Jean Cluseau-Lanauve

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Jean Cluseau-Lanauve
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Naissance
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

Jean Cluseau-Lanauve est un peintre français, né à Périgueux le et mort à Paris le (à 82 ans)[1]. Il est considéré comme un artiste significatif de l'École de Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Cluseau-Lanauve fait ses études au lycée de sa ville natale, où son talent pour le dessin est remarqué. Ses parents apprécient et favorisent sa vocation. Il est étudiant aux Beaux-arts de Paris entre 1933 et 1937 dans les sections de peinture (atelier Devambez) et de lithographie, et complète ses études en fréquentant l’Académie de Montparnasse. Il s’installe définitivement à Paris dans le 6e arrondissement dans un atelier de peintre donnant sur la cour du Théâtre du Vieux Colombier. Il reste néanmoins très attaché à son Périgord natal et à ses couleurs, qui inspirent une partie de ses œuvres.

Il expose, dès 1932, en Périgord et à Arcachon, mais ses vrais débuts se situent en 1935, où il présente au Salon des artistes français une œuvre intitulée Paysage du Périgord, qui sera achetée par la ville de Paris. Il est invité d’honneur à la Foire internationale de New York. Après une interruption due à la Seconde Guerre mondiale et à une période de captivité en Allemagne, dont il rapporte plus de 2 000 dessins, il reprend une activité de peintre indépendant. Il enseigne l’art graphique à l’école Estienne de 1951 à 1976.

Aux achats officiels, dont le premier date de 1935, s’ajoutent de nombreux prix (dont le prix de Venise en 1948, et le grand prix Puvis de Chavannes pour l'ensemble de son œuvre en 1993). Il participe à de nombreux salons (comme les Salons d’automne du Grand Palais et les Salons de la Société nationale des beaux-arts, salons dont il est sociétaire, et expose, depuis leur fondation, au Salon Comparaisons et au Salon du dessin et de la peinture à l’eau, dont il devient président en 1976.), et à des expositions de groupe tant en France qu’à l’étranger, notamment lors des expositions universelles : Paris en 1937 (médaille de bronze), New York en 1939 et Osaka en 1970. Il réalise en outre une cinquantaine d’expositions personnelles.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Après un bref mariage avec sa marraine de guerre, Jean Cluseau-Lanauve épouse des années plus tard sa compagne de longue date, Paule Lamouret. Celle-ci se consacre entièrement à l’œuvre de son mari, qu’elle admire profondément. Ils n’ont pas d’enfants. Dû à sa nature conviviale et pleine d’entrain — ses amis l'appellent « Clu » —, ils vivent constamment entourés d’amis, dont l’un écrit :

« La première chose qui me vient en pensée à propos de mon ami Cluseau-Lanauve, c’est qu’il est homme d’esprit. Il se trouve à la confluence d’une certaine ironie bien parisienne et de cet humour matois propre à son Périgord natal, […] Cluseau-Lanauve fut l’un des piliers du Saint-Germain-des-Prés historique, quand soufflait sur le “village” » un air de liberté qui n’eut jamais plus d’équivalent[2]. »

Il meurt d’un cancer en 1997. Sa veuve continue à se consacrer à la préservation de son œuvre.

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • Peintre officiel de la Marine nationale
  • Chevalier des Arts et des Lettres
  • Président d’honneur de la Société des beaux-arts de la Dordogne.
  • Vice-Président de l’Académie des lettres et des arts du Périgord : un prix Cluseau-Lanauve[3] a été créé en son souvenir.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Au cours des années, tout en restant figuratif et très personnel, son style évolue vers plus de dépouillement et donne une place prédominante aux jeux de lumières distillés en éclats prismatiques, sur fond de lignes géométriques qui donnent une structure à ses toiles. Quoiqu’inspiré initialement par les mouvements fauve et cubiste, il aspire à développer un style personnel. Ses toiles sont réalisées en atelier, à partir d'esquisses faites d’après nature. Ses sujets varient de peintures de femmes et d’intérieurs à des scènes de rue et des paysages, en particulier des marines.

Un nombre de voyages — en Tunisie (bourse de voyage de l’État en 1947), à Venise (Prix de Venise 1948), en Méditerranée (sur les bâtiments de la Marine nationale en 1953 et 1954), à la Réunion (1972 et 1973), dans les fjords de Norvège, en Hollande, en Yougoslavie (en 1959, 1965 et 1968, où il séjourne chez le consul général d’Italie à Koper en Slovénie), en Turquie (1982 et 1984) et au Proche Orient — enrichissent ses sources d’inspiration et sa palette de couleurs, qui s’éclaircit au cours de 60 ans de carrière. Ses toiles sont vibrantes et reflètent énergie et amour de la vie.

Il illustre également des livres en créant, entre autres, des couvertures aux Éditions du Scorpion pour Boris Vian et pour Raymond Queneau, et réalise des panneaux décoratifs et des décors d'opéra (Falstaff[4],[5] et Les Noces de Figaro[6],[5], en 1965). 

Collections[modifier | modifier le code]

Près de deux cents œuvres figurent dans des collections de l’État et de la ville de Paris, ainsi que dans des musées en France et à l’étranger : à Paris (musée de la Marine, musée de la Poste, musée des Deux Guerres mondiales, Cabinet des estampes de la Bibliothèque nationale), Sceaux, Gien (musée de la Chasse), Saint-Tropez (musée de la Citadelle), Bergerac (musée du Tabac), Villeneuve-sur-Lot (musée Rapin), Saint-Denis-de-la-Réunion (musée Léon-Dierx), Honfleur (musée Eugène-Boudin), Baux-en-Provence. Enfin, d’autres toiles se trouvent dans les préfectures d’Arcachon, de Périgueux et de Limoges et dans les mairies d’Arcachon, d’Angers, de Sablé, de Saumur, de L’Isle-Adam, des Eyzies, ainsi que dans la mairie du 6e arrondissement à Paris, où il résidait.

À l’étranger, ses œuvres ont été acquises par des musées aux États-Unis, au Brésil (musée de São Paulo), en Serbie (Belgrade JNA), au Danemark (Fondation Carlsberg), au Japon (musée Matsuyama), ainsi que dans de nombreuses collections publiques et privées, parmi lesquelles l’ambassade d’Italie auprès des Nations unies à Vienne. 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sanjiro Minamikawa, Ces peintres dans leur atelier, Asahi Sonorama, Japon, 1980.
  • ADAGP (1988) Cluseau-Lanauve, avec une préface de Roger Bouillot, collection « Terre des Peintres », Paris: Imprimerie BPC.
  • Brochure de la XVIe Biennale des artistes du VIe[7] Hommage à Jean Cluseau-Lanauve.
  • Cluseau-Lanauve, J. (1993), Cluseau-Lanauve, Art Vision à Paris, éd. Kyoto Shoin.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs, Gründ, 1999.
  • Florent Marles, Catalogue raisonné de l'oeuvre peint de Jean Cluseau-Lanauve (en cours d'écriture).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir notice d'autorité du catalogue général de la Bibliothèque nationale de France.
  2. Roger Bouillot.
  3. « Prix de peinture 2018 de l'ALAP », sur Lucien de Maleville, (consulté le 7 janvier 2020)
  4. Mise en scène de Piero Faggioniau Théâtre de la Villa des Arènes (Ferdinand Aymé), à Nice, le 15 juillet 1965.
  5. a et b Spectacle présenté au cours du festival de Cimiez (Nice) au Théâtre de la Villa des Arènes (Ferdinand Aymé), avec le ballet et les chœurs de l'opéra de Nice ainsi que l'orchestre philharmonique de Nice.
  6. Mise en scène de Georges Descrières ; représentation du 6 août 1965.
  7. Du 20 octobre au .

Liens externes[modifier | modifier le code]