Best (magazine)

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Best
Pays Drapeau de la France France
Langue française
Périodicité mensuelle
Genre magazine musical
Date de fondation Septembre 1968
Date du dernier numéro Mars 2000
Ville d’édition Paris

Rédacteur en chef Gérard Bernar, Sacha Reins, Christian Lebrun, Francis Dordor, Jean Pierre Sabouret, Christophe Geoffette,Christian Lamet

Best était magazine musical français spécialisé dans le rock. Il a paru de septembre 1968 à mars 2000, avec une interruption de décembre 1994 à fin 1998.

Se positionnant d'emblée comme le successeur de Disco Revue, dont une partie de l'équipe est issue, il vient concurrencer Rock&Folk, lancé en 1966, en revendiquant un style plus populaire. Il acquit alors une grande notoriété, qui s'étendra sur quatre riches décennies. Best a cessé de paraître en 1995. Il renaquit de ses cendres pour quelques numéros en 1999-2000. Un livre-anthologie des meilleurs articles, Best of Best, a été publié en 2010, édité par le Castor Astral.

Succès rapide[modifier | modifier le code]

Best a été fondé en septembre 1968 par Gérard Bernar, rédacteur en chef, ancien maquettiste-rédacteur de Disco Revue et créateur du nom du magazine. Il était financé par Jacques Morlain, directeur. D'abord bimestriel, Best devint mensuel début 1969. Avec pour premiers rédacteurs Gérard Bernar, Kurt Mohr, Jean Mareska et son épouse Catherine Claude, Philippe Paringaux (collaborateur, puis secrétaire de rédaction de Rock & Folk, signant Claude Gémet dans Best), Sylvie Jouffa, puis Jacques Leblanc (futur fondateur de Juke Box Magazine), Jean-Noël Coghe, Stanislas Vitold, Philippe Bas-Rabérin, Thierry Walter, Norbert Petit, Jean-Paul Commin (futur cofondateur du mensuel rock Extra en 1973) et Hervé Muller, le journal s'intéressait beaucoup au blues, au rock noir et à la soul. En 1969, Jacques Morlain revendit le magazine à Patrice Boutin, éditeur du magazine Cheval, qui finança l'impression et les locaux. Ancien assistant de B.B. King aux États-Unis et premier correspondant de la revue à New York, Sacha Reins revint en France en 1970 à la demande de Boutin, et devint rédacteur en chef en 1971. « La meilleure actualité de l'évolution musicale » (sous-titre du magazine) enrichit aussi son équipe de Hervé Picart. Les photos étaient d'abord assurées par Gérard Bernar, Bruno Ducourant, Jean-Louis Rancurel et Claude Gassian. Le photographe Jean-Yves Legras a été engagé par Boutin en 1972. Au début des années 1970, Jean-Noël Ogouz, Pierre Jahiel, Jean-Marie Leduc, Magda Tobaly, Jacques Barsamian et Hervé Muller ont collaboré à la rédaction. Avec l'aide du nouveau secrétaire de rédaction, Christian Lebrun, qu'il a fait engager en 1970, Sacha Reins parvint à structurer la rédaction et fit de Best un concurrent sérieux pour Rock & Folk, déjà bien installé. En cédant sans s'en rendre compte le titre à Patrice Boutin, le fondateur Gérard Bernar a été dépossédé de sa création et a perdu le contrôle de son journal. Il quitta Best en 1972 et en 1973 fonda avec Jean-Paul Commin et Jean-Claude Berthon (ancien fondateur de Disco Revue) le mensuel Extra, mais avec peu de succès.

L'âge d'or de Christian Lebrun[modifier | modifier le code]

Le tirage était déjà de plus de 100 000 exemplaires en 1974 quand Sacha Reins démissionna de son poste de rédacteur en chef pour rejoindre KCP, la plus importante société de production de concerts rock en France. Il resta cependant journaliste salarié à Best, Patrice Boutin lui ayant fait cette offre pour l'empêcher de passer à la concurrence ou de créer sa propre revue. Sacha Reins écrira par la suite, principalement sur la musique et le cinéma, pour de grands magazines français et britanniques, notamment Le Point. Christian Lebrun, officiellement secrétaire de rédaction, reprit le poste de rédacteur en chef qu'il assumait déjà en partie. Les photos de Claude Gassian et du célèbre new-yorkais Bob Gruen étaient aussi reproduites dans Best. Lebrun recruta une nouvelle équipe de talent : Francis Dordor, Patrick Eudeline, Bill Schmock, Michel Embareck, Brenda Jackson (future cofondatrice avec Alain Pons du mensuel rock Feeling en 1977) et un correspondant à New York, Jean-Gilles Blum (cousin germain du futur correspondant à Londres, Bruno Blum). Philippe Constantin, futur fondateur de Virgin France, découvreur de Téléphone et Rita Mitsouko, éditeur de renom (le prix Constantin sera créé après sa disparition) écrivait à cette époque le courrier des lecteurs sous le nom de Peter Clafoutis.

Dès 1974 Christian Lebrun a su diriger Best avec une plus grande réactivité aux nouveaux courants que Rock & Folk négligeait souvent. Best touchait un large public. Le « mensuel du rock » contenait une double affiche et un classement des meilleurs disques de rock, mis à jour chaque mois en fonction du vote de ses lecteurs et désigné sous le terme « Bestop ». Ce classement était un baromètre des tendances et succès discographiques du moment. Le magazine était principalement porté par le succès de quatre artistes anglais en France, en Belgique et en Suisse : les Who, les Rolling Stones, David Bowie et Led Zeppelin. À une époque où le rock ne connaissait que très peu de visibilité à la télévision, à la radio et dans la presse, Best et Rock & Folk ont eu un impact important dans la jeunesse française. Ils étaient le lien presque exclusif entre la culture rock et le public. Les affiches en couleurs grand format, imprimées des deux côtés et agrafées au centre des numéros, ont contribué au succès du mensuel. La revue fêta son no 100 en novembre 1976 avec Ringo Starr en couverture.

Conçu, réalisé et coordonné par Bruno Blum, un livre anthologie de la période 1968-1979 a paru en novembre 2010 sous le titre « Best of Best »[1]. Un tome 2, encore attendu, avait été annoncé pour 2011.

La Nouvelle Vague[modifier | modifier le code]

À partir de 1977, les ventes n'ont pas cessé d'augmenter en raison de la nouvelle vague punk et des bouleversements qui s'ensuivirent. Notamment sous l'influence des articles de Bill Schmock, Patrick Eudeline, Bruno Blum, Gilles Riberolles et Francis Dordor qui traitaient ces nouvelles tendances, le tirage est passé de 110 000 exemplaires en 1977 à 185 000 exemplaires en 1980. Plus que ses nouveaux concurrents Extra (fondé par Jean-Paul Commin), Rock News (fondé par Michel Estéban) et Rock & Folk, le magazine était ouvert à des styles variés : artistes noirs, nouveaux talents et différents styles comme le reggae, le funk, la soul, le punk rock, la nouvelle vague américaine et anglaise, le rock français, et contribua beaucoup à faire découvrir en France des artistes importants comme le Clash, Motörhead, AC/DC, les Sex Pistols, les Stray Cats, les Pretenders, Police, Devo, Peter Tosh, La Mano Negra ou The Cure. Les articles sur le rock progressif et le très populaire hard rock, notamment sous la plume de l'incontournable et prolifique Hervé Picart, participèrent au succès du mensuel. Picart animait aussi la rubrique « Le Croque-Vinyle ».

Toujours agitée de polémiques passionnées, la rubrique du courrier des lecteurs était tenue par une rotation de la rédaction (comme les chroniques de concerts). Le « Rock d'Ici », de Philippe Lacoche, Alain Pons et Brenda Jackson explorait les provinces, les scoops se succèdaient, et le rock connut son dernier âge d'or. Alors que la nouvelle vague du rock anglais était très influente, le rendez-vous mensuel des trois pages « In The City » du jeune correspondant à Londres Bruno Blum contribua beaucoup à faire de Best une lecture indispensable pour tout amateur de rock en Europe francophone. Après les pionnières Sylvie Roman (Sylvie Jouffa) et Catherine Claude aux débuts en 1968, Christian Lebrun a ouvert les portes de la rédaction à plusieurs femmes : d'abord Brenda Jackson, puis dans les années 1980 à Laurence Romance, Emmanuelle Debaussart, Myriam Léon et Catherine Chantoiseau. Lebrun publiait également les illustrations et bandes dessinées de Bruno Blum, qui finira par tenir une rubrique BD dans les années 1980. Le Bruxellois Dominique Debecker diversifia encore la rédaction.

L'ambiance était bonne dans les petits bureaux sous les toits de la rue d'Antin mais la rédaction n'était pas extensible et Lebrun dut refuser à contrecœur les articles du futur romancier Laurent Chalumeau, qui rejoint alors la concurrence. Les tensions entre la direction, d'une orientation politique proche de celle de Jean-Marie Le Pen et une rédaction de gauche, était permanentes. Bien que mal rémunérés, les journalistes en herbe avaient accès à de grandes stars, réalisaient des reportages passionnants racontés sur plusieurs pages et vivaient une aventure inespérée. Plusieurs rédacteurs étaient en fait des musiciens qui ont publié des disques : Patrick Eudeline avec notamment Asphalt Jungle, Gilles Riberolles avec Casino Music puis Jumbo Layer, et Hervé Picart avec Ose. Jean-Michel Reusser fonda une société de production et édition musicale Taktic Music, collabora plusieurs années avec John Cale et le Lama Gyourmé avec succès. Bruno Blum a publié plusieurs albums de qualité sous son nom, notamment de reggae. Il enregistra avec les musiciens de Bob Marley et de Fela Kuti, et a aussi travaillé comme réalisateur artistique sur sept albums de Serge Gainsbourg. Un site internet réalisé par Bruno Blum sur Facebook, illustré par 300 photos légendées[2], retrace l'épopée du magazine avec une participation de membres de la rédaction.

Déclin progressif[modifier | modifier le code]

Après les émissions de radio rock de Philippe Manœuvre et Brenda Jackson, Bernard Lenoir et Alain Maneval sur France Inter, Rock à l'œil d'Yves Bigot sur Europe 1, Georges Lang et Francis Zegut sur RTL, Best était concurrencé par l'irruption des radios « libres » et commerciales à partir de 1981, ainsi que par le nouveau mensuel Les Inrockuptibles (1986) auquel Francis Dordor contribuait déjà sous un pseudonyme. Avec l'émission de télévision Chorus (1979) d'Antoine de Caunes, puis Les Enfants du rock (1981) auxquels contribua Bruno Blum, le rock touchait désormais le grand public français. De nouvelles signatures apparaissent, de plus en plus nombreuses dans les années 1980. Parmi elles, Gérard Bar-David, le Niçois Youri Lenquette (qui en 1981 reprit le poste de correspondant à Londres), Jean-Michel Reusser, Arnaud Viviant, Laurence Romance, Jean-Luc Manet, Éric Ouzounian, David Dufresne, Ian Holchaker, Frank Brignaudy, Mehdi Boukhelf. Apparaissent les Closh, une BD à suivre de Dodo et Ben Radis.

Décédé dans un accident au volant de sa Ferrari en 1982, le propriétaire Patrice Boutin a été remplacé par sa veuve Sylvie Boutin, qui n'avait aucune expérience de la presse. En mars 1985, le no 200 présentait Mick Jagger en couverture. Quand le rédacteur en chef Christian Lebrun décèda par noyade accidentelle le 14 juillet 1989, le déclin des ventes était déjà bien amorcé. Francis Dordor, qui le remplaça, ne sut l'enrayer.

Le rock lui-même a connu une nette phase de déclin à partir du milieu des années 1990. À l'occasion des vingt-cinq ans du magazine, un numéro hors-série anthologie de 160 pages rééditant en fac-similé les articles de 1972 à 1979, conçu par Gilles Riberolles et intitulé « Seventies Graffiti - 25 grands moments de rock », a été publié en 1993. Le no 300 a paru en juillet 1993. Plusieurs numéros hors-série, dont un Best of Blues (conçu par Gilles Riberolles et Patrick Eudeline), un Best of Rap (conçu par Jean-Éric Perrin) et un Best of Reggae (conçu par Bruno Blum), ont marqué 1994. Mais Best cessa de paraître après le numéro de décembre 1994. Il fut brièvement remplacé pour quelques numéros par B-Mag, projet de l'imprimeur du magazine Gérard Clairiot, avant de redémarrer l'année suivante, sous une nouvelle numérotation, avec comme rédacteurs en chef successifs Jean-Pierre Sabouret (pour huit numéros seulement) puis Christophe Goffette (futur rédacteur en chef de CROSSroadS), pour une trentaine de parutions, avant de disparaitre à nouveau.

Le dernier sursaut[modifier | modifier le code]

En 1998, le titre fut à nouveau relancé par l'éditeur de la publication Hard Force Magazine. Douze numéros d'une nouvelle formule parurent à partir de décembre 1998. Le premier numéro présentait Garbage en couverture. Christian Lamet en était alors rédacteur en chef (en parallèle de son poste équivalent dans Hard Force Magazine). La nouvelle équipe proposait un contenu éditorial dense et pluraliste, dans l'esprit initial de la revue, avec une ouverture vers les nouveaux médias CD-ROM et Internet. Présentée par l'animateur de France Inter Laurent Lavige, une émission de radio contenant des séances d'enregistrement acoustiques et des chansons inédites était incluse sur le CD-ROM. Le magazine devint partenaire d'un grand nombre de concerts et tournées rock en France et édita même un numéro spécial, gratuit, distribué dans l'enceinte du Palais Omnisports de Paris Bercy, lors d'un concert des Red Hot Chili Peppers. Malgré une relance remarquée dans les kiosques, le magazine a été fauché dans sa nouvelle ascension par une décision arbitraire relative à l'exploitation du titre lui-même et sa parution cessera définitivement en mars 2000.

Une grande partie de l'équipe de l'âge d'or de Best continuera néanmoins à se faire remarquer dans le monde de la musique.

Principaux collaborateurs[modifier | modifier le code]

Rédacteurs :
Gérard Bar-David, Jacques Barsamian, Philippe Bas-Rabérin, Bahlouli Belkacem, Gérard Bernar, Bruno Blum, Jean-Gilles Blum, Mehdi Boukhelf, Frank Brignaudy, Julien Capraro, Catherine Claude, Jean-Noël Coghe, Philippe Constantin, Daniel Darc, Emmanuelle Debaussart, Dominique Debecker, Jacques Denis, Francis Dordor, Laurent Ducastel, François Ducray, Michel Embareck, Patrick Eudeline, Alain Gaillard, Claude Gassian, Pascale Geoffrois, Guillaume Godard (Jean-William Thoury), Roland Godefroy, Christophe Goffette, Ian Holchaker, Brenda Jackson, Pierre Jahiel, Sylvie Roman (Sylvie Jouffa), Isabelle Karcher, Clark Kent, Christian Lamet, Philippe Lacoche, Laurent Lamet, Jacques Leblanc, Christian Lebrun, Jean-Marie Leduc, Juliette Legouy, Youri Lenquette, Myriam Léon, Michel Lousquet, Jean-Luc Manet, Jean Mareska, Kurt Mohr, Hervé Muller, Jean-Noël Ogouz, Alain Ottavi, Éric Ouzounian, Claude Gémet (Philippe Paringaux), Jean-Éric Perrin, Hervé Picart, Alain Pons, Sacha Reins, Jean-Michel Reusser, Gilles Riberolles, Laurence Romance (Laurence Milbled), José Ruiz, Bill Schmock (Alain Wais), Magda Tobaly, Arnaud Viviant, Thierry Walter, Patrick Williams...

Photographes :
Jean-Louis Rancurel, Gérard Bernar, Claude Gassian, Barry Plummer, Renaud Corloüer, Jean-Yves Legras, Bertrand Alary, Bob Gruen, Youri Lenquette, Bruno Blum, Laurent Zefirini, Renan Marzin...

Illustrateurs :
Gérard Bernar, Bruno Blum, Dodo et Ben Radis, Jacky Souchu…

Maquettistes :
Gérard Bernar, Laurent Lamet, Jocelyn Barbier, Stéphane Heurtaux, Jacky Souchu, Gaël José, Sandrine Rivière, Claudio Manetta-Scott.

Secrétariat :
Régine Régnier, Hélène Get, Cécilia Gaspar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. éditions Le Castor Astral
  2. Site Facebook Best réalisé par Bruno Blum : [1]

Liens externes[modifier | modifier le code]