Christo et Jeanne-Claude

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Christo et Jeanne-Claude
Image associée au collectif
Jeanne-Claude et Christo en 2005
(Ellis Island Heritage Award).

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Christo et Jeanne-Claude, communément Christo, est le nom d'artiste sous lequel est identifiée l'œuvre commune de Christo Vladimiroff Javacheff, né le à Gabrovo en Bulgarie et mort le (à 84 ans) à New York[1],[2], et de Jeanne-Claude Denat de Guillebon, née (le même jour) le à Casablanca au Maroc et morte le (à 74 ans) à New York[3]. Ce couple d'artistes contemporains s'est rendu célèbre à la fois par le gigantisme de ses réalisations et par leur caractère éphémère.

Biographie[modifier | modifier le code]

Christo Javacheff[modifier | modifier le code]

Né à Gabrovo en Bulgarie, il se dit bulgare macédonien d'origine tchèque[4]. Son père possédait une usine de produits chimiques et sa mère était secrétaire générale de l’Académie des Beaux-Arts de Sofia jusqu’en 1931. Sa mère avait fui la Macédoine en 1913. La famille de Christo a beaucoup servi de refuge à des artistes et des amis fuyant les bombardements des villes par les Alliés.

Au nombre des souvenirs d’enfance de Christo figurent aussi les corps de partisans exécutés dans les rues et l'entrée de l’Armée rouge en Bulgarie en 1944. Le père de Christo a été harcelé et emprisonné par le nouveau régime communiste pour « sabotage ». On peut donc dire que l’enfance de Christo a été assez rude et qu’elle a sûrement eu un impact important sur l’artiste. Très tôt il eut des contacts avec l’art. À l’âge de 6 ans, il fit des portraits de nombreuses femmes du village. En 1953, il débuta sa formation artistique aux Beaux-Arts de Sofia où il étudia la peinture, la sculpture et l’architecture jusqu’en 1956. Il est chargé, par le pouvoir en place, d'aménager les abords du train Orient-Express pour donner aux passagers occidentaux une image riante de la Bulgarie. Cependant, en raison de la forte propagande du régime, seuls les vrais partisans du parti communiste pouvaient accéder au diplôme, ce que Christo n’était pas. En effet, Christo défiait le système en peignant des toiles allant à l’encontre de l’idéologie (comme des paysans se reposant). Il eut donc quelques ennuis avec le réalisme socialiste qui était la norme et qui imposait un traitement marxiste-léniniste des sujets comme du style. Il décide en 1956 de fuir à Vienne.

Il s’installe à Paris en 1958. Pour vivre il fait des portraits à l'huile qu'il signe de son nom « Javacheff » et c'est en livrant le portrait de l'épouse du général Jacques de Guillebon, directeur de l'École polytechnique, qu'il rencontre leur fille Jeanne-Claude, une « rousse flamboyante comme empaquetée d'un film plastique ». En 1963, il côtoie le groupe des nouveaux réalistes. Ses premières œuvres sont des peintures abstraites et des empaquetages d’objets (bouteilles, bidons, cartons, tables, etc.) ou de modèles vivants dans de la toile ou du plastique.

Il meurt le à New York.

Jeanne-Claude Denat de Guillebon[modifier | modifier le code]

Française, elle est née à Casablanca au Maroc (où son père, un officier de l'armée, était en poste) — Christo et elle seraient nés le même jour à la même heure. Sa mère, Précilda, avait 17 ans lorsqu'elle a épousé le père de Jeanne-Claude, le major Léon Denat. Précilda et Léon Denat ont divorcé peu de temps après la naissance de Jeanne-Claude et Précilda s'est remariée trois fois.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, Jeanne-Claude a vécu avec la famille de son père pendant que sa mère combattait dans la Résistance française. En 1946, Précilda épouse l’influent général Jacques de Guillebon. La famille a vécu à Berne de 1948 à 1951, puis en Tunisie de 1952 jusqu'à leur retour à Paris en 1957. Elle passe son baccalauréat de philosophie et de latin en 1952 à Tunis[5].

Elle rencontre Christo Javacheff en 1958, année qui marque le début de leur collaboration artistique. Christo travaillait déjà à Paris en tant qu’artiste ; l'année suivante, elle quitte son mari pour épouser Christo. Christo est plutôt l'artiste, et Jeanne-Claude l'organisatrice : « Les réalisations destinées à l'extérieur sont signées par Christo et Jeanne-Claude, les dessins par Christo[6]. »

Après avoir émigré aux États-Unis en 1964 et s'être installés à New York, ils commencent à réaliser des projets de grande envergure, intervenant de façon directe et éphémère sur des édifices, des monuments ou des paysages entiers.

Jeanne-Claude est surtout connue pour ses œuvres réalisées en collaboration avec son époux Christo. Plasticienne spécialisée dans l'environnement, elle fut à l'origine décrite comme une publiciste et chef d'entreprise pour son mari. Mais à partir de 1994, elle reçut la même attention que lui dans tous les aspects créatifs et administratifs de leur travail. Tous deux sont reconnus comme coauteurs de chacune de leurs installations, Christo développant leurs projets à l'aide de maquettes et de dessins, tandis que Jeanne-Claude se charge d'en assurer la réalisation. Sa ténacité est légendaire. Porte-parole du couple, elle passe ainsi plusieurs années à défendre leurs projets lors de nombreuses audiences publiques, devant des tribunaux et à l'occasion de sessions parlementaires. À titre d'exemple, il aura fallu aux deux artistes dix ans pour emballer le Pont-Neuf[7] à Paris (1985) et vingt-cinq ans de préparatifs avant de pouvoir empaqueter le Reichstag[8] de Berlin, en Allemagne (1995).

Jeanne-Claude travaillait sur un projet, conçu en 1992, de suspension d'une toile de dix kilomètres au-dessus de la rivière Arkansas (Colorado) quand elle meurt en novembre 2009 à New York des suites d'une rupture d'anévrisme.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Depuis 1964, le couple, naturalisé américain, vivait à New York, dans le quartier de SoHo, à la lisière du quartier chinois.

« […] L'atelier de Christo est au 5e étage — il n'y a pas d'ascenseur — c'est leur seul et unique domicile[9]. »

Démarche artistique[modifier | modifier le code]

Le couple d'artiste met en scène toiles, câbles et structures métalliques, pour créer des œuvres éphémères qui durent deux semaines en moyenne. Leur art consiste en l'« empaquetage » de lieux, de bâtiments, de monuments, de parcs et de paysages. Certaines de leurs œuvres pionnières se rapprochent du Land art en raison de leur gigantisme ou plus généralement de leur réalisation hors des traditionnels sites : atelier, galerie, musée. Le couple refuse cependant l'appellation « Land Art »[10], précisant que ses interventions ne sont jamais réalisées dans le désert : un argument assez discutable au regard de la diversité des pratiques de ce mouvement artistique[11]. Ils s'intéressent à la structure, à l'usage, à la beauté ou à la dimension symbolique des lieux sur lesquels ils interviennent temporairement, qu'ils « révèlent en cachant ».

Christo réalise un travail monumental et éphémère, c’est ce qui marque leur originalité, prendre autant de temps uniquement pour un résultat qui ne durera qu'un court laps de temps. Selon Albert Elsen, « aucun artiste de l’histoire n’a passé autant de temps à voyager pour se présenter lui-même ainsi que son œuvre. Le succès de ses projets auprès du public […] est dû pour une part non négligeable à sa facilité de contact et à ses dons naturels de pédagogue. Il fut le premier créateur à étudier de lui-même l’impact tant humain qu’environnemental de ses projets. La plupart des artistes pensent que l’éducation du public prend trop de temps au détriment de leur travail ». Pour Christo, « l’interactivité verbale avec le public » fait partie intégrante de sa créativité. Toujours selon lui, « son art est le résultat d’une réflexion et d’une intuition esthétique imposée à un environnement naturel et construit »[12].

Pour Christo, leur œuvre est faite pour impressionner le public et donner de nouvelles visions ainsi qu’un cri de liberté[réf. nécessaire]. Quand un monument est emballé, il acquiert une tout autre forme, une tout autre identité, un tout autre prestige : on ne le reconnaît plus[réf. nécessaire]. Les Christo recherchent une vision populaire, une popularité de leur art[réf. nécessaire].

Christo en 1972.

Au début de leur carrière, les Christo sont beaucoup critiqués, par d’autres artistes et par les médias, affirmant que leur travail n’est pas de l’art[réf. nécessaire]. Avec le temps, les médias ont été de puissants alliés de Christo[réf. nécessaire]. Christo a un talent promotionnel de communication[réf. nécessaire], « la présentation d’un projet par Christo, un entretien avec Christo sont aussi des créations artistiques[réf. nécessaire] ». Christo est avant tout un ingénieur et un entrepreneur, réalisant des projets techniques alors qu’il n’a aucune formation dans le génie civil. L’œuvre de Christo c’est aussi l’art de travailler en équipe avec de grands moyens. Toute l’organisation et la logistique de ses œuvres font partie intégrante de son art. Aussi n’oublions pas toutes les démarches mises en œuvre pour pouvoir réaliser chaque projet, représentant des années d’investigations et des centaines de désistements et d’abandons. Comme le disait Marina Vaizey, «sa méthode est inséparable de son art »[13].

L'œuvre de Christo est éphémère. Pour Christo, « l'urgence d'être vu est d'autant plus grande que demain tout aura disparu… Personne ne peut acheter ces œuvres, personne ne peut les posséder, personne ne peut les commercialiser, personne ne peut vendre des billets pour les voir… Notre travail parle de liberté »[14]. L’art de Christo est la création d'objets temporaires de grande échelle conçus pour des sites extérieurs spécifiques. Il pense que les gens doivent avoir la possibilité de vivre des expériences artistiques intenses et mémorables en dehors des musées[réf. nécessaire].

Les Christo croient en la séduction d’une création sans signification qui aille au-delà de l’objet lui-même, implique une indifférence aux conceptions qui attribuent à l’art un rôle (social, politique, économique, environnemental, moral ou philosophique) qui irait au-delà de lui-même, une œuvre d’art qui « est » plutôt qu'une qui « signifie ». Leur forme de sensibilité de la société n’exclut pas les non-connaisseurs, mais au contraire insiste toujours sur le plaisir que pourra ressentir l’homme de la rue.[réf. nécessaire]

L’art aujourd’hui joue de l’information, la propagande, la publicité, l’emballage et la présentation, ce qui représente exactement l’œuvre de Christo[réf. nécessaire]. Pour Marina Vaizey « il a appliqué les méthodes du capitalisme démocratique à la fabrication de l’art »[13]. Ce qui peut résumer le travail de Christo c’est « révéler en cachant ». Ses installations et ses créations n’ont d’autre but que de faire beau : elles sont avant tout esthétiques et belles à regarder. Elles n’ont aucune fonction, aucun message à passer[réf. nécessaire].

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

Iron Curtain - Mur de barils de pétrole[modifier | modifier le code]

Apatride sans passeport, réfugié d’un pays communiste, Christo fut révolté par la construction du mur de Berlin en août 1961. Il conçoit le projet de barrer la rue Visconti à Paris par un mur de barils de pétrole, mais la mairie lui refuse l'autorisation en dépit du descriptif détaillé[15]. Malgré l'interdiction, le , les artistes profitent de la nuit pour bloquer la rue pendant huit heures et réaliser leur mur de 89 barils[16] haut de 4,30 m. Ils sont emmenés au commissariat sans être poursuivis[15]. Ils souhaitèrent des années plus tard réaliser à New York un projet identique en fermant la 53e rue avec 441 barils.

Avec cette œuvre, Christo fait descendre l’art dans la rue en se servant de barils de pétrole et de la présence des passants même s'ils n’ont pas tous compris le message de l’œuvre. Cette nouveauté dans l’art et l’insistance sur le caractère temporaire ont toujours été fondamentales dans l’approche artistique des Christo[15]. Cependant, selon les périodes, les Christo ont donné des explications différentes sur leurs motivations (protestation contre la société de consommation, message d'alarme sur une France coupée en deux, simple installation artistique de bidons…)[17].

Valley Curtain (1970-1972)[modifier | modifier le code]

Valley Curtain, mai 1972.
Un rideau safran barre une vallée entière dans l'État du Colorado.

Ce projet commencé en 1970 s’est enfin réalisé le 10 août 1972 avec un groupe de 35 ouvriers et de 64 intérimaires dont beaucoup d’étudiants en art, de collégiens. C’est un rideau de 13 000 mètres carrés de nylon tissé orange, de 351 m de large et de 111 m de haut. Les câbles qui le maintiennent en place, ont une portée de 417 m, pèsent 50 tonnes et sont fixés à 800 tonnes de fondations de béton : un travail gigantesque pour une préparation de 28 mois. Cependant, le rideau n’est pas resté longtemps en place car les vents soufflaient trop fort avec des rafales de 100 kilomètres par heure sur cette grande voile. Christo souhaite que ses œuvres soient temporaires car pour lui, cela donne plus d’énergie aux projets et intensifie nos réactions[réf. nécessaire].

Running Fence en Californie[modifier | modifier le code]

La « Barrière qui court » évoquant la muraille de Chine se dresse le jour même de la mort du Grand Timonier : le 10 septembre 1976, au nord de San Francisco, dans les comtés de Sonoma et de Marin, les Christo font serpenter sur près de 40 km un ruban de toile de nylon blanche de 200 000 mètres carrés. Ce projet fait penser à la grande muraille de Chine et c'est un hasard que cela coïncide avec le jour de la mort de Mao Tsé-Toung: ce qui a involontairement accru l’impact de l’œuvre. L’œuvre fait 5,5 m de haut et 39,5 km de long. Ce mur resta en place 14 jours et aucune trace du projet n’est restée sur le sol comme pour les autres sculptures des Christo. Cette barrière artificielle reliant la terre à la mer et au ciel est comme une métaphore du caractère arbitraire des frontières politiques et géopolitiques[18].

Surrounded Islands (1980-1983)[modifier | modifier le code]

Les îles de la baie de Biscayne à Miami sont encerclées d'une ceinture en polypropylène rose fuchsia pour deux semaines en mai 1983. Elle est pour certains[évasif] l’œuvre la plus spectaculaire de Christo.

Ici les Christo entreprennent de border de toile 11 îlots artificiels qui servent surtout de décharges à ordures (40 tonnes de déchets ont été retirés aux frais des artistes avant l'installation du projet[9]). Les préparatifs sont longs et demandent comme toujours de multiples dessins, collages et photographies ainsi que la mise au point d’un dossier de présentation et la tenue de nombreuses réunions avec les autorités locales. À partir d’avril 1981, une équipe d’avocats, d’ingénieurs de la marine, un entrepreneur, un spécialiste de la biologie marine, un ornithologue et un expert en mammifères se mettent au travail d’arrache-pied.
La mise en place de ce tissu rose permet de changer radicalement le paysage et même de l’améliorer. Cette couleur rose n’est pas choisie par accident elle évoque la crème glacée et peut même être la couleur représentative de la région pour certains : couleur du loisir, du soleil, de l’insouciance ; couleur de l’artifice et de l’euphorie, elle met en place aussi une marque d’humour et d’affection.[réf. nécessaire]
Les onze îles ont été entourées de 60 hectares de tissu, découpé selon 79 patrons pour suivre les contours des îles et ce travail a été exécuté dans une usine louée pour l’occasion de novembre 1982 à avril 1983. Cette œuvre a eu un fort impact dans le monde de l’art mais aussi au niveau touristique.

Emballage du pont Neuf (du 22 septembre au 7 octobre 1985)[modifier | modifier le code]

Le pont Neuf, le plus vieux des ponts de la capitale française, est emballé en 1985 dans un polyester ocre-jaune.

Le pont Neuf est le plus vieux de Paris, et dont la première pierre avait été posée le . De nombreux artistes célèbres l’ont peint, comme Turner, Renoir, Picasso. Christo, pionnier du land art, a une dette envers Paris qui l'a accueilli lors de son passage du monde communiste au « monde de la liberté d'expression artistique ». Son projet d'empaquetage du pont débute par des dessins préparatoires en 1975[19]. Bien que Christo et Jeanne-Claude assurent l'autofinancement total du projet d'emballement du pont Neuf (coût de l'empaquetage : 1,2 million de francs), ils bataillent pendant dix ans pour obtenir les autorisations et vaincre les réticences[20]. Ce projet provoque en effet une forte controverse : certains hommes politiques et Parisiens méfiants le jugent plutôt saugrenu, irrespectueux pour le monument et sans grand intérêt artistique[21]. L'œuvre éphémère mise en place du au connaît immédiatement le succès auprès de trois millions de visiteurs[22].

Le projet représente 40 876 mètres carrés de toile de polyamide couleur « pierre de Paris » et la toile est retenue par 13 076 m de corde, et plus de 12 tonnes de chaînes d’acier[21]. Empaqueté, ce pont perd toute son histoire et son ancienneté pour devenir une architecture moderne et presque aérodynamique.

Parasol Bridge[modifier | modifier le code]

Les artistes créent un pont symbolique entre l'Est et l'Ouest, des deux côtés du littoral pacifique : en octobre 1991, Christo et Jeanne-Claude font planter 1 340 parasols bleus à Ibaraki, au Japon et 1 760 jaunes en Californie. Ils font 6 m de haut pour 8,66 m de diamètre et resteront dans les paysages pendant 18 jours. Le , l'un des parasols de Christo, emporté par le vent, tue une habitante de Camarillo, Lori Mae Matthew, en l’écrasant contre une paroi[23].

Emballage du Reichstag (23 juin au 7 juillet 1995)[modifier | modifier le code]

En 1971, Christo esquisse les premiers dessins du projet d'emballage du Reichstag à Berlin. Mais le projet concernant ce monument chargé de souvenirs douloureux (incendié à l'instigation des nazis en 1933) sera freiné, notamment par le chancelier Helmut Kohl[réf. nécessaire].

Le Reichstag de Berlin, palais où siège l'actuel Bundestag (Parlement allemand), est emballé dans un tissu argenté de 2,5 millimètres d'épaisseur. Helmut Kohl crie au scandale :

« C'est une atteinte à la dignité du puissant symbole de l'histoire du pays. »

Il a fallu 100 000 mètres carrés de polypropylène, recouvert par une couche d'aluminium, et quinze kilomètres de corde bleue déployée par 90 alpinistes. Le travail a commencé le et s'est terminé le 24 juin.

Cinq millions de personnes se sont déplacées pour admirer l'œuvre.

The Gates (2004-2005)[modifier | modifier le code]

The Gates sous la neige le .

Projet présenté durant seize jours du au , c'est un parcours de 37 kilomètres à travers Central Park à New York, ponctué de 7 500 portiques, hauts d'environ cinq mètres, placés à 4 mètres d'intervalle et tendus d'un rideau de tissu vinyle de couleur orange-safran. Un point de contraste peut être observé au Storm King Art Center, un parc de sculptures renommé situé à 52 miles au nord de New York City, qui a réussi à faire dialoguer les sculptures et leur paysage depuis plus de cinquante ans. Alors que les sculptures sont installées dans les prairies et les collines ondulantes du parc de Storm King, les Gates étaient liées aux chemins qui serpentent dans le parc. Cela a été fait pour deux raisons : pour éviter de percer des milliers de trous dans le sol et d'endommager potentiellement les systèmes racinaires des arbres adjacents, et parce que Christo et Jeanne-Claude ont été inspirés par la façon dont les piétons de la ville naviguent sur ses chemins. Ainsi, contrairement aux œuvres de Biscayne Bay and Rifle qui divisent et isolent les formes dans le paysage, The Gates s'est aligné sur des voies de circulation préexistantes.[réf. nécessaire]

The Floating Piers sur le lac d'Iseo[modifier | modifier le code]

The Floating Piers est un projet qui s'est déroulé en Italie du 18 juin au 3 juillet 2016 sur le lac d'Iseo. Il s'agit de plateformes flottantes composées de blocs de polyéthylène de haute densité recouverts d'un tissu de 100 000 m2 reliant le village de Sulzano à l'île de Monte Isola et celle de San Paolo.

À la fermeture de l'évènement, 1,2 million de personnes s'étaient donc essayées à la marche sur l'eau, ce qui fait de cet évènement le plus important des artistes depuis The Gates en 2009[24].

Financement des réalisations[modifier | modifier le code]

Les œuvres de Christo & Jeanne-Claude, bien que gigantesques donc coûteuses, sont en général entièrement financées par la vente des études préparatoires. Une exposition sur les dessins préparatoires de « The Gates », organisée d'avril à juillet 2004 au Metropolitan Museum of Art de New York a attiré les collectionneurs et le public.

Projets[modifier | modifier le code]

Un mastaba à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, composé d'un empilement de barils de pétrole.

Le projet Au-dessus de la rivière Arkansas dans le Colorado, à l'étude à partir de 1992, est finalement abandonné en 2017. Le projet consistait à suspendre une toile de 10 km au-dessus du lit de la rivière, en suivant la forme du cours d'eau. Le projet était prévu pour le mois d'août, afin de coïncider avec le moment où des milliers de rafteurs parcourent la rivière. Quatre tests en vraie grandeur ont été réalisés dans un lieu tenu secret[25].

En avril 2020, Christo devait emballer l'arc de triomphe de l'Étoile, à Paris, une œuvre imaginée à l'origine par Jeanne-Claude Denat de Guillebon[26]. Repoussée dans un premier temps à septembre 2020 en raison de la pandémie de covid-19, la réalisation de ce projet est finalement programmée pour l'automne 2021, de manière posthume[27].

Publications[modifier | modifier le code]

  • Christo et Jeanne-Claude, 75, éd. Taschen Une édition collector de 1 000 exemplaires signés par Christo.
  • Erreurs les plus fréquentes, coll. « L'Art en écrit », éditions Jannink, Paris, 1998
  • Valley Curtain, photographies Shunk-Kender, échantillon de la toile de barrage, éditions Horay, Paris, 1973

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (nl) « Legendarisch kunstenaar Christo (84) is overleden », sur nieuwsblad.be, 31 mai 2020.
  2. « L'artiste-plasticien Christo est mort à 84 ans », lefigaro.fr.
  3. (en) « Jeanne-Claude », sur britannica.com (consulté le 6 janvier 2020).
  4. Interview dans Madame Figaro, no 20647, 18 décembre 2010.
  5. (en-US) William Grimes, « Jeanne-Claude, Christo’s Collaborator on Environmental Canvas, Is Dead at 74 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 20 mai 2019).
  6. Christo et Jeanne-Claude, Erreurs les plus fréquentes, Paris, éditions Jannink, 2000.
  7. (en) « Christo and Jeanne-Claude », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  8. (en-GB) Oliver Wainwright, « How we made the Wrapped Reichstag », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 20 mai 2019)
  9. a et b Christo et Jeanne-Claude, Erreurs les plus fréquentes, op. cit.
  10. Christo et Jeanne-Claude, Most Common Errors, 1998 (en ligne).
  11. Cf. Michael Heizer Levitated Mass, 1969-2012
  12. Albert Elsen, The Freedom to be Christo and Jeanne-Claude, Stanford Presidential Lectures, 1998.
  13. a et b Marina Vaizey, Christo, Rizzoli International Publications, 1990, p. ?
  14. Christo, Le laboratoire du geste
  15. a b et c Baal-Teschuva J, « Révélation par dissumalation », in Christo et Jeanne-Claude, éditions Taschen, 1995
  16. Wall of Oil Barrels - The Iron Curtain
  17. Happening rue Visconti.
  18. Voir sur le site des artistes.
  19. Une étude préparatoire est visible au musée d'art de Toulon : The Pont Neuf Wrapped, 1980, photographie, tissu et dessin collés sur papier marouflé sur bois, 86 × 72 cm.
  20. (en) Jacob Baal-Teshuva, Christo, Jeanne-Claude, Christo & Jeanne-Claude, Benedikt Taschen, , p. 66.
  21. a et b Virginie Chardin, Paris et la photographie, Parigramme, , p. 200.
  22. Didier Hallépée, Jean-François Guédon, Coralie Grimaud, Laura Sixou-Zeno, Aurore Nicolas, Histoire de l'Art par les citations, Les écrivains de Fondcombe, , p. 150.
  23. « Christo Umbrella Crushes Woman », The New York Times, 28 octobre 1991, p. 14.
  24. Éditions Taschen, « Christo and Jeanne-Claude. The Floating Piers », sur taschen.com (consulté le 13 avril 2017).
  25. 7 choses à savoir sur Christo, le roi de l'empaquetage XXL, qui nous a quittés ce week-end, RTBF, 2 juin 2020
  26. « Paris : Christo va emballer l’Arc de Triomphe en 2020 », sur leparisien.fr, .
  27. Hommage à Christo : l'Arc de Triomphe sera empaqueté en 2021, RTBF, 3 juin 2020

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Matthias Koddenberg, Christo and Jeanne-Claude: Early Works 1958-64, Kettler Verlag, Bönen, Allemagne 2009
  • Dominique Laporte, Christo, Art Press - Flammarion, Paris, France 1985
  • (en-US) David Bourdon, Christo, Harry N. Abrams, New York, États-Unis 1971
  • Werner Spies, Wolfgang Volz (photographies), Christo. The Running Fence Éditions du chêne, Paris, 1977
  • Anne Volvey, Fabrique d'espaces : trois installations de Christo et Jeanne Claude, Les Cahiers Espaces Temps, vol. 78, Paris, 2002

Liens externes[modifier | modifier le code]

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