5 octobre 2000 en Serbie

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Symbole du mouvement Serbe Otpor fondée au début des années 1990 en Serbie.

Les manifestations du 5 octobre 2000 en Serbie (en serbe : Демонстрације 5. октобра 2000. et Demonstracije 5. oktobra 2000.), parfois familièrement appelées Révolution des bulldozers, renvoient à une série d'événements qui ont eu lieu en 2000 à Belgrade, dans la République fédérale de Yougoslavie. Ces événements ont abouti au départ de Slobodan Milošević, le . Son surnom de « Révolution des bulldozers » provient d'un des épisodes les plus célèbres de cette révolution, quand un conducteur de bulldozer, Ljubisav Đokić, surnommé Joe, attaqua le bâtiment de la Radio Télévision de Serbie, symbole du pouvoir de Milošević.

La révolution serbe est le premier mouvement de révolution « moderne de l'histoire » qui par des mouvements pacifiques, et utilisant les nouveaux outils techniques comme le téléphone mobile et internet. Elle aura permis la chute du régime en place.

Par la suite, la Révolution serbe d'octobre 2000 influencera les révolutions géorgienne (Révolution des Roses de 2003), ukrainienne (Révolution orange de 2004) et kirghize (Révolution des Tulipes de 2005)[1].

Elle ferait également partie des révolutions de couleur. Ces premières auraient commencé avec celle de 1986 aux Philippines surnommée "People Power Revolution" : Révolution populaire.

Contexte[modifier | modifier le code]

À l'été 2000, Slobodan Milošević, élu président de la République fédérale de Yougoslavie pour un mandat non renouvelable, fit changer la loi électorale afin de pouvoir briguer un second mandat[2]. Alors qu'il pouvait se maintenir en place jusqu'en juin 2001, il annonça des élections anticipées pour septembre 2000. Peu après, le mouvement Otpor lança une campagne pour mettre fin au régime et pour le remplacer par un autre plus démocratique. Pour renforcer leur pouvoir d'action, 18 partis se rassemblèrent dans une coalition appelée Opposition démocratique de Serbie (DOS) ; la DOS choisit comme candidat Vojislav Koštunica. L'élection eut lieu le . À l'issue du scrutin, la coalition DOS annonça qu'elle avait remporté plus de la moitié des suffrages. Milošević, de son côté, proclama qu'aucun candidat n'avait obtenu la majorité et qu'un second tour était nécessaire. Protestant contre les irrégularités électorales du régime, la DOS en appela à une protestation pacifique contre le régime.

Événements[modifier | modifier le code]

Le mouvement de protestation commença avec une grève dans les mines de la Kolubara, qui produisent plus de la moitié de l'électricité de la Serbie. Il atteignit son comble le . Plusieurs centaines de milliers de manifestants (dont des Delije de l'Étoile Rouge de Belgrade), venus de toute la Serbie, se rassemblèrent à Belgrade, sans grande répression policière. Les studios de la Radio Télévision de Serbie (RTS) furent pris d'assaut et la RTS fut immédiatement baptisée Novi RTS (« la nouvelle RTS ». C'était le signe que le régime avait perdu le pouvoir. De fait, entre les élections et la manifestation, Milošević avait promis de quitter le pouvoir à l'expiration de son mandat présidentiel, en juin 2001. Mais sous la pression des événements, il donna sa démission le et Vojislav Koštunica accéda à la Présidence de la République. Aux élections législatives de décembre 2000, l'Opposition démocratique de Serbie remporta les deux tiers des suffrages.

Le , accusé de fraude et d'abus de pouvoir[3], Slobodan Milošević fut arrêté et, le , il fut remis aux autorités de La Haye, afin qu'il soit jugé par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie. Le , il fut retrouvé mort dans sa cellule.

La chute de Milošević surprit par sa rapidité, les politiciens serbes considérant qu'elle demanderait un certain temps, un peu sur le modèle de la Révolution de velours[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]