Hermann Fegelein

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Hermann Fegelein
Hermann Fegelein en 1942 en uniforme de SS-Standartenführer[N 1].
Hermann Fegelein en 1942 en uniforme de SS-Standartenführer[N 1].

Nom de naissance Hans Georg Otto Hermann Fegelein
Naissance
Ansbach, en Bavière
Décès (à 38 ans)
Berlin
Origine Allemand
Allégeance Flag of Weimar Republic (defence minister 1921).svg République de Weimar (en 1925)
Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich (en 1933)
Arme Flag of the Schutzstaffel.svg SS (en 1931)
Grade SS-Gruppenführer
Années de service 1925-1945
Conflits Seconde Guerre mondiale
Commandement 8. SS-Kavallerie-Division Florian Geyer
Distinctions Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne et glaives
croix allemande
Famille Waldemar Fegelein (frère)

Hermann Fegelein, né le à Ansbach, en Bavière, et fusillé le à Berlin, était un criminel de guerre allemand membre de la Waffen-SS. Il a atteint le grade de SS-Gruppenführer und Generalleutnant der Waffen-SS et a été responsable de nombreux massacres de juifs sur le front de l'Est. Ayant épousé Gretl Braun, la sœur d'Eva Braun, il était proche de l'entourage de Hitler, pour lequel il était l'officier de liaison avec le Reichsführer-SS Himmler.

Enfance[modifier | modifier le code]

Jeune garçon, il travaille dans l'école d'équitation de son père à Munich, puis après sa fermeture, comme garçon d'écurie pour Christian Weber, un des premiers membres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP). En 1925, il intègre le Reiterregiment 17 de la Reichswehr, qu'il quitte en 1928 pour rejoindre la police bavaroise à Munich.

Carrière dans la SS[modifier | modifier le code]

À Munich, il entre tôt en contact avec le mouvement nazi : alors qu'il devient membre du parti, il intègre la Sturmabteilung (SA) en 1930, puis la Schutzstaffel (SS) en 1931. Il dirige l'école de cavalerie de la SS à Münich[1].

Huit ans plus tard, au début du conflit mondial, il est officier supérieur de la Waffen-SS.

Lors de l'invasion de l'URSS, à la tête de la 8ème division de cavalerie SS[1], il apporte un soutien aux Einsatzgruppen, chargés d’exterminer par fusillades et pendaisons les Juifs d'Ukraine et de Biélorussie. Sous son commandement, les sections montées des deux premiers régiments de cavalerie de la SS-Kavallerie Brigade font 14 000 victimes civiles dans les marais du Pripet entre fin et début . Elles débutent leur action le , à 7 heures du matin. Après un entretien avec le HSSPf Erich von dem Bach-Zelewski, Hermann Fegelein fait savoir à ses troupes que tous les Juifs doivent être fusillés et les femmes chassées dans les marais. Le deuxième régiment applique ces ordres à la lettre, bien que nombre de ses hommes déplorent que chasser les femmes et les enfants n'ait en fait pas le résultat espéré, les marais n'étant pas assez profonds pour s'y noyer. Quant au premier régiment, il assassine tous les Juifs, hommes, femmes et enfants[2]. Ces opérations se terminent le .

Début 1942, il est SS-Standartenführer (équivalent de colonel), au côté du général SS Wilhelm Bittrich, toujours sur le front de l'Est.

Fegelein entra en contact avec Eva Braun à travers un trafic de textile de luxe qu'il avait mis au point depuis la Pologne occupée. Eva Braun demanda à Hitler de l'incorporer à son Etat-major, ce qu'il fait. Fegelein arrive à séduire aussi bien Eva que Hitler, et il a peut-être eu une liaison avec Eva Braun[1]. Entre-temps, étant donné que a soeur d'Eva, Gretl, était tombée enceinte d'une aventure de passage ; les convenances l'obligeaient à la marier si elle voulait rester dans le cercle intime du Führer. Fegelein accepte alors de se marier avec elle.

La cérémonie de mariage, en grandes pompes, se déroule le 3 juin 1944 au Schloss Mirabell de Salzburg. Les témoins de mariage sont : Hitler, Himmler, et Martin Bormann. La situation de l'Allemagne ne fait qu'empirer sur le plan militaire. 1944 est l'année du reflux sur tous les fronts. Fegelein profite de sa situation privilégiée, mène une vie luxueuse et se montre infidèle au possible. Il essaye même de séduire les secrétaires de Hitler Traudl Junge et Christa Schroeder[3]. Fegelein est jugé carriériste et est très mal vu des autres membres de l'entourage de Hitler, excepté de Hitler lui-même et d'Eva Braun.

Fegelein est visible une dernière fois, le 20 avril 1945, dans un film d'actualité national-socialiste tourné lors de l'anniversaire du Führer où il assiste à la remise par Hitler de la croix de fer à des enfants des Jeunesses hitlériennes qui ont détruit des chars de l'Armée rouge. Hermann Fegelein se tient à l'arrière, et arbore les insignes de grade de Gruppenführer (équivalent de général de division).

Arrestation et exécution[modifier | modifier le code]

Les versions de la mort de Fegelein sont très nombreuses : assassiné d'une rafale dans le dos dans le couloir du bunker ou par un peloton d'exécution dans le jardin de la chancellerie ? Le soir même de son arrestation ou le lendemain matin ? Hitler voulait-il le laisser vivre et n'aurait-il pas été convaincu par son entourage (très hostile à Fegelein) ?

Ce qui est à peu près sûr, c'est que dans la journée du 27 avril 1945, alors que les troupes soviétiques sont toutes proches du bunker, et que la guerre semble perdue, Hitler apprend la nouvelle de la trahison de Himmler, chef de la SS. Fegelein, qui représente la SS à l'État-major, est absent. Hitler le fait rechercher pour avoir des explications. Les SS le retrouvent dans sa garçonnière avec une maitresse. Il est ivre, et aurait prévu de s'enfuir à l'étranger. Il est jugé et condamné le soir-même par un tribunal d'exception dirigé par le général SS Wilhelm Mohnke pour désertion et complicité de trahison. Il aurait dû être exécuté le soir même, mais on décide de le laisser décuver, afin qu'il soit sobre au moment de son exécution. Comme tout traître il est fusillé dans le dos par un peloton d'exécution. L'exécution a eu lieu dans le jardin de la chancellerie.

Promotions militaires[modifier | modifier le code]

Les grades de Fegelein dans la Allgemeine-SS et la Waffen-SS[4] ont élé les suivants :

Date Allgemeine-SS Waffen-SS
 : SS-Untersturmführer[5]
 : SS-Obersturmführer[5]
 : SS-Hauptsturmführer[5]
 : SS-Sturmbannführer[5]
 : SS-Obersturmbannführer[5]
 : SS-Standartenführer[5]
 : SS-Obersturmbannführer der Reserves [6]
 : SS-Standartenführer[6]
 : SS-Brigadeführer et Generalmajor de la Waffen-SS[6]
 : SS-Gruppenführer et Generalleutnant de la Waffen-SS[7]

Décorations[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

Dans la pièce de théâtre filmée d'Alain Decaux le Bunker, tournée et diffusée à la télévision en 1972, le rôle du général Hermann Fegelein est joué par Jean Topart.

Dans le film allemand La chute (Der Untergang dans la version originale) sorti en 2004, Hermann Fegelein est interprété par l'acteur Thomas Kretschmann. La célèbre scène dans laquelle Adolf Hitler réclame, à cors et à cris, qu'on retrouve Fegelein a été reprise et parodiée à de nombreuses reprises, sur Internet.

Postes de commandement tenus[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Grade équivalent à celui de colonel, en français.
  2. Le fait d'avoir été condamné à mort par une cour martiale a de fait entraîné la perte de toutes les décorations et signes honorifiques (Cf. Scherzer, 2007, p. 128).
  3. Grade de Bittrich à sa prise de fonction le . Bittrich a terminé la guerre au grade de Obergruppenführer.
  4. Grade de Lombard à sa fin de fonction le . Lombard a terminé la guerre au grade de Brigadeführer.
  5. Grade de Streckenbach à sa prise de fonction le . Streckenbach a terminé la guerre au grade de Gruppenführer.
  6. Grade de Streckenbach à sa fin de fonction le . Streckenbach a terminé la guerre au grade de Gruppenführer.
  7. Grade de Streckenbach à sa prise de fonction le . Streckenbach a terminé la guerre au grade de Gruppenführer.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Uhl Eberle, Le dossier Hitler, p.209
  2. Guido Knopp, Les SS – Un avertissement pour l'histoire, Presses de la Cité, Paris, 2006, p. 300.
  3. « Gretl Braun », sur spartacus-educational.com (consulté le 17 février 2017)
  4. Stockert 1997, p. 227–230.
  5. a, b, c, d, e et f Stockert 1997, p. 227.
  6. a, b et c Stockert 1997, p. 228.
  7. Stockert 1997, p. 230.
  8. Fellgiebel 2000, p. 178.
  9. Fellgiebel 2000, p. 63.
  10. Fellgiebel 2000, p. 477.
  11. Fellgiebel 2000, p. 44.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Florian Berger, Mit Eichenlaub und Schwertern. Die höchstdekorierten Soldaten des Zweiten Weltkrieges, Selbstverlag Florian Berger, (ISBN 3-9501307-0-5).
  • (de) Walther-Peer Fellgiebel, Die Träger des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes, 1939–1945: Die Inhaber der höchsten Auszeichnung des Zweiten Weltkrieges aller Wehrmachtteile [« Les détenteurs de la croix de chevalier de la croix de fer 1939-1945 : détenteurs de la plus haute récompense de la Wehrmacht pour la Seconde Guerre mondiale »], Friedberg, Allemagne, Podzun-Pallas, (1re éd. 1986) (ISBN 978-3-7909-0284-6)
  • (en) Traudl Junge, Until the Final Hour, Londres, (ISBN 0-297-84720-1).
  • (en) James O'Donnell, The Bunker, New York, Da Capo Press, (ISBN 0-306-80958-3).
  • (de) Klaus D. Patzwall et Veit Scherzer, Das Deutsche Kreuz 1941 - 1945 Geschichte und Inhaber Band II, Norderstedt, Verlag Klaus D. Patzwall, (ISBN 3-931533-45-X).
  • (de) Fritjof Schaulen, Eichenlaubträger 1940 - 1945 Zeitgeschichte in Farbe I Abraham - Huppertz, Selent, Pour le Mérite, (ISBN 3-932381-20-3).
  • (en) Veit Scherzer, Ritterkreuzträger 1939 - 1945 Die Inhaber des Ritterkreuzes des Eisernen Kreuzes 1939 von Heer, Luftwaffe, Kriegsmarine, Waffen-SS, Volkssturm sowie mit Deutschland verbündeter Streitkräfte nach den Unterlagen des Bundesarchives, Jena, Scherzers Miltaer-Verlag, (ISBN 978-3-938845-17-2).
  • (en) Gordon Williamson, Knight's Cross, Oak-Leaves and Swords Recipients 1941-45, Osprey Publishing Ltd., (ISBN 1-84176-643-7)
  • (de) Jahns Joachim, Der Warschauer Ghettokönig, Leipzig, Dingsda-Verlag, (ISBN 978-3-928498-99-9).
  • (de) Peter Stockert, Die Eichenlaubträger 1939–1945 Band 2, Bad Friedrichshall, Friedrichshaller Rundblick, (ISBN 978-3-9802222-9-7)

Liens externes[modifier | modifier le code]