Hans Krebs

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Hans Krebs
En 1944.
En 1944.

Naissance
Helmstedt
Décès (à 47 ans)
Berlin
Origine Allemand
Allégeance Flag of the German Empire.svg Empire allemand
Flag of Germany.svg République de Weimar
Flag of German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme War Ensign of Germany 1903-1918.svg Deutsches Reichsheer
Flag of Weimar Republic (war).svg Reichswehr
Balkenkreuz.svg Wehrmacht, Heer
Grade General der Infanterie[N 1]
Années de service 19141945
Conflits Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de Verdun
Front de l'Est
Front de l'Ouest
Bataille de Berlin
Distinctions Croix de chevalier de la croix de fer avec feuilles de chêne

Hans Krebs, né le à Helmstedt et mort le à Berlin, est un General der Infanterie[N 1] allemand lors de la Seconde Guerre mondiale. Il est le dernier Generalstabschef des Heeres (équivalent de « chef d’état-major adjoint de l'Armée de terre » en français) de l’Allemagne nazie dans les dernières semaines de la guerre en Europe.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

De la Première Guerre mondiale au Troisième Reich[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale en 1914, âgé de seulement 16 ans, il est volontaire pour servir dans l'Armée : on l'affecte au bataillon de chasseurs no 10 dans lequel il combat à Verdun. Il est promu Leutnant[N 2] en 1915.

Après la défaite de 1918, il rejoint la Reichswehr et est promu au grade de Oberleutnant[N 3] en 1925.

Attaché militaire en Union soviétique[modifier | modifier le code]

De 1936 à 1939, il exerce les fonctions d'attaché militaire à l'ambassade du Reich en Union soviétique. Il est nommé Oberstleutnant[N 4] en 1939, puis Oberst[N 5] en 1940.

Chef de l'état-major du 7e corps d'armée[modifier | modifier le code]

En , lors d'une réception au Kremlin, il est l'objet de l'attention de Staline, mais sa réaction laisse présager aux autres diplomates présents la dégradation des relations entre le Reich et l'Union Soviétique[1] ; en , il obtient de Staline l'expulsion des diplomates et officiers yougoslaves (du moins ceux qui portent encore l'uniforme yougoslave), le démembrement du pays ayant été reconnu par l'Union Soviétique[2].

Postes d'état-major sur le front de l’Est[modifier | modifier le code]

Front russe,  : le Generalfeldmarschall Ernst Busch (le 1er à gauche), commandant du groupe d’armées Centre, dont Krebs (le 3e à partir de la gauche) est le chef d’état-major.

Lorsqu'il est nommé chef d’état-major de la 9e armée en , Krebs est promu Generalmajor[N 6] puis il est à nouveau promu Generalleutnant[N 7] en , peu après sa nomination au poste de chef de l’état-major général du groupe d'armées Centre en de la même année. Il est alors sous les ordres du Generalfeldmarschall Günther von Kluge, ce dernier étant remplacé par Ernst Busch à la suite d’un accident de voiture en .

Krebs est toujours au même poste, à fin , lorsque Busch est lui-même remplacé par Model, et il doit subir les remontrances et menaces de toutes natures de la part de ce supérieur peu amène[3] qu'il avait déjà connu, au début de 1942 et au début de 1943, lorsque ce dernier commandait la 9e armée. Il joue ainsi le rôle d’intermédiaire entre l’OKH et le groupe d'armées Centre, lors de la reprise en main de cette unité par Model[4].

Chef de l'état-major du groupe d'armées B sur le front de l’Ouest[modifier | modifier le code]

Krebs, de profil, à droite, lors de la préparation de l'offensive des Ardennes en , avec les Generalfeldmrschall Model et von Rundstedt.

Krebs est promu General der Infanterie[N 1] en puis muté sur le front de l'Ouest à partir de au poste de chef d’état-major du groupe d'armées B où il retrouve à nouveau le Generalfeldmarschall Model.

À l'état-major général de l'OKH[modifier | modifier le code]

Le , il devient Generalstabschef des Heeres (équivalent de « chef d’état-major adjoint de l'Armée de terre » en Fance), en remplacement de Heinz Guderian, limogé le [5] précédent, et dont il était l'adjoint depuis . Dès sa nomination, il a l'idée, pour permettre aux personnes assistant aux réunions d'état-major de mieux prendre conscience de la gravité de la situation, de remplacer les deux cartes habituelles, l'une pour le front de l'Ouest, l'autre pour le front de l'Est, qui étaient à une échelle de 1/300 000, par une seule carte qui est au 1/1 000 000[6]. Malléable, falot et surtout incapable de contester les choix de Hitler, il s'intègre sans difficulté parmi les proches de Hitler au sein du Bunker de la chancellerie, mais il est limité à son seul rôle militaire[7],[N 8] ; il ne s'oppose donc pas à Hitler, quand, lors de son entrevue du , Gotthard Heinrici expose ses réserves sur les unités qui lui ont été confiées afin de renforcer le groupe d'armées Vistule dont il vient de recevoir le commandement[9].

Dans les jours qui suivent, il doit compter avec l'opposition des principaux chefs de la Wehrmacht, partisans d'une défense de Berlin sur l'Oder[10] ; il parvient ainsi, dans les jours qui précèdent le déclenchement de la bataille urbaine, à retenir le corps d’armée de Helmuth Weidling, alors en retraite en direction de l'Elbe, et à le diriger vers Berlin[11].

À Berlin, il est l'un des derniers officiers supérieurs présents aux côtés de Hitler, à demi-forcés par Hitler, qui a décidé le de rester dans la ville[12]. Il joue alors un rôle, par les informations qu'il donne, retient ou édulcore, sur les sautes de moral de Hitler et des occupants du bunker : le , par exemple, il annonce à Hitler que l’armée de Wenck a lancé une attaque afin de libérer la ville[13].

Le soir du , après le suicide du Führer, Krebs, qui parle russe, est envoyé par Joseph Goebbels, devenu nouveau chancelier du Reich, avec un drapeau blanc pour tenter de négocier avec les Soviétiques, lesquels se trouvent à quelques centaines de mètres de la chancellerie[14] ; il rencontre alors le général russe Vassili Tchouïkov et l'informe du suicide de Hitler[14]. La proposition allemande, portée par Goebbels, d'engager des négociations séparées entre les Alliés, est catégoriquement refusée par les Russes, qui exigent une reddition allemande totale et sans conditions. Le lendemain,  ; il tente, sur les consignes de Goebbels, de faire reconnaître le gouvernement investi par Hitler dans son testament, comme interlocuteur par les négociateurs soviétiques, dans le cadre de la négociation d'un armistice séparé entre le Reich et l'Union soviétique[10] ; au terme de dix heures de discussion, les échanges échouent, les Soviétiques, sur les consignes de Staline, refusant toujours la capitulation séparée[10]. Suivant l'exemple de Goebbels, qui a ainsi échoué à conclure une paix séparée, Krebs se suicide[10] d'une balle dans la tête, au côté du général Wilhelm Burgdorf[15], dans le bunker de la Chancellerie du IIIe Reich en ruines ; l’Armée rouge retrouve son corps un peu plus tard.

Fonctions successives[modifier | modifier le code]

  • 1936–1939 : attaché militaire à Moscou (c’est là que Krebs a appris à parler couramment le russe[16])
  • 1939-1939 : responsable de la formation des troupes dans l'Armée
  • 1939–1942 : chef de l'état-major du 7e corps
  • 1942–1943 : chef de l'état-major général de la 9e armée, front de l'Est[17]
  • 1943–1944 : chef de l'état-major général du groupe d'armées Centre, front de l'Est
  • 1944–1945 : chef de l'état-major général du groupe d'armées B, front de l'Ouest
  • 1945-1945 : adjoint au Generalstabschef des Heeres[N 9]
  • du au  : lui-même Generalstabschef des Heeres, succédant ainsi à son précédent supérieur.

Décorations[modifier | modifier le code]

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Équivalent d’un général de corps d’armée en France, qui aurait pour arme d’appartenance l'infanterie.
  2. Équivalent de sous-lieutenant en France.
  3. Équivalent de lieutenant en France.
  4. Équivalent de lieutenant-colonel en France.
  5. Équivalent de colonel en France.
  6. Équivalent de général de brigade en France.
  7. Équivalent de général de division en France.
  8. Il est notamment informé, dès le mois d', du choix de Dönitz comme successeur de Hitler à la tête du Reich[8].
  9. Équivalent de « chef d’état-major adjoint de l'Armée de terre » en France.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gorodetsky 2000, p. 361.
  2. Gorodetsky 2000, p. 371.
  3. Lopez 2014, p. 215, note 1.
  4. Lopez 2014, p. 226, note 1.
  5. Kershaw 2012, p. 328.
  6. Masson 1994, p. 460.
  7. Kershaw 2012, p. 394.
  8. Kershaw 2012, p. 606, note 28.
  9. Kershaw 2012, p. 397.
  10. a, b, c et d Lopez 2010, p. 595.
  11. Lopez 2010, p. 596.
  12. Lopez 2010, p. 543.
  13. Lopez 2010, p. 546.
  14. a et b Lopez 2010, p. 594.
  15. Antony Beevor, La chute de Berlin, p. 532–533.
  16. 8 mai 1945, La victoire en Europe — actes du colloque international de Reims, 1985 ; Maurice Vaïsse ; La Manufacture ; p. 135.
  17. German Army 1939-45 (4) - Eastern Front 1943-45 ; Nigel Thomas ; Osprey Publishing (1999) ; p. 3-4.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dollinger Hans. The Decline and Fall of Nazi Germany and Imperial Japan. Crown Publisher, New York, 1968.
  • Gabriel Gorodetsky, Le Grand jeu de dupes : Staline et l'invasion allemande, Paris, Les Belles Lettres,‎ , 727 p. (ISBN 978-2-262-03402-3).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Holmes Frederic Lawrence. Hans Krebs. Oxford University Press, New York, 1991-1993. (OCLC 23144722)
  • Ian Kershaw, La Fin : Allemagne, 1944-1945, Paris, Seuil,‎ , 665 p. (ISBN 978-2-02-080301-4).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Lopez, Berlin : les offensives géantes de l'Armée rouge. Vistule - Oder - Elbe (12 janvier-9 mai 1945), Paris, Economica,‎ , 644 p. (ISBN 978-2-7178-5783-2).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Lopez, Opération Bagration : la revanche de Staline (1944), Paris, Economica,‎ , 409 p. (ISBN 978-2-7178-6675-9).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Masson, Histoire de l'Armée allemande. 1939-1945., Paris, Perrin,‎ (ISBN 978-2-262-00844-4).Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Philippe Masson, Hitler, Chef de Guerre, Paris, Perrin,‎ (ISBN 978-2-262-01561-9).Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]