Charles Beauverie

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Charles Beauverie
Photographie de Charles Beauverie vers 1900.jpg
Portrait de Charles Beauverie vers 1900, photographie anonyme,
Archives municipales de Lyon
Naissance
Décès
(à 83 ans)
Poncins (France)
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Influencé par
Parentèle
Distinction

Charles Joseph Beauverie né le à Lyon (Rhône) et mort le à Poncins (Loire) est un peintre, graveur et illustrateur français de l'École de Barbizon.

Biographie[modifier | modifier le code]

Charles-Joseph Beauverie est le troisième enfant du maître charpentier et compagnon du Tour de France, Antoine Beauverie, et de Françoise Charnay, son épouse. Il fait des études secondaires à Lyon, puis est admis en 1855 comme élève de l'École impériale des beaux-arts de Lyon pour y apprendre le dessin de fabrique des soieries de Lyon dans l'atelier de gravure de Louis Guy. Il n'y fait qu'un bref passage et son père le fait entrer chez un quincaillier de ses amis.

Il illustre quelques ouvrages de son frère, Jean-Étienne Beauverie[1].

Charles Joseph Beauverie s'installe à Paris où il entre dans l'atelier de Charles Gleyre à l'École des beaux-arts. Il débute au Salon de 1864.

Le , il épouse Marie-Clotilde Giraud à Villeurbanne. Ils s'installent à Montmartre et y achètent une maison en 1883, au no 19 rue Gabrielle[2], de 1868 à 1904.

Entre 1874 et 1878, Beauverie travaille à Auvers-sur-Oise pour l'imprimeur-éditeur Alfred Cadart (1828-1875), à qui il fournit de nombreuses planches pour L'Illustration nouvelle (18 pièces de 1868 à 1881)[3] et L'Eau forte en… (sept pièces de 1874 à 1881)[4]. Il fait la connaissance du docteur Gachet. Il réalise des gravures représentant des villages et des chaumières des alentours de Pontoise à Auvers-sur-Oise.

Entre 1872 et 1880, il peint à Auvers-sur-Oise, il y est reçu par Daubigny[Lequel ?] et le docteur Gachet. Il peint également en Bretagne, à Fontainebleau, et dans la vallée de Chevreuse

Il découvre le Forez par son ami Félix Thiollier, dont il fait des dessins et des gravures de ses photographies, certains ayant servi à illustrer l'ouvrage Le Forez pittoresque et monumental. Il est membre de l'Amicale des Foréziens de Paris en 1886. Également graveur d'interprétation, il reproduira sur le cuivre des toiles de Jean-François Millet.

Dès 1885, Charles Beauverie rencontre des jours sombres. Son père Antoine, décède en juin et le jour de l’enterrement, la femme de Charles est subitement atteinte de paralysie. Pour qu’elle puisse se reposer, les médecins lui préconisent un séjour à la campagne et le couple est accueilli chez des amis, Les Wolf à la Bréassière (La Fouillouse – Loire). Un an plus tard, sa santé ne s’améliorant pas, ils s’installent à Précivet (Poncins – Loire) chez Félix Thiollier. En 1888, ils achètent une maison à Poncins qu’ils surnomment la « Poncinette ». Il commence à peindre énormément de paysages du Forez. À partir de 1893, pour assister sa femme, il engage Mlle Victorine Hegner (1868 – 1914), une gouvernante. Malheureusement, Marie-Clotilde, restée paralysée pendant près de 10 ans, meurt en février 1894, laissant son mari seul avec la gouvernante. Bien que jeune, Victorine a le souci de la respectabilité et n’hésite pas à obliger Monsieur à décrotter ses souliers avant d’entrer.

Très sociable, sincère et joyeux compagnon, il est vite apprécié de ses concitoyens ligériens et rejoint de nombreuses associations. Il intègre également des groupes d’érudits. Ainsi, grâce à ses qualités de lettré, il est admis au petit groupe stéphanois et forézien très fermé du « cénacle des Pingouins » dont fait partie son ami Félix Thiollier. Ces érudits se réunissent régulièrement pour discuter de l’actualité artistique et littéraire, mais aussi pour s’amuser. En mai 1895, il est nommé chevalier de la Légion d'honneur.

Passionné par l’archéologie et s’intéressant aux fouilles, notamment dans la région et autour de Feurs, Beauverie adhère également à la Diana : la Société historique et archéologique de Montbrison (Loire) en 1897. Il collabore à l’édition de son bulletin et réalise plusieurs communications à propos de ses découvertes personnelles, qu’il illustre de dessins précis. Pour les connaissances scientifiques, il s’en remet à ses amis Félix Thiollier, Joseph Déchelette (1862-1914) : archéologue, conservateur du musée de Roanne et membre de la Diana et Eleuthère Brassart (1850-1920) : maître-imprimeur, directeur du Journal de Montbrison - secrétaire de la Diana - adjoint au Maire de Montbrison, Jean-Baptiste Rigodon.

Au fil des années, Beauverie constitue sa propre collection de silex et d’objets archéologiques en les achetant à des paysans. D’après M. Louis Magat (1894 - 1987), berger à cette époque, Beauverie payait les silex de 5 à 10 centimes de Francs, selon leurs grosseurs. On raconte qu’un berger aurait jeté son panier dans le Lignon car Beauverie n’aurait pas donné la somme promise.

Très fier de ses découvertes, il mène les visiteurs de la Poncinette directement dans son cabinet de curiosité où sont rassemblées ses meilleures pièces. Cependant, s’il accepte des critiques sur sa peinture, on dit qu’il est possible de le faire bondir en s’attaquant à ses collections.

A la fin de sa vie, Beauverie se voit dans l’obligation de prendre à son service une jeune paysanne de la ferme voisine, Jeanne Reynaud (1897 - 1988) car Victorine, malade, a besoin d’aide. En 1914, après de nombreuses années de service, Victorine décède. Jeanne rêve alors de partir car la prise en charge de Beauverie, âgé et malade, lui fait peur. Charles la supplie de rester et elle le veillera jusqu’à sa mort en 1923. Il est enterré au cimetière de sa ville d'adoption : Poncins.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Auvers-sur-Oise (Bateau lavoir à Auvers) (vers 1870), estampe.
États-Unis
France
  • Auxerre, musée Saint-Germain : Cueilleuses de pois à Auvers, 1881, huile sur toile[5].
  • Avignon, musée Calvet : Le Matin sur les bords de l'Oise, 1874, huile sur toile.
  • Beauvais, musée départemental de l'Oise : Le Matin sur les bords de l'Oise, vers 1874, huile sur toile[6].
  • Clermont-Ferrand, musée d'Art Roger-Quilliot : La Foire aux cochons à Poncins, 1895, huile sur toile[5].
  • Feurs, musée de Feurs :
    • Les murailles de Crémieu, 1859, dessin mine de plomb sur papier.
    • Lande de Kergavan, clair de lune, 1865, huile sur toile.
    • Escalier du château Laroche-Lambert, 1868, eau-forte.
    • Escaliers des appartements du Préfet à l’Hôtel de Ville de Paris, après l’incendie, 1874, eau-forte.
    • L'Oise à Auvers-sur-Oise, 1874-1880, huile sur toile.
    • La Loire à St Just ou La Pira Benaetz (La Pierre Bénie), 1879, eau-forte
    • Chaumière à Valhermey, 1879, eau-forte.
    • Ravin de la Bréassière, 1885, huile sur toile.
    • La Foire aux cerises à Poncins, 1885, huile sur toile.
    • Un écrase-pommes (le moula de la pouma), 1888, huile sur toile.
    • Ferme dans les Hautes Chaumes (ou Vue sur les Monts du Forez), 1888-1920, huile sur panneau.
    • La Charrette de foin, 1888-1923, huile sur toile.
    • Portrait de Jean-Etienne Beauverie, 1889, eau-forte.
    • Les Bords du Lignon, 1889, huile sur toile.
    • Sa Terre ! , 1890, eau-forte.
    • Saltimbanques à la foire de la Boutheresse, 1893, huile sur toile.
    • Voile à bâbord, 1900-1910, huile sur bois.
    • Voile à tribord, 1900-1910, huile sur bois.
    • Voiles au loin, 1900-1910, huile sur bois.
    • Temps gris, 1900-1910, huile sur bois.
    • Un canal aux Martigues, 1902, aquarelle.
    • Ferme de La Ciotat, 1904, huile sur toile.
    • Le Planteur de pommes de terre, 1906, eau-forte.
    • Assiette de fraises, 1914-1920, huile sur bois.
    • Pommes et poires, 1914-1920, huile sur toile.
    • Branche de cerises, 1914-1920, huile sur bois.
    • Autoportrait au feutre noir, vers 1920, huile sur toile collée sur carton.
  • Lyon :
  • Montbrison, musée d'Allard : La Porte du fort à Sury-le-Comtal, dessin.
  • Paris, musée Carnavalet : Ruines de l'hôtel de ville, escalier de l'appartement du préfet, juin 1871, Paris, 1871, gravure.
  • Pommiers, Association les Amis du Vieux Pommiers : Intérieur forézien, vers 1890, huile sur toile[5].
  • Saint-Étienne, Maison des Avocats (ancienne chambre de commerce et d'industrie) :
    • Les Quais du Vizézy à Montbrison, 1894, huile sur toile ;
    • Canal à Rive-de-Gier, 1894, huile sur toile.
  • Strasbourg, musée d'Art moderne et contemporain : Cour de ferme en hiver, eau-forte[8].
Russie

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Jean Étienne Beauverie, Poèmes bibliques et évangéliques, 1889.
  • Jean Poinat, Compagnie des avoués près le tribunal civil de Saint-Étienne, Trois toasts, Montbrisson, Imprimerie de E.Brassart, 1891, 18 p.

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1874 : Le Matin sur les bords de l'Oise.
  • 1877 : Lever de lune dans le Dauphiné.
  • 1881 : Cueilleuses de pois à Auvers.
  • 1890 : Pêche à l'étang.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1883 : exposition collective à Issoire[9]
  • De mai à  : écomusée des Monts du Forez à Usson-en-Forez, exposition collective « Le paysan éternel ; C. Beauverie, L. Lhermitte, J.F. Millet et les peintres de la campagne », huit œuvres de Beauverie, dont Cueillette des pois à Auvers, Moissons à Auvers , Intérieur forézien, La Foire aux cochons à Poncins.
  • Du au  : Montbrison, salle héraldique de La Diana, « Charles Beauverie et Émile Noirot ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. dit « Jean-Étienne Bouvery » de son nom de plume, né à Lyon le , mort à Poncins le . Homme de lettres, il est aussi chef de bureau, puis chef de division à la Préfecture de Lyon[réf. nécessaire].
  2. C. Beauverie / rue Gabrielle 19 / Paris Montmartre
  3. Notice L'Illustration nouvelle, du Catalogue général de la BnF.
  4. Notice L'Eau forte en… du Catalogue général de la BnF.
  5. a b et c Exposition en 2010 à l'écomusée du Forez.
  6. « Le Matin sur les bords de l'Oise », notice no 000PE031047, base Joconde, ministère français de la Culture.
  7. « Ramiers sur le Lignon », notice no 000PE025833, base Joconde, ministère français de la Culture.
  8. « Cour de ferme en hiver », notice no 00160008004, base Joconde, ministère français de la Culture.
  9. Le Moniteur d'Issoire, 27 juin 1883, no 26, 9e année.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dictionnaire Bénézit ((en) extrait en ligne dans la base Oxford Index).
  • Philippe Tillon, « Un peintre du Forez : Charles Joseph Beauverie (Lyon 1839- Poncins 1923) », Bulletin de La Diana Montbrison, no 48, 1984.
  • Philippe Tillon, Charles Beauverie (1839-1923), Action graphique, 1986 (ISBN 9782905255198).
  • André Roussard, Dictionnaire des peintres à Montmartre, Roissy-en-Brie, 1999, p. 57–58.
  • Christophe Duvivier (direction), Les Peintres et l'Oise, les peintres-graveurs et la vallée de l'Oise, Pontoise, musées de Pontoise, 2007 (ISBN 9782905199553). — Catalogue de l'exposition présentée au musée Tavet-Delacour de Pontoise du au .
  • Collectif, Le Paysan éternel : Ch. Beauverie, L. Lhermitte, J.-F. Millet et les peintres de la campagne, Usson-en-Forez, écomusée des monts du Forez, 2010 (ISBN 9782916493251) — Catalogue de l'exposition présentée à l'écomusée des monts du Forez de mai à octobre 2010. Commissaires d'exposition : Henri Pailler et Séverine Devin.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]