziga-Vertov[4] mais par Jean-Luc Godard et Jean-Pierre Gorin et marque ainsi la fin de cette expérience collective[1],[5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Membres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Stéphane Bouquet et Thierry Lounas, « Défense du cinéma : Entretien avec Jean-Henri Roger », Cahiers du cinéma, no hors-série 68,‎
  2. Raphaël Jaudon, « Godard et Gorin, marxistes « “tendance Groucho” », Mise au point, no 9,‎ (DOI 10.4000/map.2323, lire en ligne)
  3. Luc Chessel, « Restons palme. Marxiste blues », Libération,‎ (lire en ligne)
  4. « Dossier pédagogique - Jean-Luc Godard », sur http://mediation.centrepompidou.fr (consulté le 9 mai 2018).
  5. Jean François Rauger, « Six films pour fêter (ou pas) le travail. “Tout va bien” (1972) : le travail commence quand le travail s’arrête », Le Monde,‎ (lire en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Antoine de Baecque, Godard : Biographie, Paris, Fayard/Pluriel, coll. « Grand Pluriel », (1re éd. 2010), 960 p. (ISBN 978-2-8185-0132-0)
  • « Le Groupe Dziga Vertov », dans Cahiers du cinéma, n° 238-239 (mai-), pp.34 à 63, et 240 (juillet-), pp. 4 à 50

Articles connexes[modifier | modifier le code]