Tegula

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a) tegula, b) imbrex
Tuiles gallo-romaines, musée de Feurs
Fragment de tegula avec l'estampille de fabrication de fadius crescens - IIe siècle - Musée de la Crypta Balbi, Rome
Chevauchement de deux tegulae

La tegula était dans l'Antiquité une tuile plate qui servait à couvrir les toits, faite ordinairement d'argile cuite au four mais aussi, dans certains bâtiments somptueux, de marbre ou de bronze et quelquefois dorée.

Description[modifier | modifier le code]

Ces tuiles, ayant la forme d'un trapèze isocèle, étaient disposées sur le toit de manière que leurs petits côtés (les petites bases) venaient recouvrir en partie les grands côtés (grandes bases) des tuiles posées en dessous ; les deux bords obliques de chaque tuile étaient relevés pour empêcher l'eau de pluie de pénétrer dans les interstices latéraux, de façon à s'emboîter avec les côtés des tuiles creuses semi-cylindriques (imbrices), qui étaient placées au-dessus des rebords verticaux des tegulae. Sur leur face inférieure, dans la partie basse, elles présentent des encoches permettant leur chevauchement. Tegulae et imbrices étaient parfois liées entre elles par un joint en mortier, comme cela a été mis en évidence à Vieux-la-Romaine[1].

La longueur des tegulae, élément de datation

Leur longueur diminue au cours des siècles. En Languedoc-Roussillon elles passent de 63 à 44 cm entre la période d'Auguste et la fin de l'Antiquité tardive. Pour celles de Gaule du centre-est (région de Lyon), la diminution est moindre. B. Clément (2009), qui les y a étudiées, indique que la datation peut être établie à partir de la forme et la dimension du rebord, des ecoches et de la gorge interne. A. Coutelas met un doute sur la datatio par les rebords et les gorges internes qui, note-t-il, varient fortement d'une tegula à une autre[2]

Des tuiles découvertes lors de fouilles d’une villa gallo-romaine à Charny (Seine-et-Marne) donnent un exemple des dimensions d'une tegula : rectangle de 45 × 35 cm, épaisseur de 3 à 4 cm, jusqu'à 5 à 5,5 cm sur les bords relevés, pour un poids de 7 kg environ[3].

Estampilles

À Charny, l’estampille du fabricant, lorsqu’elle existe, est imprimée en bas de la tuile, en lettres en relief[3].

« Per tegulas »

Au pluriel, tegulae est souvent pris pour un toit de tuiles ; mais l'expression per tegulas, pour indiquer une entrée ou une sortie opérée par le toit, ne signifie pas à travers le toit en déplaçant les tuiles, mais à travers l'espace ouvert qui est au milieu d'un atrium ou d'un péristyle, et que limite le toit de tuiles reposant sur la colonnade qui entoure cet appartement des quatre côtés ; voir l'article « atrium ».

Usages dérivés[modifier | modifier le code]

Les Romains recyclaient les tuiles brisées en les broyant pour les incorporer au mortier dit « au tuileau ». La présence de granulat de terre cuite rendait le mortier plus résistant.

Les tegulae furent aussi parfois utilisées dans les sépultures antiques, pour couvrir le corps inhumé. Elles étaient disposées en triangle (tombe dite en bâtière).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Adam 1984] Jean-Pierre Adam, La Construction romaine : matériaux et techniques, Paris, éd. Picard, coll. « Grands manuels Picard », (réimpr. 1989, 1995, 2005, 2007 et 2011), 1re éd., 756 illustrations dans le texte, 367 p., in-quarto (28 cm).
  • [Ferdière 2012] Alain Ferdière, « La production de terres cuites architecturales en Gaule et dans l’Occident romain, à la lumière de l’exemple de la Lyonnaise et des cités du nord-est de l’Aquitaine : un artisanat rural de caractère domanial ? », Revue archéologique du Centre de la France, t. 51,‎ , p. 17-187 (lire en ligne [sur racf.revues.org], consulté en xxx mai 2019).
  • [Rich 1883] Anthony Rich, Le Dictionnaire des Antiquités romaines et grecques, , 3e éd., sur mediterranees.net (lire en ligne).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pascal Vipard, « Les matériaux architecturaux en terre cuite dans la domus du « Bas de Vieux » », dans L'exploitation ancienne des roches dans le Calvados : Histoire et archéologie, Caen, Service départemental d'archéologie du Calvados, , sur academia.edu (lire en ligne), p. 209-219.
  2. [Coutelas 2012] Arnaud Coutelas, « Les méthodes de travail pour l'étude des terres cuites architecturales retrouvées à Cassinomagus (Chassenon, Charente) », Actes du Congrès de Poitiers (France), S.F.E.C.A.G.,‎ , p. 711-717 (lire en ligne [sur academia.edu]), p. 711.
  3. a et b [Mallet 2006] Franck Mallet, « Les tuiles estampillées de Charny (Seine-et-Marne), Les Champs-de-Choisy. Quelques réflexions sur trois estampilles sur tuiles du IIIe siècle connues en Île-de-France : VICTORIS, BARONI et CORNUTI », Actes du Congrès de Pézenas, Marseille, SFECAG,‎ , p. 589-597.