Remix

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En musique, un remix est une version modifiée d'un morceau musical, réalisée en studio ou parfois en live (en direct) avec des techniques d'édition audio, destinée en général aux DJ pour les clubs. Les remixes sont souvent plus rares que les versions album ou single et intéressent donc les collectionneurs ; ils sont aussi un moyen de faire vendre plus de disques.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Une version remixée peut aller d'une simple version longue (qui réutilise alors la plupart des arrangements de la version originale) à une adaptation dans un genre musical radicalement différent de l'originale : des morceaux pop ou RnB peuvent par exemple être remixés en dance, house, techno, voire en acoustique ou en orchestration classique. Il peut aussi s'agir d'une version instrumentale dont le remixeur ôte toute la partie vocale, ou une partie (dub remix, avec souvent des effets spéciaux tels que de l'écho). Plus simplement, un remix (mot utilisé à tort, car dans ce cas il s'agit d'une reprise) peut aussi être l'adaptation d'un morceau sous la forme voulue par un autre artiste, celui-ci y apportant alors une touche personnelle plus ou moins remarquable.

Dans le cas de la musique urbaine telle que le hip-hop, le rap, le RnB ou encore le reggaetón, on parle de remix pour des versions alternatives où figure un featuring, un artiste invité sur le morceau. Cependant, ces titres ne peuvent être dénommés remixes en premier sens du terme, car ils ne bénéficient pas d'une restructuration de la musique, ni de l'harmonie, mais sont bel et bien les mêmes titres, juste agrémentés d'un invité. Dans ce cas présent citons : Jamelia : Thank You (remix featuring Singuila) ou de Mario : Let Me Love You (remix featuring Amel Bent).

Un « megamix » enchaîne plusieurs morceaux (comme un medley ou un pot-pourri, mais il s'agit d'un travail en studio) de différents artistes (par exemple Jive Bunny and The Mastermixers ont réalisé des mégamix célèbres de rock'n'roll), ou d'un seul artiste (les megamix de Boney M, Modern Talking, Claude François, Michael Jackson, Mariah Carey et Britney Spears sont célèbres également).

Mariah Carey se lance dans la production de remixes de chansons au tout début de sa carrière, aidant à démocratiser la technique du ré-enregistrement vocal[1]. Le disc jockey David Morales, qui collabore à de nombreuses reprises avec Carey, comme pour le single Dreamlover (1993), popularise avec Carey, une méthode consistant à remixer des chansons pop de son propre répertoire en version club[2]. Cette chanson, qui est un succès commercial et critique, est alors nommée par le Slant Magazine comme l'une des meilleures chansons dance de tous les temps[2].

En 1995, Carey sort le single Fantasy, premier extrait de l'album Daydream, qui est considérée comme l'un des plus beaux exemples de révision d'un échantillon en un chef-d'œuvre pop[3]. La chanson et son remix en featuring Ol' Dirty Bastard, sont considérés comme le single de Carey le plus important à ce jour. Carey introduit le RnB et le hip-hop dans la culture pop et popularise le rap après 1995[4]. Sarah Frere-Jones, journaliste à The New Yorker explique que « le remix devient un standard pour les stars RnB/hip-hop comme Missy Elliott et Beyoncé, car il combine la mélodie avec le rap. Et quelques jeunes artistes pop comme Britney Spears, NSYNC, Christina Aguilera ou Jessica Simpson ont passé une grande partie de ces dix dernières années à faire de la musique pop qui est incontestablement du RnB[4] ». Frere-Jones en conclut que « son idée d'associer le chant d'une femme avec le hip-hop des hommes a changé le R'n'B et toute la pop. Bien que maintenant, chacun est libre de choisir son idée, le succès de Mimi montre qu'il appartient encore à Carey[4] ». John Norris de MTV déclare que le remix est « responsable d'une vague musicale que nous voyons depuis ce jour-là, l'association RnB et hip-hop. Vous pouvez dire que le remix de Fantasy est le single le plus important de sa carrière ». Norris fait écho aux propos de Lisa Lopes qui a dit que nous avons du R'n'B grâce à Mariah[5]. Judnick Mayard, journaliste de TheFader, écrit en ce qui concerne l'association du RnB et du hip-hop : « La championne de ce mouvement est Mariah Carey[6] ». Mayard explique également : « À ce jour, Mariah et O.D.B. font sans doute la meilleure collaboration hip-hop de tous les temps », et qu'en raison de la sortie de Fantasy, « le RnB et le hip-hop sont de bons frère et sœur[6] ». Les trois versions de Fantasy (inclus la version club coproduite avec David Morales), permettent d'obtenir à Mariah Carey, la seconde meilleure place des ventes de singles annuelles aux États-Unis[7]. En 2005, Entertainment Weekly inclut les deux remixes de Fantasy sur la liste de ses meilleurs enregistrements[8]. Sean Combs déclare que Carey « connaît l'importance des remixes, de sorte que vous sentiez comme vous êtes avec un artiste qui apprécie votre travail d'artiste et qui veut arriver à quelque chose avec vous[9]. »

Tom Moulton est l'inventeur du format vinyle « maxi 45 tours » (12″). Walter Gibbons a réalisé le premier remix sur maxi 45 tours (Double Exposure, 10 Percent) et a aussi réalisé le remix de Bettye LaVette : Doin' the Best That I Can.

Une « version longue » (extended version en anglais) est la forme la plus simple de remix : certains passages instrumentaux sont insérés au milieu ou à la fin du morceau. Idem pour une « version radio » (radio edit en anglais), généralement peu différente de la version album : intro supprimée ou bien différente, fondu en fermeture (fadeout) ou vraie fin arrivant plus tôt.

Tous les remix ne sont pas distribués, et certains sortent sur des white label (disques promotionnels), d'autres sous forme de bootlegs (disques pirates) ; avec Internet, les DJ peuvent plus facilement diffuser leurs créations.

Compagnies de remix[modifier | modifier le code]

Une compagnie de remix (en anglais, remix service) engage des DJ pour produire des remixes qui sortent sur des albums ou en single (parfois, la vente de ceux-ci est réservée aux DJ). La première de ces compagnies est Disconet, créée en 1977 aux États-Unis. Ces exemples de compagnies incluent notamment : Almighty Associates ; Disconet ; DMC Publishing (Disco Music Club) à New York. Remixeurs : Junior Vasquez, Danny Tenaglia, Louie Vega, Kenny « Dope » GonzalezDisco Mix Club ; Hot Tracks ; Metro Productions ; Razormaid! ; Ultimix et Funkymix ; et X Mix.

Mashup[modifier | modifier le code]

Un remix de type « versus » (ou mashup) consiste à mixer la version a cappella d'un morceau avec l'instrumental d'un autre. Généralement, le nom du remix est lui-même un mélange des noms des deux morceaux[10]. Un remix de ce type, signé Stuntmasterz (en), est sorti en single sous le titre The Lady Boy Is Mine : il mixait la version a cappella de The Boy Is Mine de Brandy et Monica avec l'instrumental de Lady (Hear Me Tonight) de Modjo[11]. Un autre remix[Lequel ?] (bootleg) de ce genre mixait l'a cappella de Like a Prayer de Madonna avec le rythme de You See the Trouble With Me de Black Legend. Le groupe Mad'House a l'idée de faire une reprise du remix, mais une autre version avec l'échantillon sonore de House of God et la voix de Madonna (sur Like a Prayer) est aussi sortie en promo et est très peu diffusée[réf. nécessaire]. Take Me To The Clouds Above de LMC vs. U2 (un mix entre With or Without You de U2 et la version a cappella de How Will I Know? de Whitney Houston) était sorti en single[12].

Doctor Pressure est un remix, sorti en single, qui mélange Drop The Pressure de Mylo avec Doctor Beat de Miami Sound Machine, chanté par Gloria Estefan[13]. Néanmoins, ce genre de remix est rarement officiel et constitue une grande partie des remix bootleg qui peuvent égaler, voire dépasser les remixes officiels.

Un « megamashup » est un mashup spécial contenant des dizaines d'a capella, le plus souvent dans le but de récapituler toutes les œuvres d'un artiste, ou d'une année[réf. nécessaire].

A cappella remixés[modifier | modifier le code]

Certains albums comportaient des morceaux a cappella, ce qui donne l'idée à des DJ de les remixer. Certains sont sortis en single, comme Tori AmosProfessional Widow (remixé par Armand Van Helden) et DNA feat. Suzanne VegaTom's Diner.

Remixes notables célèbres[modifier | modifier le code]

Mots dérivés[modifier | modifier le code]

Remix est un mot anglais qui est passé dans le français par emprunt lexical. En anglais, le mot est à la fois un nom et un verbe. En français, le mot « remixer » est utilisé comme verbe, « remixé » pour l'adjectif (traduction de remixed), « remixage » pour l'action de remixer (traduction de remixing) (bien qu'assez rarement remixage peut être utilisé à la place du mot remix).

Le DJ qui réalise des remixes est appelé remixeur (traduction de remixer). S'agissant d'un mot étranger, on emploie en français pour le pluriel celui de la langue d'origine (remixes).

Albums[modifier | modifier le code]

Albums les plus vendus à l'international
No. Album Artiste Label Sortie Vente Ref.
1 Blood on the Dance Floor: HIStory in the Mix Michael Jackson Epic Records 1997 6 000 000 [14]
2 You Can Dance Madonna Sire Records 1987 5 000 000 [15]
3 J To Tha L-O! The Remixes Jennifer Lopez Epic Records 2002 4 000 000 [16]
5 The Remixes Mariah Carey Columbia Records 2003 2 000 000 [17]
4 Reanimation Linkin Park Warner Records 2002 1 000 000 [18]
6 Shut Up and Dance (The Dance Mixes) Paula Abdul Virgin Records 1990 1 000 000 [19]
7 Never Say Never: The Remixes Justin Bieber Island Records 2011 1 000 000 [20]
8 Super Eurobeat presents ayu-ro mix Ayumi Hamasaki Avex Trax 2000 650 000 [21]
9 The Remix Lady Gaga Interscope Records 2010 500 000 [22]
10 The Remixes Shakira Sony Music 1997 500 000 [23]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. John Norris, « Mariah: Remixes, Reunions and Russia », MTV,‎ (consulté le 19 août 2011).
  2. a et b (en) « 100 Greatest Dance Songs : 100–91 », Slant Magazine,‎ (consulté le 19 août 2011).
  3. (en) « Best Singles of the '90s », sur Slant Magazine,‎ (consulté le 5 juin 2011).
  4. a, b et c (en) Sarah Frere-Jones, « On Top : Mariah Carey’s record-breaking career », sur The New Yorker,‎ (consulté le 5 juin 2011).
  5. Marc Shapiro 2001, p. 94-96.
  6. a et b (en) Judnick Mayard, « Suite903: R&B, Rejected and Betrayed », sur The Fader (consulté le 5 juin 2011).
  7. (en) Classements des singles de Mariah Carey aux États-Unis (Billboard)
  8. Sal Cinquemani, « Gem Carey », Entertainment Weekly,‎ (consulté le 19 août 2011).
  9. (en) Andrew Willis, « Cinderella Story », Vibe,‎ (consulté le 14 août 2011).
  10. (en) « 4 Easy Steps To Making Your First Ever Mashup-auteur=Phil Morse »,‎ (consulté le 8 avril 2015).
  11. (en) « Stuntmasterz The Ladyboy Is Mine », sur WhoSampled (consulté le 8 avril 2015).
  12. (en) « Take Me to the Clouds Above by LMC feat. U2 - All Around the World - 2004 », sur WhoSampled (consulté le 8 avril 2015).
  13. (en) « Doctor Pressure by Mylo and Miami Sound Machine », sur WhoSampled (consulté le 8 avril 2015).
  14. Chris Rojek, Cultural Studies, Polity,‎ (ISBN 0-7456-3683-7), p. 74.
  15. « Madonna, take a bow », The Detroit News,‎ , ...a fixture in the city's underground dance club scene, her collection of remixes released a year later in 1987 eventually went on to sell five million copies... (lire en ligne)
  16. « Ask Billboard: Analyzing 'American Idol' », Billboard, Prometheus Global Media,‎ (consulté le 11 mars 2012).
  17. « Ask Billboard », Billboard, Nielsen Business Media, Inc (consulté le 7 avril 2010).
  18. « RIAA Certification », RIAA, Recording Industry American Artists (consulté le 31 juillet 2014).
  19. « Paula Abdul back with her brand of light pop », Spartanburg Herald-Journal, Halifax Media Group,‎ , A9 (lire en ligne).
  20. Paul Grein, « Chart Watch Extra: Top 10 Albums at Mid-Year », Yahoo! Music,‎ (consulté le 21 octobre 2013).
  21. « 浜崎あゆみ-ORICON STYLE ミュージック<! », ORICON (consulté le 25 février 2014).
  22. Mawuse Ziegbe, « Lady Gaga Remix Album Due In The U.S. Next Month », MTV Networks,‎ (lire en ligne).
  23. (es) « Los millones de Shakira, Empresas - Edición Impresa Dinero.com - Últimas Noticias », Dinero.com,‎ (consulté le 22 février 2014).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]