Aleksandar Vučić

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Aleksandar Vučić
Александар Вучић
Aleksandar Vučić en 2012.
Aleksandar Vučić en 2012.
Fonctions
Président de la République de Serbie
En fonction depuis le
(1 mois et 25 jours)
Élection
Président du gouvernement Ivica Dačić (intérim)
Ana Brnabić
Prédécesseur Tomislav Nikolić
Président du gouvernement de Serbie

(3 ans, 1 mois et 4 jours)
Président Tomislav Nikolić
Gouvernement Vučić I et II
Législature Xe et XIe
Coalition SNS-SPS
Prédécesseur Ivica Dačić
Successeur Ivica Dačić (intérim)
Ana Brnabić
Vice-président du gouvernement de Serbie

(1 an et 9 mois)
Président du gouvernement Ivica Dačić
Gouvernement Dačić
Prédécesseur Ivica Dačić
Successeur Ivica Dačić
Ministre de la Défense

(1 an et 9 mois)
Président du gouvernement Ivica Dačić
Gouvernement Dačić
Prédécesseur Dragan Šutanovac
Successeur Nebojša Rodić
Député à l'Assemblée nationale

(4 ans, 4 mois et 15 jours)
Groupe politique SRS
Ministre de l'Information

(2 ans et 7 mois)
Président du gouvernement Mirko Marjanović (en)
Gouvernement Marjanović
Prédécesseur Radmila Milentijević
Successeur Ivica Dačić
Biographie
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Belgrade
(Yougoslavie)
Nationalité serbe
Parti politique SNS
Diplômé de Université de Belgrade
Profession Juriste

Signature de Aleksandar VučićАлександар Вучић

Aleksandar Vučić Aleksandar Vučić
Présidents du gouvernement de Serbie
Présidents de la République de Serbie

Aleksandar Vučić (en serbe cyrillique : Александар Вучић) né le à Belgrade, est un homme d'État serbe. Il est président du Parti progressiste serbe (SNS), président du gouvernement de la Serbie de 2014 à 2017 et président de la République depuis le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Aleksandar Vučić grandit dans le Blok 45, un quartier de la municipalité de Novi Beograd[1]. En 1988, il termine ses études secondaires au lycée de Zemun puis étudie à la faculté de droit de l'université de Belgrade dont il sort diplômé en 1994. En 1992 et 1993, il travaille en tant que journaliste pour Kanal S à Pale, dans la République serbe de Bosnie, où il s'occupe des actualités en anglais et réalise des reportages et des entretiens[2].

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

En 1993, il devient membre du Parti radical serbe (SRS), fondé en 1991 par l'ultranationaliste Vojislav Šešelj et, en 1995, il devient secrétaire général du parti.

Des années durant, Aleksandar Vučić défend les leaders serbes de Bosnie accusés d'atrocités pendant le conflit de 1992-1995. « Si vous tuez un Serbe, nous allons (tuer) cent Musulmans », menace-t-il en juillet 1995, quelques jours après le massacre de Srebrenica où 8 000 musulmans sont tués par les forces serbes bosniennes[3]. En 2010, il rejette en partie ces déclarations passées[4].

Après la victoire du Parti radical aux élections locales à Zemun en 1996, il devient directeur du Centre culturel et sportif Pinki[2].

1998-2000[modifier | modifier le code]

Le , Aleksandar Vučić est élu ministre de l'Information dans le gouvernement d'union nationale présidé par Mirko Marjanović[5], auquel participent le Parti socialiste de Serbie (SPS) de Slobodan Milošević, le Parti radical serbe (SRS) et la Gauche yougoslave (JUL). Dans le cadre de ses fonctions, il fait passer une « Loi sur l'information publique » (en serbe : Zakon o javnom informisanju) visant à limiter les propos jugés contraires aux intérêts de l'État et prévoyant des sanctions contre les contrevenants[2]. Le , il prononce un discours devant l'assemblée de l'Association des journalistes de Serbie (en serbe : Udruženje novinara Srbije), où il affirme que « certains médias publics sont au service de quelques puissances mondiales dans la conduite d'une guerre spéciale contre la Serbie ». La loi est adoptée en octobre et elle touche le Dnevni telegraf, Evropljanin et Naša Borba[2]. Il bannit de Serbie les chaînes de télévision étrangères, opposées au gouvernement[6]. Il reconnaîtra plus tard qu'il avait tort et qu'il avait changé, en affirmant : « Je n'ai pas honte de confesser mes erreurs politiques »[6]. Sa fonction de ministre cesse le 24 octobre 2000, à la suite de ce que l'on appelle la « révolution des bulldozers » qui évince Milošević du pouvoir.

2000-2008[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives du , Aleksandar Vučić figure en 5e position sur la liste du Parti radical serbe (SRS)[7], qui remporte 27,61 % des suffrages et obtient 82 sièges sur 250 à l'Assemblée nationale de la République de Serbie[8]. Il obtient alors un mandat parlementaire[9].

Aux élections locales de 2004, Aleksandar Vučić se porte candidat pour devenir maire de Belgrade mais il est battu par Nenad Bogdanović du Parti démocratique (DS)[2].

Aux élections législatives du , il figure en 5e place sur la liste du SRS[10]. La liste remporte 28,59 % des suffrages et obtient 81 sièges à l'Assemblée[11], ce qui lui vaut un nouveau mandat[12].

L'élection de Boris Tadić à la présidence de la République, le , provoque des élections législatives anticipées qui ont lieu le 11 mai en même temps que les élections locales. Aux législatives, Aleksandar Vučić figure encore une fois sur la liste du SRS[13], qui obtient 29,45 % des suffrages et envoie 78 représentants à l'Assemblée nationale[14]. Mais, simultanément, il se présente une nouvelle fois à la fonction de maire de Belgrade. Le , le Parti socialiste de Serbie (SPS) d'Ivica Dačić, le Parti démocratique de Serbie (DSS) de Vojislav Koštunica et le Parti radical serbe de Tomislav Nikolić décident de s'unir pour former une majorité à l'Assemblée de la Ville de Belgrade[15]. Un accord de coalition est signé le , ouvrant à Aleksandar Vučić la voie de la mairie[16] ; au dernier moment, le SPS, signataire de l'accord, change de camp et permet à Dragan Đilas, du Parti démocratique (DS) d'être élu à cette fonction.

2008-2012[modifier | modifier le code]

Nikolić et Vučić au congrès fondateur du SNS en octobre 2008

Après les élections de 2008, le Parti radical serbe entre en crise. Le , Tomislav Nikolić, vice-président du SRS et président de facto en l'absence de Vojislav Šešelj, démissionne de ses fonctions, notamment à la suite d'un désaccord sur l'entrée de la Serbie dans l'Union européenne. Avec des membres et des députés du parti, il fonde un nouveau club parlementaire appelé Napred Srbijo ! (« En avant la Serbie ! »). Le 12 septembre, Nikolić et ses partisans sont officiellement exclus du SRS. Vučić quitte le SRS le 14 septembre et rejoint le Parti progressiste serbe (SNS) fondé en octobre par Nikolić ; il en devient l'un des vice-présidents[2].

Vice-président du gouvernement[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives du , Aleksandar Vučić participe à la coalition Donnons de l'élan à la Serbie, emmenée par Nikolić ; il figure en seconde position sur la liste[17], qui obtient 24,04 % des suffrages et 73 députés[18]. Il obtient un mandat mais, après que Tomislav Nikolić est devenu président de la République, il y renonce le 27 juillet[19] en devenant premier vice-président du gouvernement d'Ivica Dačić et ministre de la Défense[20].

Parallèlement, le , Vučić est officiellement élu président du Parti progressiste serbe en remplacement de Nikolić[21].

Aleksandar Vučić et le secrétaire de la Défense américain Leon Panetta à Washington D.C. (décembre 2012)

Après la crise de la coalition gouvernementale de l'été 2013, il conserve son poste de vice-président, où il est chargé de la défense, de la sécurité et de la lutte contre la corruption[20]. S'agissant du Kosovo, Vučić joue un rôle central dans les négociations avec Catherine Ashton pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne, acceptant l'idée d'un accord avec le Kosovo comme condition préalable à cette adhésion[22]. Dès mai 2013, en visite à Mitrovicë/Kosovska Mitrovica, il engage les représentants des quatre municipalités serbes du Nord du Kosovo (Zvečan/Zveçan, Zubin Potok, Leposavić/Leposaviq et Kosovska Mitrovica Nord) à accepter un accord, en affirmant : « Je ne dis pas que cet accord est bon mais qu'à ce stade nous ne pourrions pas obtenir quelque chose de mieux »[23] ; il engage également les Serbes du Kosovo à « quitter le passé et à penser à l'avenir »[24].

Face à une situation économique difficile en Serbie, les tensions au sein du gouvernement grandissent ; malgré cela, les sondages sont favorables au Parti progressiste, notamment en raison de l'ouverture des négociations pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne et à la suite de succès dans la lutte contre la corruption[25],[26]. Dans ce contexte, Aleksandar Vučić en appelle à des élections législatives anticipées susceptibles d'asseoir la légitimité politique de son parti[25],[27]. Le premier ministre Ivica Dačić donne son accord pour ces élections anticipées[28]. Le , le président, Tomislav Nikolić dissout l'Assemblée et convoque des élections législatives anticipées pour le 16 mars[29],[30].

Pendant la campagne, Aleksandar Vučić conduit la liste « Un avenir dans lequel nous croyons » (en serbe : Budućnost u koju verujemo), constituée du Parti progressiste serbe, du Parti social-démocrate de Serbie, de Nouvelle Serbie, du Mouvement serbe du renouveau et du Mouvement des socialistes[31], qui remporte à elle seule 48,34 % des suffrages et obtient 158 députés sur 250 à l'Assemblée nationale[32].

Président du gouvernement[modifier | modifier le code]

Le , Vučić est élu par l'Assemblée président du gouvernement de la Serbie[33].

Comme vice-président de l'ancien gouvernement et comme chef de campagne, il s'était engagé à poursuivre sa politique anticorruption ; ce climat favorise l'inculpation de Miroslav Mišković, l'homme le plus riche de Serbie, pour détournement d'argent[34].

Malgré ses débuts politiques dans les années 1990 comme « faucon ultranationaliste », il affiche désormais des opinions pro-européennes convaincues, déclarant à ce titre : « je ne cache pas que j'ai changé… J'en suis fier ». Il se montre ainsi conciliant dans les relations de la Serbie avec le Kosovo ou encore lors de la crise migratoire de 2015-2016. Si l'opposition critique pour sa part les tendances autoritaires ou l'étroit contrôle des médias du Premier ministre, celui-ci voit sous sa gouvernance la Serbie classée comme « démocratie semi-consolidée » par l'ONG Freedom House. Sa volonté d'intégrer l'Union européenne se couple en effet avec la nécessité de tenir face à la frange droitière de son électorat et de ne pas froisser le traditionnel allié de la Serbie, la Russie[4].

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le , il remporte l'élection présidentielle dès le premier tour[35],[36]. Il prête serment et entre en fonction le 31 mai suivant.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Aleksandar Vučić parle couramment anglais et il possède une bonne connaissance du français et du russe[2]. Marié en 1997 à la journaliste Ksenija Janković, il en a eu un fils, Danilo, né en 1998, et une fille, Milica, née en 2002 ; le couple s'est séparé en 2013. Vučić s'est remarié en décembre 2013 à la diplomate Tamara Đukanović.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (sr) Dragoslav Grujić, « Aleksandar Vučić », sur http://www.vreme.com, Vreme, (consulté le 11 octobre 2016)
  2. a, b, c, d, e, f et g (sr) « Aleksandar Vučić », sur http://istinomer.rs, Site de Istinomer (consulté le 11 octobre 2016)
  3. « Aleksandar Vucic, faucon ultranationaliste converti en ami de l'UE », sur RTBF Info (consulté le 11 octobre 2016)
  4. a et b Julia Druelle, « Vucic, l'homme qui veut la Serbie en Europe », Le Figaro, samedi 23 / dimanche 24 avril 2016, page 7.
  5. (sr) « Narod koji ima najkraće pamćenje na svetu », sur http://www.prekoramena.com, Preko ramena (consulté le 11 octobre 2016)
  6. a et b (en) Guy De Launey, « Serbia transforming from pariah to EU partner », sur http://www.bbc.com, BBC News, (consulté le 11 octobre 2016)
  7. (sr) « Srpska radikalna stranka - Dr Vojislav Šešelj » [doc], sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 11 octobre 2016)
  8. (sr) « Izveštaj o rezultatima izbora za narodne poslanike u Narodnoj skupštini Republike Srbije održanih 28. decembra 2003. godine » [doc], sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 11 octobre 2016)
  9. (en) « 27. January 2004 convocation », sur http://www.parlament.rs, Site de l'Assemblée nationale de la République de Serbie (consulté le 11 octobre 2016)
  10. (sr) « Srpska radikalna stranka - dr Vojislav Šešelj », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  11. (sr) « Izveštaj o rezultatima izbora za narodne poslanike u Narodnoj skupštini Republike Srbije održanih 21. januara 2007. godine », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  12. (en) « 14. February 2007 convocation », sur http://www.parlament.rs, Site de l'Assemblée nationale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  13. (sr) « Srpska radikalna stranka - dr Vojislav Šešelj », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  14. (sr) « Izveštaj o rezultatima izbora za narodne poslanike u Narodnu skupštinu Republike Srbije održani 11. maja 2008. godine », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  15. (sr) « Vučić gradonačelnik Beograda? », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le 4 mai 2014)
  16. (sr) « Aleksandar Vučić gradonačelnik i zvanično », sur http://www.glas-javnosti.rs, Glas javnosti, (consulté le 4 mai 2014)
  17. (sr) « Pokrenimo Srbiju - Tomislav Nikolić », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  18. (sr) « Izveštaj o ukupnim rezultatima izbora za narodne poslanike u Narodnu skupštinu Republike Srbije, održani 6. maja 2012. godine », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  19. (en) « 31. May 2012 convocation », sur http://www.parlament.rs, Site de l'Assemblée nationale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  20. a et b Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées gouvernement.
  21. (en) « Progressives elect new leader, deputy leader », sur http://www.b92.net, B92, (consulté le 4 mai 2014)
  22. (en) « Aleksandar Vucic : The man who’s bringing Belgrade in from the cold », sur http://www.independent.co.uk, The Independent, (consulté le 4 mai 2014)
  23. (en) « Aleksandar Vucic: Kosovo Serbs 'should accept deal' », sur http://www.bbc.com, BBC News, (consulté le 4 mai 2014)
  24. (en) « Vucic urges Kosovo Serbs to accept the future », sur http://www.setimes.com, South European Times, (consulté le 4 mai 2014)
  25. a et b (fr) Corinne Deloy, « Le Parti progressiste au pouvoir, grand favori des élections législatives anticipées du 16 mars prochain en Serbie » [PDF], sur http://www.robert-schuman.eu, Fondation Robert-Schuman (consulté le 24 février 2014)
  26. (en) « Ruling Serb Progressive Party stays popular: opinion poll », sur http://www.reuters.com, Reuters, (consulté le 4 mai 2014)
  27. (en) Aleksandar Vasovic, Matt Robinson, « Serbian party seeks to cement power in early election », sur http://www.reuters.com, Reuters, (consulté le 24 février 2014)
  28. (en) Gordana Filipovic, Misha Savic, « Serb Ruling Parties Call for Early Elections on March 16 », sur http://www.bloomberg.com, Bloomberg News, (consulté le 24 février 2014)
  29. (en) « Serbian president dissolves parliament, calls early election for March 16 », sur http://www.foxnews.com, Fox News, (consulté le 24 février 2014)
  30. (en) Ivana Sekularac, « Serbia's president calls parliamentary election for March 16 », sur http://www.reuters.com, Reuters, (consulté le 6 mai 2014)
  31. (sr) « Aleksandar Vučić - Budućnost u koju verujemo », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  32. (sr) « Izveštaj o ukupnim rezultatima izbora za narodne poslanike u Narodnu skupštinu Republike Srbije, održani 16. marta 2014. godine. », sur http://www.rik.parlament.gov.rs, Site de la Commission électorale de la République de Serbie (consulté le 4 mai 2014)
  33. (en) « New government elected », sur http://www.srbija.gov.rs, Site du Gouvernement de la Serbie, (consulté le 29 avril 2014)
  34. (fr) Thierry Portes, « Serbie, le théâtre des corrompus », Le Figaro, lundi 28 avril 2014, page 18.
  35. « En Serbie, le premier ministre Aleksandar Vucic devient président », sur Le Monde, (consulté le 2 avril 2017)
  36. « Présidentielle en Serbie: triomphe du Premier ministre Vucic », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]