Aladár Kuncz

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Dans le nom hongrois Kuncz Aladár, le nom de famille précède le prénom, mais cet article utilise l’ordre habituel en français Aladár Kuncz, où le prénom précède le nom.
Aladár Kuncz
Kuncz Aladár (1885-1931).jpg
Aladár Kuncz
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BudapestVoir et modifier les données sur Wikidata
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Camp de l'Île Longue (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Aladár Kuncz ([ˈɒlɒdaːɾ], [ˈkunts]), né le à Arad et décédé le à Budapest, est un écrivain hongrois de Transylvanie, critique littéraire et traducteur.

Biographie[modifier | modifier le code]

De 1895 à 1903, il fait ses études secondaires chez les piaristes à Kolozsvár (aujourd'hui Cluj-Napoca, Roumanie), puis entre à l'université de Budapest avec comme matières hongrois, latin et grec classiques (1903-1907) ; il obtient son doctorat en 1907. En ce début du XXe siècle, il mène une vie d'étudiant ouvert aux découvertes intellectuelles et aux plaisirs de la vie.

En 1908, il entre dans la vie active comme professeur de lycée à Budapest et à partir de 1909 contribue à la revue Nyugat. Pénétré de culture française, il passe ses vacances d'été à Paris et en Bretagne, puis en 1912-1913 séjourne 14 mois d'affilée en France avec une bourse de son gouvernement.

Aladár Kuncz, gravure de Pál Kő, Château de Noirmoutier, 2001

En août 1914, le déclenchement de la guerre le surprend à Carantec, près de Morlaix ; il regagne Paris en catastrophe, puis tente en vain de rejoindre son pays. Ce qu'il avait vécu en France comme une idylle allait se transformer en cauchemar. Le délai pour quitter le territoire français étant écoulé, il est dirigé le 15 août 1914 au camp de Périgueux où, dans une atmosphère hostile, il vit la triste expérience du chauvinisme et de la xénophobie.

Début octobre 1914, avec d'autres ressortissants d'états « ennemis », il est interné avec ses compagnons d'infortune, d'abord à la citadelle de Noirmoutier d'octobre 1914 à juillet 1916, puis à la forteresse de l'Île-d'Yeu de juillet 1916 à avril 1919. Dans son récit intitulé Fekete Kolostor (Le Monastère noir), il évoquera ces cinq années d'internement qui le marquèrent à vie.

Après sa libération, il retourne à Budapest comme professeur de lycée et collabore aux revues Új Magyar Szemle (Nouvelle revue hongroise) et Aurora. En 1923, il revient s'établir à Kolozsvár où il assure la rédaction des pages littéraires du quotidien Ellenzék (Opposition). En 1928, il participe au lancement de la revue Erdélyi Helikon (L'Hélicon de Transylvanie) qu'il anime comme rédacteur de juillet 1929 à juin 1931, date de sa mort.

En 2001, une plaque commémorative gravée à l'effigie de l'écrivain par Pál Kő, artiste budapestois, fut apposée dans la cour du château de Noirmoutier, rappelant les deux années où Kuncz y fut interné.

Le Monastère noir[modifier | modifier le code]

S'il joua un rôle influent dans la vie culturelle transylvaine de l'époque, Aladár Kuncz s'est fait surtout connaître par la publication de Fekete kolostor (en français Le Monastère noir, interprétation courante mais erronée de Noirmoutier), où il donne un témoignage humain de portée universelle sur l'expérience de la captivité. L'ouvrage parut dans sa version originale hongroise en 1931, peu avant le décès de l'auteur, et sera traduit en plusieurs langues (anglais, français, allemand, italien, turc, roumain). La traduction en langue française est publiée chez Gallimard en 1937 ; elle est reprise dans une nouvelle édition parue en 1999.

Édition originale en hongrois :

  • Fekete kolostor : feljegyzések a francia internáltságból (Le Monastère noir : notes sur l'internement français) , Kolozsvár, Erdélyi Szépmíves Céh, 1931.

Éditions françaises :

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Dans ces mêmes années, Kuncz écrit Felleg a város felett (Nuage sur la ville, non trad.en fr.), roman publié à titre posthume en 1934. Il fut aussi l'auteur d'essais : Thököly a francia irodalomban ("Thököly dans la littérature française"), 1913, Vajda János, 1922, Petőfi zsenije ("Le génie de Petőfi"), 1923 ; ces deux dernières études parurent dans Nyugat. Il a traduit en hongrois plusieurs œuvres de littérature française dont l'Histoire de Gil Blas de Santillane de Lesage, La Renaissance de Gobineau, Monsieur Parent de Guy de Maupassant, Secret d'État de Tristan Bernard ; il fit connaître Proust à ses concitoyens.

Références[modifier | modifier le code]

  • Erwin Sinkó, « Aladár Kuncz, Le Monastère noir », compte rendu, revue Europe, 15 févr. 1938, no 182, p. 282-285.
  • Jean Ascoët, « L'écrivain hongrois Aladár Kuncz et la Bretagne », Brest, Les cahiers de l'Iroise, 1981, no 4, p. 195-197.
  • Jean-Léon Müller, « Une mémoire hongroise particulière, le cas d'Aladár Kuncz », Guerres mondiales et conflits contemporains, 2007, p. 81-89.

Liens externes[modifier | modifier le code]