Temple d'Hercule Olivarius

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Temple d'Hercule Olivarius
image illustrative de l’article Temple d'Hercule Olivarius
Le temple d'Hercule Olivarius.

Lieu de construction Regio XI Circus Maximus
Forum Boarium
Date de construction Deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C.
Ordonné par Marcus Octavius Herrenus
Type de bâtiment Temple romain
Longueur 16,5 m (diamètre)
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome3.png
Temple d'Hercule Olivarius
Localisation du temple dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 19″ nord, 12° 28′ 51″ est
Liste des monuments de la Rome antique

Le temple d'Hercule Olivarius, parfois identifié comme temple d'Hercule Victor, est un temple de forme ronde datant de la République romaine, construit sur le Forum Boarium. C'est le plus ancien monument de Rome presque entièrement en marbre qui ait été conservé jusqu'à l'époque moderne. Il doit sa remarquable conservation à sa transformation en église durant le Moyen Âge et a été restauré dans sa forme antique au XIXe siècle. Identifié alors à tort comme un temple de Vesta du fait de sa forme circulaire, il est reconnu au XXe siècle comme dédié à Hercule Olivarius[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Dans un premier temps, les recherches historiques ont attribués ce temple à Vesta à cause de sa forme arrondie[2]. Il est édifié près du Circus Maximus[3].

Après l'Antiquité[modifier | modifier le code]

Ce temple a subi plusieurs remaniements au Moyen Âge comme l’ajout d’entrecolonnements enlevés au XIXe siècle. À cette époque a aussi été ajoutée une moulure à la base du mur extérieur de la cella et la troisième partie de ce mur a été refaite en briques. Une fine couche de stuc sur le mur intérieur de la cella a été appliquée. Le bâtiment a aussi été transformé en église, notamment sous le nom de l’église Santa Maria del Sole au XVIe siècle. Comme de nombreux bâtiments de Rome, il a fait l’objet de fouilles au XIXe siècle. Au XXe siècle, de nombreuses observations ont été réalisées, notamment par l’Allemand Friedrich Rakob qui publia ses résultats dans sa monographie Der Rundtempel Am Tiber In Rom en 1973.

Architecture[modifier | modifier le code]

Générale[modifier | modifier le code]

Temple d'Hercule Olivarius.

Le temple est de forme circulaire périptère[4]. Il est construit à partir de marbre blanc et sous un style corinthien[4]. Son architecture générale est d'inspiration grecque, type de construction à la mode au IIe siècle av. J.-C.[5].

Il est construit sur une crépis, plate-forme à sept degrés avec un escalier devant l’entrée qui permet d’accéder au périptère[5]. La crépis à degrés n’a pas conservé son aspect antique en dalles de marbre et il n’en reste que le noyau. Celui-ci, d’une largeur de 2,5 m est construit en blocs de tuf de la Grotta Oscura, carrière près de Véies. Ces blocs, observables à l’ouest, d’une longueur de 1,80 m et de profil trapézoïdal, sont disposés en boutisses et leur hauteur varie entre 47 et 54 cm. Autour de la crépis se trouve une rigole de 30 cm de large environ.

L’édifice, très bien conservé, mesure 16,5 m de diamètre et son entrée est à l’Est. Le plan du temple correspond aux règles hellénistiques transmises par Vitruve, avec quelques libertés de détail[1]. En effet, par rapport au plan d'architecture employé par Vitruve, le bâtiment subit quelques modifications afin de favoriser les sacrifices, notamment en éloignant les murs de la cella[3]. Cette cella circulaire est entourée d’un périptère[3] de vingt colonnes à chapiteaux corinthiens. Les murs de la cella sont maintenus par une croix circonscrite dans l’anneau qu’ils forment. Pour Vitruve, l'adaptation au relief doit primer sur le plan théorique des bâtiments[6].

Détails[modifier | modifier le code]

Chapiteaux du temple d'Hercule

Les colonnes sont élevées sur un soubassement construit en petit appareil régulier de moellons de tuf en opus vittatum.

Il y a deux types de colonnes : le type A et le type B. Le type A est construit en marbre du Pentélique. Le type B, au nord-ouest, est en marbre de Luni, unique marbre italien. La colonne 15 n’a pas été conservée. Les colonnes sont cannelées et composées d’une base attique (une scotie entre deux tores) et de tambours au nombre variant de trois à douze.

Les chapiteaux sont corinthiens et sont sculptés en deux blocs horizontaux.

Le type A, en marbre pentélique, se distingue par des feuilles d’acanthes souples et des nervures axiales légèrement courbées à la base. Les lobes sont profondément creusés. Les digitations forment des triangles. Les cannelures du caulicole sont étroites et la collerette est épaisse. Les hélices sont très creusées et le fleuron est fort ouvert.

Le type B, en marbre de Luni, se différencie du type A par des feuilles d’acanthes plus raides et des folioles plus resserrées. Les digitations forment des gouttes. Les calices sont plus courts et moins élancés et le fleuron, couvrant la hauteur de l’abaque, est beaucoup moins béant.

Les murs de la cella forment un anneau. Le parement extérieur de la cella est bâti en marbre pentélique. Il est édifié en trois parties dont la troisième est une réfection médiévale. La partie inférieure est une maçonnerie à joints lisses en appareil pseudo-isodome avec une alternance d’une assise d’orthostates avec une assise de parpaings en panneresse. La partie médiane, plus audacieuse avec des joints en relief et séparée de la première par une moulure, est construite en appareil pseudo-isodome composé d’une alternance de deux assises de parpaings en carreau et une assise de parpaings en panneresse.

Le parement intérieur est en travertin.

Les murs de la cella sont percés de trois ouvertures (en rouge) : une haute porte et de part et d’autre deux fenêtres surmontées d’un linteau de briques.

L’entablement n’a pas été conservé en place. Il ne reste que des fragments du plafond à caissons du péristyle, deux antéfixes et des fragments de la cimaise.

Identification, auteurs anciens et épigraphie[modifier | modifier le code]

Il s’agit d’un temple dont le style est d’influence grecque. Son architecte, Hermodore de Salamine, est un grec actif à Rome dans la deuxième moitié du IIe siècle av J.-C. L’édifice est dédié au dieu Hercule Olivarius, ce temple est souvent considéré à tort comme dédié à Hercule Victor. Le commanditaire du temple est un négociant romain d’olives nommé Marcus Octavius Herrenus, un riche marchand qui a fait fortune dans le commerce de l'huile d'olive. Il a financé le temple et son nom était marqué sur une inscription sur l'agora de Délos, attestant ainsi son lien commercial avec la Grèce et l'origine de sa fortune. Hercule était entre autres le patron des marchands d’huile, olearii. Une inscription partielle sur un bloc base de statue mentionne aussi le nom d’un sculpteur grec ayant probablement exécuté une statue de culte, Scopas le Jeune[7],[1].

Chronologie antique[modifier | modifier le code]

Le bâtiment est construit en deux phases. La première phase, qui correspond au type A date de la deuxième moitié du IIe siècle av. J.-C. La deuxième phase, qui équivaut au type B et qui ne concerne que la partie nord-ouest du bâtiment, date du second quart du Ier siècle ap. J.-C. Cette reconstruction est due aux dégâts causés lors de l’importante inondation sous Tibère en 15 ap. J.-C.[1].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Coarelli 1994, p. 222
  2. Duret et Néraudau 2001, p. 131.
  3. a, b et c Duret et Néraudau 2001, p. 137.
  4. a et b Duret et Néraudau 2001, p. 44.
  5. a et b Duret et Néraudau 2001, p. 139.
  6. Duret et Néraudau 2001, p. 137-138.
  7. CIL 06, 33936 = AE 1896, 00109 : [Hercules Invictus cognominatus volg]o Olivarius opus Scopae minoris

Annexe[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages français[modifier | modifier le code]

  • Filippo Coarelli (trad. Roger Hanoune), Guide archéologique de Rome, Hachette, (1re éd. 1980), 350 p. (ISBN 2012354289).
  • Jacqueline Champeaux, Fortuna. Recherche sur le culte de la Fortune à Rome et dans le monde romain, des origines à la mort de César. I. Fortuna dans la religion archaïque, Rome, École française de Rome, , 560 p. (ISBN 2-7283-0041-0, lire en ligne), p. 249-250
  • Luc Duret et Jean-Pierre Néraudau, Urbanisme et métamorphoses de la Rome antique, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Realia », , 440 p. (ISBN 2-251-33817-9).

Ouvrages étrangers[modifier | modifier le code]

  • (en) Samuel Ball Platner et Thomas Ashby, A topographical dictionary of Ancient Rome, Oxford University Press, , p. 257-258.
  • (de) Friedrich Rakob et W. D. Heilmeyler, Der Rundtempel am Tiber in Rom, Mainz am Rhein (Mayence), .
  • (la) Eva Margareta Steinby, Lexikon topographicum urbis Romae, vol. 2, p. 461-463.

Article[modifier | modifier le code]

  • (en) D. Strong, « The round temple in the Forum Boarium », Roman museums, selected papers on Roman art and architecture, London,‎ , p. 75-108

Liens externes[modifier | modifier le code]