Avenue d'Iéna

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16e arrt
Avenue d'Iéna
Image illustrative de l’article Avenue d'Iéna
La place d'Iéna et l'avenue d'Iéna dans le prolongement.
Situation
Arrondissement 16e
Quartier Chaillot
Début 6, avenue Albert-de-Mun
Fin Place Charles-de-Gaulle
Morphologie
Longueur 1 140 m
Largeur 36 m
Géocodification
Ville de Paris 4603
DGI 4693

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Avenue d'Iéna
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

L’avenue d’Iéna est une voie publique de Paris située dans le quartier de Chaillot du 16e arrondissement.

Situation et accès[modifier | modifier le code]

Longue de 1 140 mètres et large de 36 mètres, elle part du jardin du Trocadéro au niveau du 6, avenue Albert-de-Mun et rejoint la place Charles-de-Gaulle.

Ce site est desservi par les stations de métro Charles de Gaulle - Étoile, Kléber et Iéna.

Origine du nom[modifier | modifier le code]

Elle doit son nom au voisinage du pont d'Iéna qui commémore la victoire de la bataille d'Iéna, par Napoléon Ier le 14 octobre 1806.

Historique[modifier | modifier le code]

Elle suit approximativement le tracé d’une ancienne rue du village de Chaillot, où se trouvait le pavillon du roi Henri IV et de Gabrielle d'Estrée.

L'avenue a été ouverte, s'agissant de la principale partie (entre le Trocadéro et la rue de Presbourg), par décret du 6 mars 1858, avec une largeur prévue de 40 mètres.

L’avenue d’Iéna a supprimé la rue des Batailles, qui était située entre les actuelles avenue Albert-de-Mun et place d’Iéna.

Le chimiste Charles Derosne avait installé son atelier construction de matériel de distillation au no 7 de cette rue en 1818. Cet atelier progressivement étendu jusqu'au quai Debilly était le siège social et l'usine de la Société Ch.Derosne et Cail, ensuite société Cail qui construisait du matériel pour les sucreries, des machines-outils puis, à partir de 1844, des locomotives, dont les célèbres Crampton. L'usine Cail était la plus importante entreprise industrielle de Paris, employant 1 500 ouvriers dans les années 1850.

L'usine fut détruite par un incendie en 1865 et les ateliers transférés à l'usine de Grenelle. L'usine de Chaillot ne fut pas reconstruite et le terrain des installations abandonnées situé entre les nos 2 à 12 de l'avenue d'Iéna (et au-delà le long de l'actuelle avenue du Président-Wilson jusqu'au magasin des subsistances militaires à l'emplacement de l'actuel palais de Tokyo) et la Seine fut loti en 1877[1],[2].

De somptueux hôtels particuliers furent construits de ce côté de l'avenue, comprenant à l'arrière une terrasse soutenue par un mur longeant la rue Fresnel où la hauteur des constructions de l'autre côté fut limitée pour laisser une vue dégagée sur la Seine et la ville.

Un arrêté préfectoral du 20 décembre 1961 a attribué le nom de place de l'Uruguay au débouché des rues Galilée et Jean-Giraudoux sur l'avenue d'Iéna, côté pair.

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Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

  • No 1 : palais d’Iéna. Siège du Conseil économique et social, édifié par l’architecte Auguste Perret.
  • No 2 (angle de l’avenue d’Iéna et de l’avenue Albert-de-Mun) : emplacement où s’élevait le vaste hôtel construit en 1884 par l’architecte Emmanuel Brune pour l’homme politique Daniel Wilson. Devenu ensuite la résidence privée de l’ambassadeur des États-Unis puis celle du vicomte G. de Kergariou (1910). Détruit pour laisser la place à un immeuble moderne, il n’en reste que le mur d’enceinte, sommé de grilles. Le Centre culturel coréen y siège.
  • No 4 : hôtel Sanchez de Larragoiti, construit en 1897-1898 par l’architecte Xavier Schoellkopf (1869-1911), qui signe là sa première œuvre connue, dans un style Art nouveau précoce. Le projet avait été initialement conçu par le prédécesseur de Schoellkopf, l’architecte Édouard Georgé (1856-1897). Vendu sans doute peu après son achèvement, l’hôtel fut transformé par l’architecte Gustave Rives, qui supprima l’ensemble des décorations Art nouveau pour les remplacer par un style néo-Louis XV plus convenu. Aujourd’hui ambassade d’Iran en France.
  • No 6 : hôtel de Cambacérès. « J’ai gardé un souvenir très exact, écrit André Becq de Fouquières, de la redoute dont cette belle demeure fut le cadre au printemps de 1913 et je revois encore le comte de Jarnac, oncle du maître de maison, recevant les dames masquées et revêtues de dominos pervenche, qui lui remettaient leurs cartes d’invitation nominatives et dissimulaient leur anonymat sous le velours et sous la soie. Sur la terrasse, la comtesse Stanislas de Montebello aidait son frère à faire les honneurs de la soirée. Il y avait là tout l’armorial de France, de nombreux diplomates ; et je me souviens que cette nuit-là je vis pour la dernière fois avant la guerre, dans laquelle ils devaient jouer le rôle que l’on sait, les princes Sixte et Xavier de Bourbon-Parme[3]. Actuellement siège de la société EPI[4].
  • No 8 : ancien hôtel particulier de la famille Philippe (le baron Philippe de Rothschild fut locataire du 1er étage pendant de nombreuses années).
Hôtel Singer.


Vues de quelques immeubles

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  • No 11 : immeuble bâti à l’emplacement de l’hôtel de Charles Ephrussi.
  • No 12[6] : correspond à l’ancienne demeure où Honoré de Balzac s’était réfugié vers 1836 pour fuir ses créanciers et qui était à l’époque le 13, rue des Batailles (ancien nom de cette partie de l’avenue d’Iéna).
  • No 17 : immeuble moderne bâti à l’emplacement de l’hôtel de M. de Jonge. Abrite l’Institut Goethe de Paris.
  • No 19 : hôtel particulier construit en 1913 par René Sergent pour Alfred Heidelbach, de style néo-classique à l’emplacement d’un hôtel appartenant au comte d’Anthouard de Vraincourt. Il abrite aujourd’hui les galeries du Panthéon bouddhique du musée Guimet.
Vues de quelques immeubles

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Plaque au no 49, en hommage au résistant Paul Guerre, tué pendant la Libération de Paris.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Les établissements Cail de Chaillot », sur mapage.noos.fr/hubert.demory (consulté le 27 septembre 2018).
  2. Hubert Demory, Auteuil et Passy de l'annexion à la Grande Guerre, , 288 p. (ISBN 978-2-296-09870-1), p. 50.
  3. André Becq de Fouquières, Mon Paris et ses Parisiens, 1953, p. 144.
  4. Stéphane Reynaud, « Christopher Descours, patron jour et nuit », 23 septembre 2014, www.lefigaro.fr.
  5. Jean-Fred Tourtchine et Cercle d’études des dynasties royales européennes, Le Royaume des Deux-Siciles, volume II : Le Royaume de Grèce, Paris, Les Manuscrits du CEDRE, dictionnaire historique et généalogique, 1998, 266 p. (ISSN 0993-3964), p. 145 : « […] Prince Pierre de Grèce et de Danemark, né 10, avenue d’Iéna, 75016 Paris (France) le 3 décembre 1908 à 12 h 11, baptisé à Athènes le 20 février 1909 […]. ».
  6. À moins qu’il ne s’agisse de l'actuel no 9.
  7. Félix de Rochegude, Promenade dans toutes les rues de Paris. 16e arrondissement, Paris, Hachette, 1910, p. 26.
  8. Bernard Génies et Jean-Gabriel Fredet, « Le casse de Hitler : à la recherche des chefs-d'œuvre volés aux Juifs », Le Nouvel Observateur, no 2575, semaine du 13 mars 2014, p. 64-77.
  9. Alexandre Gady, Les Hôtels particuliers de Paris. Du Moyen Âge à la Belle Époque, Paris, Parigramme, 2008, 328 p. (ISBN 978-2840962137), p. 249-250.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]