Etterbeek

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Etterbeek
Les cloches de l'ancienne église Sainte-Gertrude.
Les cloches de l'ancienne église Sainte-Gertrude.
Blason de Etterbeek
Héraldique
Drapeau de Etterbeek
Drapeau
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région de Bruxelles-Capitale Région de Bruxelles-Capitale
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Drapeau de la Flandre Communauté flamande
Arrondissement Bruxelles-Capitale
Bourgmestre Vincent De Wolf (MR)
Majorité LB-Ecolo-PS (01/12/2012)
Sièges
LB (MR-Indép.)
Ecolo
PS
cdH
DéFI
35
16
6
4
6
3
Section Code postal
Etterbeek 1040
Code INS 21005
Zone téléphonique 02
Démographie
Gentilé Etterbeekois(e)[1]
Population
– Hommes
– Femmes
Densité
47 414 ()
48,23 %
51,77 %
15 055 hab./km2
Pyramide des âges
– 0–17 ans
– 18–64 ans
– 65 ans et +
()
18,14 %
69,55 %
12,31 %
Étrangers 37,77 % ()
Taux de chômage 19,02 % (octobre 2013)
Revenu annuel moyen 11 205 €/hab. (2011)
Géographie
Coordonnées 50° 50′ nord, 4° 23′ est
Superficie
– Surface agricole
– Bois
– Terrains bâtis
– Divers
3,15 km2 (2005)
1,58 %
0,00 %
97,47 %
0,95 %
Localisation
Situation de la commune au sein de la région de Bruxelles-Capitale
Situation de la commune au sein de la région de Bruxelles-Capitale

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Etterbeek

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Etterbeek
Liens
Site officiel etterbeek.be

Etterbeek (/ɛ.təʀ.beːk/) est l'une des 19 communes situées dans la Région de Bruxelles-Capitale en Belgique.

Elle est voisine des communes de Bruxelles-ville, Ixelles, Auderghem, Woluwe-Saint-Pierre, Woluwe-Saint-Lambert et Schaerbeek. Au 1er , Etterbeek compte 46 887 habitants (22 303 hommes et 24 584 femmes), ce qui représente une densité de 14 884,76 habitants/km2.

Toponyme[modifier | modifier le code]

Etterbeek tire son nom d'une appellation locale du Maelbeek. En 1138, l'orthographe actuelle « Etterbeek » apparaît pour la première fois.[réf. nécessaire] Cet hydronyme dérive de l'indo-européen *yat (« courir de façon empressée »), du germanique *ara (« eau ») et du germanique *baki (« ruisseau ») et signifie « ruisseau à l'eau courante ». Il a subi l'attraction paronymique du néerlandais etter (« pus »)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Esquisse d'Ettebeek par Hans Collaert, circa 1530-1580
Esquisse d'Eggevoort par Hans Collaert, circa 1530-1580

Le village d'Etterbeek, situé au sud-est de la ville de Bruxelles, se développa le long le cours du Maelbeek, important ruisseau qui prenait sa source dans le bois de la Cambre et traversait une vallée relativement profonde (le long des actuelles rue Gray, rue du Maelbeek et chaussée d'Etterbeek) en formant plusieurs étangs (dont ceux d'Ixelles, du parc Léopold et du square Marie-Louise) pour se jeter ensuite dans la Senne au sud de la gare de Schaerbeek. Le paysage d'Etterbeek reste bien rurale jusqu'au XIX siècle, avec champs, étangs et forêts. Le village est entouré de trois bois faisant partie, au Moyen Âge, de la forêt de Soignes : le « Linthoutbosch », « leMe(l)sdaelbosch » et le « Solbosch »[3].

La première mention du village remonte à l'an 966 (Iatrebache), dans un diplôme de l'empereur Otton I, d'où on a la confirme de l'existence d'une église, dependent de l'abbaye de Nivelles[4]. Il n'est pas clair où le noyau originaire du village se situait - soit près du domaine d'Eggevoorde, au confluent du Maelbeek et du Broebelaar, soit le long de la vallée du Broebelaar (qui suivait la rue Louis Hap de la place Saint-Pierre à la place Jourdan), soit au hameau Oud Geleeg (entre parc Léopold et parc du Cinquantenaire)[3].

En 1127, on trouve Ietrebecca dans une décision de l'évêque de Cambrai, qui octroie un prêtre « résident » à la parroisse. L'église Sainte-Gertrude (actuelle place Van Meyel), ainsiqu'une ferme (démolie vers 1870 lors de l'aménagement de la rue du Clocher[3]), sont sous l'autorité de la Collégiale Sainte-Gudule, mais l'abbaye de Nivelles (sous tutelle des ducs de Brabant) continue d'y lever les dîmes[4]. En 1295 le duc Jean II de Brabant accorde aux échevins de la Ville de Bruxelles le droit de percevoir l'accise sur la bière brassée à Etterbeek[4].

En 1435 on recense 27 habitations (fermes) à Etterbeek, avant que en 1489 le hameau soit ravagée et pillée par les troupes du duc Albert III de Saxe, en guerreavec les villes flamandes. En 1559 Etterbeek relève du nouvel archevêché de Malines, et est ensuite dévastée à nouveau par les Iconoclastes en 1580[4]. La population d'Etterbeek était alors principalement concentrée le long des actuelles chaussée d'Etterbeek, chaussée Saint-Pierre et rue De Mot. Une maison de plaisance occupait l'emplacement de l'actuel parc Félix Hap au XVI siècle. La chapelle de « Onze-Lieve-Vrouw-Huysken » se trouvait au hameau de la Chasse Royale, territoire inhabité faisant partie du domaine royal, près du croisement de la Kapellestraet (actuelle rue Général Henry) et du chemin menant à Overijse (actuelle chaussée de Wavre). Une deuxième chapelle fut érigée pour les habitants d'Eggevoorde en 1619, au carrefour des actuelles rue Gray et chaussée de Wavre[3].

Depuis le XIVe siècle, Etterbeek relevait probablmente de la juridiction de l'échevinage ducal de Watermael, celui-ci étant à son tour de la compétence de la commune de Rhode[3]. Le premier registre paroissial des naissances remonte à l'année 1601[4]. L'année suivante les ducs Albert et Isabelle font capter les eaux du Maelbeek et du Broebelaer afin d'alimenter les cuisines et les jardins du Palais du Coudenberg, via une tour hydraulique située à Saint-Josse. En 1627 la chaussée de Wavre est pavée, et l'année suivante une gilde de tireurs à l'arc est établie, et placée sous le patronage de Saint-Sébastien[4].

Etterbeek était traversée par de très anciennes voies decommunication rurales. Les deux principales étaient le chemin menant à Overijse, reliant la porte de Namur à ce village du Brabant (actuelle chaussée de Wavre), et la Bes(s)emstraet (actuelle chaussée Saint-Pierre). Ces deux artères se rencontraient déjà à la hauteur del'actuelle place Jourdan pour se rattacher à un chemin parallèle au Maelbeek, qui se dirigeait vers Saint-Josse-ten-Noode et la porte de Louvain (chaussée d'Etterbeek). La Bes(s)emstraet était probablement aussi le chemin le plus court entre le palais du Coudenberg (place Royale) et le château de Tervueren, bati en 1200 et relié à la ville par plusieurs artères passant par Etterbeek, telles que le Princewege, la Boschstraet (actuelles rue Gérard et rue Bâtonnier Braffort) ou la chaussée de Tervueren (section de l'actuelle chaussée de Wavre), facilement accessible via la chaussée d'Etterbeek, créée à la fin des années 1720 à l'emplacement du chemin menant à Overijse. Ces voies de communication permettaient également à la Cour de se rendre à la chasse dans les bois d'Etterbeek et des environs. Vers 1750, Charles-Alexandre de Lorraine fit encore tracer deux autres allées sur le territoire d'Etterbeek, les « drèves de Lorraine », à travers le Linthoutbosch et le Me(l)sdaelbosch[3].

Baronnie[modifier | modifier le code]

Maison de la Baronnie (1680)

Il faudra ensuite attendre 1673 pour que la seigneurie, jusque là dépendant du chef-mayeur de Rhodes, soit émancipée. Le roi Charles II d'Espagne érige alors Etterbeek en baronnie, qu'il cède à Don Diego Enriquez de Castro, son neveu, trésorier général des armées des Pays-Bas. Le premier baron d'Etterbeek introduisit la charge de drossard et le village reçut son propre bourgmestre ainsi que cinq échevins[3]. Un pied-à-terre de la Baronnie, en réalité une exploitation agricole, est bati en 1680, dont une partie survie au 56-58 de la chaussée Saint-Pierre, classée comme Monument historique en 1976[4]; une autre maison du XVIe siècle se situe au n° 458 de la chaussée de Wavre[3].

En 1686 Etterbeek compte 350 habitants et une vingtaine de bâtiments, dont plusieurs brasseries et auberges (ils seront 31 en 1724). Le village était bien un but de promenade pour les citadins bruxellois[3]. Un moulin-à-vent au hameau de la Chasse, près de l'actuelle rue Joseph Buedts, est bati en 1689. L'auberge « Moriaan », le plus célèbre, abrite en outre les prémices d'un Conseil communal et donc d'une première Maison communale, jusqu'en 1862[4].

Depuis 1750 en Place Van Meyel, une église remplace la chapelle dediée à Sainte-Gertrude[4]. Lesdescendants du baron de Castro vendirent, en 1767, à un certain Pieter Cluydts l'entièreté du domaine qui revint deux ans plus tard à l'État[3]. En 1770 la famille Posschier exploite une ferme au n° 51 de la chaussée Saint-Pierre. Etterbeek apparait sur la carte militare des Pays-Bas autrichiens, dressée par le ComteJoseph de Ferraris, avec ses étangs (35 en 1804), le Maelbeek (ruisseau), le Broebelaer et le (futur) domaine et château Hap.[4] Etterbeek est aussi siège d'une manufacture de porcelaine de 1787 à 1803.

Etterbeek en 1700
Etterbeek en 1777 (carte de Ferraris)

Commune[modifier | modifier le code]

Lors de la réorganisation qui suivra la Révolution française de 1789, la baronnie deviendra commune au sein du canton de Woluwe-Saint-Étienne. La première maison communale est abrité jusqu'en 1862 dans l'ancien auberge Le Morian[3]. En 1804 la commune d'Etterbeek compte 1.245 habitants. Albert-Joseph Hap en devient Maire, nommé par Napoléon Bonaparte[4].

Le XIXe siècle voit la progressive industrialisation de l'ancien hameau rural, avec l'implantation de briqueteries, tanneries et blanchisseries. Parmi les plus importantes fabriques se trouvaient une tannerie et une brasserie installées en 1804 par l'ancien bourgmestre Albert-Joseph Hap dans sa propriété de plaisance de la vallée du Broebelaar (chaussée de Wavre 508) ainsi que la manufacture de coton Hanssens. L'agriculture maintient quand même la première place dans l'économie locale durant une grande partie jusque dans la seconde moitié du XIXe siècle[3].

Suite à l'indépendance de la Belgique, en 1830 André Lemort devient le premier Bourgmestre d'Etterbeek. En 1831 la commune a 2.237 habitants et 500 maisons. Le futur sculpteur Constantin Meunier y naquit au no 172 de la chaussée d'Etterbeek, en plein quartier européen[4].

La saturation de la ville de Bruxelles pousse désormais plusieurs bourgeois à abandonner la capitale pour les faubourgs. Les bois d'Etterbeek (Me(l)sdaelbosch et Solbosch) ont déjà disparus, mais l'urbanisation ne débute qu'à la moitié du XIXe siècle, suite à l'aménagement du Quartier Léopold et à l'ouverture de la gare du Luxembourg et de l'avenue d'Auderghem du rond-point de la Loi vers la chaussée de Wavre[3].

En 1844 le Conseil communal décide de combler les grands étangs d'Etterbeek et de transformer le Maelbeek en égouts. L'actuelle rue de l'Étang ne sera tracée qu'en 1853. En 1849 la commune compte plus de 3.000 habitants et 590 maisons; une épidémie de choléra fait 85 morts. En 1851 le jardin zoologique de Bruxelles est implanté dans l'actuel parc Léopold. Deux ans après, la Ville de Bruxelles annexe une partie du territoire d'Etterbeek (63 hectares), en vue de prolonger la rue de la Loi et d'étendre le quartier Léopold et le champ de manœuvres (parc du Cinquantenaire), tout en devant reconnaitre l'autonomie communale d'Etterbeek[4],[3].

C'est sous le règne de Léopold II que cette bourgade rurale se transforma en zone péri-urbaine puis urbaine, avec la réalisation de grands axes comme l'Avenue de Tervueren et le Boulevard Militaire (aujourd'hui Boulevard Saint-Michel) et de quartiers comme celui de la Place du Roi-Vainqueur. À cette époque où l'on prend conscience des dangers sanitaires dans les centres urbains, toute une partie de la bourgeoisie et de la noblesse bruxelloise y déménage et avec elle, des institutions comme le collège jésuite Saint-Michel, inauguré en 1905.

En 1859 l'architecte et urbaniste Victor Besme, à peine 24 ans, devient Inspecteur-voyer de la Province de Brabant et travaillera selon les directives de Léopold II en vue de moderniser Bruxelles et ses environs. Il déclare qu‟Etterbeek est « sur lepoint de prendre sa part d‟action dans le processus d‟urbanisation ». En 1861 Etterbeek est raccordée à un réseau de distribution de gaz; démission du bourgmestre Louis Hap, remplacé par François-Louis Hap. En 1862 Joseph Vandersmissen devient bourgmestre et a l'honneur d'inaugurer la première Maison communale, avenue d'Auderghem[4].

En 1867 sur le plateau de Linthout on bâtit le château « Beckers », qui sera vendu plus tard au Baron Henri Dietrich, avant d'être abattu afin d'y construire l'école du Sacré-Cœur de Linthout, devenu aujourd'hui l'Académie de musique de Woluwe Saint-Lambert. En 1870 on aménage la rue du Clocher ainsi qu'un cimetière sur le site de l'ancien hôpital d'Etterbeek, actuellement siège du C.P.A.S. Le Plan général d'alignement des rues et des habitations d'Etterbeek (y inclut la trace de l'avenue de la Chasse) est du 1871, et l'année suivante on rectifie la frontière sud de la commune, en prévision du tracé de l'avenue de Tervueren[4]. Encore en 1872 démarre le service de deux tramways à chevaux qui relient la ville au rond point de la rue de la Loi ainsi qu'au jardin zoologique. Quelques années plus tard, le réseau sera étendu vers la Chasse Royale et la place Jourdan[3].

Entre 1875 et 1886 sont bâties les casernes le long du Boulevard Militaire, actuels boulevard Louis Schmidt et boulevard Général Jacques : cavalerie, artillerie, arsenal, ainsi qu'une nouvelle plaine de manœuvres (site universitaire V.U.B.-U.L.B.). En 1876 Etterbeek dépasse le cap des 10.000 habitants et le premier bureau de poste est ouvert[4].

Etterbeek en 1891

En 1880 le parc du Cinquantenaire est aménagé pour l'exposition du jubilé ; la même année, le « Comité socialiste d‟Etterbeek » est établi. La nouvelle église Sainte-Gertrude est bâtie et consacrée à côté de l'ancienne en 1885 selon les plans de l'architecte Gustave Hansotte, isolée au centre d'un nouveau square selon les idées urbanistiques de l'époque[3]; elle sera démolie en mai 1993 pour risque d'écroulement. En 1889 se produit l'inondation catastrophique du Maelbeek, car la capacité des égouts était nettement insuffisante. L'année suivante le notaire Felix Hap ouvre le Patronage Saint-Jean Berchmans[4].

En 1895 le réseau de distribution d'eau potable est généralisé dans toute la commune, tandis que l'ouverture de l'avenue de Tervuren donne naissance à une nouvelle vague d'urbanisation. En 1896 le marin et explorateur Adrien de Gerlache de Gomery s'installe dans la rue des Rentiers (actuelle rue Général Leman); en 1899, il reviendra d‟une expédition en Antarctique, où lui et son équipage auront passé l'hiver, prisonniers des glaces avec son navire « La Belgica »[4].

Les rails sont installés en 1897 en Avenue d'Auderghem en vue d'accueillir la première ligne de tramways à Etterbeek. La même année le Parc du Cinquantenaire et le château de Tervueren accueillent l'Exposition universelle, ce qui donne l'occasion d'aménager l'avenue de Tervueren selon les plans de Victor Besme[3]. Depuis 1899 tout Etterbeek est raccordé au réseau de distribution d'électricité[4].

XX siècle[modifier | modifier le code]

Eglise Sainte-Gertrude avant 1920
Avenue d'Auderghem avant 1920
La caserne Rolin avant sa démolition (1980)
Maison communale d'Etterbeek (1978)

En 1900 Etterbeek compte 20.838 habitants, et la population est désormais majoritairement francophone. En rue du Grand-Duc la famille Vanderveken exploite toujours la dernière ferme etterbeekoise. Le quartier de Linthout subit aussi une importante urbanisation. En 1901 la place Saint-Antoine est ouverte (la construction de l'église Saint-Antoine de Padoue, selon les plans des architectes Serneels et Cochaux, durera entre 1905 et 1935, notamment à cause de la Grande Guerre), et en 1902 la première ligne de tramway entre en service sur l'avenue d'Auderghem[4].

En 1905 le College Saint-Michel, construit d'après les plans des architectes Gellé et Prémont, ouvre ses portes aux premiers élèves. Une nouvelle inondation frappe Etterbeek en 1910, spécialement rue Gray et le long de la chaussée d‟Etterbeek. En 1912 une gare de triage et de marchandises entre en fonction (en-dessous de l'actuel boulevard Saint-Michel) et la construction, place Saint-Pierre, d'un bâtiment destiné à devenir la Justice de Paix démarre en 1914 (il sera ensuite affécté à l'Institut technique Ernest Richard, fondé en 1933, qui s'y installera en 1963)[4].

Etterbeek est ensuite concerné par l'occupation allemande pendant la Grande Guerre. Le 12 octobre 1915 deux resistants, Philippe Baucq (35 ans) et Edith Cavell (50 ans) sont exécutés au Tir National à Schaerbeek. Baucq, architecte etterbekois, ancien élève de l'Institut Saint-Stanislas, aidait les soldats blessés et cachés à l'exfiltrer vers les Pays-Bas, ainsi que distribuiait le journal clandestin « La Libre Belgique ». Le 24 janvier 1917 le pilote etterbeekois Edmond Thierry devient un héros national en survolant Bruxelles occupée[4].

Du 1921 sont la révision du plan d'alignement des rues et des habitations, l'urbanisation du quartier Rinsdelle et la mise en chantier du projet de la place du Roi Vainqueur. En 1922 la Société de Logements sociaux « Le Foyer Etterbeekois » demande le permis de bâtir pour la cité-jardin « Coquilhat » un ensemble de 92 habitations ouvrières destinées à la vente et situées dans de petites rues en courbe. En 1925 les inondations du Maelbeek occasionnent des dégâts matériels considérables. En 1928 est inaugurée l'église du Sacré-Cœur (carrefour Pervyse-Tervaete) e l'année suivante l'Hôtel particulier « Bosman », au n° 2 de l'avenue de Tervueren, rayé en suite de la carte pour faire place à la construction d'un immeublequi abrite notamment l'ambassade du Canada. En 1933 Etterbeek compte 45.328 habitants et en 1936 la place du Roi Vainqueur est inaugurée, pourtant inachevée, selon les plans de l'architecte Paul Posno[4].

En 1940 le bourgmestre Louis Schmidt refuse de collaborer avec les Nazis et est considéré comme résistant. Vu l'importance du personnage, il n'est pas exécutémais emprisonné en Allemagne, où il meurt en 1945, à Breslau. En 1958 le nouvel Hôtel communal, avenue d‟Auderghem, est inauguré au même emplacement que le précédent (le bâtiment central actuel), grâce aux subsides octroyés dans le cadre de l'Exposition universelle 1958. La même année la place du Roi Vainqueur est achevée et le nouveau cimetière, à Wezembeek-Oppem, est ouvert (toujours en service). En 1963 le nombre d'habitants d'Etterbeek atteint son chiffre maximum, 52.806, pour ensuite diminuer constamment jusqu'en 1997[4].

Dans l'après-guerre, la question principale qui se pose pour Etterbeek, désormais totalement urbanisée, rélève du renouvellement du « bas d'Etterbeek », les anciens quartiers souvent inondés par les Maelbeek et laissés aux classes sociales moins favorisées. La montée du trafic ainsi que la proximité, depuis les années 1950, des institutions européennes et nationales contribuèrent également à l'exode des résidents. Les premiers projets de réaménagement révélaient tendances modernistes basées sur une stricte division des fonctions, sur la présence de buildings entre des espaces verts et sur la subordination des zones d'habitation à la circulation[3]. En 1970 un projet d'autoroute de pénétration urbaine, dit « du Maelbeek », fut toutefois abandonné suite à la lutte efficace de la Fédération des Comités du Maelbeek, malgré la demolition de plusieurs maisons[4].

Dans les années 1970 Etterbeek établi aussi ses jumelages européens: avec la ville française de Fontenay-sous-Bois, en 1972 (dont les Jardins de Fontenay); et en 1977 avec la ville italienne de Forte dei Marmi, ville natale de la reine Paola (dont la place Forte dei Marmi). Un troisième jumelage s'établit en 1984 avec la municipalité de Beauport (depuis 2002 part de la Ville de Québec), au Canada[4].

Depuis 1977 la commune intervient en achetant plus de cent maisons afin de réduire la pression spéculative. Le « bas d'Etterbeek » est rénové à partire de 1980 avec la rénovation d'îlots et la construction de nouveaux immeubles modernes[3].

Un nouvel Hôtel communal est mis en service en 1978 avec un véritable Centre administratif moderne, comprenant 9 niveaux de bureaux et 2 niveaux de parkings en sous-sol. Le bâtiment central (1958) a été conservé et abrite les services du Cabinet du Bourgmestre ainsique la salle du Conseil comunal. Le nouveau Commissariat de Police est inauguré en 1982, comprenant 4 niveaux debureaux et un sous-sol pour l'entretien des véhicules[4].

Dans les années 1990 d'autres projets urbanistiques ambitieux sont aménés. D'une part, la démolition de la caserne Rolin et de ses infrastructures, assainissement du sous-sol, construction de bureaux et d'un ensemble d'habitations mixtes : loge-ments sociaux pour la location, maisons et appartements à acheter. D'autre part, sur et autour de l'immense dalle en béton du Cours Saint-Michel, la construction d'immeubles de logements de luxe. Le nombre d'habitants est estimé là augmenter de 3.000 citoyens. En 1993 l'église Sainte-Gertrude est démolie pour risque d'écroulement. En 1996 le toit de la piscine rue des Champs est incendié suite à des travaux et le plafond s'écroule; la piscine restera hors service jusqu'en 2002. Le nombre d'habitants rejoint son minimum: 38.280. Le centenaire de l'avenue de Tervueren est fetée par les communes d'Etterbeek, Woluwe Saint-Pierre et Tervueren en 1997[4].

XXI siècle[modifier | modifier le code]

En 2010 le Conseil communal marque son accord sur les prémices d'un projet urbanistique de grande envergure, sur l'emplacement de l'actuel C.P.A.S., (ancien hôpital pavillonnaire et home Jourdan), qui consiste en la construction d'un nouveau Centre administratif comprenant un Hôtel communal moderne, un commissariat de Police, le siège du C.P.A.S., des logements, des commerces et une zone verte[4].

Le nombre d‟habitants frôle les 45.000 en 2011[4].

C'est ainsi qu'Etterbeek devint l'une des communes les plus huppées de la capitale. Sa réputation de commune chic, où les prix de l'immobilier sont élevés, fut renforcée ces dernières années par l'arrivée massive de fonctionnaires européens qui décidèrent d'y élire domicile. Si cette population aisée y trouve un cadre de vie agréable (espaces verts, calme, commerces, etc.), Etterbeek leur offre également une grande proximité avec les institutions européennes de Bruxelles.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Etterbeek
Bruxelles, Schaerbeek Woluwe-Saint-Lambert
Ixelles Etterbeek Woluwe-Saint-Pierre
Ixelles Auderghem

Évolution de la population[modifier | modifier le code]

Avant 1900[modifier | modifier le code]

Année 1686 1830 1846 1856 1866 1876 1880 1890
Habitants 350 2.213 3.084 2.893 4.611 10.014 11.753 17.735
Index 100 139 131 208 453 531 801
chiffres INS - 1830 = Index 100

Depuis 1900[modifier | modifier le code]

Année 1900 1910 1920 1930 1947 1961 1970 1980 1990 2000 2010 2015
Habitants 20.838 33.227 39.813 45.328 50.040 52.837 51.030 46.650 39.641 39.404 44.352 46.887
Index 942 1.501 1.799 2.048 2.261 2.388 2.306 2.108 1.791 1.781 2.004 2.119
chiffres INS - 1830 = Index 100

Lieux culturels[modifier | modifier le code]

Eglise Saint-Antoine, place Saint-Antoine
  • Le Bouche à oreille[site 1]
  • Centre culturel Léopold Sédar Senghor (Espace Senghor)
  • Centre culturel Maalbeek
  • Maison de jeune La Clef
  • Maison de jeune Samarcande
  • Bibliothèque-médiathèque Hergé
  • Bibliothèque publique Notre-Dame
  • Bibliothèque Culture et Loisirs
  • Bibliothèque néerlandophone
  • Église Notre-Dame du Sacré-Cœur (rue de Tervaete)
  • Église Saint-Antoine de Padoue (place Saint-Antoine)
  • Théâtre Saint-Michel
  • Théâtre Yvan Baudouin-Lesly Bunton
  • L'Arrière-Scène, café-théâtre
  • L'Atelier 210, salle de spectacle polyvalente (théâtre, musique, danse, etc.)
  • Albert hall - Roseland, salle de spectacle
  • Ateliers du maître verrier Pierre Majerus (vitraux)
  • Fonderie Hap (bronze)
  • La Fondation René Carcan (gravure)

Enseignement[modifier | modifier le code]

Centre d'Enseignement Secondaire Ernest Richard (1980)

Principaux espaces verts à Etterbeek[modifier | modifier le code]

Le jardin Félix Hap

En lisière de la commune :

Quelques Etterbeekois[modifier | modifier le code]

Monument à la grande guerre en rue Van Gele

De naissance ou d’adoption :

Jumelages[modifier | modifier le code]

La commune d'Etterbeek est jumelée avec [5]:

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Commune d'Etterbeek. Plan général. Échelle 1/2500. Brux., Kymeulen, 1906, plan parcellaire, plié en 32, format final 28x12

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Germain, Guide des gentilés : Les noms des habitants en Communauté française de Belgique, Bruxelles, Ministère de la Communauté française, (lire en ligne), p. 21.
  2. Jean-Jacques Jespers, Dictionnaire des noms de lieux en Wallonie et à Bruxelles, Racine, , 652 p. (ISBN 978-2-87386-409-5), p. 243.
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Dirk Nevelsteen, Histoire du développementurbanistique d’Etterbeek, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, 1997
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z, aa, ab, ac et ad Willy Van Damme, [www.etterbeek.be/Brochures/2017/20170223-br-histoire-etterbeek.pdf Histoire d'Etterbeek], Février 2017, Etterbeek.be
  5. En quelques mots

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il tailla vers 1455 les pierres destinées au perron et aux trois tourelles du côté du corps de garde de l'Hôtel de Ville de Louvain et exécuta une partie de ses bas-reliefs.

Sites[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]