Châtillon-sur-Cluses

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Châtillon-sur-Cluses
Châtillon-sur-Cluses
Église de Châtillon-sur-Cluses.
Blason de Châtillon-sur-Cluses
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Bonneville
Canton Cluses
Intercommunalité CC des Montagnes du Giffre
Maire
Mandat
Bernard Cartier
2014-2020
Code postal 74300
Code commune 74064
Démographie
Gentilé Cassandrins
Population
municipale
1 258 hab. (2015 en augmentation de 6,16 % par rapport à 2010)
Densité 137 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 05′ 16″ nord, 6° 34′ 59″ est
Altitude Min. 520 m
Max. 1 347 m
Superficie 9,18 km2
Localisation

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Châtillon-sur-Cluses

Châtillon-sur-Cluses est une commune française située dans le département de la Haute-Savoie, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Ses habitants sont nommés les Cassandrins et les Cassandrines[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Lieu de passage principal entre la vallée du Giffre et la vallée de l'Arve, c'est tout naturellement au col (altitude 741 m) que s'est développée la commune de Châtillon, autour de son château.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Rose des vents Mieussy Taninges Rose des vents
Thyez N La Rivière-Enverse
O    Châtillon-sur-Cluses    E
S
Cluses Saint-Sigismond

Toponymie[modifier | modifier le code]

Châtillon serait un dérivé, sans doute mérovingien, du bas latin castellum, diminutif de castrum, accompagné du suffixe -ionem. Castrum désigne d’abord tous les types de forteresse, depuis le simple donjon jusqu’à l’enceinte urbaine, puis se spécialise dans le sens de « château fort » et se réduit ensuite à celui de « grande maison de plaisance ».

En francoprovençal, le nom de la commune s'écrit Shâtlyon, selon la graphie de Conflans[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Le col est pratiqué par les Romains[3]. Des tuiles à rebords (Tegula) ont été retrouvées sous l'église paroissiale ainsi qu'une pièce de bronze datant du règne de l'empereur Dioclétien[3].

Période médiévale[modifier | modifier le code]

L'histoire de Châtillon remonte a 1032, lorsque le roi de Bourgogne remet à l'empereur Conrad II le Salique la royauté de Bourgogne. L'empereur confie alors aux seigneurs locaux le soin de gérer leurs fiefs à leur gré[4].

Carte du Faucigny.

La famille de Faucigny en profite alors affirmer ses positions sur leur territoire, délimité par le relief montagneux et qui s'étend des pentes du Salève et des Voirons au massif du Mont-Blanc et est entouré par les provinces du Chablais, du Genevois et le territoire des comtes de Genève. Ce territoire peut-être contrôlé par plusieurs points stratégiques que sont le Faucigny (résidence principale de la famille des sires du Faucigny), Sallanches et Châtillon-sur-Cluses. Toutes ces places fortes sont des forteresses de type défensive, mais aussi des vrais lieux de rassemblement, centres administratifs et économiques.

Les sires du Faucigny font aussi de généreuses donations à l'Église. Guy de Faucigny fondera en 1083 le prieuré de Contamine-sur-Arve. Aymon I de Faucigny concèdera la vallée de Sixt aux chanoines de Saint-Augustin où son frère Ponce établir un monastère. Et en 1151, la vallée du Béol est offerte à Jean d'Espagne qui y installera le monastère du Reposoir.

Au début du XIIe siècle, la famille de Faucigny participe aux deux premières croisades. Elle est alors considérée comme « famille de Grande Noblesse » par Pierre le Vénérable, abbé de Cluny. Pour renforcer son pouvoir auprès du clergé, chaque génération installe une personne de la famille sur un siège épiscopal.

La première mention de Châtillon remonte à 1178 dans un acte de l'évêque de Genève, Arducius, dans lequel un Alimard de Châtillon et son fils Turumbert sont cités comme témoins. Un Gérard, qualifié de vicomte de Châtillon est cité en 1210.

Aymon II de Faucigny naît en 1202 pour être le dernier sire du Faucigny. Les guerres entre les seigneurs de Savoie, de Genève et du Dauphiné sont rudes. Le Faucigny se trouve alors en plein milieu des conflits, ce qui lui permettra d'établir de bonnes alliances dans son intérêt. La maison de Genève est alors très affaiblie, et le Faucigny en profitera pour se libérer de leur tutelle et de s'allier avec la maison de Savoie. C'est à cette période qu'Aymon II, fera de la forteresse de Châtillon-sur-Cluses sa résidence principale.

Le pape Célestin IV y meurt en 1241.

Ensuite, on peut retrouver des traces de Châtillon-sur-Cluses dans une étude historique « Cluses et le Faucigny » (ouvrage en deux tomes en 1888 et 1889) par l'abbé Lavorel. Il fait dans cet écrit une description complète et détaillée du château. On y apprend aussi qu'un système de signaux avait été mis en place afin de communiquer entre le château de Châtillon-sur-Cluses et la tour édifiée à Cluses sur le roc de Chessy.

Période contemporaine[modifier | modifier le code]

Lors des débats sur l'avenir du duché de Savoie, en 1860, la population est sensible à l'idée d'une union de la partie nord du duché à la Suisse. Une pétition circule dans cette partie du pays (Chablais, Faucigny, Nord du Genevois) et réunit plus de 13 600 signatures[Note 1], dont 121 dans le village[7],[8]. Le duché est réuni à la suite d'un plébiscite organisé les 22 et 23 avril 1860 où 99,8 % des Savoyards répondent « oui » à la question « La Savoie veut-elle être réunie à la France ? »[9].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Chatillon-sur-Cluses.svg

Les armes de Chatillon-sur-Cluses se blasonnent ainsi :

'Parti : au premier d'azur à une tour d'argent ouverte du champ, au second de queules à la croix d'argent ; le tout soutenu d'une champagne barrée de gueules et d'or.'


Politique et administration[modifier | modifier le code]

Mairie de Châtillon-sur-Cluses.

Au Moyen Âge, Châtillon était le centre d'une châtellenie du Faucigny qui comptait au XIIIe siècle treize paroisses. En 1357, Châtillon est le centre du mandement de Châtillon et de Cluses.

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
5 février 1939 1945 Camille Baud Modéré Lieutenant des sapeurs-pompiers
1945 1971 Émile Devant    
1971 mars 2001 Théophile André Bonnaz ... ...
mars 2001 juillet 2002 Théophile André Bonnaz ... ...
septembre 2002 mars 2008 Dominique Schott ... ...
septembre 2008 en cours Bernard Cartier ... ...
Les données manquantes sont à compléter.

Contrairement aux autres communes, c'est en septembre 2002 qu'a eu lieu l'élection de Dominique Schott. Les élections municipales de 2001 ont en effet été annulées par le tribunal administratif de Grenoble pour cause d'irrégularités. L'élection de Théophile André Bonnaz a été annulée.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[10]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[11].

En 2015, la commune comptait 1 258 habitants[Note 2], en augmentation de 6,16 % par rapport à 2010 (Haute-Savoie : +7,57 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
6969119258991 1661 088906909865
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
807788800837780774755712677
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
564540486470446503587521766
1982 1990 1999 2004 2009 2014 2015 - -
8581 0141 0611 0961 1681 2581 258--
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[12] puis Insee à partir de 2006[13].)
Histogramme de l'évolution démographique

Au XVe siècle, Châtillon abrite 80 feux. Lors du passage de Saint-François de Sales, le 10 août 1606, elle compte 120 feux. En 1783, on recense 695 âmes. En 1801, la population est de 900 habitants et elle atteint son optimum en 1838, avec 1 166 Cassandrins. Ils ne sont plus que 677 en 1911 et 470 en 1936. Le niveau le plus bas est atteint en 1946 avec seulement 446 habitants. Avec le développement du bassin de Cluses, la population depuis cette date n'a cessé d'augmenter.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette pétition réunit plus de 13 651 signatures dans des villages de la partie nord (aujourd'hui la Haute-Savoie) : 60 communes du Faucigny, 23 du Chablais savoyard et 13 aux environs de Saint-Julien-en-Genevois, soutenue par l’Angleterre[5],[6].
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandra Collomb, « Ces drôles de noms d'habitants », Le Messager (France),‎ (Article consulté le 5 septembre 2012).
  2. Lexique Français - Francoprovençal du nom des communes de Savoie - Lé Kmoune in Savoué, Bruxelles, Parlement européen, , 43 p. (ISBN 978-2-7466-3902-7, lire en ligne), p. 14
    Préface de Louis Terreaux, membre de l'Académie de Savoie, publié au Parlement européen à l'initiative de la députée Malika Benarab-Attou.
  3. a et b Pierre Broise, « Antiquités gallo-romaines du Faucigny », Bulletin de la Société d'histoire et d'archéologie de Genève, vol. 3, t. XVIII,‎ , p. 250, « Châtillon-sur-Cluses » (lire en ligne).
  4. L'histoire de Châtillon-sur-Cluses est tiré de Si Châtillon m'était conté .., écrit par Juliette Châtel
  5. Luc Monnier, L'annexion de la Savoie à France et la politique suisse, 1860, A. Jullien, , p. 98
  6. Paul Guichonnet, Histoire de l'annexion de la Savoie à la France et ses dossiers secrets, Le Messager-Horvath, , 354 p. (ISBN 2-858-82536-X), p. 163.
  7. Manifestes et déclarations de la Savoie du Nord, Genève, Imprimerie-Lithographie Vaney, , 152 p. (lire en ligne).
  8. Paul Guichonnet, Histoire de l'annexion de la Savoie à la France et ses dossiers secrets, Le Messager-Horvath, , 354 p. (ISBN 2-858-82536-X), p. 167.
  9. Paul Guichonnet, Nouvelle encyclopédie de la Haute-Savoie : Hier et aujourd'hui, La Fontaine de Siloé, , 399 p. (lire en ligne), p. 18.
  10. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  11. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  12. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  13. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  14. Raymond Oursel, Les chemins du sacré : L'art sacré en Savoie, La Fontaine de Siloé, coll. « Les Savoisiennes », , 393 p. (ISBN 978-2-8420-6350-4), p. 58.
  15. Paul Lullin et Charles Le Fort, Régeste genevois : Répertoire chronologique et analytique des documents imprimés relatifs à l'histoire de la ville et du diocèse de Genève avant l'année 1312, Société d'histoire et d'archéologie de Genève, , 542 p. (7 janvier 2014), p. 467.
  16. Henri Baud (dir.), Le diocèse de Genève-Annecy, Éditions Beauchesne, , 331 p. (ISBN 9782701011127, lire en ligne), p. 63.
  17. Faucigny 1980, p. 261.