Aire de Sant'Omobono

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Aire de Sant’Omobono
Area sacra di Sant’Omobono
image illustrative de l’article Aire de Sant'Omobono
Forum Boarium à l'époque impériale. 5 = temples de Fortuna et Mater Matuta, au pied du Capitole

Lieu de construction Regio VIII Forum Romanum
Vélabre
Date de construction Royauté romaine, République romaine
Type de bâtiment Temples romains
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome3.png
Aire de Sant’OmobonoArea sacra di Sant’Omobono
Localisation de l'area sacra dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 26″ nord, 12° 28′ 53″ est
Liste des monuments de la Rome antique

L’aire de Sant’Omobono est une aire sacrée de la Rome antique découverte fortuitement en 1937 près de l’église de Sant’Omobono, entre les pentes du Capitole et le nord du forum boarium. Sa découverte et son exploration sont d’une importance exceptionnelle pour la connaissance de l’histoire de la Rome archaïque et républicaine, et pour des époques encore plus reculées. Au cours des années 1937-1938, l’archéologue Antonio Maria Colini met au jour une grande esplanade avec deux temples jumeaux, identifiés comme ceux des déesses Mater Matuta et Fortuna. À un niveau plus profond des fouilles, un troisième temple daté de la période étrusque de Rome a livré des restes de décorations en terre cuite, dont ceux de statues datées du VIe siècle av. J.-C. représentant Hercule accompagné d’une déesse casquée dont l’identité fait débat. Il est exploré plus en détail à partir de 1959 par une série de sondages archéologiques, qui ont permis d’en percevoir les plans successifs. De nombreux ossements entassés dans une fosse rituelle sont les reliquats de sacrifices d’animaux, taureaux, porcs, moutons, chèvres et même chiens, qui témoignent d’une activité religieuse antérieure à l’édification de ce temple. Plus encore, des tessons de céramiques trouvés dans les remblais antiques ont révélé une implantation humaine sur le site de Rome à l’âge du Bronze moyen, remontant au XIVe siècle av. J.-C., bien avant la date traditionnelle de fondation de la cité en 753 av. J.-C., et aussi de nombreux débris de céramiques contemporains de cette fondation, témoins de courants commerciaux déjà actifs avec les cités grecques.

Malgré son caractère historique remarquable, la notoriété du site de Sant’omobono ne dépasse pas le milieu des archéologues, et demeure l’objet de questions et de débats sur sa chronologie complexe et ses interprétations historiques. Le projet Sant’Omobono, lancé en 2009 par les universités de Calabre, celle du Michigan et la Surintendance des biens culturels de Rome, s’est donné comme objectif de collationner, d’approfondir et de publier les connaissances de l'aire de Sant'Omobono. Dans le même temps, la Surintendance a organisé de rares visites guidées du site pour de petits groupes d’amateurs, timides débuts de présentation auprès du public.

Localisation[modifier | modifier le code]

Plan masse de l'aire de Sant'Omobono dans le quartier moderne.
  • A et B : temples républicains
  • B : église Sant'Omobono
  • C : emplacement du temple archaïque
.

La zone archéologique dégagée se trouve dans le quartier du Vélabre au sud du Capitole, entre l'ancienne Via del Mare mussolinienne à l'ouest, devenue la via L. Petroselli, et le Vico Jugario côté nord, dans un périmètre archéologique longtemps inaccessible au public, mais visible depuis la via L. Petroselli. La zone archéologique est bornée au sud et à l'est par des bâtiments modernes, et l'église Sant'Omobono, fermée, se superpose à l'un des temples.

Le Vico Jugario correspondant au vicus Iugarius qui reliait dans l’antiquité le Forum et le port fluvial sur le Tibre, au voisinage du Forum Holitorium et du Forum Boarium.

Découverte, fouilles et études du site[modifier | modifier le code]

Le site est découvert fortuitement en fin 1936 lors d'un chantier de construction d'un édifice communal, avec la mise au jour d'un dallage antique au pied de l'abside de la petite église de Sant'Omobono[1]. Les travaux communaux furent annulés et l'emplacement sauvegardé grâce à l'intervention de l'archéologue italien Antonio Maria Colini. Il explora le site en 1937 et 1938, et dut s'interrompre durant la guerre[2]. Le dégagement de la parcelle le long du vico Iugario révéla les fondations deux temples jumeaux de l'époque républicaine, dits temples A et B, dont l'un était inaccessible sous le bâtiment de l'église, tandis que les premières excavations profondes localisèrent l'angle d'un temple archaïque, désigné comme temple C, et d'abondantes céramiques et éléments architectoniques, vestiges datant de la plus ancienne période de Rome, prouvant l'extrême intérêt historique du site[3].

L'identification des deux temples aux plans identiques et parallèles, précédés de deux autels semblables fut réalisée grâce aux textes antiques. Ceux-ci mentionnaient dans le secteur entre Tibre et Capitole l'existence du sanctuaire de Carmenta avec deux autels[A 1], mais la présence de deux cellae, donc de deux divinités, orienta vers les temples de Mater Matuta et de Fortuna[4], que l'on savait géographiquement voisins et dont Ovide mentionnait la communauté de culte et de célébration du natalis (c'est-à-dire du jour de fondation) au 11 juin[A 2]. Cette interprétation réfutait la théorie antérieure du topographe Rodolfo Lanciani et Helge Lyngby qui situaient les temples de Mater Matuta et Fortuna à l'autre extrémité du forum boarium[2], aux emplacements reconnus depuis comme ceux du temple de Portunus et du temple d'Hercule Olivarius[5]. Les sources antiques précisaient de surcroit que le roi Servius Tullius (579-534 av. J.-C.) avait fondé le temple dédié à la Fortune[A 3] pour honorer sa divinité protectrice[A 4], et celui de Mater Matuta[A 5], confirmant ainsi que le site remontait au VIe siècle av. J.-C., période de la Rome étrusque[3].

Aire sacrée de Sant'Omobono, diagramme des fouilles et sondages par année.

Les archéologues italiens réalisèrent après la guerre de nombreux sondages ponctuels : en 1959, explorant le vicus jugarius au nord de la zone, Einar Gjerstad récupéra dans les remblais intérieurs du podium républicain du matériel protohistorique et archaïque de la période latiale[6],[7]. En 1961-1962, Liliana Mercando effectua trois sondages entre les autels du podium républicain et en 1962-1964, Giovanni Ioppolo réalisa une stratigraphie qui descendit jusqu'à une fosse à sacrifice, en avant du temple archaïque. De nombreux débris d'ossements carbonisés furent recueillis. En 1972, Iopollo publia le résultat de ses découvertes[8], avec les premiers dessins de fouilles du site, documents qui avaient fait défaut jusque-là, et proposa une chronologie du site en quatre phases[9]. D'autres stratigraphies sont réalisées ciblant la périphérie du temple archaïque, en 1974-1975 par Paola Virgili, à travers sept mètres de remblais pour atteindre l'angle sud-ouest du podium[10],[11], en 1977-1979 par Paola Virgili, Anna Sommella Mura et Guiseppina Pisani Sartorio, à l'arrière du temple[12]. Ces sondages firent entrevoir au moins dix-sept phases d'occupation distinctes, séquences archéologiques très complexes dont les rapports de fouilles succincts ne fournirent qu'une vision générale[3].

Le sol du temple A et plus particulièrement celui de la cella ont été étudiés par les archéologues en 1967, en 1976 et en 1979 à l’intérieur de la cella, en 1968 en dehors de celle-ci . Ces explorations, discontinues, ne touchant que des surfaces ponctuelles et plus ou moins bien documentées ont été réétudiées par le Projet Sant’Omobono, pour préparer une fouille plus approfondie couvrant toute la cella[13]. En 2011-2012, cette fouille a couvert 80 m2 à l'intérieur de la cella du temple A et a permis l'observation des réfections successives du sol de la cella, estimées entre les IIIe et Ve siècles av. J.-C.[14].

Concernant le temple B, le sol de l'intérieur de la nef de l'église Sant'Omobono qui se superpose à sa cella a été l’objet d’une série de fouilles lors des années 1985-1986, 1989, 1992, 1996 et 1999, pour préciser les aménagements réalisés sous l'Empire, avec toutefois des incertitudes pour distinguer les restaurations du temple de son occupation précoce par le culte chrétien[15].

Après la signature en décembre 2008 d'une convention de partenariat entre la Surintendance des biens culturels (Sovrintendenza Capitolina ai Beni Culturali), l'université de Calabre et l'université du Michigan, le Sant'Omobono Project a été lancé en mai 2009. Ce projet a pour finalité la recherche, l'étude et la valorisation de ce site complexe qui suscite encore de nombreuses questions et qui reste depuis trop longtemps ignoré du public[16]. Comme premières actions, le Project collecte toutes les publications relatives au site, ainsi que les notes, les dessins et les photographies réalisés par les fouilleurs et non encore publiées, afin de les numériser. En 2012, un document de synthèse est diffusé sur Internet sous l'égide de Nicola Terranato et al., de l'université du Michigan[17]. Dans le même temps, la zone archéologique est nettoyée et protégée pour en dresser une planimétrie complète. Enfin, le matériel archéologique conservé dans les réserves est étudié, dessiné et photographié[18].

Chantier en 2014 sur l'aire de Sant'Omobono.

En 2014, Dan Diffendale du Sant'Omobono Project réalise un sondage à l'emplacement du temple archaïque. Pour lutter contre les infiltrations d'eau de la nappe phréatique, les fouilleurs doivent poser un blindage d'acier et drainer la tranchée avec des pompes. À plus de quinze pieds de profondeur, trois assises du podium archaïque sont mises à jour. La tranchée qu'il est impossible de maintenir contre la pression des eaux est rebouchée au bout de trois jours, mais l'excavation permit un relevé scientifique détaillé et le recueil fructueux de centaines d'artefacts, offrandes votives, vaisselles et figurines[19].

Chronologie archéologique[modifier | modifier le code]

Artefacts protohistoriques[modifier | modifier le code]

Les terres prélevées sur les pentes toutes proches du Capitole ont servi au remblai élevé sur l'aire sacrée avant la construction des temples républicains. Partiellement sondées à plusieurs reprises, elles ont livré de nombreux tessons de céramique. Étudiées et datées par Renato Peroni (it) pour les artefacts de l'âge du Bronze[20], par Enrico Paribeni (it) pour les importations grecques[21] et par Giovanni Colonna pour les pièces de la période étrusque et celles de l'âge du fer ancien[22], ces céramiques vont du XVIe siècle av. J.-C. jusqu'au VIe siècle av. J.-C.[23]. Les plus anciennes témoignent de l’existence près du Capitole d’un habitat rattaché à la culture apenninique présente en Italie centrale et méridionale à l'Âge du Bronze moyen, très antérieur à la date de 753 av. J.-C., donnée traditionnellement pour la fondation de Rome[24].

D'autres fragments plus récents, des VIIIe et VIIe siècles av. J.-C., illustrent la variété et l'abondance des importations d'origine grecque, et la probable présence des commerçants grecs dans le port fluvial primitif de la Rome naissante : débris de coupes et de vases aux décors géométriques en bandes ou en cercles concentriques venus des Cyclades, de Corinthe ou d'Eubée. D'autres importations de style grec proviennent d'Italie du sud, de la colonie eubéenne de Pithécusses et de Cumes[25].

Chronologie de l'aire sacrée[modifier | modifier le code]

L'établissement d'une chronologie du site est rendue délicate par le caractère ponctuel des sondages stratigraphiques aux multiples niveaux qui ne couvrent ensemble qu'à peine un quart de la superficie, et par les conclusions des divers archéologues remises en cause ou renouvelées par les explorations de leurs successeurs[26]. La première chronologie proposée par Einar Gjerstad à partir de ses fouilles de 1959 se calait sur des dates tardives (première construction d'un temple vers 490 av. J.-C. voir 475 av. J.-C.), impliquant les règnes de rois étrusques au Ve siècle, et non au VIe siècle traditionnel, ce qui suscita la critique des archéologues italiens[27]. Les travaux de Giovanni Ioppolo et de Paola Virgili[28] ont permis de reconstituer une chronologie des différentes phases d'existence des temples, synthétisée de la façon suivante par Filippo Coarelli[29] et reprise par Jacqueline Champeaux[30] :

Phase I, débutant à la fin du VIIe siècle
Sur un emplacement que Gjerstad supposait occupé par des cabanes (VIIIe et VIIe siècles av. J.-C.)[Note 1], création d'une zone sacrée[31], sans temple édifié, mais avec une fosse à sacrifice et peut-être un autel[29].
Phase II, second quart du VIe siècle
Construction du premier temple archaïque, traditionnellement attribué à Servius Tullius (579-534 av. J.-C.)[29].
Phase III, troisième quart du VIe siècle
Réfection complète du temple, peut-être après un incendie. La décoration est faite de terres cuites architectoniques, avec au moins quatre statues dont celles d'Héraclès et d'une figure féminine casquée[31]. À la fin du VIe siècle, la zone est abandonnée et détruite, datation qui coïnciderait avec la période de troubles provoquée par l’expulsion des Tarquins[29].
Phase IV, début du IVe siècle ?
Construction d’un grand soubassement qui rehausse le niveau de 4 mètres à 6 mètres[32]. Couverture de cette plate-forme en dalles de cappellaccio, tuf volcanique extrait des collines de Rome[29]. Dans les terres de remplissage, Paola Virgili a trouvé des restes de céramiques apenniniennes datées de l’âge du Bronze moyen (XIVe et XIIIe siècles av. J.-C.) et de l’âge du fer provenant des déblais d’un village protohistorique, probablement implanté au pied du Capitole, et des fragments de céramique grecque attique à figures noires datées de la fin du VIe siècle av. J.-C.[32]. Ainsi sont mélangées la plus ancienne trace d'habitation humaine de la zone Capitole-Palatin, et les plus anciennes traces de relations entre Rome et le monde grec. Selon les archéologues italiennes, le rehaussement du terrain est contemporain de la construction de deux temples, dits A et B, selon une nouvelle orientation rigoureusement nord-sud. La tradition littéraire attribue la reconstruction et la seconde consécration du temple de Mater Matuta au dictateur Camille, après la prise de Véies en 396 av. J.-C.[A 6] mais, selon l'analyse de Guiseppina Pisani Sartorio, les céramiques les plus récentes trouvées dans les remblais dateraient du début du Ve siècle av. J.-C., premiers moments de la république romaine[33],[34].
Phase V
Construction d’un nouveau sol en tuf de Monteverde, une carrière du Janicule, et en tuf de l’Aniene et réfection des deux temples, avec deux autels orientés à l’est et un grand socle d’offrande circulaire en pépérin (un donarium), qui devait supporter des statuettes de bronze dont on a trouvé des traces de scellement. Une inscription fragmentaire trouvée sur les blocs de pépérin a permis une datation[A 7] :
M. FOLV[IO(S) Q. F. COS]OL D(EDET) VOLS[INIO] CAP[TO]
Marcus Fulvius, fils de Quintus, consul, l’a dédié après la prise de Volsinii
Ce qui attribue la dédicace au consul Marcus Fulvius Flaccus après la chute de Volsinies en 264 av. J.-C[29].
Phase VI
L’incendie de 213 av. J.-C. relaté par Tite-Live et confirmé par la présence de nombreux débris calcinés détruit le vicus Jugarius, et les temples de Spes, de Mater Matuta et de Fortuna[A 8],[35]. La reconstruction complète est entreprise en 212 av. J.-C., avec une réfection en dalles de tuf de Monteverde, extrait de la colline du Janicule[29],[33].
Phase VII, époque impériale
Rue dallée de basalte séparant l'aire sacrée, à gauche, des boutiques en briques, à droite.
Dernier dallage en travertin, d’époque impériale, probablement sous Domitien (81-96)[29],[33]. Deux boutiques (tabernae) sont construites à l'est du podium des temples jumeaux, sur la ruelle orientée est-ouest qui relie le vicus jugarius au forum boarium. Les briques de ces boutiques étudiées en 1977 par Paola Virgili portent des marques de fabrique de l’époque d’Hadrien (117-138)[36]. Les deux temples ont été reconstruits sur une esplanade de travertin, avec une arche centrale quadrifrons qui a servi d’arc de triomphe, comme le montrent quelques pièces de monnaie et deux bas-reliefs de l’arc de Constantin.

Cette chronologie simplifiée, basée sur des observations des années 1980, est susceptible de réajustements lors d'explorations et d'études nouvelles, d’autant plus que les Ve et IVe siècles av. J.-C. à Rome sont une période assez mal connue, que les nombreuses et complexes réfections des temples républicains n'ont pas toutes laissé de traces historiques[14], tandis que les restaurations modernes, perturbatrices de l'état archéologique, n'ont souvent pas été documentées[37] et que la période impériale du site a été peu étudiée. Avant toute reformulation d'une chronologie, le Projet Sant'Omobono se donne comme objectif le réexamen méthodique des diverses stratigraphies avec la caractérisation scientifique de plus 450 niveaux repérés, et, dans la mesure du possible, leur mise en concordance[37].

Problématique de la transition entre les phases III (destruction) et IV (reconstruction)

Selon Tite-Live, le temple de Mater Matuta fut consacré une deuxième fois par Camille en 396 av. J.-C., soit environ un siècle après sa destruction à la fin du VIe siècle, marquant la fin de la monarchie romaine. En revanche, on ne dispose pas d'indication des annalistes antiques pour ce qui concerne le temple de Fortuna. Si Filippo Coarelli explique cette interruption séculaire par le rejet romain d'un sanctuaire trop lié à la monarchie étrusque, l'historienne des religions antiques Jacqueline Champeaux estime que l'abandon d'un lieu sacré sur un si long délai est contraire à la mentalité religieuse des Romains de la période archaïque. Leur conservatisme religieux s'appliquant à maintenir des cultes tombant en désuétude, leur crainte du sacrilège plaident pour une interruption minimale du culte. L'exemple du temple de Jupiter capitolin, construit par les Tarquins et inauguré peu après leur chute par le consul Marcus Horatius Pulvillus illustre bien cette volonté de continuité religieuse. Si les céramiques collectées par les archéologues dans les remblais du podium républicain sont datées pour les plus récentes autour des années 500 av. J.-C., trois fragments de céramiques importées à figures rouges trouvés en 1938 par Einar Gjerstad sont nettement postérieurs, et situés vers 450 av. J.-C. et entre 420 et 400 av. J.-C.. Ils ont été négligés par les archéologues en raison de leur petit nombre, mais leur prise en considération, suggérée par Champeaux, amènerait à situer la destruction du sanctuaire peu avant sa consécration en 396 av. J.-C. par Camille, en tenant compte de la durée des travaux. Cette destruction ne serait donc plus contemporaine de la chute de la monarchie, mais pourrait alors être plus tardive et simplement accidentelle[38].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La date de transformation du temple B en église est incertaine, quoique le VIe siècle soit avancé, sans élément probant. La plus ancienne référence écrite comme église figure dans le Mirabilia Urbis Romae (en), manuscrit composé au XIIe siècle, qui la présente comme une dépendance de Santi Sergio e Bacco al Foro Romano sous le nom de Sancti Salvatoris de Statera ou bien San Salvatore in Portico. Une nouvelle église est reconstruite en 1482, avec une orientation inverse de la précédente ouverte vers la rue au nord, et dédiée en 1575 à Omobono de Crémone, patron de la confrérie rattachée à cette église. L'église ne possède qu'une seule nef, dont les fondations reposent sur celles de la cella du temple antique[39].

La fosse à sacrifice[modifier | modifier le code]

D'après la chronologie du site, la fosse à sacrifice découverte par Giovanni Ioppolo est antérieure à l'édification d'un temple, et est donc le plus ancien témoin d'une activité religieuse en ce lieu[40]. Dans cette fosse où l'on déversait les reliquats incinérés des sacrifices, une inscription étrusque a été trouvée sur un tesson d'impasto, qui porte de droite à gauche les caractères uqnus, nom de consonance étrusque comme l'indiquent les citations d'un prince Ocnos par Virgile[A 9] et Silius Italicus[A 10]. Gravée en caractères similaires à ceux des inscriptions de Caere et de Véies de la fin du VIIe siècle av. J.-C. et du début du VIe siècle av. J.-C., cette inscription est le plus ancien témoin d’une présence étrusque et de l’introduction de l’alphabet étrusque à Rome[41]. Une autre inscription sur un fragment de bucchero recueilli dans la strate immédiatement supérieure à celle où se trouvait l'inscription uqnus porte en latin archaïque le mot ouduios ou ououios, compris par Mario Torelli comme le nom propre Ovius. Elle pourrait dater du début du VIe siècle av. J.-C.[42]. Jacqueline Champeaux souligne le recoupement historique entre ces datations, quoique sans précision, et le règne du premier roi étrusque Tarquin l'Ancien, entre 616 et 578 selon la chronologie traditionnelle[33].

Ioppolo a recueilli parmi les cendres remplissant la fosse quelques 5 000 débris d'ossements carbonisées, et a identifié des restes de bœufs, de porcs, de chèvres et de moutons[8], qui évoquent la pratique romaine du suovetaurile[40], offrande de trois victimes mâles, un taureau, un bélier et un verrat. Néanmoins, Ioppolo déclare qu'il n'est pas certain que les restes correspondent à des victimes immolées simultanément selon ce rite[43]. En quantité nettement moindre, des ossements de chiens, souvent très jeunes, ont été trouvés dans le secteur est de la fouille, au-dessous de l'autel du temple B. Ces vestiges confirment les pratiques anciennes de sacrifices canins lors de cérémonies telles que les robigalia, les lupercales, ou pour des rites plus mal connus en l'honneur de Mana genita ou pour l'augurium canarium[44].

Le temple archaïque (C)[modifier | modifier le code]

Fouilles[modifier | modifier le code]

Les fouilles profondes ont révélé les vestiges d'un temple au niveau daté du VIe siècle av. J.-C.. On ignore si ce temple était accompagné d'un jumeau, à l'image des temples républicains édifiés ultérieurement au-dessus de cet emplacement. Les archéologues n'ont trouvé aucun indice en ce sens, mais le périmètre de l'aire de Sant'Omobono est loin d'avoir été complètement exploré à ce niveau[45].

Plan du temple archaïque, selon les étapes distinguées par Giovanni Colonna.

Plusieurs sondages ont permis de préciser l'allure générale et la chronologie historique de ce temple, qui a été construit avec une orientation vers le sud-ouest, démoli peu de temps après et reconstruit au même emplacement. Toutefois, la perception générale du plan a évolué : en 1977, Anna Sommella Mura décrit pour la seconde phase un temple sur un podium carré d'environ 8 m de côté (36 pieds romains) avec une cella d'environ 4 m de longueur (14 pieds romains)[46]. D'après la synthèse de Giovanni Colonna réalisée après d'autres sondages et présentée en 1991[47], un premier temple carré de 10,70 m de côté s’élevait sur un podium de 1,70 m de hauteur aux parois verticales, bordées à leur sommet d'un bourrelet en tore. Sa cella était unique, avec deux colonnes en bois in antis et un petit escalier frontal. Un autel carré se dressait à 2,30 m en face du podium. Lors d'une importante réfection, le bâtiment a été prolongé jusqu'à toucher l'autel, formant un temple rectangulaire (11,20 m sur 13,20 m) sur un podium de 1,20 m de haut aux parois moulurées de façon plus complexe. La cella, inchangée, était précédée par quatre colonnes in antis avec des chapiteaux doriques et des bases ioniques en terre cuite, tandis que l'ancien autel formait un avant-corps saillant entre les marches du podium[48].

Décorations en terre cuite[modifier | modifier le code]

Disposition possible des fragments de décors en terre cuite attribués au temple de Mater Matuta (on remarque que la tête de Minerve est tombée de son piédestal). Cliché de José Luiz Bernardes Ribeiro, 2016.
Buste en terre cuite, Fortuna, Athéna ou Minerve.

Au niveau d’origine du temple archaïque, Colini a trouvé en 1938 de nombreux fragments de terres cuites architectoniques, toutes de grande qualité. Sujets d'une étude détaillée d'Anna Sommella Mura publiée en 1977[49],[50], elles sont maintenant exposées au palais des Conservateurs de Rome dans une présentation qui les attribue au temple de Mater Matuta. Parmi ces décors, des acrotères en volute du 124 cm de haut étaient positionnés sur le toit. Reconstitués à partir des nombreux débris retrouvés, ils présentent des traces de motifs polychromes en écailles ou en bandes[51]. Des fragments de deux animaux féroces couchés sur les pattes postérieures, levés sur les pattes antérieures et tournés de face, devaient représenter des panthères (on y a trouvé des traces de tâches sur le pelage), colorés avec les teintes disponibles : brun, bleu, rouge, blanc et noir. Formant chacune un motif de 90 cm de hauteur pour 140 cm de longueur, elles devraient se placer de part et d'autre d'un fronton triangulaire, encadrant une décoration centrale. Selon Anna Sommella Mura, ces félins se rattachent à la première construction du temple, tandis que les autres fragments de terre cuite, homogènes comme pâte d'impasto, seraient de la seconde phase[52].

Les fragments de deux statues en terre cuite, d'une taille correspondant au trois-quart du réel, constituent la trouvaille la plus spectaculaire : on a remonté le tronc, la cuisse et le bras gauche d'un Hercule/Héraclès debout, reconnu par sa peau de lion nouée sur les épaules. De la seconde statue, on a reconstitué un drapé enveloppant les jambes avec le pied gauche avancé, une main droite fermée et une tête féminine portant un casque doté d’un haut cimier et de protège-joues. La surface, usée, ne présente que des traces de polychromie. Elle représente peut-être la Fortune armée selon Filippo Coarelli[53] ou plus probablement Minerve/Athéna revêtue de l'égide, fréquemment associée à Héraclès dans les groupes grecs. Les deux statues modelées à la main et d'un style homogène, sont vraisemblablement l'œuvre d'un seul artiste travaillant sur place et forment les pièces majeures de la décoration découverte[54].

Détail du décor, plaque de revêtement du défilé de chars.
Plaque de revêtement en terre cuite, origine Véies, datée vers 560 av. J.-C.

On a reconstitué une plaque de revêtement en terre cuite, qui d'après son joint gauche incliné, recouvrait une poutre oblique soutenant le toit (en terme architectural, c'est un geison rampant). Haute de 37,5 cm, elle montre, sous une moulure arrondie aux écailles polychromes et un bandeau cannelé, une procession de chars dont un est tiré par des chevaux ailés. Le cortège mêle un personnage féminin coiffé d'un bonnet conique, des auriges et un personnage marchant à côté des chevaux[55]. Des placages analogues avec des processions de chars ont été retrouvées dans des cités voisines de Rome, l'étrusque Véies et la volsque Velletri, voisines de Rome[56].

Le dépôt votif[modifier | modifier le code]

Lion en ivoire, portant une inscription en étrusque. Palais des Conservateurs, Rome. Cliché de José Luiz Bernardes Ribeiro, 2016.

Les fouilles menées en 1977-1978 destinées au repérage de l'arrière du temple archaïque ont permis la découverte d'un dépôt votif, d'une importance qui dépasse selon Giovanni Colonna celle des dépôts votifs contemporains du sanctuaire du Lapis Niger ou du temple de Vesta[57]. Ce dépôt serait contemporain de la seconde phase du temple de l'avis de la plupart des archéologues, à l'exception de Massimo Pallottino, qui le rattache à la construction initiale[58]. Les objets recueillis, en céramique, en albâtre, en os ou en ivoire, sont autant d'indicateurs pour la datation de la célébration d'un culte en ce lieu que pour les courants commerciaux convergeant à Rome. L'objet le plus ancien est un aryballe globulaire orné de quatre fleurs de lotus de style corinthien ancien daté des dernières années du VIIe siècle av. J.-C.. Les dessins des coupes d'importation laconiennes, ioniennes et attiques viennent d'artisans grecs répertoriés allant du second au troisième quart du VIe siècle av. J.-C., vers 570 av. J.-C. pour les plus anciens, tandis que les buccheri étrusques importés ou de facture locale vont de la fin du VIIe siècle av. J.-C. au milieu du VIe siècle av. J.-C.[59]. Un objet parmi les plus remarquables est une petite plaquette en ivoire, figurant un lion portant une inscription en étrusque araz silqetanas spurianas. Massimo Pallottino y voit un prénom (araz) déjà attesté à Rome suivi de deux noms, silqetanas inconnu jusque là, et spurianas, connu par une inscription de la tombe des Taureaux à Tarquinia. Pour Pallotino, ce pourrait être l'offrande d'un notable étrusque peut-être originaire de Tarquinia et installé à Rome[60].

Interprétations et attributions[modifier | modifier le code]

D’après la chronologie proposée par Anna Sommella Mura d'après les décors en terre cuite et reprise par Filippo Coarelli, le temple archaïque fut édifiée vers 570 av. J.-C. (vers 580 av. J.-C. selon Coarelli) et restauré une trentaine d'années après, vers 540 av. J.-C.[49],[61]. En désaccord sur l'existence de deux phases, l'étruscologue Mauro Cristofani situe la décoration vers 540/530 av. J.-C.[62]. Selon Coarelli, le temple est détruit à la fin du VIe siècle av. J.-C., ce qui correspondrait à la fin de la monarchie étrusque à Rome, et le lieu demeurerait abandonné jusqu'au IVe siècle av. J.-C., jusqu'à la reconstruction de Camille[63],[53].

Les sources antiques qui concernent cette période rapportent la présence d'un temple dédié à la Fortune[A 11], édifié par Servius Tullius (579-534 av. J.-C.) pour honorer sa divinité protectrice[A 12], et celle d'un autre temple à Mater Matuta[A 5]. Arbitrairement, le temple qui a été découvert est attribué à Mater Matuta[45]. Avec quelque ironie, Jacques Poucet souligne l'incertitude de cette attribution, en rappelant les avis divergents en faveur de Fortuna et Mater Matuta (Hans Riemann (de)), de Fortuna (Rudi Thomsen (it) et Anna Sommella Mura), de Mater Matuta (Filippo Coarelli, Cristiano Grottanelli (it)[64] et Guiseppina Pisani Sartorio), d'Hercule (Francesco Sbordone) ou de Minerve (Robert Ross Holloway (en))[65]. Le Projet Sant'Omobono se montre plus réservé en n'employant que l'expression « temple archaïque »[63].

Les temples républicains[modifier | modifier le code]

Les archéologues ont constaté que le niveau du sanctuaire fut artificiellement rehaussé de 4 mètres à 6 mètres[32], par un soubassement qui recouvre presque entièrement l'implantation du temple archaïque et représente un volume de terres prélevées au pied du Capitole estimé à 30 000 m3 par Giovanni Ioppolo[32]. Fréquemment reprise dans les articles relatifs aux temples républicains, cette évaluation paraît excessive face à la surface d'environ 2 200 m2 occupée par les temples et serait plus proche de 13 000 m3[14]. Filippo Coarelli pense que cette surélévation avait une justification religieuse, en plaçant l'aire sacrée au-dessus de l'espace profane environnant, mais la mise à l'abri des inondations fréquentes du Tibre est une explication probable[24].

Les sondages réalisés en 1964 et 1977 de part et d'autre de ce soubassement ont montré un mur de soutien en assises de cappellaccio, surmonté d'une autre série de cinq assises en pépérin[66]. Les archéologues n'ont toutefois une vue d'ensemble du processus d'édification, il semble que seule la moitié nord du soubassement a été entièrement remblayée avec des terres rapportées, tandis que la partie sud a été montée en alternant des étages en cappellaccio et du remplissage[14].

Sur cette surélévation est édifié un unique podium carré, d’environ 47,50 mètres pour chaque côté et selon une orientation nord-sud parfaitement orthogonale. Sur la partie nord du podium furent rebâtis les deux temples jumeaux, peut-être prostyles, c’est-à-dire avec une série de colonnes en façade chacun, ou périptères, entourés de colonnes sur trois côtés, ainsi que le suggèrent les fondations de colonnade sur trois côtés de chaque temple. L’escalier unique se trouve sur la partie frontale des temples, selon le modèle italo-étrusque, à la différence du monde grec qui place les escaliers sur les quatre côtés. On a retrouvé un autel en tuf devant chaque temple, en forme de U typique du style étrusque et latial du milieu du IVe siècle. Ces autels sont en contrebas des cellae et ouverts sur l'Orient, selon la norme architecturale énoncée par Vitruve[A 13], de sorte que l'officiant qui se place entre les bras du U soit face à l'est, d'où viennent les dieux. Malgré la découverte à proximité d'une dédicace épigraphique à Fortuna sur un petit autel d'époque impériale[A 14], aucune rattachement de chaque temple à sa déesse n'a pu être réalisé[67]. Les archéologues nomment donc les temples de façon neutre « A », communément attribué à Fortuna, et « B », attribué à Mater Matuta, la cella de ce dernier étant sous l'église Sant'Omobono[45].

Le sol fut refait par le consul Marcus Fulvius Flaccus après la chute de Volsinies en 264 av. J.-C., avec l’installation de deux nouveaux supports d’offrande rectangulaires et un circulaire au milieu[29].

En 213 av. J.-C., les deux temples de la Fortune et de Mater Matuta sont détruits par un incendie qui ravage le quartier[A 15]. Une commission de triumvirs est chargée dès l'année suivante de les reconstruire[A 16]. Tite-Live évoque encore les deux temples, lorsque L. Stertinius fait construire en 196 av. J.-C. deux arcs de triomphe en face de ces derniers[A 17].

Visibilité touristique[modifier | modifier le code]

Plaque explicative du site placée par le Sant'Omobono Project.

Ruine arasée dépourvue de mise en valeur ou d'explication, placée entre la commerciale Bocca della Verità au sud et la spectaculaire aire du Largo di Torre Argentina plus au nord, l'aire de Sant'Omobono est restée longtemps ignorée des circuits touristiques[Note 2].

Une exceptionnelle visite gratuite fut organisée par la Surintendance capitoline des Biens culturels lors de la journée européenne du patrimoine du [68]. Depuis, de rares visites de groupe sont organisées, sur réservation préalable[69],[70].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Gjerstad extrapole la présence de cabanes sur la base d'un unique fragment de torchis, une interprétation non confirmée 4.2 Major interpretative debates.
  2. Le site de Sant'Omobono n'est pas nommé dans les Guides Bleus anciens (édition 1975) ou plus récents (édition 2007).

Références antiques[modifier | modifier le code]

  1. Aulu-Gelle, Nuits Attiques, XVI, 16.
  2. Ovide, Fastes, VI, 480.
  3. Tite-Live, Histoire romaine, X, 46 ; Denys d'Halicarnasse, IV, 8, III lire en ligne sur remacle.org.
  4. Ovide, Fastes, VI, 573-578 ; Plutarque, Questions romaines, XXXVI.
  5. a et b Tite-Live, Histoire romaine, V, 19 ; Ovide, Fastes, VI, 480.
  6. Tite-Live, Histoire romaine, V, 19 et 23.
  7. CIL VI, 40895 = CIL 01, 02836a = AE 1966, 00013.
  8. Tite-Live, Histoire romaine, XXIV, 47, 15 et 16.
  9. Virgile, Énéide, chant X, 198.
  10. Silius Italicus, V, 7.
  11. Tite-Live, Histoire romaine, X, 46 ; Denys d'Halicarnasse, IV, 8, III lire en ligne sur remacle.org.
  12. Ovide, Fastes, VI, 573-578 ; Plutarque, Questions romaines, XXXVI.
  13. Vitruve De architectura, IV, 9, 1.
  14. Inscription AE 1941, 00069.
  15. Tite-Live, Histoire romaine, XXIV, 47.
  16. Tite-Live, Histoire romaine, XXV, 7.
  17. Tite-Live, Histoire romaine, XXXIII, 27.

Références modernes[modifier | modifier le code]

  1. Surintendance des biens culturels de Rome, Area Sacra di S.Omobono.
  2. a et b Champeaux 1982, p. VII.
  3. a, b et c The Sant'Omobono Project, Site Description.
  4. André Piganiol, « Le tracé du mur servien », Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1945-1947,‎ , p. 170-171 (lire en ligne).
  5. Champeaux 1982, p. 249-250.
  6. Poucet 1980, p. 290.
  7. Adornato 2003, p. 810-811.
  8. a et b (it) Giovanni Ioppolo, « I reperti ossei animali nell’area archeologica di S. Omobono (1962-1964) », RPAA, 44, 1971-1972, p. 3-27.
  9. Poucet 1980, p. 291-292 ; Adornato 2003, p. 811-812.
  10. (it) Paola Virgili, « Vicus Jugarius : reperti archeologici (saggi di scavo 1959) », Bullettino della Commissione archeologica comunale di Roma (BCAR), no 84,‎ 1974-1975, p. 149-172.
  11. Poucet 1980, p. 293,Adornato 2003, p. 812-813.
  12. Poucet 1980, p. 293-294 ; Adornato 2003, p. 813-814.
  13. 3.4 The excavations at S. Omobono between the 1950s and 1990s/Tempio Ovest .
  14. a, b, c et d Regoli et al. 2013
  15. 3.4 The excavations at S. Omobono between the 1950s and 1990s/Excavations within the modern church.
  16. The Sant'Omobono Project, Home.
  17. The S. Omobono Sanctuary in Rome: Assessing eighty years of fieldwork and exploring perspectives for the future, Summary.
  18. Brocato et Terrenato 2012, p. 78.
  19. (en) Jason M. Urbanus, « A Brief Glimpse into Early Rome », sur Archeology.org, (consulté le 13 mars 2018).
  20. (it) Renato Peroni, « S. Omobono. Materiale dell'età del bronzo e degli inizi dell'età del ferro », BCAR, no 77,‎ 1959-1960, p. 7-32.
  21. (it) Enrico Paribeni, « Ceramica d'importazione dell'area sacra di S. Omobono », BCAR, no 77,‎ 1959-1960, p. 109-123.
  22. (it) Giovanni Colonna, « Area sacra di S. Omobono. La ceramica di impasto posteriore agli inizi dell'età del ferro », Bullettino della Commissione Archeologica Comunale di Roma (BCAR), L'Erma di Bretschneider, no 69,‎ 1963-1964, p. 3-32.
  23. Adornato 2003, p. 810, note 4.
  24. a et b Champeaux 1982, p. 256, note 38.
  25. Naissance de Rome, III La civilisation latiale des VIIe et VIIIe siècles av. J.-C., les importations grecques.
  26. Champeaux 1987, p. 250.
  27. Champeaux 1987, p. 252-254.
  28. Poucet 1980, p. 291-293.
  29. a, b, c, d, e, f, g, h et i Coarelli 1994, p. 218-219.
  30. Champeaux 1987, p. 305 Chronologie du culte de Fortuna.
  31. a et b Le forum boarium, Naissance de Rome, catalogue d’exposition au Petit Palais, 1977.
  32. a, b, c et d Poucet 1980, p. 292.
  33. a, b, c et d Champeaux 1982, p. 256.
  34. Poucet 1980, p. 293.
  35. Champeaux 1982, p. 254.
  36. (it) Carlo Regoli, I settori II e IV e i reperti votivi miniaturistici, 2016, p=51.
  37. a et b (en) Cangemi & Terrenato : 7. Problems and perspectives of the new work at S. Omobono
  38. Champeaux 1982, p. 261-262.
  39. (it) « Chiesa di S.Omobono », sur Sovrintendenza Capitolina ai beni culturali (consulté le 31 mars 2018).
  40. a et b Adornato 2003, p. 811.
  41. Pallottino 1977, p. 219 ; Rome au VIe siècle av. J.-C., objet cat. 704.
  42. Poucet 1980, p. 295.
  43. Champeaux 1982, p. 263-264.
  44. Jean-Claude Lacam, « Le sacrifice du chien dans les communautés grecques, étrusques, italiques et romaines : approche comparatiste », Mélanges de l'École française de Rome. Antiquité, t. 120, no 1,‎ , p. 36-38 (lire en ligne).
  45. a, b et c Poucet 1980, p. 297.
  46. Anna Sommella Mura, IV Rome au VIe siècle. Le forum boarium, repris par Poucet 1980, p. 295.
  47. (it) Giovanni Colonna, « Le due fasi del tempio arcaico di S. Omobono », dans Stips votiva. Papers presented to M. Stibbe, Amsterdam, , p. 51-59.
  48. Adornato 2003, p. 822-823.
  49. a et b (it) Anna Sommella Mura, « La decorazione architettonica del tempio arcaico », PP, 32, 1977, pp. 62-128.
  50. Adornato 2003, p. 816.
  51. San Omobono, terres cuites architecturales, réf. cat. 713.
  52. Adornato 2003, p. 818-819.
  53. a et b Dominique Briquel, « Les figures féminines dans la tradition sur les rois étrusques de Rome » Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 142ᵉ année, N. 2, 1998. pp. 397-414. lire en ligne voir p. 408 et note 46.
  54. San Omobono, terres cuites architecturales, fig. 711 et 712.
  55. San Omobono, terres cuites architecturales, fig. 714.
  56. Champeaux 1982, p. 257, note 43.
  57. Champeaux 1982, p. 352 et note 25.
  58. Poucet 1980, p. 294.
  59. Adornato 2003, p. 814-815.
  60. Poucet 1980, p. 293-294.
  61. (it) Filippo Coarelli, Il foro boario, 1992, pp. 208 et 219.
  62. (it) Mauro Cristofani, « Osservazioni sulle decorazioni fittili archaiche del sanctuario di Sant'Omobono », Quaterno del centro di Sudio per l'archeologie etrusco-italica, Rome, 1990, pp. 31-37.
  63. a et b 4.2 Major interpretative debates.
  64. (it) Christiano Grottanelli, « Servio Tullio, Fortuna e l'Oriente », Dialoghi di archeologia, no 5, fasc. 2,‎ 1987, troisième série, p. 71-110 (ISSN 0392-8535).
  65. Poucet 1995, p. 397.
  66. 3.4 The excavations at S. Omobono between the 1950s and 1990s/Settore V ; Settore VII-IX.
  67. Champeaux 1982, p. 251.
  68. (it) « Intorno al Campidoglio: visita guidata all' Area Sacra di S. Omobono », sur sovraintendenzaroma.it (consulté le 14 mars 2018).
  69. (en) « Area Sacra di S. Omobono », (consulté le 7 mars 2018).
  70. (it) « Area Sacra Sant'Omobono », sur Associazione Tuscola, (consulté le 4 avril 2018).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La bibliographie la plus complète en date de 2012 sur les quatre-vingt ans de travaux relatifs à l'aire archéologique de Sant'Omobono a été collationnée par le Projet Sant'Omobono, visible sous ce lien (en) « The S. Omobono Sanctuary in Rome / Bibliography », sur Internet Archéology, (consulté le 27 avril 2018).

Ouvrages en français[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Massimo Pallottino et Giovanni Colonna (trad. François Villard), Naissance de Rome, catalogue d’exposition au Petit Palais, Paris, . 
  • Massimo Pallottino, « Servius Tullius à la lumière des nouvelles découvertes archéologiques et épigraphiques », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, nos 1, 121ᵉ année,‎ , p. 216-235 (lire en ligne). 
  • Filippo Coarelli (trad. Roger Hanoune), Guide archéologique de Rome, Hachette, (1re éd. 1980), 346 p. (ISBN 2-01-235428-9). 
  • Jacqueline Champeaux, Fortuna. Recherche sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, des origines à la mort de César. I. Fortuna dans la religion archaïque, Rome, École française de Rome, , 560 p. (ISBN 2-7283-0041-0, lire en ligne), chap. IV (« La Fortune du forum Boarium »), p. 249 et suiv. 
  • Jacqueline Champeaux, Fortuna. Le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain. II - Les transformations de Fortuna sous la République, Rome, École Française de Rome, , 346 p. (lire en ligne). 
Jacques Poucet, « présentation de l'ouvrage de Jacqueline Champeaux », L'antiquité classique, t. 64,‎ , p. 396-399 (lire en ligne). 
  • Jacques Poucet, « La Rome archaïque. Quelques nouveautés archéologiques : S. Omobono, le Comitium, la Regia », L'antiquité classique, vol. 49,‎ , p. 286-315 (lire en ligne). 

Ouvrages étrangers[modifier | modifier le code]

  • (it) Gianfranco Adornato, « L’area sacra di S. Omobono. Per una revisione della documentazione archeologica », Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, t. 115, no 2,‎ , p. 809-835 (lire en ligne). 
  • Filippo Coarelli, Il foro boario, Rome, 1988, p. 205 et suivantes
  • (it) Antonio Maria Colini, Mario Bosi et Luigi Huetter, Sant'Omobono, Marietti, coll. « Le Chiese di Roma illustrate » (no 57), 100 p. (ISSN 0393-2699)
  • (it) Paolo Brocato et Nicola Terrenato, Nuove ricerche nell'area archeologica di S. Omobono a Roma, Université de Calabre, , 106 p. (ISBN 978-88-98197-00-2, présentation en ligne)
  • (it + en) Paolo Brocato, Monica Ceci et Nicola Terrenato, Ricerche nell'area dei templi di Fortuna e Mater Matuta (Roma), Université de Calabre, , 234 p. (ISBN 978-88-981970-6-4, présentation en ligne)
  • (it) Paolo Brocato, Monica Ceci et Nicola Terrenato, Ricerche nell’area dei templi di Fortuna e Mater Matuta (Roma) – Collana Ricerche, Supplementi X, Université de Calabre, , 218 p.
  • (en) Ivan Cangemi, Carlo Regoli et Alfonso Muscetta, « Structural, Stratigraphical, and Historical Observations on the Late-Archaic Podium of the Twin Temples at S. Omobono », dans The Age of Tarquinius Superbus. A Paradigm Shift?, (lire en ligne). 
  • (it) Eugenio La Rocca, « Ceramica d’importazione greca dell'VIII secolo a.C. a Sant'Omobono: un aspetto delle origini di Roma », dans La céramique grecque ou de tradition grecque au VIIIe siècle en Italie centrale et méridionale, Naples, Publications du Centre Jean Bérard, (ISBN 9782918887423, lire en ligne), p. 45-54

Liens externes[modifier | modifier le code]

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