Aux enfants de la chance

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Aux enfants de la chance

Single de Serge Gainsbourg
extrait de l'album You're Under Arrest
Face B Shotgun
Sortie 1988
Enregistré août-septembre 1987
Drapeau : États-Unis Dangerous Music, New Jersey[1]
Drapeau : France Studio Digital, Paris
Durée 4:07
Genre Chanson française, Pop rock
Format Singles 45 tours et CD
Auteur-compositeur Serge Gainsbourg
Producteur Billy Rush
Philippe Lerichomme
Label Philips

Singles de Serge Gainsbourg

Clip vidéo

[vidéo] Aux enfants de la chance sur YouTube

Aux enfants de la chance est une chanson écrite, composée et interprétée par Serge Gainsbourg, parue sur l'album You're Under Arrest en 1987, puis en single en 1988.

Thème[modifier | modifier le code]

Cette chanson aborde le thème de la drogue et constitue un message de prévention à destination des jeunes. Gainsbourg y dénonce les dangers des stupéfiants et interpelle les « enfants de la chance » qui n'y ont pas encore touché.

Genèse[modifier | modifier le code]

En 1986, le photographe et réalisateur Jean-Marie Périer écrit et réalise le spot publicitaire « La drogue, c'est de la merde »[2],[3],[4],[note 1]. Il demande à Serge Gainsbourg d'écrire une chanson sur le sujet, ce que le chanteur accepte[5]. Un sujet que Gainsbourg connaît de près puisque sa dernière compagne, Bambou, avait des problèmes de drogue au début de leur relation[5]. Deux ans avant la naissance de leur fils Lulu en 1986, Gainsbourg demande à Bambou d'arrêter la drogue, car selon la jeune femme dans un entretien accordé aux Inrockuptibles en février 2001, « il connaissait des gens morts d'overdose très jeunes », ajoutant qu'« il ne voulait rien savoir, rien voir, il voulait que j'arrête »[5] et qu'il lui a « demandé de tout arrêter parce qu'il voulait faire la petite Lulu »[5].

Pour le titre, Gainsbourg s'est souvenu du nom d'un dancing où jouait son père[5]. Comme à son habitude, Serge Gainsbourg s'appuie sur des jeux d'assonances, d'allitérations et de calembours, notamment en profitant de l'homophonie entre l'exhortation « dis-leur » et le terme « dealer », ou encore « et dites » et le prénom « Édith »[5].

Selon des « puristes » adeptes desdites substances, les descriptions de la consommation de stupéfiants et de ses conséquences contenues dans ce texte sont approximatives, « moralistes », « conformistes » et indument alarmistes[6]. Toutefois, on peut aussi y voir paradoxalement un effet incitatif déguisé, dans la mesure où la chanson présente un éventail de produits et de pratiques (bien qu'imprécis, par méconnaissance ou par licence poétique, le texte étant construit autour du motif rythmique lancinant constitué de l'alternance des mots « shoot » et « shit »[5]) peu connus jusqu'alors du grand public, et par endroits décrits comme attractifs, par antiphrase, en dépit des mises en garde réitérées, d'autant que l'anaphore qui introduit chaque couplet insiste sur les « transes » que ceux-ci promettent[note 2].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Sortie et accueil[modifier | modifier le code]

Classement (1988) Meilleure
place
Drapeau de la France France (SNEP)[9] 35

Aux enfants de la chance entre au Top 50 à la 42e place à partir du [9] et ne parvient pas à se classer au-delà de la 35e place occupée entre le 30 avril et le [9]. Le disque quitte le classement la semaine du , de nouveau à la 42e place[9]. Malgré une position modeste dans les classements, le titre est resté classé durant neuf semaines consécutives[9], tout en faisant mieux que le premier extrait de l'album, You're Under Arrest, lequel n'est resté que cinq semaines, dont quatre semaines consécutives et deux à la 47e place début 1988[9]. Il s'agit du single le mieux classé de Gainsbourg au Top 50 en tant qu'artiste solo de son vivant[9].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lequel a suscité une polémique, du fait du langage employé, jugé vulgaire, suite à quoi Pierre Desproges en a pris la défense dans une de ses Chroniques de la haine ordinaire prenant pour titre le slogan en question.
  2. À la manière dont, dans la série Breaking Bad, Jesse Pinkman et ses acolytes se rendent dans un groupe de parole pour toxico-dépendants, et feignent de se plaindre de ce nouveau produit — celui produit par Jesse Pinkman et Walter White — aux effets tellement puissants qu'ils n'ont pu résister et ont replongé... suscitant, comme escompté, des grimaces de désir plutôt que des moues de dégoût.

Références[modifier | modifier le code]