Wilhelm Mohnke

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Wilhelm Mohnke
Naissance
Lübeck (Empire allemand)
Décès (à 90 ans)
Barsbüttel
ou Damp[a] (Allemagne)
Origine Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Allégeance Flag of the German Reich (1935–1945).svg Troisième Reich
Arme Flag of the Schutzstaffel.svg Waffen-SS
Grade SS-Brigadeführer
Années de service 1933-1945
Commandement
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Bataille de Berlin
Distinctions Croix de fer

Wilhelm Mohnke est un SS-Brigadeführer[b] allemand du Troisième Reich, né le à Lübeck et mort le à Barsbüttel[a] (banlieue de Hambourg).

Il est l’un des cent vingt membres d’origine de la « SS-Stabswache Berlin » formée en . Douze ans plus tard, alors dans la Waffen-SS, il est également l’un des derniers généraux fidèles à Adolf Hitler dans son Führerbunker.

En tant que capitaine SS, Mohnke monte au front dans les rangs de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler, lors de la campagne de Pologne en , puis en tant que commandant SS pendant l’invasion des Balkans au printemps 1941. Après plusieurs vaines tentatives de doter la « Leibstandarte » d’une composante blindée, il est transféré dans un bataillon de réserve, puis nommé en 1943 commandant d’un régiment de la 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend, avec le grade de lieutenant-colonel SS.

C’est avec ce régiment qu’il participe à la bataille de Caen à l'été 1944. Ses qualités de commandement lui valent d’être décoré de la croix de chevalier de la croix de fer et d’être promu colonel SS. Il est de la plupart des combats de la bataille de Normandie, puis à partir d’ prend le commandement de la « Leibstandarte », sa division d’origine, laquelle est engagée dans la bataille des Ardennes à la fin de l’année 1944 : il est promu SS-Brigadeführer[b] à fin .

Il continue de combattre jusqu’aux derniers jours de la guerre. Pendant la bataille de Berlin de à , il commande le « Kampfgruppe Mohnke », chargé de la défense des quartiers gouvernementaux de Berlin, et notamment du Reichstag, surnommé « Die Zitadelle » (la Citadelle).

À sa sortie du Führerbunker, il est fait prisonnier à Berlin puis transféré en Union soviétique où il est détenu jusqu'en 1955 ; il revient ensuite s'installer près de Hambourg où il exerce une activité professionnelle. Dans les années 1980, il est un temps soupçonné de crimes de guerre, principalement pour sa période de commandement des années 1944-1945, mais un procureur allemand décide de ne pas entamer de poursuites, faute de preuves suffisantes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wilhelm Mohnke est né à Lübeck, le . Son père, dont il porte le prénom, est ébéniste. Après la mort de celui-ci, Mohnke quitte l'école pour trouver un emploi. Une aide publique lui permet ensuite de reprendre ses études, et d'obtenir un diplôme grâce auquel il est engagé par une firme de verre et de porcelaine, et occupe vraisemblablement des fonctions de direction. Mais en , il perd son emploi, alors que l'Allemagne est touchée de plein fouet par la Crise de 1929.

Peu de temps auparavant, le , il avait rejoint le NSDAP et avait postulé à la SS, en . Il débute alors sa carrière militaire au rang de Mann, au sein de la 4e SS Standarte « Schleswig Holstein » à Hambourg. Lorsque Hitler devient chancelier, en , le siège de la SS demande à tous ses régiments de lui soumettre les noms de leurs trois meilleurs soldats, afin qu'ils soient affectés à l'unité de la garde personnelle du Führer. Ainsi, Mohnke est sélectionné le 17 mars et entre officiellement à la SS-Stabswache Berlin de Josef Dietrich le . En octobre Mohnke est promu Hauptsturmführer, et prend la tête d'un groupe de 12 hommes chargé de monter la garde devant la Chancellerie. Le 7 octobre, il devient commandant au sein de la 3e compagnie du 2e bataillon de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler.

En , Mohnke prend part à la campagne de Pologne, durant laquelle il est blessé, le 7 septembre. Il reçoit ainsi l'insigne des blessés en noir. Il reçoit également la croix de fer de deuxième classe, le et la croix de fer de première classe, le .

La Leibstandarte Adolf Hitler[modifier | modifier le code]

Mohnke commande la 5e compagnie du 2e bataillon de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler pendant la campagne de France ; le , il succède au commandant du bataillon, blessé. C'est à cette époque que Mohnke aurait été impliqué dans l'assassinat de 80 prisonniers de guerre britanniques à proximité de Wormhoudt.

C’est encore à la tête de ce bataillon, en tant que Sturmbannführer, qu’il participe à l’invasion des Balkans ; au premier jour de l’offensive, , il est grièvement blessé lors d’une attaque aérienne en Yougoslavie. Il s’oppose à la décision des médecins qui veulent l’amputer d’une jambe mais la gravité de sa blessure nécessite cependant l’amputation d’un pied. Au cours de ses huit mois de convalescence, il est décoré de la croix allemande en or, mais devient alcoolique et morphinomane à cause des douleurs que lui causent ses blessures.

En 1942, alors que la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler se prépare à devenir une Panzerdivision, Mohnke, dont la convalescence a pris fin en février, souhaite de nouveau commander un bataillon. Il est ainsi à l'origine de la formation d’une section de blindés (panzerabteilung) au sein de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler, dès son retour au service actif. Il charge son adjoint, le lieutenant Ralf Tiemann, d’établir une liste de recrues, qui s’avère rapidement suffisante pour constituer deux compagnies. Après avoir transformé cette liste en ordre de transfert, Mohnke la soumet au commandant de la division, Josef Dietrich, le , au moment où celui-ci présente sa nouvelle épouse à ses officiers. Pris par surprise, Dietrich cède à la pression et signe le document, créant ainsi officiellement la composante blindée de la division. Sans doute à cause de cette méthode peu élégante, dont se plaindra Dietrich par la suite, Mohnke est relevé de son commandement au bout de quelques semaines et est transféré dans un bataillon de réserve de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler, le , division qu'il commandera jusqu'en . C'est également durant cette période que Mohnke est envoyé quelques jours en cure de désintoxication afin de soigner ses dépendances.

La division Hitlerjugend[modifier | modifier le code]

Le , 16 000 recrues issues des Jeunesses Hitlériennes et nées en 1926 constituent l’essentiel des effectifs de la nouvelle 12e Panzerdivision SS Hitlerjugend. L’Obersturmbannführer Mohnke est nommé à la tête du deuxième régiment de la division, le 26e régiment SS de panzergrenadiers (infanterie mécanisée). La structure de cette unité régiment est peu conventionnelle. Alors qu’elle est officiellement un régiment de panzergrenadiers, seul son IIIe bataillon dispose de blindés. Elle comporte également une unité complémentaire, la 15e Aufklärungskompanie (compagnie de reconnaissance) qui dispose de véhicules blindés. Cette compagnie contribue à faire du 26e régiment SS de panzergrenadiers une redoutable force de combat.

En , la Hitlerjugend participe à la bataille de Normandie. Pendant que le gros de la 12edivision mène de durs combats pour conserver le contrôle de la poche de Falaise, durant lesquels ses pertes sont estimées entre 40 et 50 % de son effectif, Mohnke place son Kampfgruppe (groupe de combat) à l’Est de la Dives. Le 21 juin, Mohnke devint Standartenführer, puis reçoit la croix de chevalier de la croix de fer le . Alors que la situation des troupes allemandes en France se détériore de jour en jour et que le front se rapproche de la Seine, Mohnke est l’un de ceux qui organisent la défense sur la rive Ouest de la Seine afin d’empêcher son franchissement, du 19 au . Cependant cette campagne est marquée par un nouveau crime de guerre, au cours duquel les hommes de Mohnke exécutent 35 prisonniers canadiens à Fontenay-le-Pesnel.

La bataille des Ardennes[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille des Ardennes.

Le , Mohnke succède à Theodor Wisch, blessé, en tant que commandant de 1re Panzerdivision SS "Leibstandarte Adolf Hitler". Il est préféré à l'Obersturmbannführer Joachim Peiper, qui dispose pourtant d’une plus grande expérience du combat mais qui est sans doute encore considéré comme trop jeune pour commander une division de la Waffen-SS.

L’opération Wacht am Rhein est la dernière grande offensive allemande. La 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler, unité d’origine de Mohnke, qui en a pris le commandement, doit constituer le fer de lance de l’attaque. Rattachée au Ier Panzercorps SS, la Leibstandarte, une des meilleures divisions des troupes allemandes, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les sévères pertes qu’elle a subies ont été compensées par l’incorporation de très jeunes soldats, à peine entraînés avant de monter au front. De plus, les stocks d’essence allemands sont fort réduits et la Leibstandarte ne dispose que de très peu de réserves de carburant pour ses véhicules blindés, qui conditionnent sa capacité à combattre efficacement. Mohnke dispose cependant d’un noyau d’officiers expérimentés et endurcis. L’opération est lancée le .

Le matin du , l'Obersturmbannführer Joachim Peiper et son groupe de combat s’emparent d’un dépôt de carburant de l’armée américaine à Büllingen. Au carrefour de Malmedy, les hommes de Peiper se rendent responsable du meurtre de 68 prisonniers de guerre américains. Le Massacre de Malmedy reste l'un des crimes de guerre les moins connus commis par les nazis. Dans la soirée, les éléments avancés de la Leibstandarte engagent le combat avec la 99e division américaine à Stavelot. L’avance allemande se révèle plus lente que prévu et elle est freinée par la destruction de ponts et de dépôts d’essence par les troupes américaines en retraite. Une nouvelle offensive est déclenchée le , mais elle est repoussée par les Alliés qui ont regroupé leurs forces. L’opération Wacht am Rhein se termine le 27 janvier, trois jours avant la promotion de Mohnke au grade de Brigadeführer.

Le Ier Panzercorps SS est ensuite transféré en Hongrie où le front allemand s’effondre. Mohnke, blessé lors d’un raid aérien, est alors retiré du front et affecté dans la réserve.

La bataille de Berlin[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille de Berlin.

Après sa convalescence, Mohnke est choisi par Hitler pour assurer la défense du quartier de la chancellerie à Berlin. Il exerce son commandement sur un groupe de combat (Kampfgruppe) de 69 bataillons de la SS, issus du régiment de garde de la 1re division SS Leibstandarte Adolf Hitler, de bataillons de réserve de cette même division et des unités chargées de la garde rapprochée du Führer et d’Heinrich Himmler. Les troupes de Mohnke, comme celles chargées de la défense de Berlin et placées sous les ordres du général Helmuth Weidling, opposent une farouche résistance à l’avancée de l’Armée rouge, mais elles font l’objet du au du plus sévère bombardement d’artillerie de la Seconde Guerre mondiale. Elles sont bientôt dépassées par le nombre des assaillants.

Le , Hitler demande l'exécution d'Hermann Fegelein pour désertion. Mohnke, décidant que le Obergruppenführer méritait un procès équitable par d'autres officiers de haut rang, met alors en place une cour martiale composée des généraux Hans Krebs, Wilhelm Burgdorf, Johann Rattenhuber, et de lui-même. Le rôle de Mohnke dans l’exécution d'Hermann Fegelein reste peu clair. Si Mohnke assure qu’il a tout fait pour assurer à l’accusé un véritable procès devant un conseil de guerre, cette affirmation n’est pas confirmée par d’autres témoins.

Le 30 avril, après la mort d'Hitler, les derniers résidents du Führerbunker reçoivent l'ordre d'évacuer Berlin si leur condition physique le permet. Le but de cette sortie est de réussir à atteindre les territoires alliés de l'Ouest ou de rejoindre l'armée allemande dans le Nord du pays. Mohnke se charge d'un des dix groupes qui tentent la fuite, celui-ci comprend notamment les secrétaires Traudl Junge, Gerda Christian et Else Krüger, la diététicienne d'Hitler Constanze Manziarly, le Docteur Ernst-Günther Schenck, et le diplomate Walther Hewel. Ils veulent rejoindre l'armée allemande située à proximité de Prinzenallee, en passant notamment par le métro de Berlin. Mais leur sortie s'achève lors de leur prise de conscience que l'Armée rouge avait déjà encerclé la ville. Une fois les femmes évacuées, les officiers se réfugient à la brasserie Schultheiss-Patzenhofer, à Prinzenallee. Voyant qu'ils ne peuvent plus échapper aux Soviétiques, Mohnke décide de se rendre à l'Armée Rouge.

L’après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la capitulation allemande, Mohnke et d'autres officiers allemands se rendent au quartier général soviétique afin de négocier avec le chef d'état-major de la 8e armée de la garde, le maréchal Vassili Tchouïkov. Mohnke est ensuite remis au NKVD et transféré à Moscou, le , afin d'y être interrogé dans le plus grand secret ; il y reste jusqu'en 1949. Il est ensuite transféré à la prison de la Loubianka, puis à Woikowo, d’où il est libéré le .

Après sa libération, il vit à Barsbüttel, un faubourg de Hambourg en Allemagne de l'Ouest, où il est vendeur de véhicules utilitaires. Il y meurt[a] à 90 ans, en 2001.

Crimes de guerre[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacre de Baugnez.

Accusations :

Mohnke n’est pas poursuivi pour ces faits dans l’immédiat après-guerre car il est prisonnier des Russes jusqu'en 1955. Sa trace est retrouvée par les Britanniques et le dossier est rouvert par la justice allemande en 1988[3], mais le procureur estime que les preuves sont insuffisantes pour l’inculper.

À propos de ces accusations, Mohnke déclara à l’historien Thomas Fischer : « Je n'ai jamais donné l'ordre [...] de faire exécuter des prisonniers. »

Promotions[modifier | modifier le code]

Fonctions[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Il existe une incertitude sur son lieu précis de mort ; les Wikipédias anglophone et germanophone mentionnent la petite ville de Damp, au nord de Kiel sur la côte baltique, à environ 150 km au nord de Hambourg.
  2. a b et c Grade équivalent en France à général de brigade.
  3. Grade équivalent en France à capitaine.
  4. Grade équivalent en France à commandant.
  5. Grade équivalent en France à lieutenant-colonel.
  6. Grade équivalent en France à colonel.
  7. Grade n'existant pas en France qui serait intermédiaire entre celui de colonel et celui de général de brigade.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nick Rider, Short breaks in Northern France, London, Cadogan Guides, , 384 p. (ISBN 978-1-860-11183-9, OCLC 979112687), p. 66
  2. (en) Matthew Hughes (édt.) et Gaynor Johnson (édt.), Fanaticism and conflict in the modern age, London New York, Frank Cass, coll. « Cass series--military history and policy » (no 19), , 196 p. (ISBN 978-0-714-65716-5, OCLC 55131537), p. 89
  3. Files released on Nazi accused over massacre: SS general linked to POW deaths

Liens externes[modifier | modifier le code]