Temple d'Apollon Palatin

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Temple d'Apollon Palatin
Image illustrative de l'article Temple d'Apollon Palatin
Vestige d'un chapiteau d'une colonne
du temple d’Apollon Palatin.

Lieu de construction Mont Palatin
Date de construction 28 av. J.-C.
Ordonné par Auguste
Type de bâtiment Temple romain
Le plan de Rome ci-dessous est intemporel.
Planrome2b.png
Temple d'Apollon Palatin
Localisation du temple dans la Rome antique (en rouge)

Coordonnées 41° 53′ 19″ N 12° 29′ 08″ E / 41.888741, 12.48546341° 53′ 19″ Nord 12° 29′ 08″ Est / 41.888741, 12.485463
Liste des monuments de la Rome antique

Le temple d'Apollon Palatin (en latin : Templum Apollinis) est un temple romain situé sur le Palatin, dédié à Apollon par Auguste. Il fait partie d'un complexe plus vaste, l'Area Apollinis, qui comprend, en plus du temple, un portique, une bibliothèque et un arc de triomphe.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Le temple est voué par Octavien en 36 av. J.-C.[a 1],[a 2], durant sa campagne contre Sextus Pompée. Il promet d'ériger un temple dédié à Apollon s'il lui permet d'être victorieux pour la bataille navale de Nauloque. Il aurait voué ce temple une deuxième fois avant la bataille d'Actium en 31 av. J.-C.

Le lieu de sa construction est décidé sur le Palatin, à un endroit frappé par la foudre (miracle attribué à Apollon lui-même) rendu public, à proximité de la résidence d'Auguste[a 3]. Apollon étant une divinité étrangère, son culte a toujours été exclu jusque-là des limites du Pomoerium[1]. Le sanctuaire est étroitement lié à la Domus Augusti, reliés l'un à l'autre par des halls et des couloirs voûtés, décorés de fresques.

Le temple est dédié le 9 octobre 28 av. J.-C.[a 4]. Après la construction du temple, les Livres sibyllins y sont transférés depuis le temple de Jupiter Capitolin, et placés dans le piédestal de la statue d'Apollon[2],[a 5].

La cérémonie des ludi saeculares, réinstaurée et développée par Auguste en 17 av. J.-C., se déroule en partie dans le temple. Le Sénat s'y réunit souvent durant le règne d'Auguste, signe que le pouvoir est passé entre les mains du princeps.

Le temple est détruit lors d'un incendie, le 19 mars 363, mais les Livres sibyllins sont sauvés[a 6].

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Des fouilles archéologiques ont mis au jour les vestiges du temple près de la Domus Augusti à partir de 1865 sous la direction de Pietro Rosa[3], puis en 1870, en 1937 sous la direction d'Alfonso Bartoli et depuis 1956 et les fouilles de Gianfilippo Carettoni. Depuis 1968, on a découvert à proximité du temple des fragments de plaques de terre cuite décorées de reliefs qui devaient être fixées à l'architrave, comme pour les anciens temples étrusques. Les reliefs montrent des motifs qui se répètent (des figures de divinités ou de canéphores), avec des traces de pigments violets, roses et turquoises[4].

Vestiges[modifier | modifier le code]

Si l'identification du temple avec les ruines qui se trouvent immédiatement au sud de la Domus Augusti est correcte, il reste du temple les vestiges du podium qui date de la période augustéenne avec une volée de marches sur le côté sud-ouest. Le sol en marbre est encore apparent par endroit. Près du temple on a également retrouvé les fragments d'une colonne et d'un chapiteau corinthien[3].

La découverte sous le temple de traces de maisons aux sols ornés de mosaïques datant de la République confirme la datation augustéenne du temple et invalide une hypothèse qui l'identifiait au temple de Jupiter Victor daté de 295 av. J.-C.

Description[modifier | modifier le code]

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Aureus datés de 76. À l'avers, les profils de l'empereur Vespasien et du césar Titus et au revers, une des quatre génisses de Myron rappelant leur transfert deux ans plus tôt du temple d'Apollon au temple de la Paix.
Aureus datés de 76. À l'avers, les profils de l'empereur Vespasien et du césar Titus et au revers, une des quatre génisses de Myron rappelant leur transfert deux ans plus tôt du temple d'Apollon au temple de la Paix.

Dans ses Élégies, Properce laisse une description admirative du temple :

« Tu me demandes pourquoi je me suis fait attendre ? C'est que le divin Auguste vient d'ouvrir le magnifique portique d'Apollon. [...] Au milieu du portique s'élevait, en marbre, le temple, qu'Apollon préfère à Délos, où il reçut le jour. On admirait sur le faîte un char du Soleil en or ; et la double porte, noble dépouille de l'éléphant d'Afrique, qui représentait d'un côté les Gaulois précipités des sommets du Parnasse, de l'autre la mort cruelle de l'infortunée Niobé. Enfin Apollon, revêtu d'une robe traînante, fait retentir ses chants entre sa sœur et sa mère. »

— Properce (traduction de J. Genouille, 1834, voir en ligne), Élégies, livre II, XXXI.

Architecture extérieure[modifier | modifier le code]

La structure du temple, qui occupe la partie nord de la terrasse de l'Area Apollinis, n'est pas connue avec exactitude. Il est peut-être prostyle hexastyle, périptère octastyle[5], ou encore hexastyle pseudo-périptère[6]. Il est constitué de grands blocs de marbre blanc de Luna. Il se dresse sur un haut podium fait de blocs de tuf et de travertin. Si les fragments de colonnes retrouvés sur le site appartiennent bien à ce temple, on peut le reconstituer comme hexastyle pseudo-périptère avec un pronaos profond de trois colonnes. Sept colonnes sont à demi engagées dans les longs murs extérieurs de la cella. Les colonnes corinthiennes portent 24 cannelures. Elles sont hautes de 14,5 mètres et ont un diamètre de 1,45 mètre. L'espacement entre les colonnes est égal au triple de leur diamètre.

Les acrotères sont ornés d'un char conduit par le Soleil et de statues de Bupalus et d'Athénis. Les portes de la cella sont décorées avec des bas-reliefs en ivoire. Sur l'un des battants est représentée l'expulsion de Delphes des Galates et sur l'autre, la destinée des Niobides, fruits du travail des sculpteurs Bupalus et Athénis.

En avant du temple se dresse une statue de marbre d'Apollon placée sur un piédestal orné de béliers et un autel entouré de quatre génisses en bronze de Myron rapportées d'Athènes par Auguste. Une statue d'Hercule, copie d'une œuvre de Lysippe, l'accompagne[4]. Les statues de Myron sont transférées au temple de la Paix après sa construction sous Vespasien[m 1].

Plan de la résidence d'Auguste et du complexe dédié à Apollon qui y est adjoint (à gauche, plan simplifié, à droite, plan plus détaillé.

Décoration intérieure[modifier | modifier le code]

À l'intérieur de la cella se tient une statue d’un Apollo Citharoedus (Apollon jouant de la lyre), probablement du sculpteur Scopas, rapportée de Rhamnonte en Attique, une d'Artémis sculptée par Timothéos (mais dont la tête a été retravaillée par Caius Avianus Evandre) et une statue de Latone par Cephisodotus[3],[4]. Le temple est une sorte de musée : on peut y admirer les statues des neuf muses, peut-être des copies de celles présentes dans le temple d'Apollon Sosianus sur le Champ de Mars, et une collection d'objets précieux : des joyaux offerts par Marcellus, des trépieds d'or dédiés par Auguste et un lustre rapporté du temple d'Apollon de Cymé.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • Sources modernes :
  1. Duret et Néraudau 2001, p. 308-309.
  2. Platner et Ashby 1929, p. 18.
  3. a, b et c Coarelli 2007, p. 142-143.
  4. a, b et c Duret et Néraudau 2001, p. 309.
  5. Platner et Ashby 1929, p. 17.
  6. Lugli 1950, p. 276-285.
  • Autres sources modernes :
  1. Harold Mattingly, Coins of the Roman Empire in the British Museum, XXXVIII
  • Sources antiques:

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Samuel Ball Platner et Thomas Ashby, A topographical dictionary of Ancient Rome, Londres, Oxford University Press,‎ , 608 p.
  • (en) Filippo Coarelli, Rome and environs : an archaeological guide, University of California Press,‎ , 555 p. (ISBN 978-0-520-07961-8)
  • Luc Duret et Jean-Paul Néraudau, Urbanisme et métamorphose de la Rome antique, Les Belles Lettres, coll. « Realia »,‎
  • Giuseppe Lugli, « Le temple d'Apollon et les édifices d'Auguste sur le Palatin », Comptes rendus des séances de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, vol. 94, no 3,‎ , p. 276-285 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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