Edy Legrand

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Edy Legrand
Naissance
Décès
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VaucluseVoir et modifier les données sur Wikidata
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Edy-Legrand, de son vrai nom Édouard Léon Louis Warschawsky, né à Lisbonne , décédé à Bonnieux en 1970, est un illustrateur et peintre portugais. Il a réalisé la première partie de son parcours dans l'illustration publicitaire et littéraire. Plus tard, son œuvre a consacré sa réputation de peintre. L'une de ses huiles, L'Ahouache (98 cm × 128 cm) a été vendue plus de deux cent mille euros en 2008 chez Christie's.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Bordeaux de mère française et de père juif russe. En 1919, ce jeune peintre réalise le premier livre pour enfants de la NRF, Macao et Cosmage ou l'expérience du bonheur[1]. Les compositions en sont coloriées en style Art déco à la main par Jean Saudé[2]. Cet album aux dimensions exceptionnelles est salué depuis les années 1980 comme un des jalons de l'histoire de l'album illustré pour enfants[3]. L'album a été réédité en 2000 et 2004.

Il a été découvert par Marie Steiner, directrice de la galerie new-yorkaise Knoedler, les présentations ont été faites par Pierre Bonnard en 1928.

Il participé à la première exposition universelle d'œuvres gravées de l'Art Institute of Chicago en 1932 où il représente la France. Exposé avec Picasso, Matisse et Derain, il a été le seul à recevoir la mention honorable.

Par la suite, il s'installe à Rabat, au Maroc. Il y vit environ vingt ans où il est très lié à Jacques Majorelle.

« Au Maroc, Edy-Legrand est fasciné par les éléments de vie qu'il découvre dans le mouvement incessant des foules et dans la mise en vibration de la couleur par les jeux de la lumière sur les costumes et le décor. Le spectacle est si totalement pictural qu'il se plaint, dans un premier temps, d'être obligé de lutter contre la tentation de reproduire fidèlement la réalité extérieure [...]. Plus il peint, plus il affirme nettement son indépendance vis-à-vis du spectacle de la nature. Ce qu'il aime par-dessus tout, c'est recréer le frémissement de la matière par les infinies combinaisons des masses colorées »

— Claude Leclanche-Boulé, Edy-Legrand, voyage au Maroc, itinéraire d'un peintre, 1993

Il a été marié[4] à la chorégraphe Myriam Edy-Legrand, née le 4 juin 1926.

Au soir de sa vie, Edy Legrand s'installe à « l'Ilet », près de Bonnieux, dans le Luberon. « À cette maison, évoque sa biographe Cécile Ritzenthaler[5], est accolée une vaste carrière de pierre, sorte de cathédrale transformée en atelier ». C'est dans ce paysage grandiose du Luberon auquel il se lie (« autant qu'aux vastes étendues du Maroc » écrit Cécile Ritzenthaler) qu'il peint ses dernières toiles et reçoit un cercle d'habitués, parmi lesquels Félix Vercel venant y choisir les tableaux à accrocher dans sa galerie de New York. Mort en 1970, Edy Legrand repose là, dans cette ancienne carrière qui fut son dernier atelier.

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

  • La Eikka, l'heure du thé, huile sur papier, 97 × 129 cm. Paris, Vente Artcurial le 09/06/2011.
  • Musiciennes dans le jardin du Caïd à Telouet, huile sur toile, 97 × 130 cm.
  • Femme en bleu, huile sur isorel, 130 × 100 cm.
  • Ahouache à Animiter, huile sur panneau, 97 × 130 cm.
  • Guedra à Goulimine, huile sur toile, 100 × 129.5 cm.
  • Paysage du Lubéron, huile sur toile, 54 x 65 cm.

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

  • Edy Lagrand - Peintures, Galerie fendôme, Paris, novembre-décembre 1958[6].
  • Vingt ans de Maroc par Edy Legrand, Galerie Antinea, Paris, juillet 1985[7].

Réception critique[modifier | modifier le code]

  • « Ce Bordelais est un analyste doublé d'un metteur en scène. En 1933, il découvre le Maroc où il retourne chaque année pendant vingt ans : il y retrouve "l'homme de toujours" (il y compose 300 illustrations pour une Bible qui paraît en 1950), et sa sincérité éclate dans ses toiles et pastels aux rythmes nerveux, fourmillants et rapides, riches de couleurs vives et de sensualité. » - Gérald Schurr[7]

Musées[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Alain Tirefort, « Un album pour enfants, Macao et Cosmage ou l’expérience du bonheur », Images et Mémoire, vol. 51,‎ hiver 2016-2017, p. 5 (lire en ligne, consulté le 14 octobre 2018).
  2. Olivier Piffault (dir.), Babar, Harry Potter & Cie : livres d'enfants d'hier et d'aujourd'hui : [exposition, Paris, Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand, du 14 octobre 2008 au 11 avril 2009, Paris, Bibliothèque nationale de France, (ISBN 978-2-717-72422-6), p. 239
  3. « Un bel anéantissement du bonheur », sur Épicurien mais curieux, (consulté le 14 octobre 2018).
  4. BNF, catalogue général, http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb15033546w/PUBLIC
  5. Cécile Ritzenthaler: Edy Legrand, ACR Edition, voir pages 322 à 329.
  6. Journal de l'Amateur d'art, n°220, 25 novembre 1958, page 14.
  7. a et b Gérald Schurr, « Les expositions de l'été », La Gazette de l'Hôtel Drouot, n°29, 19 juillet 1985.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Philippe Jullian: Les Orientalistes, Office du livre, Fribourg (Suisse), 1977.
  • Emmanuel Bénézit: Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Voir tome 5.
  • Marcus Osterwalder, Dictionnaire des illustrateurs, 1905-1965, Éditions Ides et Calendes, 2005.
  • Cécile Ritzenthaler: Edy Legrand (monographie, 336 pages, en collaboration avec Jean-Pierre Chalon), ACR Édition, Courbevoie, 2005.
  • « Edy-Legrand », Les peintres bordelais (consulté le 14 octobre 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]