Jean de Selys Longchamps

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Jean de Selys Longchamps
Jean de Selys Longchamps
Jean de Selys Longchamps

Naissance
Bruxelles
Décès (à 31 ans)
base RAF de Manston
Origine Drapeau de la Belgique Belgique
Arme Régiment des Guides
Grade Lieutenant de réserve
Conflits Seconde Guerre mondiale
Faits d'armes Mitraillage du siège de la Gestapo, avenue Louise 453 à Bruxelles
Distinctions Distinguished Flying Cross Distinguished Flying Cross

Jean de Selys Longchamps, né le à Bruxelles et mort le sur la base RAF de Manston, est un officier de cavalerie (lieutenant de réserve au 1er régiment des Guides[1]) de l'armée belge au début de la Seconde Guerre mondiale qui réussit à gagner le Royaume-Uni et à s'engager dans la RAF, au 609th squadron.

Il doit sa notoriété à l'audacieux mitraillage du siège de la Gestapo à Bruxelles, sis au 453 avenue Louise, le après avoir appris la torture de son père par les nazis (son père meurt le )[2],[3]

Attaque du siège de la Gestapo[modifier | modifier le code]

Ayant étudié la position géographique exacte de l'immeuble de douze étages qui était entièrement occupé par les bureaux de la Gestapo, Jean de Selys Longchamps réalisa que le bâtiment se situait sur l'avenue Louise exactement dans l'axe de l'avenue Émile De Mot.

Le matin du mercredi , après une mission de bombardement d'une gare de triage dans la région de Gand et sans l'autorisation de ses supérieurs, il survola Bruxelles au ras des toits pour déjouer l'artillerie anti-aérienne allemande. Il plaça ensuite son chasseur Hawker Typhoon en rase-motte dans la large avenue Émile De Mot, pointant sur l'immeuble de la Gestapo qui, avec quelques bâtiments voisins, lui barraient l'horizon. Avec le rez-de-chaussée de la Gestapo dans sa ligne de mire, il ouvrit le feu de ses quatre canons de 20 mm et, au fur et à mesure de son approche, il releva le nez de son avion de telle sorte que son tir balaya la totalité de l'immeuble de bas en haut, faisant voler en éclats les fenêtres de chaque étage, occupés par les bureaux des officiers qui donnaient sur l'avenue. Il passa ensuite au ras du toit plat, où se tenait une batterie de la Flak qu'il réduisit, au passage, à néant avec ses servants. Dans l'heure qui suivit, le pilote belge atterrissait sain et sauf en Angleterre.

La Gestapo releva des morts (entre autres Alfred Thomas, commandant adjoint de la Sipo-Sd) et blessés à tous les étages et, pendant plusieurs jours, les Bruxellois, en silence, défilèrent sur le trottoir d'en face au grand dam des nazis qui s'affairaient à restaurer la façade ouverte à tous vents.

Le mitraillage de Jean de Selys Longchamps fut d'une telle précision qu'il ne toucha aucun des immeubles voisins, mais il reçut un sermon de ses supérieurs et fut rétrogradé pour cette diversion non prévue dans l'ordre de mission ; mais il reçut aussi une Distinguished Flying Cross ainsi que la Croix de guerre belge[4] pour cette action. L'immeuble mitraillé existe toujours, et une plaque commémorative a été apposée à son entrée.

Information Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bilan[modifier | modifier le code]

Selon le site www.avionslegendaires : « Dans les victimes de son attaque, se trouvait un espion allié qui avait infiltré la Gestapo. Malheureusement, suite à son décès, une liste avec les noms d’un grand réseau de résistants belges a été retrouvée dans sa veste. Ceux-ci ont été déportés après cette découverte. C’est une des raisons qui expliquent que l’état-major britannique refusait d’approuver cette mission et son embarras après cette insubordination. »[5]

Mort[modifier | modifier le code]

Jean de Selys Longchamps meurt le sur la base RAF de Manston, après s'être écrasé à l'atterrissage au retour d'une mission sur Ostende[6].

Hommage[modifier | modifier le code]

Buste de Jean de Selys Longchamps devant l'ancien siège de la Gestapo à Bruxelles.

Une statue de Jean de Selys Longchamps sur l'avenue Louise à Bruxelles a été inaugurée en 1993, soit 50 ans après son acte de bravoure[7].

Famille[modifier | modifier le code]

Jean de Selys est l'oncle paternel de Sybille de Selys Longchamps, mère de Delphine de Saxe-Cobourg.

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Ce fait historique est rappelé dans l'album de bande-dessinée « Le Groom vert-de-gris » de la série Spirou et Fantasio et dans le diptyque Typhoon de Christophe Gibelin paru aux Éditions Paquet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vox, magazine de la Défense belge, édition du 10 mai 2004, « S'évader pour combattre 1944-2004 », sur http://www.mil.be, La Défense, (consulté le )
  2. Fiche de Raymond de Selys Longchamps
  3. Le mitraillage du siège de la Gestapo par Jean Selys Longchamps sur le site avionslegendaires
  4. Mike Donnet, Les aviateurs belges dans la Royal Air Force., Bruxelles, Editions Racine, , 335 p. (ISBN 978-2-87386-472-9, lire en ligne), p. 117
  5. Site cité plus haut
  6. (en) « Service for RAF airman Baron Jean De Selys-Longchamps », sur BBC News, .
  7. Christian Laporte, « Des graffitis à préserver pour l’Histoire », La Libre,‎ (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Mes oiseaux de feu, Charles « Windmill » Demoulin, Julliard, Paris 1982.
  • Les as de l’aviation belge, Hervé Gérard, Éditions J. M. Collet, Bruxelles 1985.
  • Hawker Typhoon, Mister Kit & C. H. Thomas, Éditions Atlas, Paris 1981.« 609 (West Riding) Squadron Archives », Suffolk, England.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]