Ana Brnabić

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Ana Brnabić
(sr) Ана Брнабић
Illustration.
Ana Brnabić en .
Fonctions
Présidente du gouvernement de Serbie
En fonction depuis le
(1 an, 3 mois et 19 jours)
Président Aleksandar Vučić
Gouvernement Brnabić
Législature XIe
Coalition SNS-SPS
Prédécesseur Ivica Dačić (intérim)
Aleksandar Vučić
Ministre des Administrations publiques et des Affaires locales

(10 mois et 18 jours)
Président du gouvernement Aleksandar Vučić
Gouvernement Vučić II
Prédécesseur Kori Udovički
Successeur Branko Ružić
Biographie
Date de naissance (43 ans)
Lieu de naissance Belgrade (Yougoslavie)
Nationalité serbe
Parti politique indépendante
Diplômée de université de Hull

Ana Brnabić
Présidents du gouvernement de Serbie

Ana Brnabić prononcé en français : /ana bəʁnabit͡ʃ/ (en serbe : Ана Брнабић), née le à Belgrade, est une femme d'État serbe, présidente du gouvernement depuis le .

Formée aux États-Unis et au Royaume-Uni, elle revient en Serbie en . En , elle s'engage dans la promotion des énergies renouvelables.

Elle est nommée en ministre des Administrations publiques et des Affaires locales par Aleksandar Vučić. Sans affiliation partisane, elle est la première ministre assumant son homosexualité dans un pays pourtant conservateur. En , elle est désignée et investie présidente du gouvernement sur proposition de Vučić, devenu président de la République. Elle est la première femme, la première personne ouvertement homosexuelle et d'origine croate à exercer cette fonction.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Née en Yougoslavie socialiste, elle est d'origine croate[1]. Après avoir achevé ses études secondaires en . elle quitte la Yougoslavie pour les États-Unis. Inscrite à l'université Northwood, dans l'État du Michigan, elle entreprend un cursus en administration des affaires. Elle le poursuit à partir de à l'université de Hull, au Royaume-Uni, où elle obtient une maîtrise (MBA)[2].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Elle fait son retour en Serbie en . Elle est d'abord agent de relations publiques pour le programme de développement agricole, puis rejoint en le programme Continental Wind Serbie, qui promeut le recours aux énergies renouvelables. Elle en devient la directrice deux ans plus tard[2].

Ministre[modifier | modifier le code]

Elle est nommée ministre des Administrations publiques et des Affaires locales le dans le nouveau gouvernement formé par Aleksandar Vučić.

Alors qu'elle assume pleinement son homosexualité dans un pays où 80 % de la population se déclare chrétienne orthodoxe et où les marches des fiertés sont l'objet de violences voire annulées, cette nomination est perçue par les ONG comme un moment historique. Vučić déclare à ce propos « ses orientations personnelles ne m’intéressent pas, seuls les résultats de son travail comptent »[3].

Présidente du gouvernement[modifier | modifier le code]

Investiture[modifier | modifier le code]

Elle est proposée le à l'Assemblée nationale pour le poste de présidente du gouvernement par Vučić, désormais président de la République. Sa désignation constitue une première de trois points de vue : elle est en effet la première femme, la première personne ouvertement homosexuelle, et d'origine Croate choisie pour exercer cette responsabilité[4],[5].

Alors que le chef de l'État considère qu'« elle possède les qualités personnelles et professionnelles pour exercer ces fonctions », il justifie d'avoir désigné une indépendante et non une membre du Parti progressiste serbe (SNS), majoritaire et dont il est issu : « ce n'est pas une défaite pour le SNS. Le prochain président du gouvernement doit encore renforcer la réputation du pays et les réformes »[5].

Pour sa part, elle déclare « servir mon pays est pour moi le plus grand honneur. Je travaillerai avec dévouement et de manière responsable avec beaucoup d'amour et d'honnêteté ». Précisant qu'elle n'est pas militante LGBT, elle estime que la situation des homosexuels s'améliore « lentement » en Serbie mais que l'homophobie reste un problème[6]. Elle explique ne pas comprendre « en quoi [son] orientation sexuelle est si importante », jugeant que « ce qui est important, c’est la capacité professionnelle à accomplir un travail honnête, à aimer sa patrie et à travailler dans le plus grand intérêt de son pays »[7].

Présentée comme favorable à l'intégration européenne, elle sera principalement chargée de mettre en œuvre les réformes économiques tandis que Vučić continuera de piloter la politique étrangère et intérieure, lui permettant ainsi de garder la main sur le pouvoir tout en donnant des signes d'ouverture[8]. Le président de la République lui-même indique qu'elle « se concentrera sur l'économie et le numérique » alors que le premier vice-président Ivica Dačić « gérera la partie politique »[5].

Le suivant, Ana Brnabić est investie à 41 ans présidente du gouvernement par l'Assemblée nationale, par 157 voix favorables sur 250[9].

Prise de positions[modifier | modifier le code]

Ana Brnabić reçoit le président de l'Ukraine Petro Poroshenko à Belgrade en .

Le , elle participe à la marche des fiertés de Belgrade, devenant la première chef de gouvernement d’un pays balkanique à se rendre à une telle manifestation[10].

Dans un entretien accordé au quotidien suisse Le Temps en suivant, elle explique que les droits LGBT ne sont pas sa priorité car « nous avons encore beaucoup à faire pour offrir aux Serbes des perspectives pour une vie meilleure et davantage de sécurité. C’est notre première responsabilité ». Selon elle, « si l’économie va bien, que la population dispose d’un travail, d’un salaire décent et des perspectives de carrière, elle sera moins intéressée à détester les autres ». Elle précise que pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne, « nous avons un plan d’action, selon lequel les réformes devraient se terminer d’ici à 2020, voire 2021 », indiquant ainsi qu'elle vise la possibilité d'une entrée dans l'UE à l'horizon , une date fixée par le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker[11].

Interrogée sur les liens avec le Kosovo en , elle adopte une position médiane. Indiquant que « la Serbie ne reconnaîtra jamais le Kosovo indépendant », elle précise dans la foulée que « si nous continuons à insister sur le fait que le Kosovo appartient à la Serbie, un compromis sera impossible ». Pour elle, « le Kosovo, c'était la Serbie, point ». Brnabić dénonce que « l'intention de Pristina pourrait être de déporter tous les Serbes [du Kosovo] » ajoutant que « la Serbie ne l'autorisera pas » et qu'elle « est prête pour des discussions »[12].

Lors d'un discours le , elle rappelle que « mon grand-père est croate et moi je suis présidente du gouvernement en Serbie », saluant « la tolérance » de ses concitoyens d'avoir à la tête de leur exécutif une personnalité d'origine croate[13],[14]. Elle évoque également sa peur de la montée de l'intolérance en Croatie, dénonçant la force et l'influence acquises selon elle par les mouvements d'extrême-droite dans ce pays[15]. Elle ajoute rêver de voir la Croatie aussi tolérante que la Serbie, avec un Premier ministre d'origine serbe dirigeant le gouvernement croate[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « La Première ministre homosexuelle qui défie la Serbie conservatrice », sur lejdd.fr, (consulté le 19 juin 2017).
  2. a et b Edwy Malonga, « Serbie : qui est Ana Brnabic, cette femme homosexuelle nommée Premier ministre ? », sur lci.fr, (consulté le 16 juin 2017).
  3. Philippe Bertinchamps, « Ana Brnabic, ministre lesbienne d’une Serbie aux penchants homophobes », sur liberation.fr, (consulté le 16 juin 2017).
  4. « #LGBTQI Serbie : Ana Brnabic, femme ouvertement gay, nommée Premier ministre », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 16 juin 2017).
  5. a, b et c (en) Nikolina Demark, « Progressive Balkan Love: Croatian Origins, Serbian's First Gay Prime Minister », sur total-croatia-news.com, (consulté le 19 juin 2017).
  6. « Serbie : Ana Brnabic, ouvertement lesbienne, est nommée Première ministre », sur lexpress.fr, (consulté le 16 juin 2017).
  7. Yannick Van der Schueren, « Ana Brnabic rejoint le club des dirigeants européens ouvertement gays », sur tdg.ch, (consulté le 16 juin 2017).
  8. « Ana Brnabic nommée 1re ministre en Serbie : le coup politique du président Vucic », sur rfi.fr, (consulté le 16 juin 2017).
  9. « Serbie : le parlement nomme Ana Brnabic Première ministre », sur rtl.be, (consulté le 29 juin 2017).
  10. « La Première ministre serbe, lesbienne, à la Gay pride de Belgrade », ouest-france.fr, 17 septembre 2017.
  11. « Ana Brnabic: «Nous serons prêts pour l’UE en 2020» », sur letemps.ch, (consulté le 13 août 2018).
  12. (en) « Brnabic: “Kosovo was Serbia. Point.” », sur balkaneu.com, (consulté le 14 août 2018).
  13. « Brnabić: Moj deda je bio Hrvat, pa sam premijerka », sur B92, (consulté le 12 août 2018)
  14. « Brnabić: Moj deda je bio Hrvat,a ne Srbin iz Hrvatske – zato sam premijerka », sur Haber BA, (consulté le 12 août 2018)
  15. « Ana Brnabić: Moj deda je bio Hrvat, pa sam predsednik Vlade Srbije », sur Kurrir, (consulté le 12 août 2018)
  16. « Moj deda je bio Hrvat, pa sam predsednik Vlade Srbije », sur Tanjug, (consulté le 12 août 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]