Au-dessous du volcan

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le roman de Malcolm Lowry. Pour le film de John Huston, voir Au-dessous du volcan.
Au-dessous du volcan
Auteur Malcolm Lowry
Pays Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Genre Roman
Titre Under the Volcano
Éditeur Jonathan Cape
Date de parution 1947
Traducteur Stephen Spriel
Éditeur Club français du livre
Lieu de parution Paris
Date de parution 1949

Au-dessous du volcan (Under the Volcano) est un roman de l'écrivain britannique Malcolm Lowry, paru en 1947.

Résumé[modifier | modifier le code]

Au-dessous du Volcan décrit une série de relations complexes et involontairement destructrices, dans le cadre d’une vaste évocation du Mexique où Lowry présente la ville de Cuernavaca sous le nom de Quauhnahuac. Le roman tire son titre des deux volcans qui dominent la ville, le Popocatepetl et l'Ixtaccihuatl.

Le roman raconte l'histoire de Geoffrey Firmin, Consul britannique à Quauhnahuac, alcoolique, le Jour des Morts, 2 novembre 1938, et sa fin tragique.

Genèse et histoire de la publication[modifier | modifier le code]

Au-dessous du Volcan est considéré comme le chef–d’œuvre de Lowry, mais aussi comme l’un des grands ouvrages littéraires du XXe siècle. Il illustre la méthode d’écriture de Lowry, qui implique de puiser largement dans le matériau autobiographique et de l’imprégner d’allusions à des éléments complexes de symbolisme.

Au moment où il travaille à Au-dessous du volcan, Malcolm Lowry a déjà publié un roman, Ultramarine (1933). En 1936 il a écrit une nouvelle déjà intitulée Au-dessous du volcan, contenant les germes du roman futur. Cette nouvelle n’a été publiée que dans les années 1960 ; on en trouve aussi des passages dans le récit de Sigbjorn Wilderness inclus dans Sombre comme la tombe où repose mon ami, texte revu par Margerie Bonner (seconde épouse de Lowry) et publié en 1968. Elle contient notamment ce que Conrad Aiken devait appeler par la suite « le thème du cheval » qui est si important dans Au-dessous du volcan. L’histoire contenait en effet le cheval marqué du numéro sept, l’Indien mourant croisé lors du voyage en bus, le pelado (miséreux) qui vole l’argent de l’Indien pour payer son billet de bus, et l’incapacité du spectateur (Wilderness dans la nouvelle, le Consul dans le roman) à agir. Tout cela se retrouve dans le chapitre 8 du roman.

La première version de celui-ci a été rédigée alors que Lowry vivait à Mexico. En 1940, il prend un agent, Harold Matson, chargé de trouver un éditeur pour son manuscrit, sans résultat (ce texte, désormais désigné sous le nom de « version de 1940 », diffère par certains points de la version finalement publiée.) De 1940 à 1944, Lowry révise son texte (avec l’aide de Margerie Bonner), se consacrant uniquement à cette tâche. L’un des changements les plus significatifs qu’il effectue alors concerne le personnage d’Yvonne : dans des versions antérieures, elle était la fille du Consul. À partir de 1940, elle est sa femme infidèle. Une réécriture qui intervient en 1944 change la fin du roman : Yvonne meurt renversée par le cheval que le Consul a lâché à Parian, ce qui est raconté dans le chapitre 12.

En 1944, le manuscrit manque d’être détruit lors d’un incendie dans la maison de Lowry à Dollarton, en Colombie-Britannique. Margerie Bonner sauve le roman inachevé, mais les autres travaux en cours de Lowry sont dévorés par le feu. Il s’agit notamment d’un texte intitulé In Ballast to the White Sea, qui aurait formé une trilogie avec Au-dessous du volcan et une version plus développée de Lunar Caustic. Comme dans la Divine Comédie, ces trois livres auraient représenté l’enfer, le purgatoire et le paradis.

Le roman finalement achevé en 1945 est alors envoyé à divers éditeurs. A la fin de l’hiver, au cours d’un voyage au Mexique, Lowry apprend que le livre est accepté par deux d’entre eux : Reynal & Hitchcock aux États-Unis et Jonathan Cape en Angleterre. Cape adresse une lettre à Lowry le 29 novembre 1945, lui demandant des modifications substantielles. Lui répondant avec une longue lettre datée du 2 janvier 1946, Lowry prend passionnément la défense de son livre, convaincu d’avoir créé une œuvre dont la valeur persistera dans la durée. La lettre inclut une synthèse détaillée des principaux thèmes du roman et de la manière dont ils s’articulent dans les chapitres. Finalement Cape publie le livre sans changement.

A la mort de Lowry en 1957, Au-dessous du volcan et Ultramarine étaient épuisés, mais ils ont été réédités par la suite.

Au-dessous du Volcan est devenu un livre culte.

« Utilisé par certains comme un Sésame, le nom de Malcolm Lowry est pour d'autres un test qui partage facilement l'humanité en deux camps », écrit Maurice Nadeau dans la préface à l'édition française du livre. « Parlerai-je de ceux qui sont partis pour le Mexique afin, notamment, de mettre leurs pieds dans les traces du Consul ? »

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Éditions françaises[modifier | modifier le code]

  • Au-dessous du volcan, traduit de l'anglais par Stéphen Spriel avec la collaboration de Clarisse Francillon et de l'auteur ; préface de Malcolm Lowry ; postface de Max-Pol Fouchet, Paris, le Club français du livre, 1949
  • Au-dessous du volcan, traduit par Stéphen Spriel, avec la collaboration de Clarisse Francillon ; avant-propos[1] de Maurice Nadeau ; postface de Max-Pol Fouchet ; Buchet/Chastel (Corrêa), Paris, 1959
  • Sous le volcan, traduit et présenté par Jacques Darras, Paris, Grasset, 1987

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Repris dans Maurice Nadeau, Le Chemin de la vie, entretiens avec Laure Adler, avec la collaboration de Tiphaine Samoyault et de Ling Xi, suivi de quatre textes critiques sur Henri Calet, Baudelaire, Balzac et Malcolm Lowry, Verdier en partenariat avec France Culture, 2011, p. 150-158