And Also the Trees

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And Also the Trees
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And Also the Trees au club FZW de Dortmund en mai 1998.

Informations générales
Pays d'origine Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre musical Post-punk, cold wave, rock indépendant
Années actives Depuis 1979
Labels Future (1983), Reflex (19841991), Normal (19921994), Mezentian (1996), AATT (1998 - actuel)
Site officiel And Also The Trees Official
Composition du groupe
Membres Simon Huw Jones
Justin Jones
Paul Hill
Ian Jenkins,
Emer Brizzolara
Steven Burrows
Anciens membres Graham Havas
Nick Havas

And Also the Trees est un groupe britannique, formé à Inkberrow, dans le Worcestershire en Angleterre pendant l'été 1979 et qui connut un certain succès entre 1985 et 1992, notamment en France.

Initialement composé de Simon Huw Jones (chant), de Justin Jones (guitares), de Nick Havas (batterie) et de Graham Havas (basse) qui est très vite remplacé par Steven Burrows (dès l'année 1982), le groupe tire son nom d'un des premiers textes de Simon Huw Jones : "Green is the Sea/And also the Trees"[1] et est associé au courant musical post-punk ou cold wave (France).

Si And Also the Trees s'inscrit indubitablement dans cette vague post-punk anglaise, qui le rapproche un temps de groupes comme Wire, Siouxsie and the Banshees, Joy Division ou The Cure, il est tout à fait possible de déceler l'influence de groupes psychédéliques de la fin des années soixante comme The Doors, Love[2] ou The Velvet Underground (plus particulièrement l'album White Light/White Heat) ou celle d'artistes tels que Scott Walker ou Jacques Brel, par la tension dramatique et théâtrale qui se dégage de la plupart de leurs morceaux, par l'importance que revêt le travail sur les atmosphères ainsi que par le soin apporté aux mélodies[3]. Le son de la guitare de Justin Jones est l'un des éléments distinctifs du groupe. Son jeu évoque le plus souvent celui d'un joueur de mandoline dont le son aurait été amplifié et réverbéré.

Ils se produisent volontiers en France et en Allemagne où sont concentrés le plus grand nombre de leurs admirateurs, le public britannique restant de toute évidence dubitatif devant l'imaginaire du groupe et les textes de Simon Huw Jones. John Peel qui les invita à venir enregistrer l'une de ses fameuses Peel Sessions[4] déclara que And Also the Trees était « trop anglais pour les Anglais »[5]. Avec son statut de groupe-culte, il bénéficie d'un regain d'intérêt, depuis notamment Further from the Truth (2003), décrit comme un album-synthèse de ce que And Also the Trees a pu développer pendant ses vingt-cinq ans de carrière. Ce regain d'intérêt ne s'est pas démenti pour les parutions en 2007 de (Listen for) the Rag and Bone Man, et d'un projet acoustique, When the Rains come, en 2009, qui ont été l'occasion pour And Also the Trees de tourner en France, en Angleterre, en Allemagne, en Suisse, en Belgique, en Italie et en Grèce.

Le 9 juillet 2010, ils se sont produits au Temporäre Kunsthalle de Berlin invités par le plasticien John Bock, dans le cadre de son exposition, "FischGrätenMelkStand". Cette exposition inclut un certain nombre d'objets en rapport avec And Also the Trees : la guitare rouge Hofner de Justin Jones, une vidéo de Slow Pulse Boy tournée par La Blogothèque en 2007 à la Maroquinerie, à Paris, et quelques photos prises par Simon Huw Jones. Ces objets sont exposés dans l'une des salles de l'exposition, intitulée Virus Meadow.

Le groupe vient de faire paraître son treizième album studio, Born Into The Waves.

Historique[modifier | modifier le code]

1979 - 1991[modifier | modifier le code]

Découvert et encouragé par The Cure[6], And Also the Trees enregistre également ses premiers disques : les singles Shantell (1983), The Secret Sea (1984) ainsi que son premier album And Also the Trees (1984), sous la houlette de Lol Tolhurst, pour les labels Future puis Reflex.

C'est toutefois avec le second album que le groupe trouve véritablement son identité musicale, lorsque Justin Jones aura l'idée de faire sonner sa guitare électrique comme une mandoline. Virus Meadow est en effet souvent considéré, avec le live The Evening of the 24th[7], comme leur chef-d'œuvre. Il contient de nombreux titres qui font aujourd'hui figure de classiques tels que Slow Pulse Boy, Virus Meadow, Gone... like the Swallows, Vincent Craine, ou Jack[8]. Ce deuxième album est aussi le début de leur collaboration avec l'ingénieur du son, Richard Waghorn. L'album est enregistré chez lui à "Rich Mixture Studio", non loin d'Inkberrow, à Astwood Bank. La couverture de l'album représente une nature morte, une coupe de fruits posée sur un drap blanc (pomme, artichaut, grappe de raisin, oranges).

And Also The Trees (1984), Virus Meadow (1986), The Millpond Years (1988) et Farewell to the Shade (1989) portent fièrement la marque d'un Romantisme noir, rural, lettré (Aldous Huxley, Hermann Hesse, D.H. Lawrence, Virginia Woolf, William Faulkner, Thomas Hardy) et esthète avec ses références picturales (Pré-raphaélites, Edward Hopper, Henry Moore, J.M.W. Turner).

Les quatre membres d'And Also the Trees semblent vivre en autarcie dans leur petit hameau des Midlands [9]. Le groupe se développe en dehors des scènes et des courants qui se forment à Londres, dans la ville voisine de Birmingham, à Liverpool ou à Manchester. Simon Huw Jones, Justin Jones, Steven Burrows et Nick Havas cultivent leur différence jusque dans les habits qu'ils portent et qui leur donnent l'air de jeunes dandy d'un autre siècle, comme en témoignent les séances photos prises dans le domaine de Witley Court, ou sur la couverture de Farewell to The Shade. Ils les trouvent souvent bradés dans les friperies des environs.

L'imaginaire d'And Also the Trees est donc ancré dans les paysages du Worcestershire et l'histoire du lieu dans lequel ils ont grandi, qu'il s'agisse de la musique, des pochettes des disques ou des textes écrits par Simon Huw Jones. La chanson Virus Meadow s'inspire à la fois d'un épisode historique, l'épidémie de peste noire qui ravagea la totalité du hameau où ils habitent au XVIIIe siècle, et d'une légende locale, La Légende des sept cloches d'argent. Le titre de l'album Farewell to the shade fait quant à lui référence à un poète anglais du XVIIIe siècle, William Cowper[10], tout en étant un constat sur l'urbanisation galopante qui menace la physionomie de la campagne environnante[11]. Néanmoins, Simon Huw Jones veille toujours à laisser dans ses récits, ses descriptions, une part de mystère qui confère à l'ensemble une dimension évocatoire et volontiers polysémique. Il n'est pas question de se couper du monde ou de s'enfermer dans un passéisme forcené.

C'est sur The Millpond years, que le groupe s'essaie avec succès au genre du conte gothique avec notamment Simple Tom and the Ghost of Jenny Bailey, ou l'expressionniste Count Jefferey tandis que This Ship in Trouble qui décrit le sentiment de terreur des passagers d'un bateau à la dérive s'ouvre sur les résonances d'un glas funèbre [12]. Le groupe souffrira de voir sa musique souvent ramenée et cantonnée à ces influences "gothiques", bien qu'elle ait peu à voir en réalité avec cette scène dominée par Alien Sex Fiend, Christian Death, Dead Can Dance, Fields of the Nephilim ou The Sisters of Mercy. Pour marquer leur différence, Simon et Justin Jones pousseront le paradoxe jusqu'à dire à un magazine de Cleveland [13] qu'And Also the Trees est probablement le seul véritable groupe gothique au sens littéraire et esthétique du terme, déclaration qui n'était pas faite pour dissiper un malentendu durable.

Ce sont surtout les qualités visuelles et cinématographiques de la musique d'And Also the Trees que relève la critique de l'époque. Celle-ci oscille entre ambiances introspectives et mélancoliques comme sur la reprise de Lady d'Arbanville de Cat Stevens en 1989, Anchor Yard ou Virus Meadow et des morceaux plus énergiques (Wallpaper Dying, Impulse of Man, le single A Room lives in Lucy, Ill Omen) voire bruitistes comme The Renegade[14] ou le final de So This is Silence, qui rattachent le groupe à la mouvance post-punk. Pour signifier l'intensité des prestations scéniques du groupe le journaliste anglais, Push, évoque à l'occasion d'un concert au Boston Arms de Londres un "exorcisme spirituel"[15].

Lors d'une interview pour la radio genevoise Couleur 3, Simon Huw Jones répond au journaliste qui lui demande si le groupe parvient à vivre de sa musique : "Si vivre de sa musique signifie avoir de l'argent et être capable de faire une multitude de choses excitantes, alors la réponse est non. Mais si vivre signifie être en paix et en accord avec soi-même, alors oui" [16]. Pourtant, la fin des années 1980 correspondra à une période de reconnaissance pour And Also the Trees. En France, la sortie d'une compilation chez Lively Art/New Rose intitulée Et aussi les arbres témoigne du succès croissant du groupe dans l'hexagone, tandis que les sorties du single Shaletown, en 1987, et de l'album The Millpond Years en 1988 sont particulièrement bien accueillies par la presse anglaise qui tend pourtant à bouder le groupe depuis ses débuts. L'enregistrement de la reprise de Cat Stevens, Lady D'Arbanville, est même envisagée comme un possible hit par le groupe et son label [17], et le clip réalisé en super 8 est parfois diffusé sur les chaînes musicales en France (M6). Le maxi sortira malheureusement en pleine affaire des Versets sataniques. Salman Rushdie fait l'objet d'une fatwa, et celui qui se fait appeler Yusuf Islam après s'être converti vient de se déclarer en faveur de cette condamnation. Le succès restera d'estime.

La tournée qui accompagne l'album suivant, Farewell to the Shade, culmine avec un concert parisien au Bataclan, le 13 novembre 1989, dont même la presse anglaise se fait l'écho[18]. Cette tournée se poursuit jusqu'en 1991, année durant laquelle And Also the Trees s'embarque pour une tournée américaine, sur la côte-est. Ils visiteront les villes d'Hoboken, Washington, Cleveland, Chicago, Detroit, Pittsburgh, New York, Philadelphie, Baltimore ou Boston, soutenus par le réseau des "college radio" et un single remixé par Robert Smith et Mark Saunders, The Pear Tree.

1992 - 1999[modifier | modifier le code]

Après Green is the Sea (1992), premier album enregistré pour le label allemand Normal, le groupe craignant de devenir une caricature de lui-même et de se figer dans un son, se défait de l'un de ses collaborateurs, le clavier, Mark Tibenham, dont la première apparition sur disque remonte au single Shaletown, et part en quête d'un second souffle.

Il le trouve du côté d'une Amérique essentiellement fantasmée[19], celle du cinéma hollywoodien, des romans de Scott Fitzgerald que Simon Huw Jones lit beaucoup à cette époque, du surf rock à la Dick Dale, des bandes originales d'Ennio Morricone qui inspirèrent à la même époque des artistes tels que Chris Isaak, Nick Cave, Calexico ou les Tindersticks. C'est cette veine que viendront explorer des albums comme The Klaxon (1993), et plus encore, Angelfish (1996) ou Silver Soul (1998). Une partie du public est désorientée[20]. En France, la presse généraliste se désintéresse du groupe. Pourtant, il semble aujourd'hui difficile d'affirmer que And Also the Trees se soit véritablement perdu sur ces albums : Paradiso, Dialogue ou Missing s'imposent comme des titres importants de leur carrière. "Missing" qui n'a presque jamais été jouée sur scène pendant la tournée de Angelfish fait une apparition remarquée dans les setlists depuis 2013, au point de donner son titre à une captation vidéo réalisée à Mâcon. Elle est particulièrement plébiscitée lors des concerts, et ce malgré un format relativement atypique [21].

C'est durant cette période que le groupe éclate géographiquement : Simon Huw Jones déménage en Suisse, Steven Burrows et Nick Havas s'installent à Londres. Seul Justin Jones reste à Inkberrow. Il enregistre pour China Records un album sous le nom de G.O.L. (Gods of Luxury), un projet qu'il réalise avec Mark Tibenham et la chanteuse Antonia Reiner. Un album, Sensations of Tone[22] qui comporte une reprise de There were no Bounds[23] de And Also the Trees voit le jour en 1995, ainsi qu'un single Soma Holiday.

Nick Havas quitte le groupe après la tournée qui accompagne la sortie de Angelfish. C'est Paul Hill qui assurera la batterie sur les sessions de l'album suivant, Silver Soul.

Entre 1999 et 2003, le groupe s'accorde une retraite temporaire qui coïncide avec la mise en vente de la maison de la famille Jones à Inkberrow, dans laquelle le groupe avait grandi. Le lieu de répétition du groupe et d'enregistrement, qu'ils appelaient the Dairy, était en effet un bâtiment de la maison familiale[24]. Steven Burrows part aux États-Unis et s'installe en Floride.

2003 - 2008 : Further from the Truth & (Listen for) The Rag and Bone Man.[modifier | modifier le code]

La meilleure preuve du caractère presque naturel de cette évolution que le groupe a amorcé avec les années 1990 est finalement apportée par Further From the Truth, l'album enregistré en 2003 dans un pensionnat de jeune fille abandonné, appelé The Grove. Celui-ci bénéficie d'une approche plus directe et plus live que ses prédécesseurs, qui ployaient parfois sous le poids des machines et des références[25]. Recentré autour du trio, guitare, basse, batterie, il aura le mérite de montrer que les deux faces du groupe ne sont pas inconciliables. Tandis que des titres comme The untangled Man et son final épique ou The Reply ou Feeling fine raccordent le groupe à son passé cold wave, Genevieve ou He Walked through the Dew témoignent d'une approche plus soul et jazz. Paul Hill qui se fait aussi appeler Chillmoose participe à l'écriture des morceaux. Sur la tournée qui suit, ils sont rejoints sur scène par une jeune femme, Emer Brizzolara qui assure les claviers, et les percussions[26]. Emer accompagnait le groupe en tournée depuis 1994[27]. Elle en devient elle aussi un membre permanent.

En novembre 2006, le projet solo de Simon Huw Jones et du batteur de The Young Gods, Bernard Trontin, voit le jour sur le petit label suisse Shayo. Il s'appelle November. Les deux hommes se sont rencontrés à Genève par l'intermédiaire d'un disquaire. C'est sur une toile de fond mouvante, évoluant entre ambient et electro, que la voix de Jones se pose. Cet album, décrit comme une sorte de rêve éveillé, privilégie une approche atmosphérique sans pour autant négliger une approche plus mélodique (Day of Spring, The Stairwell ou Melancholy Jane). Il comporte notamment une lecture d'un extrait de Au-dessous du volcan (Under the Vulcano), le roman de Malcolm Lowry : The Consul's Vision.

And Also the Trees sort son dixième album studio le 12 novembre 2007. Il a pour titre (Listen for) The Rag and Bone Man. Les visuels de l'album ont été réalisés par le photographe français Jérôme Sevrette. (Listen for) The Rag and Bone man a été enregistré au Hellens Manor, dans le Herefordshire et à Oxford Chapel House, à Londres, avec pour ingénieur du son, Matthew Devenish (qui a aussi travaillé avec Aphex Twin, Nigel Kennedy, Vincent Gallo, Sean Lennon, ou Lydia Lunch), et un nouveau membre, le bassiste et contrebassiste, Ian Jenkins. Présenté comme l'album de la maturité[28], il contient notamment la réécriture d'un passage de Le Bruit et la Fureur de William Faulkner, une rêverie sur le personnage de Candace et l'odeur du chèvrefeuille (Candace) et l'évocation d'une légende locale (Mucklow). Le groupe semble prendre une orientation plus acoustique[29]. En dehors de la guitare électrique de Justin Jones, l'instrumentation fait une belle part à un orgue, un piano, une contrebasse, du zither et à de l'accordéon. Avec "Rive Droite", le groupe traduit à sa manière quelque chose de son admiration pour le "Vesoul" de Jacques Brel tandis que The Legend of Mucklow est volontiers comparée aux albums récents de Scott Walker.

2009 - 2012 : When The Rains Come & Hunter not the Hunted.[modifier | modifier le code]

Cette orientation est confirmée par l'enregistrement d'un album totalement acoustique et sans batterie[30], sorti le 10 juin 2009, When The Rains Come. Il est composé de 14 titres, 13 anciens et un inédit qui donne son titre à l'album et sur lequel le groupe travaillait déjà pendant les sessions de l'album précédent. L'album par ses choix instrumentaux (guitare, dulcimer, accordéon, contrebasse pincée ou jouée à l'archet), et ses conditions d'enregistrement (5 jours), propose une véritable relecture du catalogue du groupe, incluant des classiques (Virus Meadow, Vincent Craine, A Room Lives in Lucy, Dialogue), des titres de (Listen for) The Rag and Bone man (Candace, Mary of the Woods, Stay away from the Accordion Girl), et d'autres restés ces dernières années plus confidentiels et auquel le groupe souhaitait donner une seconde chance (Jacob Fleet, Fighting in a Lighthouse ou Mermen of the Lea). Dans un article pour l'hebdomadaire Les Inrockuptibles, Richard Robert le décrit comme : "un disque d'une épatante sobriété", "l'enfant épanoui de Scott Walker (...) et des esprits les plus libres du Brit-folk (Davy Graham pour les libres figures guitaristiques, Richard Thompson pour l'intensité expressive)"[31].

Après une courte tournée d'été accompagnant la sortie de l'album qui a vu notamment And Also the Trees se produire dans des lieux intimistes à Paris (pour deux soirées au Lavoir Moderne Parisien) mais aussi à Bruxelles, et à Genève, le groupe enchaîne une nouvelle tournée européenne à l'automne 2009 et durant l'été 2010 qui les voit notamment invités à jouer dans le cadre de l'exposition et de l'installation "FischGrätenMelkStand" de John Bock à Berlin ou au festival acoustique de Sesto al Reghena (Italie), où ils partagent l'affiche avec Badly Drawn Boy et les Tindersticks.

Le mini-album acoustique de 7 titres, Driftwood, présenté à l'automne 2011, à l'occasion d'une nouvelle tournée électrique en Allemagne et en Autriche, est un témoignage studio de ces tournées. Il vient compléter When The Rains Come, avec L'E.P. paru plus tôt pour Les Disques du 7ème Ciel, et achève ce travail de relecture acoustique de leur répertoire.

Cette influence acoustique se ressent dans l'album, Hunter Not The Hunted, paru en mars 2012 et suivi d'une tournée de 17 dates en France, Autriche, Danemark, Allemagne et Italie. Le groupe revient à une structure classique (électricité et batterie de Paul Hill) mais les titres de l'album sont joués sur un tempo plutôt lent, à l'exception des deux derniers titres Angel, Devil Man and Beast et The Floating Man. Décrit par Justin Jones comme "un album exigeant" [32] Hunter not the hunted est marqué par un travail sur les atmosphères, l'espace et sur le temps. La contrebasse de Ian Jenkins et le dulcimer de Emer Brizzolara confèrent à cet album une importante part de sa délicatesse. Simon Huw Jones déclare de son côté avoir été influencé par les paysages de la côte est de l'Angleterre, espace fantasmé et connu par ses lectures de W.G. Sebald, Robert Macfarlane ou d'un naturaliste comme Mark Cocker [33]. Les animaux et les plantes envahissent les chansons, tandis que l'omniprésence de l'élément aquatique (The Woman on the Estuary, Bloodline) trouve son pendant dans la marine que le peintre danois : Ulrick Møller réalise pour la couverture de l'album. And Also the Trees est l'objet d'un article dans l'édition française de Rolling Stone "[34].

2012 - Actuellement : Born Into The Waves.[modifier | modifier le code]

De 2012 à 2015, le groupe tourne très régulièrement en Europe, mais aussi au Japon où il se rend pour la première fois, pour deux dates à Tokyo, où ils possèdent un public depuis 1989. Ils se rendent également pour la première fois à Odessa (Ukraine), Alba Iulia (Roumanie) ou au Skinderiškis Dendrology Park (Lithuanie).

Le 7, le 8 et le 9 décembre 2012, Simon Huw Jones se produit à l'opéra de Rennes dans le cadre des Transmusicales. Il assure la voix de la version électrique pour 17 guitares du tryptique d'Olivier Mellano, How We Tried A New Combination Of notes To Show The Invisible Or Even Embrace Of Eternity, paru en 2012 chez Naïve. Le projet a demandé une longue préparation. Simon Huw Jones y chante en hébreux, en grec, en anglais et en italien (From Original Chaos to Euphoric Army Self-Organized Notes), en français (From The Sea Made By Strings To An Inside Ocean), en finnois et en russe (From the Darkest Point to the Brightest Minds). C'est aussi à l'occasion de l'enregistrement de cet album que Simon Huw Jones rencontrera le photographe Richard Dumas.

Le 20 septembre 2013, Justin Jones entre en studio avec Marc Almond et Carl Barat pour assurer les parties de guitare de la chanson Love is not on Trial. Cette chanson se retrouve sur l'album de Marc Almond intitulé The Dancing Marquis. Elle a été composée par Barat. Justin Jones a rencontré Marc Almond, alors que tous deux participaient à un concert du compositeur grec Othon Mataragas, au Chelsea Theatre, le 28 novembre 2011.

Simon et Justin Jones commencent également à se produire en duo sous le nom Brothers of the Trees, projet plus confidentiel qui laisse une part plus grande à l'improvisation et permet à certains morceaux de connaître une nouvelle vie sur scène : L'Unica Strada, Blind Opera, Talk Without Words/Gone... like the Swallows, My Face is here in the Wild Fire ou Wooden Leg etc. La première de cette série de concert a lieu a Vevey, au studio 106, le 15 décembre 2013. Elle se poursuivra à Leipzig, au festival WGT, en mai 2015.

En décembre 2014, And Also The Trees est invité à faire la première partie des "Christmas shows" que The Cure donne au Eventim Apollo de Londres, pour trois soirées. Robert Smith qui suit toujours la carrière du groupe y voit une manière de célébrer les 30 ans des concerts donnés par les deux groupes en 1984, alors que la salle s'appelait le Hammersmith Odeon, et que les deux groupes s'y produisaient dans le même ordre. La setlist d'And Also the Trees restera néanmoins concentrée sur les derniers albums du groupe (Listen for the Rag and Bone Man et surtout Hunter Not The Hunted), exceptions faites des habituels Slow Pulse Boy, A Room lives in Lucy ou Virus Meadow.

Le groupe célèbrera ses 35 ans de carrière, le 24 avril 2015, à Londres, avec en première partie The Cesarians, avant de s'embarquer pour Tokyo.

And Also the Trees passe l'année 2015 à préparer l'enregistrement d'un nouvel album à Londres, à Hellens Manor, et en Bourgogne, avec l'ingénieur du son Matthew Devenish. Le bassiste Ian Jenkins s'apprête à quitter le groupe pour des raisons de santé. Il participe néanmoins à la quasi totalité des sessions du futur disque. Seul le morceau Boden crédite à la basse Grant Gordon, un musicien connu entre autres pour avoir joué dans The Divine Comedy (Casanova). Justin Jones demande également au français Colin Ozanne de jouer de la clarinette sur l'ultime morceau de l'album The Skeins of love et sur Winter Sea. The Bells of St Christopher est enregistrée en une seule prise par les frères Jones, Simon Huw Jones enregistrant sans filets un texte qu'il improvise au fur et à mesure qu'il découvre la musique. Naito-Shinjuku porte le nom d'un quartier de Tokyo dans lequel le groupe a séjourné. C'est une pièce instrumentale marquée par de petites percussions que Paul Hill a construites et accordées lui-même. C'est aussi à cette période que Justin Jones et Simon Huw Jones se lient avec les membres du groupe australien A Dead Forest Index récemment signé sur le label Pop Noire, fondé par Jehnny Beth (Savages). C'est la voix du chanteur Adam Sherry que l'on peut entendre sur Seasons and the Storm.

Born Into The Waves parait finalement sous format cd et vinyl. Le groupe explique à sa sortie que l'album serait né en partie des voyages que le groupe a effectué en Roumanie, en Lituanie, en Ukraine et au Japon. Les thématiques entrelacées du voyage et du sentiment amoureux, envisagé sous tous ses aspects, donnent une couleur particulière à l'album tandis que musicalement, Born Into The Waves redonne aux guitares une place prépondérante. La sortie de l'album est précédée de la mise en ligne d'une vidéo pour le titre d'ouverture Your Guess. L'illustration de la pochette a été réalisé par une jeune artiste néerlandaise, Anouk de Groot. L'album est salué par la presse (New Noise, Les Inrockuptibles ou Le Figaro).

La tournée européenne voit le groupe se produire dans un line-up différent des tournées précédentes. Grant Gordon tient la basse. Colin Ozanne seconde Justin Jones à la guitare, assure les parties de claviers et de clarinette.

Membres du groupe[modifier | modifier le code]

1979 - 1982[modifier | modifier le code]

  • Simon Huw Jones (Chant)
  • Justin Jones (Guitares)
  • Graham Havas (Basse)
  • Nick Havas (Batterie)

1982 - 1998[modifier | modifier le code]

  • Simon Huw Jones (Chant)
  • Justin Jones (Guitares, claviers). Il utilise des guitares Hofner blanche et rouge (modèle 1964 pour la dernière). En studio, il a parfois utilisé une Grestch Country Gentleman.
  • Steven Burrows (Basse). Burrows joue essentiellement sur une basse Fender precision, mais il a parfois joué en concert avec une Washburn.
  • Nick Havas (Batterie)

avec les participations de Mark Tibenham (claviers), Will Waghorn (trompette), Paul Hill (batterie) et sur les tournées, d'Emer Brizzolara (claviers, percussions) et de Dale Hodgkinson (claviers, guitares, percussions) sur la tournée de Silver Soul (1998).

2003 - 2006[modifier | modifier le code]

  • Simon Huw Jones (Chant)
  • Justin Jones (Guitares, claviers)
  • Steven Burrows (Basse)
  • Paul Hill (Batterie)joue sur un kit Premier (pour les peaux) et Paste (pour les cymbales et autres pièces métalliques).

avec la participation d'Emer Brizzolara (claviers, percussions, guitares).

2007 - 2015[modifier | modifier le code]

  • Simon Huw Jones (Chant)
  • Justin Jones (Guitares, orgue, zither, accordéon)
  • Ian Jenkins (Basse et contrebasse), il joue sur une Fender Jazzmaster en électrique et, en acoustique, sur une contrebasse marquée d'une sorte de gros gorille noir.
  • Paul Hill (Batterie)
  • Emer Brizzolara (claviers, piano, dulcimer, guitare, percussions, melodica)

2016 - Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

  • Simon Huw Jones (Chant)
  • Justin Jones (Guitares, Accordéon, Vibraphone)
  • Paul Hill (Batterie, Percussions et Harmonica)
  • Grant Gordon (Basse)
  • Colin Ozanne (Clarinette, guitares, claviers)

Discographie[modifier | modifier le code]

Albums studio[modifier | modifier le code]

  • And Also the Trees (1984)
  • Virus Meadow (1986)
  • The Millpond Years (1988)
  • Farewell to the Shade (1989)
  • Green is the Sea (1992)
  • The Klaxon (1993)
  • Angelfish (1996)
  • Silver Soul (1998)
  • Further from the Truth (2003)
  • (Listen for) the Rag and Bone Man (2007)
  • When the Rains come (2009)
  • Driftwood (2011)
  • Hunter not the Hunted (2012)
  • Born into the Waves (2016)

Singles et EP[modifier | modifier le code]

  • Shantell / Wallpaper Dying (7') (1983)
  • The Secret Sea / There were no Bounds (7'/12') (1984)
  • A Room Lives in Lucy / There was a Man of double Deed / Scarlet Arch (7'/12') (1985)
  • The Critical Distance / Scythe & Spade / The Renegade (12') (1987)
  • Shaletown / Needle Street / L'Unica Strada (7'/12') (1987)
  • House of the Heart / Anchor Yard / Count Jefferey (the 1st) (7'/12'/CDS) (1988)
  • Lady D'Arbanville / The Harp / The Street Organ (7'/12'/CDS) (1989)
  • Misfortunes (7') (1989)
  • The Pear Tree (12') (1991)
  • Nailed / Ill Omen / The Great Alone (CDS) (1998)
  • And Also The Trees Acoustic Ep :Stay away from the Accordion Girl / Shantell /The Street organ / Feeling fine (10'/CDS/Very limited edition) (2009)
  • And Also The Trees EP : The legend of Mucklow, Missing, The Obvious, The Untangled man (versions d'origine) (12' vinyl limited edition) (2014)

Live & Compilations[modifier | modifier le code]

  • A Retrospective 1983-86 (1986)
  • Et aussi les Arbres (1987)
  • The Evening of the 24th (Live) (1987) (réédition CD, 1991 + 1 Titre : The Renegade)
  • Boxed Set (Coffret de singles) (1990)
  • Le Bataclan (Live) (1994)
  • From Horizon to Horizon (1992)
  • 1980-2005 (Compilation) (2005)

Vidéographie[modifier | modifier le code]

  • Bielefed PC69 May 1st 1992, (VHS) (1994)
  • Hamburg Markthalle 1994, (VHS) (1994)
  • And Also The Trees Live 89-98, (VHS) (1998)
  • Live in Geneva, (DVD) (2006)
  • Dialogue (Online documentary) (2012)
  • Missing in Mâcon (Online live film) ( 2013)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ce morceau qui n'est jamais sorti en disque a pu être entendu lors de leur concert anniversaire (25 ans d'existence) le au Batofar à Paris.
  2. Forever Changes est présenté dès 1985 par les frères Jones comme leur album préféré, ce qui est une référence plutôt inhabituelle à l'époque (Interview de Simon Huw Jones par Helen Fitzgerald, pour le Melody Maker, au mois de mars 1985). The Doors occupent également dans cette interview une place privilégiée. Simon Huw Jones déclare en effet : " I don' t think we're very aware of what´s fashionable and I'd really prefer to shut myself up in my bedroom with some Doors' records than be going out to gigs in London everynight."
  3. La réalisation de l'album When The Rains Come, qui propose une relecture acoustique de titres extraits de l'ensemble de la carrière du groupe ainsi qu'un inédit, témoigne de cet aspect méconnu de leur travail
  4. Enregistrée et produite le 7 avril 1984 par Dale Griffin pour l'émission du 24 avril 1984.
  5. http://www.blogotheque.net/Back-on-Stages-1-And-also-the
  6. The Cure invite And Also the Trees à faire ses premières parties lors des tournées de 1981 et de 1984, Robert Smith et Mike Hedges produisent les six titres qui figurent sur la deuxième cassette démo du groupe intitulée From Under the Hill en 1982. Robert Smith réalise avec Mark Saunders le remix d'une chanson d'And Also the Trees, The Pear Tree, qui sort sur un Ep à destination du marché américain en 1991.
  7. L'enregistrement d'un concert à la Dolce Vita, le 24 octobre 1986, à Lausanne, lors de la tournée européenne qui suit la sortie de l'album.
  8. L'album est soutenu outre-manche par le NME :"The Trees have veered away from their tedious Banshees roots, consequently producing a cunning, insidious and captivating LP" (Richard North), le magazine Sounds: "A very beautiful record" (Andy Hurt) qui lui donne une note de ****3/4, ou encore le Melody Maker : "The Trees bring old english folk poetry to life (..) a scripted soundtrack for a some-long forgotten Edgar Allan Poe tale" (Helen Fitzgerald) . En France, Lydie Barbarian célèbre des compositions qui "derrière les arrangements caressants, tirant leur substance des guitares de Justin (frère de Simon), (...) infuse des nuages noirs comme de mauvais présages. La tension suscitée est tenace, le sens de la solitude retrouvée palpable, et le respect pour la beauté des landes désolées acharnée. De disque en disque, cette musique évite de plus en plus soigneusement, dirait-on, les éléments non désirés (...) pour n’exploiter que le thème de la terre. Les histoires du groupe suivent la piste sinueuse des légendes d’arrière pays." (Libération, 06.1988) .
  9. Dans une interview pour Brumbeat datant de 1988, Simon Huw Jones déclare "We live an odd existence. I spend days without seing anyone, sitting at my window looking at the fields and the vanishing countryside. It's bound to have a strong effect. It's a timeless sort of place, nothing change and I can feel a power from the ground"
  10. "The poplars are fell'd! farewell to the shade / And the whispering sound of the cool colonnade; / The winds play no longer and sing in the leaves, /Nor Ouse on his bosom their image receives. ". Extrait du poème The Poplar Field.
  11. Interview pour la télé japonaise en 1989, dans une émission consacrée au rock indépendant appelée Transmission.
  12. On peut aussi rattacher The Headless Clay Woman à cette veine d'inspiration sur l'album précédent
  13. Dans l'article écrit par Norman Wonderly, intitulé "True Gothic", pour Alternative Press vol.38. ["It's obvious they (Press in England) have a preconceived idea of what we are about. The funny thing is that if there was ever a band that was 'gothic' in the literary sense, then we are" Simon's guitarist brother Justin agrees : " [...] It's been pointed out that we are not a Batcave thing but a true gothic."
  14. Que l'on peut trouver sur la face B du maxi The Critical Distance, sorti en juin 1987.
  15. Melody Maker, juin 1989.
  16. "Um, if making a living means having money, and being able to do exciting things, then no. But if making a living means having peace of mind, well, then yes we are." (Couleur 3, 23 novembre 1988)
  17. Melody Maker, avril 1989
  18. Push écrit dans le Melody Maker : "Although And Also The Trees have been ceremoniously ignored in their home country, their status in France is such that this gig is attended by a capacity crowd of some 1,500 (..). Between each song they chant his name as if it were a religious mantra. It's astonishing (...) Their live performance is a series of dramatic swells, each timed to perfection and expertly executed (...) When notes and chords are held, layered above and below, the smooth rolling rhythms and surrounding, sometimes softening sharp sting of the guitar, it's an unstoppable euphoric force" (Melody Maker 25.11.1989).
  19. Bien que le groupe ait effectué sa première tournée américaine en février et mars 1992.
  20. Ces albums sont mieux reçus en Allemagne et au Danemark. À sa sortie The Klaxon est défendu à la fois par le journal Politiken (21 décembre 1993, Anders Rou Jensen) et le Berlingske Tidende, de tendance plus conservatrice.
  21. Article d'Alexandre François du 8 décembre 2013 pour La Blogothèque.
  22. https://www.discogs.com/fr/GOL-Sensations-Of-Tone/release/76701
  23. Morceau que l'on retrouvait initialement sur le maxi de The Secret Sea.
  24. Simon Huw Jones déclare pour le webzine Octopus-enligne.com en novembre 2007 : "C’était la maison où AATT était né, où nous répétions, où se trouvait notre foyer d’inspiration. Il nous a semblé que sans elle, AATT devait cesser d’exister". http://www.octopus-enligne.com/template.php?css=article&page=article&type=jetsencre&article=180&typejets=1/.
  25. A l'image de Highway 4287, dernier titre de l'album Silver Soul, sur lequel on peut reconnaître la pâte sonore d'Angelo Badalamenti et les thèmes du Lost Highway de David Lynch.
  26. D-Side no 32, janvier/février 2006, p. 56-59.
  27. Seule la tournée de Silver Soul, l'avait vue remplacée par Dale Hodgkinson.
  28. "And Also The Trees a enfin trouvé le centre rayonnant de la maturité" (Michaël Patin, Magic (magazine), janvier 2008).
  29. Simon Huw Jones évoque à plusieurs reprises le bois pour définir la couleur de l'album (Interview de Simon Huw Jones par Catherine Fagnot, Noise, février 2008).
  30. D-Side, no 53
  31. Les Inrockuptibles, no 718, 1-7 septembre 2009, p. 61
  32. Prémonition, http://www.premonition.fr/premor.php3?lien=actu/actu.php3X1Xactuid=261001&ta=10. Février 2012
  33. La Blogothèque. Un Concert à emporter
  34. Rolling Stone, mai 2012, p. 18

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]