Eva Braun

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Eva Braun
En compagnie de son Scottish Terrier, Stasi,  à Berchtesgaden en 1942.
En compagnie de son Scottish Terrier, Stasi,
à Berchtesgaden en 1942.
Épouse du 14e chancelier du Reich
 – 
(1 jour)
Prédécesseur Elisabeth von Schleicher
Successeur Magda Goebbels
Biographie
Nom de naissance Eva Anna Paula Braun
Date de naissance
Lieu de naissance Munich
Drapeau de l'Empire allemand Empire allemand
Date de décès (à 33 ans)
Lieu de décès Berlin
Drapeau de l'Allemagne nazie Reich allemand
Conjoint Adolf Hitler
Profession Secrétaire
Dactylographe
Comptable

Eva Braun, née le à Munich et morte le à Berlin, est une photographe allemande, connue pour avoir été la maîtresse d'Adolf Hitler, qu'elle a épousé la veille de leur suicide.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une enfance pieuse et modeste[modifier | modifier le code]

Eva Braun est la fille de Friedrich Fritz Braun, professeur-architecte d'intérieur en lycée professionnel, et de Franziska Kronberger, fille d'un ancien directeur des services vétérinaires. Le couple Braun a trois filles : Ilse née en 1908 et secrétaire médicale et maîtresse du médecin juif Martin Marx[1], Eva, et Gretl né en 1915. Les parents divorcent en , mais se remarient en , probablement pour des raisons financières : l'économie allemande est à l'époque frappée d’hyperinflation[réf. nécessaire]. Catholiques convaincus[2], Fritz et Franziska placent alors leur fille à l'école catholique de Munich, puis pendant un an au couvent de Simbach am Inn[N 1], dans lequel elle prouve un certain talent pour l'athlétisme. Titulaire d'un diplôme de secrétaire-dactylographe-comptable, Eva Braun rêve d'être un jour actrice à Hollywood[3].

La rencontre avec Hitler[modifier | modifier le code]

Eva Braun croise le chemin d'Adolf Hitler en 1929, à Munich, alors qu'elle travaille comme assistante d'Heinrich Hoffmann, le photographe officiel du Parti nazi. Ils se rencontrent lors d'une visite de Hitler dans l'atelier. Eva Braun confie plus tard à sa sœur : « Il me dévorait des yeux[4] ».

À seulement 17 ans, Eva Braun est véritablement fascinée par cet homme de 40 ans. Il lui est alors présenté comme Herr Wolff, un pseudonyme qu'il utilise souvent dans les années 1920 pour garder l'anonymat. À ses amis, elle le décrit comme « un gentleman d'un certain âge arborant une moustache amusante et portant un grand chapeau de feutre ». Cependant, les choses se compliquent rapidement pour la jeune fille. Les deux familles sont opposées à leur relation. D'ailleurs, Fritz Braun, qui n'adhère pas du tout au national-socialisme et qui n'apprécie pas Adolf Hitler pour ses idées politiques et morales, le considère comme un « clochard d'Autrichien[N 2] ». Il le prie alors d'arrêter de voir sa fille. En vain. Cependant, les périodes d'intimité entre Eva Braun et Hitler se révélent finalement assez rares, ce dernier refusant tout mariage légal et tout enfant en dehors du mariage. Résignée, Eva a recours à des produits contraceptifs (lavage à la douche chaude après une relation sexuelle, utilisation de contraceptifs)[5].

Le début de la relation[modifier | modifier le code]

On sait peu de choses sur les deux premières années de leur relation. La demi-sœur de Hitler, Angela Raubal, mère de Geli Raubal[N 3], considère Eva Braun avec condescendance. Pendant ce temps, Hitler fréquente d'autres femmes, comme l'actrice Renate Müller, qui est présente longtemps aux côtés de son amant à Munich, puis à la chancellerie du Reich, mais qui décède dans des conditions troubles en 1937[réf. nécessaire].

Jalouse, Eva Braun tente de se suicider le d'une balle dans le cou, puis une nouvelle fois le , en absorbant une grande quantité de somnifères[6]. Après son rétablissement, Adolf Hitler décide d'être plus proche d'elle, et l'emmène dans sa villa de Wasserburgerstrasse, dans la périphérie de Munich. Il lui fournit même une voiture avec chauffeur.

Une relation sérieuse mais discrète[modifier | modifier le code]

Eva Braun emménage en 1936, au Berghof, la résidence de Hitler en Bavière, près de Berchtesgaden. La plupart des sources affirment qu'elle se tient à l'écart des affaires politiques mais elle est parfaitement au courant de l'existence des camps de concentration[7]. Eva Braun et son compagnon n'apparaissent néanmoins jamais ensemble en public, et leur mariage est on ne peut plus tardif. Il n'a finalement lieu que la veille de leur mort. Ainsi, les Allemands ignorent tout de leur relation jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, Hitler voulant préserver le mythe du Führer qui n'a d'autre « épouse » que l'Allemagne[8].

Bien qu'elle soit la maîtresse cachée du Führer et officiellement une secrétaire et employée du photographe Heinrich Hoffmann (ce qui lui permet de justifier sa présence à certains moments avec une caméra ou un appareil photo) avec un très bon salaire de quatre cent cinquante reichmarks par mois, l'entourage proche d'Adolf Hitler n'ignore pas cette relation[9].

Dans son autobiographie Erinnerungen (« Souvenirs »), Albert Speer, architecte puis ministre du Reich, décrit ainsi leur relation :

« Eva Braun était autorisée à assister aux entretiens avec les anciens du parti. Mais elle devait disparaître lorsque les autres membres du gouvernement, comme les ministres, arrivaient […]. Manifestement, Hitler acceptait sa compagnie en société jusqu'à certaines limites. Parfois, je lui tenais compagnie lorsqu'elle était isolée, à côté de la chambre de Hitler. Elle était tellement intimidée qu'elle n'osait même pas sortir de la maison pour prendre l'air. Au-delà de la sympathie que j'éprouvais pour sa situation délicate, je commençais à prendre goût à cette femme malheureuse, si profondément attachée à Hitler. »

Pendant la guerre[modifier | modifier le code]

Même pendant la Seconde Guerre mondiale, Eva Braun semble avoir beaucoup de loisirs : elle fait du sport, lit des romans à l'eau de rose, regarde des films. Mais son penchant pour les bains de soleil, totalement nue, et son goût d'être photographiée dans cette situation déplaisent à Adolf Hitler.[réf. nécessaire] En outre, elle s'intéresse fortement à la photographie et aux Rolleiflex Girls, groupe de passionnées dont le nom est inspiré d'une célèbre marque d'appareils photo. Elle aménage d'ailleurs sa propre chambre noire, dans laquelle elle développe la majorité des photographies et des films sur la vie qu'elle mène avec le chef de l'État allemand.

À une époque qui voit se développer le cinéma amateur en couleurs et qui permet d'enregistrer les événements importants de la vie de chaque Allemand (naissance, mariage, voyage, etc.), Eva Braun filme plusieurs moments intimes de la vie du Führer avec une caméra de luxe, sans doute une Bell & Howell américaine, avec des pellicules Agfachrome[10].

Otto Günsche et Heinz Linge, lors de leurs interrogatoires par les services de renseignements soviétiques au sortir de la guerre, affirment qu'Eva Braun était au centre de la vie du dictateur pendant ses douze ans au pouvoir. En 1946, ils disent[réf. nécessaire] :

« Elle l'accompagnait toujours. Dès qu'il entendait la voix de sa bien-aimée, il devenait joyeux. Il plaisantait volontiers à propos de ses nouveaux chapeaux. Après ses journées de travail, ils passaient du temps ensemble à boire du champagne frais et du cognac, et à manger du chocolat et des fruits. »

Le rapport d'enquête ajoute que lorsque Hitler était trop occupé pour lui consacrer du temps, « Eva était souvent en sanglots. »

Heinz Linge affirme qu'avant la guerre, Hitler fait renforcer la surveillance de la maison d'Eva Braun à Munich, après que cette dernière a rapporté à la Gestapo qu'une femme l'avait traitée de « putain du Führer ».

En 1944, la sœur d'Eva Braun, Gretl, se marie avec un membre de l'entourage de Hitler, Hermann Fegelein, général SS travaillant aux côtés de Himmler. Adolf Hitler se sert de ce mariage comme prétexte à l'accession d'Eva Braun à des fonctions officielles.

Mais fin , Fegelein est exécuté après un simulacre de procès organisé par ses collègues SS dans le Führerbunker, pour cause de désertion, et pour avoir gardé secrètes les tentatives de négociation de Himmler avec les Américains. Eva Braun ne serait alors pas intervenue en faveur de son beau-frère.[réf. nécessaire]

Le mariage[modifier | modifier le code]

Début , Eva Braun rejoint Hitler au Führerbunker, son bunker sous la nouvelle chancellerie, à Berlin. Lorsque l'Armée rouge conquiert Berlin, elle refuse de partir, par loyauté envers son compagnon.

Ils se marient même le , au cours d'une brève cérémonie civile. Walter Wagner, conseiller municipal de Berlin chargé de l'urbanisme et de la famille, préside la cérémonie[11]. Adolf Hitler, 56 ans, porte un uniforme de la Luftwaffe, Eva Braun, 33 ans, une petite robe bleue et un collier de perles. Les témoins de cette union pour Hitler sont Goebbels, ministre de la Propagande et Bormann, chef de la chancellerie du NSDAP. Magda Goebbels et Traudl Junge, la secrétaire du Führer, assistent aussi à l'union du couple, tout comme la cuisinière personnelle de Hitler et quelques militaires encore présents dans le bunker. Lors de la signature de l'acte de mariage, Eva signe d'un B pour Braun, mais le raye pour le remplacer par un H pour Hitler[12]. Le lendemain du mariage, quelques heures avant le suicide, l'épouse du Führer fait demander au personnel militaire et civil du bunker de l'appeler « madame Hitler », ce qui surprend, beaucoup ignorant que le dictateur venait d’épouser sa maîtresse[13].

Ils se suicident ensemble le , dans leur antichambre, Eva en absorbant une capsule de cyanure et Hitler en se tirant une balle dans la tête. Le corps d'Eva était recroquevillé, près de celui de Hitler, étendu sur le canapé du salon[réf. nécessaire].

Des origines juives ?[modifier | modifier le code]

Début , les médias se sont fait l'écho de possibles origines juives ashkénazes[14] d'Eva Braun, reprenant l'information donnée par un épisode de la série-documentaire Dead Famous DNA (que l'on peut traduire par « ADN de personnes célèbres mortes »), présenté par Mark Evans (en) et diffusé quelques jours plus tôt sur la chaîne de télévision britannique Channel 4[15]. Les producteurs de l'émission ont fait procéder à une analyse ADN de cheveux supposés d'Eva Braun, analyse qui révèle que son génome est porteur d'une séquence particulière appelée N1B1, fortement associée aux Juifs ashkénazes[15]. Ces cheveux auraient été prélevés sur une brosse gravée aux initiales d'Eva Braun, brosse récupérée par un capitaine de l'armée américaine, Paul Baer, au Berghof[15], la résidence des Alpes bavaroises.

Mais cette information est sujette à caution. Dans le passé, Mark Evans avait acheté à l'historien négationniste David Irving une mèche de cheveux supposée appartenir à Adolf Hitler, ce qui par la suite s'était révélé faux[15].

Si cela était corroboré, il est probable qu'Eva Braun ignorait ses origines juives, de nombreux ashkénazes allemands s'étant convertis au christianisme au cours du XIXe siècle[15].

Postérité[modifier | modifier le code]

La famille d'Eva Braun survit à la guerre. Son père travaille alors dans un hôpital, après que sa fille lui a envoyé, en , plusieurs malles d'affaires personnelles. Sa mère, Franziska, meurt à l'âge de 96 ans en , après avoir passé la fin de sa vie dans une vieille ferme de Ruhpolding, en Bavière.

Eva Braun est essentiellement célèbre pour avoir été la maîtresse de Hitler. Son rôle reste cependant controversé[réf. nécessaire] lors de la Seconde Guerre mondiale : si certains historiens soulignent le peu d'intérêt que la jeune femme portait au conflit, d'autres affirment que les derniers jours qu'elle a passés aux côtés du Führer ont été déterminants.[réf. nécessaire]

Les photographies et métrages (une centaine de petits films durant chacun quelques minutes, la plupart en couleurs) réalisés par Eva Braun sont confisqués à la fin de la guerre par les Alliés, considérés comme des prises de guerre et étudiés par des juristes et des militaires lors des procès contre les crimes nazis. Ils sont conservés à la National Archives and Records Administration, à Washington[16].

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Le personnage d'Eva Braun dans le film soviétique La Chute de Berlin (1949).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Stambach, la ville natale de Hitler[réf. nécessaire] est située du côté allemand, juste en face de Braunau côté autrichien.
  2. Il fait à la fois référence au passé de Hitler lorsqu'il était mendiant à Vienne vers 1909-1911 et au fait qu'il soit encore de nationalité autrichienne, ce jusqu'en 1932.
  3. Geli Raubal s'est suicidée en 1931.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Anna Maria Sigmund, Women of the Third Reich, NDE Pub, , p. 155.
  2. Abbott E., Une histoire des maîtresses, Montréal, Éditions Fides, 2007, p. 306.
  3. (en) Angela Lambert, The Lost Life of Eva Braun, St. Martin's Press, , p. 192.
  4. (en) Nerin E. Gun, Eva Braun : Hitler's Mistress, Meredith Press, , p. 6.
  5. Jacques Robichon, Les Grands dossiers du Troisième Reich, Perrin, , p. 430.
  6. (en) Werner Maser, Hitler : legend, myth & reality, Harper & Row, , p. 232.
  7. (en) Arthur Mitchell, Hitler's Mountain : The Führer, Obersalzberg and the American Occupation of Berchtesgaden, McFarland, , p. 64.
  8. Guido Knopp, Les femmes d'Hitler, Univers Poche, , p. 74.
  9. Daniel Costelle, Eva Braun : dans l'intimité d'Hitler, Édition de l'Archipel, 2007, p. 14.
  10. Daniel Costelle, Eva Braun : dans l'intimité d'Hitler, Édition de l'Archipel, 2007, p. 15.
  11. J'étais garde du corps d'Hitler, chapitre « La guerre est finie », Rochus Misch, éditions Le Cherche Midi, 2006.
  12. Les derniers jours de Hitler, Joachim Fest, chap. 5 « Le Banquet de la Mort », p. 127, éditions Perrin, 2003.
  13. Interview de Traudl Junge, secrétaire personnelle du Führer, « Les Dossiers de Paris-Match - Il y a 60 ans : la victoire », Paris Match, mai-juin 1995.
  14. Sur le site de francetvinfo.fr consulté le 5 mai 2014.
  15. a, b, c, d et e Frédéric Therin, « Eva Braun avait-elle des racines juives ? », Le Point,‎ (lire en ligne).
  16. Daniel Costelle, Eva Braun : dans l'intimité d'Hitler, Édition de l'Archipel, 2007, p. 8 et 13.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Marion Milne, Adolf et Eva, 3BM TV, 2001.
  • Isabelle Clarke et Daniel Costelle, Eva Braun, dans l'intimité d'Hitler, Clarke et Costel production, 2007.

Articles connexes[modifier | modifier le code]