Groupe Medvedkine

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Les groupes Medvedkine sont une expérience sociale audiovisuelle menée par des réalisateurs et techniciens du cinéma militant en association avec des militants de la région de Besançon et de Sochaux entre 1967 et 1974. Le nom des deux groupes a été choisi en hommage au travail du réalisateur soviétique Alexandre Medvedkine. Avec les années beaucoup de vérités sont altérées et des interprétations abusives s'incrustent dans les esprits.

Genèse[modifier | modifier le code]

En mars 1967, le cinéaste Chris Marker reçoit une lettre du CCPPO (centre culturel populaire) qui participe à l'animation de l'occupation de l'usine Rhodiaceta, lui demandant de leur envoyer des films. Durant l'occupation de l'usine, le comité de grève souhaite en effet développer l'animation culturelle notamment par la diffusion de films militants. Chris Marker accepte et fait le voyage de Paris à Besançon où se situe l'usine, en transportant plusieurs bobines de films. Une fois sur place, il sort sa caméra 16mm et commence à filmer de l'intérieur la grève des Rhodiaceta . À bientôt, j'espère sera présenté à la télévision française au printemps 1968. mais cette rencontre va surtout déboucher sur la création de deux groupes d'ouvriers et techniciens du cinéma mettant leur pratique en commun pour la création de films militants : le groupe Medvedkine de Besançon, puis plus tard celui de Sochaux.

Le groupe Medvedkine de Besançon[modifier | modifier le code]

Membres du groupe

Vincent Berchoud
Juliet Berto
Georges Binetruy
Ethel Blum
Francis et Antoine Bonfanti
Michèle Bouder
Paul Bourron
Léo Brouwer
Pol et Zouzou Cèbe
Christian Corouge
Claude Curty
Michel Desrois
Michel Follin
Jean-Luc Godard
Andréa Haran
Joris Ivens
René Levert
Pierre Lhomme
Georges Liévremont
Jacques Loiseleux
Colette Magny
Chris Marker
Mario Marret
André et Jean-Marie Marteau
Jean Martin
Yoyo Maurivard
Harald Maury
Jacqueline Meppiel
Bruno Muel
Michel Pamart
Simone Nedjma
Anne Papillault
Ragnar
Silvio Rodriguez
Alain Rousselot
Jean-Pierre Thiébaud
Henri et Michèle Traforetti
Pierre Todeshini
René Vautier
Claude Zedet
Mohamed Zinet

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • A Bientôt J'espère (1967-68 / 16 mm / noir & blanc / 44 minutes): film fondateur du groupe Medvedkine de Besançon, réalisé par Chris Marker et Mario Marret. Images de Pierre Lhomme, Antoine Bonfanti, Paul Bourron, Harald Maury et Bruno Muel. Son de Michel Desrois. Montage par Carlos de Los Llanos.
  • La Charnière (1968 / 16 mm / son seul / 13 minutes): ce film sans image enregistré et monté par Antoine Bonfanti (avec ajout d'un texte écrit et lu par Paul Cèbe) restitue une partie du débat issu de la projection publique à Besançon du film A Bientôt J'espère
  • Classe de Lutte (1968 / 16 mm / noir & blanc / 40 minutes)
  • Rhodia 4x8 (1969 / 16 mm / noir & blanc / 4 minutes)
  • Nouvelle Société n°5: Kelton (1969-1970 / 16mm / noir & blanc / 8 minutes)
  • Nouvelle Société n°6: Biscuiterie Buhler (1969-1970 / 16mm / noir & blanc / 9 minutes)
  • Nouvelle Société n°7: Augé Découpage (1969-1970 / 16mm / noir & blanc / 11 minutes)
  • Le Traineau-Échelle (1971 / 16 mm / couleur / 8 minutes): réalisé par Jean-Pierre Thiébaud, peut-etre avec l'aide de Valérie Mayoux pour la bobine définitve
  • Lettre à mon ami Pol Cèbe (1971 / 16 mm / couleur / 17 minutes): réalisé par Michel Desrois. Image : José They. Son : Antoine Bonfanti

Le groupe Medvedkine de Sochaux[modifier | modifier le code]

La naissance de ce groupe est postérieure à celle de Besançon dans la foulée de mai 68 et après la réalisation du film "11JUIN 68" en grande partie réalisé par le groupe de Besançon. Il s'agit essentiellement de jeunes militants ouvriers travaillant dans l'usine Peugeot qui se forment en collectif informel autour de Pol Cèbe et de Bruno Muel avec l'aide épisodique du cinéaste Chris Marker. D'après Christian Corouge, l'un de ses membres, le groupe de Sochaux était très différent de celui de Besançon: ” Nous étions un peu plus jeunes. Nous étions tous sous l'influence du mouvement de Mai, déjà politisés avant même d'entrer dans le monde du travail. Nous n'avions pas leur conception du militantisme. La nôtre était plus joyeuse, plus désordonnée. Nous voulions faire entrer la littérature, le théâtre, le cinéma dans les usines comme autant de moyens d'en sortir les ouvriers (...)[1]. Bruno Muel raconte dans la revue Images documentaires la genèse du projet : « Nous étions plusieurs« Parisiens » à avoir déjà fait le voyage pour rencontrer les grévistes, leur rapporter notre soutien en filmant et photographiant, en leur donnant aussi des conseils pour filmer et photographier par eux-mêmes »[2]

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

Antoine Bonfanti
Jean-Claude Bourgon
Jean-Paul Bousquet
Dominique Burgeaud
Eliane et Daniel Cagin
Yves Castagne
Manu, Pol et Zouzou Cèbe
Andrée Chassard
Jean-François Chevalier
Dominique et Christian Corouge
Michel Desrois
Christian Driano
Jean-Paul Gandy
Bernard Guenon
Christian Hidray
Daniel Jeannay
René Ledigherer
Robert Lézian
Pierre Malet
Chris Marker
Marc Martinez
Yves Morio
Bruno et Francine Muel
Annette et Antoine Paleo
Michel Reulet
Théo Robichet
Isidro Romero
Ana Ruiz
Bernard Sineya
Francis Taillard
Youssef Tatem
François Ziliox

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Sochaux, 11 juin 1968 (1970 / 16mm / noir & blanc / 20 minutes) réalisé par Bruno Muel assisté de Michel Desrois. Montage : Marie-Noëlle Rio. Premier film du groupe Medvedkine de Sochaux, ce film relate l'un des épisodes les plus violents de Mai 68: l'assassinat de deux ouvriers de l'usine Peugeot par une brigade de CRS lors d'affrontements le 11 juin 1968. Le film sera projeté deux ans plus tard, le 11 juin 1970, dans une salle de cinéma située face de l'usine, lors de la journée de commémoration de la mort des deux ouvriers.
  • Les 3/4 De La Vie (1971 / 16mm / noir & blanc et couleur : 18 minutes)
  • Week-End à Sochaux (1971-1972 / 16 mm / couleur / 54 minutes)
  • Septembre chilien (1973 / 16mm / couleur / 39 minutes): réalisé par Bruno Muel, Théo Robichet et Valérie Mayoux
  • Avec le sang des autres (1975 / 16 mm / couleur / 50 minutes)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Revue L'image, le monde, n°3, automne 2002, éditions Léo Scheer
  2. Revue Images documentaires, n° 37/38, 2000

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Les Groupes Medvekine, collection « Le geste cinématographique » (dirigée par Patrick Leboutte et Marc-Antoine Roudil), coédition Iskra / Éditions Montparnasse
  • Bruno Muel, « Les riches heures du groupe Medvedkine (Besançon-Sochaux, 1967-1974) », Images documentaires, no 37-38, 1er et 2e trimestres 2000, p. 15 [1]

Articles connexes[modifier | modifier le code]